Divine Comédie

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Divine Comédie
Image illustrative de l'article Divine Comédie
Dante con in mano la Divina Commedia,
tempera sur toile (1465), Domenico di Michelino, nef de Santa Maria del Fiore, Florence

Auteur Dante Alighieri
Genre Poème épique et allégorique
Version originale
Titre original Commedia puis Divina Commedia
Langue originale Italien
Pays d'origine Drapeau de l'Italie Italie
Date de parution originale Composition et premières éditions manuscrites entre 1307 et 1321
Première édition imprimée en 1472
Version française

La Comédie ou la Divine Comédie (en italien Commedia /komˈmɛdja/ ou Divina Commedia /diˈvina komˈmɛdja/ : l'adjectif Divina (Divine) attribué par Boccace, se retrouve seulement à partir de l'édition imprimée en 1555 par Ludovico Dolce), est un poème de Dante Alighieri écrit en tercets enchaînés d'hendécasyllabes en langue vulgaire florentine. Composée, selon la critique, entre 1307 et 1321[1], la Commedia est l'œuvre de Dante la plus célèbre et l'un des plus importants témoignages de la civilisation médiévale. Connue et étudiée dans le monde entier, elle est tenue pour l'un des chefs-d'œuvre de la littérature[2].

Présentation générale de l’œuvre[modifier | modifier le code]

Elle est également considérée comme le premier grand texte en italien : la langue dans laquelle elle est écrite a eu une influence considérable sur l'idiome moderne de la péninsule. Pour écrire son œuvre, Dante a été très largement inspiré par le sanglant conflit qu'il a lui-même vécu en Italie, opposant les Guelfes (Guelfi) et les Gibelins (Ghibellini) (1125-1300). Du point de vue littéraire, Dante fait référence explicite à l’Énéide et à l'Apocalypse de Paul, les deux textes antiques les plus connus dans le genre des récits de voyage[3].

Le poème est divisé en trois parties appelées cantiche (pluriel italien pour cantica) : Inferno (Enfer), Purgatorio (Purgatoire) et Paradiso (Paradis), chacune composée de trente-trois chants (excepté l'Enfer qui contient un chant préliminaire). Le poète narre un voyage à travers les trois règnes supraterrestres qui le conduira jusqu'à la vision de la Trinité. Sa représentation imaginaire et allégorique de l'au-delà chrétien est un sommet de la vision médiévale du monde développée par l'Église catholique romaine.

L'œuvre connut immédiatement un succès extraordinaire et contribua de manière déterminante au processus de consolidation du dialecte toscan comme langue italienne. Le texte, dont on ne possède pas l'autographe, fut copié dès les premières années de sa diffusion, et jusqu'à l'avènement de l'imprimerie, en un grand nombre d'exemplaires manuscrits. Parallèlement, se diffusa la pratique de la glose et du commentaire, donnant vie à une tradition de lectures et d'études dantesques jamais interrompue. L'étendue des témoignages manuscrits de la Commedia a constitué une difficulté majeure dans l'élaboration de l'apparat critique. On dispose aujourd'hui, en italien, d'une édition de référence réalisée par Giorgio Petrocchi[4]. André Pézard est pour le XXe siècle le spécialiste français de Dante avec la publication en 1965 de l'œuvre complète traduite et commentée[5]. Jacqueline Risset a publié une édition bilingue et commentée en trois volumes (en 1985, 1988 et 1990) de la Divine Comédie plusieurs fois rééditée[6]. Chez Gallimard (poésie), La Comédie - Poème sacré en un volume bilingue, due à Jean-Charles Vegliante (2012, 2014 II éd.).

Tout en recouvrant de nombreuses caractéristiques de la littérature et du style médiéval (inspiration religieuse, intention moraliste, langage et style basés sur la perception visuelle et immédiate des choses), la Commedia, comme l'a noté Erich Auerbach dans Mimésis, est profondément innovante, qui tend vers une représentation large et dramatique de la réalité.

Composition[modifier | modifier le code]

Titre[modifier | modifier le code]

Le titre original fut probablement Commedia, ou Comedìa, du grec κωμωδία (comodìa). C'est en effet ainsi que Dante lui-même nomme son œuvre (Enfer XVI 128, Enfer XXI 2). Dans l'Epistola (dont la paternité dantesque n'est pas absolument certaine) adressée à Cangrande della Scala, Dante confirme le titre latin de l'œuvre : « Incipit Comedia Dantis Alagherii, Florentini natione, non moribus »[7] ("Ici commence la Comédie de Dante Alighieri, florentin d'origine mais non de mœurs"). La lecture de cette lettre fournit deux raisons justifiant l'attribution de ce titre : l'une, de caractère littéraire, selon laquelle il était d'usage de définir par le terme de commedia un genre littéraire qui, après des débuts difficiles pour le personnage principal, se termine par une fin heureuse ; l'autre, stylistique, puisque le mot commedia indiquait une œuvre écrite en langage médian. Ces deux aspects se retrouvent effectivement dans le poème : de la selva oscura, allégorie de l'égarement du poète, on passe à la rédemption finale, la vision de Dieu dans le Paradis ; en second lieu, les vers sont écrits en langue vulgaire et non en latin qui, bien qu'il existât déjà une riche tradition littéraire en lingua del sì, continuait à être considéré comme la langue par excellence de la culture.

L'adjectif « divina » fut utilisé pour la première fois par Boccace dans son Trattatello in laude di Dante (Petit Traité à la louange de Dante) (1373), environ soixante-dix ans après l'époque à laquelle le poète a vraisemblablement commencé la composition de son œuvre. La locution Divina Commedia, cependant, ne devint commune qu'à partir de la seconde moitié du XVIe siècle, lorsque Ludovico Dolce, dans son édition vénitienne de 1555, reprit le titre boccacien.

Le nom « commedia » (sous la forme comedìa) apparaît seulement deux fois à l'intérieur du poème (Enfer) que Dante qualifie de poema sacro (poème sacré) dans le Paradis.

Contexte[modifier | modifier le code]

La Divine Comédie se déroule « à la moitié du chemin de notre vie » (« Nel mezzo del cammin di nostra vita » : premier vers du Chant I ou Préambule général). Dante a précisément trente-cinq ans (l'espérance de vie étant faible au XIVe siècle, et cet âge correspondant au point culminant de la vie selon la Bible).

Structure[modifier | modifier le code]

Première page d'une édition ancienne de la Divine Comédie.

La Divine Comédie est divisée en trois cantiques composés de trente-trois chants chacun (plus un chant inaugural placé dans l’Enfer). Ce découpage très précis traduit la symbolique des nombres : on distingue 100 chants en tout ce qui renvoie au chiffre « 1 » qui traduit l'Unité, alors que la répétition du chiffre « 3 » peut être associée à la Trinité. Les chants présentent une forme dite terza rima, ou « rime tierce », faisant se succéder trois fois la même rime embrassée avec une autre suite de trois occurrences. Les vers hendécasyllabiques sont regroupés en tercets à rime enchaînée. Ainsi les premiers vers de l’Enfer :

Nel mezzo del cammin di nostra vita — A
mi ritrovai per una selva oscura, — B
ché la diritta via era smarrita. — A
Ahi quanto a dir qual era è cosa dura — B
esta selva selvaggia e aspra e forte — C
che nel pensier rinova la paura! — B
Tant’ è amara, che poco è piú morte ; — C
ma per trattar del ben ch’io’ vi trovai, — D
dirò dell’altre cose ch’ i’ v’ ho scorte. — C

Géographie[modifier | modifier le code]

Ordonnance de l'Univers dans la Divine Comédie.
* J. : Jérusalem ; E. : L'Enfer ; * D. : Le Diable ; P. : Le Purgatoire ; * C.C. : Le chemin caché ; * J.E. : Le jardin d'Éden.

Dans la Divine Comédie, la Terre est fixe au centre de l'Univers. Autour d'elle tournent les neuf cieux :

  • Les sept cieux des planètes.
  • Le ciel des étoiles fixes.
  • Le premier mobile (ou ciel cristallin).

Au-delà, se trouve l'Empyrée.

Le Diable est au centre de la Terre. Sa chute a creusé une cavité conique dont l'axe passe par Jérusalem ; c'est l'Enfer, compartimenté en neuf cercles :

  • Les cinq premiers cercles à l'extérieur de la cité de Dité.
  • Les quatre derniers cercles à l'intérieur de la même cité.

Un chemin caché mène de la demeure du Diable à une île, diamétralement opposée à Jérusalem, où s'élève le Purgatoire ; celui-ci comprend :

  • Le rivage de l'île.
  • L'Antépurgatoire.
  • Les sept terrasses.

Le Purgatoire est surplombé par le Jardin d'Eden.

Argument[modifier | modifier le code]

Le récit de l' Enfer, la première des trois parties, s'ouvre avec un chant introductif (qui sert de préambule à l'ensemble du poème) dans lequel le poète Dante Alighieri raconte à la première personne son égarement spirituel : il se représente « dans une forêt obscure », allégorie du péché, dans laquelle il se retrouve parce qu'il a perdu « la route droite », celle de la vertu (il faut se souvenir que Dante se sent coupable, plus que quiconque, du péché de luxure lequel est toujours présenté, dans l'Enfer et le Purgatoire, comme le moins lourd des péchés). Cherchant à en trouver l'issue, le poète aperçoit une colline illuminée par la lumière du soleil ; tentant d'en sortir pour avoir une perspective plus large, son avance est entravée par trois bêtes féroces : une lonce (lynx), allégorie de la luxure, un lion, symbole de l'orgueil et une louve représentant l'avarice, les trois vices à la base de tous les maux. La frayeur que lui inspire la louve est telle que Dante tombe en arrière le long de la pente.

En se relevant il aperçoit l'âme du grand poète Virgile auquel il demande de l'aide. Virgile lui révèle que pour arriver au sommet de la colline et éviter les trois bêtes féroces, il faut prendre une route différente, plus longue et plus pénible, à travers le bien et le mal, et prophétise que la louve sera tuée par un mystérieux vautre[8],[9]. Le poète se présente comme l'envoyé de Béatrice, la jeune femme (morte à seulement vingt-quatre ans) aimée par Dante, qui avait intercédé auprès de Dieu afin que le poète fût libéré de ses péchés. Virgile et Béatrice sont ici les allégories de la raison et de la théologie : le premier en tant que poète le plus sage de l'antiquité classique, la seconde parce qu'elle est un moyen d'accès vers le créateur (scala al fattore), selon la vision élaborée par Dante dans la Vita Nuova.

Depuis la colline de Jérusalem sur laquelle se trouve la forêt, Virgile conduira Dante à travers l'enfer et le purgatoire parce qu'à travers ce voyage, son âme pourra se relever du mal dans lequel elle était tombée. Puis Béatrice prendra la place de Virgile pour guider Dante au paradis. Virgile, dans le récit allégorique, représente la raison, mais la raison ne suffit pas pour arriver à Dieu ; la foi est nécessaire et Béatrice représente cette vertu. Virgile en outre n'a pas connu le Christ, il n'est donc pas baptisé et il ne lui est de ce fait pas permis de s'approcher du royaume du Tout-Puissant.

L'Enfer[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Enfer (Divine Comédie).

Virgile, mandé par Béatrice, qui vient chercher le poète, va le mener par l'Enfer, seule sortie de cette forêt. Dante et Virgile vont alors descendre à travers neuf cercles concentriques dans chacun desquels sont logés, par ordre de vice, les occupants de l'Enfer. Ici se succèdent des personnages célèbres, comme Virgile ou Ulysse, et des personnages côtoyés par Dante et envoyés en Enfer en châtiment de leurs péchés. Leurs supplices sont décrits, par ordre croissant à mesure que l’on descend vers le fond de l’Enfer, qui est aussi le centre de la Terre. Cette partie du voyage se termine par la rencontre avec Lucifer, sur lequel Dante et Virgile sont forcés de grimper pour sortir de l'Enfer, « et revoir les étoiles ». Dans la géographie dantesque l'Enfer se présente comme un abîme en forme d'entonnoir. Lucifer l'a creusé dans sa chute sous la ville de Jérusalem, c'est pourquoi il se trouve vissé au centre de la Terre. Les âmes des damnés sont envoyées selon leurs péchés dans l'un des neuf cercles infernaux. Plus leur faute est grave, plus ils tombent bas et plus leur châtiment est pénible. Les châtiments attribués sont en rapport (par analogie ou par contraste) avec le péché commis selon la loi du contrapasso.

Le véritable voyage à travers l'Enfer commence au Chant III (dans les précédents Dante exprime auprès de Virgile ses doutes et ses craintes au sujet du voyage qu'ils vont accomplir). Dante et Virgile se trouvent sous la ville de Jérusalem, devant la grande porte sur laquelle sont gravés les célèbres vers qui ouvrent ce chant. Le dernier : « Lasciate ogne speranza, voi ch'intrate » (« Laissez toute espérance, vous qui entrez »), inspire de nouveaux doutes et de nouvelles peurs à Dante, mais son maître, guide et ami lui sourit et le prend par la main car ils doivent désormais avancer. Dans ce lieu hors du temps et privé de lumière, l'Ante-enfer, errent pour toujours les indolents, ceux qui, dans la vie, n'ont pas voulu prendre position et sont maintenant considérés comme indignes aussi bien de récompense (Paradis) que de châtiment (Enfer) ; un peu plus avant, sur la rive de l'Achéron (premier fleuve infernal), se tiennent provisoirement les âmes qui doivent rejoindre l'autre rive, attendant que Charon, le premier gardien de l'Enfer, les pousse dans sa barque et les fasse traverser.

L'Enfer dantesque est imaginé comme une série d'anneaux numérotés, toujours plus étroits au fur et à mesure de leur succession dans la série, l'ensemble formant un cône renversé ; l'extrémité la plus étroite correspond au centre de la Terre et est entièrement occupée par Lucifer qui, mouvant ses immenses ailes, produit un vent glacial : la glace est la peine maximale. Dans cet Enfer, à chaque péché correspond un cercle et chaque cercle est plus profond que le précédent et plus proche de Lucifer ; plus lourd est le péché, plus grand sera le numéro du cercle auquel il renvoie.

Au-delà de l'Achéron se trouve le premier cercle, les limbes. Ici se trouvent les âmes pures qui ont vécu dans le bien mais n'ont pas reçu le baptême ; sont aussi ici — dans un lieu à part dominé par un « nobile castello » (un noble château) — les anciens « spiriti magni » (les plus grands esprits, dont fait partie Virgile lui-même), ceux qui accomplirent de grandes œuvres pour le plus grand bénéfice du genre humain. Après les limbes, Dante et son maître pénètrent dans l'Enfer proprement dit. À l'entrée se tient Minos, le second gardien de l'Enfer qui, en juge équitable, indique dans quel cercle infernal chaque âme devra expier sa peine. Passé Minos, Dante et Virgile se retrouvent dans le deuxième cercle, ou sont punis les luxurieux : parmi eux se trouvent les âmes de Sémiramis, Cléopâtre et Hélène de Troie. Les vers du cinquième chant qui racontent l'histoire de la passion amoureuse de Paolo Malatesta et Francesca da Rimini sont restés particulièrement célèbres. Aux luxurieux, accablés par le vent, succèdent dans le troisième cercle les gourmands ; ceux-ci sont immergés dans une fange puante, sous une pluie sans trêve, mordus et griffés par Cerbère, troisième gardien de l'Enfer ; dans le quatrième cercle se trouvent ensuite les avares et les prodigues, divisés en deux groupes destinées à s'affronter éternellement en roulant des tas de pierres tout autour du cercle.

Dante et Virgile rejoignent ensuite le cinquième cercle, devant le Styx, dans les eaux boueuses duquel sont punis les coléreux et les indifférents. Les deux poètes sont transportés sur la rive opposée par la barque de Phlégias, quatrième gardien de l'Enfer. Là se dresse la cité de Dité (sixième cercle), dans laquelle sont punis les pécheurs conscients de leur péché. Devant la porte fermée de la ville, les deux amis sont bloqués par les démons et les Érinyes ; ils n'entreront que grâce à l'intervention de l'archange Michel et verront alors comme sont châtiés ceux « che l'anima col corpo morta fanno » (« qui font mourir l'âme avec le corps »), c'est-à-dire les épicuriens et les hérétiques parmi lesquels ils rencontrent Farinata degli Uberti, l'un des personnages de l'Enfer dantesque les plus fameux.

Au-delà de la ville, le poète et son guide descendent vers le septième cercle le long d'un ravin escarpé (« alta ripa »), au fond duquel se trouve le troisième fleuve infernal, le Phlégéthon, un fleuve de sang en ébullition. Ce fleuve constitue le premier des trois « girons » qui divisent le septième cercle ; y sont punis les violents parmi lesquels le Minotaure tué par Thésée avec l'aide d'Ariane. Sur l'autre rive du fleuve se trouve le second giron que Dante et Virgile rejoignent grâce à l'aide du centaure Nessos ; ici se tiennent les violents contre eux-mêmes, les suicidés transformés en arbustes secs, éternellement déchirés par les Harpies ; parmi eux se trouve Pier della Vigna ; dans le giron également sont les gaspilleurs, poursuivis et dévorés par des chiennes. Le troisième et dernier giron, est une lande brûlante où séjournent les violents contre Dieu, la nature et l'art mais aussi les blasphémateurs, les sodomites (parmi lesquels Brunetto Latini) et les usuriers. Dante consacrera un nombre important de vers, du Chant XIV au Chant XVII.

Après le septième cercle, Dante et Virgile descendent par un burrato (ravin) sur le dos de Géryon, le monstre infernal au visage humain, aux pattes de lion, au corps de serpent et à la queue de scorpion. Ils rejoignent ainsi le huitième cercle appelé Malebolge, où sont punis les fraudeurs. Le huitième cercle est divisé en dix bolges ; chaque bolge est un fossé circulaire. Les cercles sont concentriques, creusés dans la roche et descendant en terrasses vers le bas. À leur base s'ouvre le « Pozzo dei Giganti » (le « puits des Géants »). Dans les bolges sont punis les ruffians et séducteurs, adulateurs et flatteurs, fraudeurs et simoniaques, devins et ensorceleurs, concussionnaires, hypocrites, voleurs, conseillers fourbes - parmi lesquels Ulysse et Diomède. Ulysse raconte aux deux voyageurs son dernier périple ; Dante, qui ne connaissait pas la prédiction de Tirésias sur la mort d'Ulysse en invente la fin dans un gouffre maritime au-delà des colonnes d'Hercule, symbole pour Dante de la raison et des limites du monde. Se rencontrent encore les semeurs de scandale et de schisme et les faussaires - dont, dans la dixième boge, le « folletto » Gianni Schicchi ; enfin, les deux poètes accèdent au neuvième et dernier cercle, où sont punis les traîtres.

Ce cercle est divisé en quatre « zone », couvertes par les eaux gelées du Cocyte ; dans la première, appelée « Caina » (de Caïn qui tua son frère Abel), sont punis les traîtres à la parenté ; dans la seconde, « Antenora » (d'Anténor, qui livra le palladium de Troie aux ennemis grecs), se tiennent les traîtres à la patrie ; dans la troisième, la « Tolomea » (du roi Ptolémée XIII, qui, au temps de Jules César tua son hôte Pompée), se trouvent les traîtres à leurs hôtes, et enfin, dans la quatrième, « Giudecca » (de Judas, qui trahit Jésus), sont punis les traîtres à leurs bienfaiteurs. Dans l'Antenora, Dante rencontre le Comte Ugolin qui raconte son enfermement dans la « Torre della Muda » avec ses fils et leur mort de faim. Enfermement et mort ordonnés par l'archevêque Ruggieri. Ugolin apparaît dans l'Enfer autant comme un damné que comme un démon vengeur rongeant éternellement la tête de son bourreau. Dans la dernière zone se trouvent les trois grands traîtres : Cassius, Brutus et Judas ; leur peine consiste à être broyés par les trois bouches de Lucifer qui demeure en ces lieux.

Descendant le long de son corps velu, Dante et Virgile atteignent une grotte où ils trouvent quelque escalier. Dante est étonné de ne plus voir le dos de Lucifer et Virgile lui explique qu'ils se trouvent dans l'hémisphère austral. Quittant la « natural burella », ils prennent enfin le chemin qui les conduira à la plage du Purgatoire, à la base de laquelle ils sortiront bientôt « a riveder le stelle ».

Préambule
Article détaillé : Chant I.
L'Enfer, Chant I, illustré par Gustave Doré (1861)
« Nel mezzo del cammin di nostra vita... »

Ainsi débute la Commedia de Dante :

Nel mezzo del cammin di nostra vita
mi ritrovai per una selva oscura,
ché la diritta via era smarrita.

Traduction :

Au milieu du chemin de notre vie
je me retrouvai dans une forêt obscure,
dont la route droite était perdue.
Chant II 
Article détaillé : Chant II.
Antichambre de l’Enfer

Dante est plongé dans l'incertitude, il ne sait s'il doit continuer son chemin avec Virgile ; ce dernier le rassure en lui disant que c'est Béatrice elle-même qui lui a demandé de venir sortir Dante de son trépas (c.f. Chant I). Dante, galvanisé, plonge, avec son guide, aux Enfers.

Chant III
Porte et vestibule de l'Enfer

Au début de ce chant c'est la porte de l'enfer elle-même qui semble prendre la parole et dit (la dernière phrase étant la plus connue) :

Per me si va nella città dolente,
per me si va ne l'etterno dolore,
per me si va tra la perduta gente.
Giustizia mosse il mio alto fattore :
fecemi la divina podestate,
la somma sapïenza e 'l primo amore.
Dinanzi a me non fuor cose create
se non etterne, e io etterno duro.
Lasciate ogne speranza, voi ch'intrate.

Traduction :

Par moi on va vers la cité dolente ;
Par moi on va vers l'éternelle souffrance ;
Par moi on va chez les âmes errantes.
La Justice inspira mon noble créateur.
Je suis l'œuvre de la Puissance Divine,
de la Sagesse Suprême et de l'Amour.
Avant moi, rien ne fut créé
sinon d'éternel. Et moi, je dure éternellement.
Vous qui entrez, abandonnez toute espérance.

Virgile doit alors rassurer Dante afin qu'il passe le seuil du premier royaume.

  • Vestibule : les indifférents (ou neutres) et les lâches. Damné : le pape Célestin V.
  • Peine : tourmentés par mouches et guêpes, les damnés foulent un tapis de vers.
  • L’Achéron. Gardien : le nocher Charon.
Chant IV
Dante rencontrant les non-baptisés, Chant IV de l'Enfer illustré par Gustave Doré
Haut Enfer 
Les incontinents
Chant V
Chant VI
  • 3e cercle : les gourmands. Gardien : Cerbère. Damné : Ciacco, un concitoyen de Dante, ce dernier lui demande ce qu'il est advenu de Farinat (entre autres), Ciacco lui répond qu'il est parmi « les âmes les plus noires de l'enfer » (ainsi que nous le verrons dans le chant X). Peine : Étendus dans la boue sous la pluie et la grêle.
Chant VII
  • 4e cercle : avares et prodigues. Gardien : Ploutos (à ne pas confondre avec Pluton), dieu grec des richesses. Peine : Avares et prodigues poussent de gros rochers en s’injuriant mutuellement. Monologue de Virgile à propos de la divinité Fortune.
  • 5e cercle, le Styx : les coléreux et les moroses. Peine : Immergés dans la vase du fleuve, les âmes se frappent et se mordent férocement, tandis que les moroses (ceux qui « allaient gémissant sous le clair soleil ») se morfondent sous la boue.
Chant VIII
Iracondi e accidiosi (1587), Giovanni Stradano : Dante et Virgile dans la barque de Phlégyas, Chant VIII de l'Enfer
  • 5e cercle, la tour aux deux fanaux surplombe le fleuve ; aux portes de la cité de Dité, également appelé Lucifer, l'ange du mal. Gardiens : du fleuve, le nocher Phlégyas ; de la cité, une foule de démons. Dante y rencontre Filippo Argenti, damné et ennemi personnel de Dante, qui paraît-il, l'aurait souffleté en public, il périt dévoré par les âmes en colère et par lui-même. Virgile et Dante se retrouvent bloqués aux portes de la cité de Dité, Virgile tente de trouver un compromis avec les démons mais finalement ceux-ci se cloîtrent et refusent d'ouvrir la porte.
Chant IX
  • 5e cercle, Les remparts de la cité de Dité ; à l’intérieur : les sépulcres ardents. Gardiennes : Les trois Furies puis Méduse. Adjuvant : Un messager divin ouvre les portes de la cité.
Bas Enfer
Chant X
Chant XI
  • 7e cercle : les violents et ceux qui ont commis le péché de fraude. Tombe du pape Anastase. On apprend dans ce chant la subdivision de ce cercle en 3 gironi : ceux qui ont été violents envers leur prochain, ceux qui furent violents envers eux-mêmes et finalement ceux qui l'ont été envers Dieu, les blasphémateurs, ainsi que ceux qui ont été violents contre la nature (les sodomites).
Chant XII
  • 1er 'giron' : Coupables de violences envers leur prochain (homicides, brigands...)
  • Les damnés sont tourmentés par les flèches de trois centaures (Pholus, Nessus et Chiron), ils se font bouillir dans une mare de sang.
Chant XIII
  • 2e 'giron' : Coupables de violences envers eux-mêmes (suicides, ceux qui ont dilapidé leur fortune...)
  • Gardiens : Les harpies et des chiennes noires. Dante et Virgile arrivent dans une vaste forêt. Sur les conseils de Virgile, Dante arrache un rameau à l'un des arbres, qui se lamente aussitôt : on apprend alors que les damnés sont éternellement transformés en arbres épineux et noueux. Ceux qui ont rejeté leur corps (i.e. les suicidés) se présentent devant Minos (celui qui juge et attribue les damnés), il les envoie dans cette forêt au hasard, et d'une pousse, grandit un arbre sauvage où perpétuellement naissent des feuilles que les harpies dévorent avidement, ce qui leur cause des souffrances atroces. Le jour du jugement dernier il leur sera interdit de reprendre leur forme originelle (c'est-à-dire leur corps) étant donné qu'ils se sont ôté la vie, et ils devront se présenter en ce grand jour nus comme des vers, et lorsque le jugement sera fait, ils devront traîner eux-mêmes leur dépouille et l'on accrochera le cadavre de chacun, sur la branche épineuse du damné.
    • Dante y rencontre Pierre des Vignes, Jacques de Saint-André.
Chant XIV
  • 3e 'giron' : Les violents contre Dieu 1re partie : Les blasphémateurs
  • Dante et Virgile arrivent dans une vaste étendue de sable aride, ardent, où rien ne pousse. Les milliers de damnés qui errent dans ce lieu ont trois attitudes différentes :

Certains sont couchés sur le sable, immobiles. D'autre sont assis, tout recroquevillés. Et finalement les derniers errent, marchant ou courant, sans jamais s'arrêter. Les âmes dans ce lieu sont soumis à une pluie de flammes, qui jamais ne s'arrête et lorsque ces flammes atteignent le sable, ce dernier prend feu et redouble la souffrance des damnés.

  • Dante y rencontre Capanée qui, fier et arrogant jusqu’à la fin des temps, se moque de son châtiment (et aussi des dieux) et ne baisse pas la tête. On apprend aussi les origines du Styx, de l'Achéron et du Phlégéton.
Chant XV
  • 3e 'giron' : Les violents contre Dieu 2e partie : Les intellectuels dévoyés
  • Dante en passant à côté d'un cortège de damnés, rencontre par hasard Brunetto Latini (philosophe et orateur) qui fut son conseiller, qui l'encouragea dans ses études, il fut une sorte de mentor pour Dante. Entretien avec Brunetto qui lui décrit les âmes qui sont ici, divers lettrés, François d'Accurse et Priscien, respectivement jurisconsulte et grammairien.
Chant XVI
  • 3e 'giron' : Les violents contre Dieu 3e partie : Les sodomites, les violents contre la nature
  • Virgile et Dante y rencontrent trois hommes d'État (Guido Guerra, Thegghiajo Aldobrandi et Jacopo Rusticucci), qui étaient soit soldats, soit valeureux chevaliers. Toujours autant défigurés par les flammes, ils demandent à Dante si Valeur et Courtoisie ont toujours place à Florence. Dante leur répond que non, la richesse et l'orgueil ont corrompu leur belle cité, finalement ils demandent encore à Dante de parler d'eux lorsqu'il reviendra parmi les vivants.
  • À la fin du chant les deux acolytes lancent une corde au fond d'un bassin, où se jette Phlégéton, ce qui leur permet de passer au cercle suivant, à noter que la corde était autour de Dante depuis le premier chant, il entreprenait d'attraper la panthère avec celle-ci. Après qu'ils ont lancé la corde, on apprend la venue d'un monstre horrible, Géryon, qui symbolise la fraude.
Chant XVII
  • 3e 'giron' : Les violents contre Dieu 4e et dernière partie : Les usuriers, violents contre l'art puis descente (et arrivée) au 8ecercle
  • Arrivée de Géryon qui les fera passer au huitième cercle sur son dos, pendant que Virgile s'assure de la bonne volonté de Géryon, Dante descend à la fosse, où se trouvent les usuriers. Ces derniers, ne sont pas cités nominativement, mais en décrivant leurs armoiries ; ils portent des bourses aux couleurs de leurs armoiries autour du cou, et subissent toujours le châtiment des flammes.
Chant XVIII 
  • 8e cercle : Les Trompeurs : Malesfosses. Le 8e cercle est divisé en 10 vallées concentriques justement appelées fosses.
    • 1re fosse : Les séducteurs : Dante y découvre deux files de damnés nus, qui avancent vers les deux acolytes, et les autres dans le sens inverse mais plus rapidement, la foule est perpétuellement fouettée par les démons. Dante en les regardant, remarque Caccianemico, un Bolonais qui se serait fait payer par un marquis pour lui remettre sa sœur, qui était déjà promise à un autre ; ainsi il est condamné aux souffrances éternelles. Au même titre que Jason qui, après avoir déjà abandonné Médée, abandonne Hypsipyle qui était seule et enceinte, à son triste sort.
    • 2e fosse : Les flatteurs et adulateurs : Ces derniers sont plongés dans une fosse de lie dégoutante et pestilentielle, Dante y reconnaît Alessio Intermini de Lucques, flatteur au possible, et ses mensonges dont il ne s'est jamais lassé l'ont poussé dans cette fosse.
Chant XIX 
  • 8e cercle : Les Trompeurs :
    • 3e fosse : Les simoniaques (ceux qui ont vendu ou acheté des bénéfices, des faveurs) : Dante et Virgile y rencontrent Simon le Mage, qui malgré ses nombreuses connaissances dans la magie (comme son nom l'indique), a tenté d'acheter le don des miracles aux apôtres. Les damnés sont pendus sur une sorte de table ou de surface plane trouée en forme de cercle, « un livide rocher percé de mille trous » où sont pendus les simoniaques, la tête en bas (pour symboliser leur oubli du ciel et de Dieu) et n'ayant leur corps à l'air qu'à partir des jambes. Ces dernières sont perpétuellement « léchées » par des langues ardentes de feu. Il y en a un qui souffre et se débat plus que les autres : c'est Nicolas III (damné pour avoir abusé des privilèges que lui accordait son titre papal, il ne vendait pas les indulgences mais il faisait profiter tous ses proches des jouissances que lui donnait l'Église), qui prit Dante tout d'abord pour Boniface VIII (Nicolas III a su on ne sait comment que Boniface, damné pour avoir réussi à convaincre son prédécesseur, Célestin V, de se démettre de son manteau papal par des moyens fort peu catholiques, ira le remplacer en Enfer).
    • Le principe de ce supplice est le suivant : les damnés sont accrochés par les jambes à cette plate-forme et lorsqu'un « successeur » vient aux Enfers, il le remplace ; ainsi s'entassent dans « les fentes du roc » les simoniaques. Nicolas III mentionne également que Boniface ne restera pas longtemps. Un pape encore plus vil prendra bientôt sa place : Clément V, deuxième successeur de Boniface VIII et sujet de Philippe-le-Bel avec qui il envisagea et réussit à détruire les Templiers.
    • Dante lui répond que malgré le respect ancestral qu'il a envers les papes et les religieux, il méprise la cupidité de ces papes (entre autres) et ajoute que la richesse qu'ils entassent avec avidité attriste les gens et profite seulement aux mauvais.
Chant XX 
  • 8e cercle : Les Trompeurs :
    • 4e fosse : les devins et sorciers : Dante et Virgile arrivent devant une masse de damnés pleurant. Ils sont affligés d'un terrible torticolis et marchent à l'envers pour l'éternité. Les acolytes aperçoivent Amphiaraos (l'un des rois qui assiégèrent Thèbes, étant devin, il s'était prédit qu'il allait mourir, il chercha donc à fuir de la bataille mais la terre s'ouvrit et l'engloutit à tout jamais) et Tirésias qui put changer de sexe en frappant d'un coup de son bâton deux serpents enlacés ; la fille de ce dernier, Manto, est aussi présente, et en la voyant Virgile conte à Dante l'origine de sa ville : Mantoue. Ils aperçoivent aussi différents astrologues comme Michel Scot ou Bonatti.
Chant XXI 
  • 8e cercle : Les Trompeurs :
    • 5e fosse : Les concussionnaires et prévaricateurs (ceux qui ont vendu la justice ou qui ont gravement et volontairement manqué à leur devoir) : En arrivant à la cinquième fosse, Dante s'étonne de la voir plongée dans l'obscurité, il remarque, quelques instants après, une énorme mare de poix bouillante où sont jetés les damnés. Un ange noir arrive avec un malheureux sur son épaule qui pend par les pieds, il est jeté dans la poix (c'est un ancien de Lucques, endroit où : « pour de l'or, tout est blanc ou noir »), il tente de remonter à la surface mais les démons présents le repoussent encore et encore dans la poix en feu. Puis Virgile conseille à Dante de se mettre à l'écart pendant qu'il va s'entretenir avec les démons, ces derniers en le voyant, deviennent très menaçants et fourbes, Virgile les interpelle en disant que l'un d'eux doit écouter ce qui suit et après ils pourront le frapper s'ils le veulent : Un démon nommé Malequeue s'avance et lui demande ce qu'il en est, Virgile lui répond (comme à de nombreuses reprises dans ce livre) qu'il n'irait pas s'aventurer dans les ténèbres s'il n'avait pas été écrit dans le ciel qu'il doit traverser l'Enfer avec une âme encore vivante (Dante donc). À ces mots les démons sont dépités et les laissent partir, en leur donnant en plus une escortes de démons pour le trajet.
Chant XXII 
  • 8e cercle : Les Trompeurs :
    • 5e fosse : Les concussionnaires et prévaricateurs (suite) : Dante en avançant avec les démons, remarque comment certains damnés arrivent à se « jouer » de leur supplice : Ils tentent de laisser leur dos à l'air pour que cette partie, au moins, leur apporte moins de douleur, ou certains autres encore essaient de sortir leur tête lorsqu'ils sont vers le bord, mais tous se cachent dans la poix lorsque vient le chef des démons, mais un malheureux resta trop longtemps à la surface. C'était un certain Janpol de Navarre qui ayant quelques amitiés avec le roi Thibault, ne se géna pas pour vendre à prix d'or les dignités et les emplois du royaume. Janpol se fait écrocher vif par les démons et lorsqu'il dit aux acolytes qu'il pourra faire venir des damnés (étant donné que Virgile, et Dante pendant tout le livre, sollicitent les damnés de leur raconter leurs supplices et la cause de ces derniers) d'un simple sifflement les acolytes acceptent mais se méfie d'une ruse fort habile de l'écorché ; très juste, car au moment où Janpol était censé faire venir ses camarades, il saute (pour se sauver du supplice des démons) l'un d'eux saute aussi mais ne peut le rattraper, suivi par un deuxième démon qui irrité par l'échec du premier, se met à se battre avec lui dans les airs, ils finissent tous deux dans la poix.
Chant XXIII 
  • 8e cercle : Les Trompeurs :
    • 6e fosse : Les hypocrites :
    • Après ce pathétique combat des deux démons, Dante s'inquiète et doute de la bonne foi de ces derniers : D'autant plus qu'ils ont perdu deux de leurs amis… Dante fait part à Virgile de son inquiétude, ce dernier lui répond qu'il est lui aussi inquiet et qu'ils vont bientôt les quitter, en prenant la fuite, à la fin de sa réplique, les démons arrivent pour les attraper. Virgile prend Dante par le bras et ils fuient ensemble vers la sixième fosse, où les démons, serviteurs de la cinquième fosse, ne peuvent entrer.
    • Les acolytes aperçoivent un cortège de nombreuses âmes portant de longues robes qui de l'extérieur, semblaient d'or, mais à l'intérieur étaient formées d'une épaisse et terriblement lourde couche de plomb. Comme à leur habitude, Virgile et Dante demandent aux damnés de leur conter leur histoire, deux hommes s'approchent lourdement (étant donné leur charge) ce sont les frères joyeux (des religieux censés apaiser les souffrances des faibles et restaurer un certain ordre public au lieu de ça, et d'où leur nom ils s'amusaient à des plaisirs divers et variés…) qui ont été par la suite élus magistrats suprêmes par la république et bien qu'ils furent de factions ennemies, ils s'unirent, corrompus à chasser les Gibelins de Florence. Dante y rencontre aussi Caïphe, crucifié (le grand-prêtre qui conseilla la mort du Christ, car avait-il dit : « Il vaut mieux que l'un meure pour tous plutôt que tous pour un »).
Chant XXIV 
  • 8e cercle : Les Trompeurs :
    • 7e fosse : Les voleurs : Le début du chant nous conte le difficile passage à la 7e fosse et la lassitude de Dante, qui commence à fatiguer. Virgile d'un discours, le galvanise et ils reprennent leur route vers la fosse ; qui était remplie de serpents de toutes sortes, fourmillant dans la cavité et harcelant les damnés qui, n'ayant aucun refuge dans cette triste fosse, courent épouvantés et assaillis par les reptiles.
    • Les serpents, lorsqu'ils touchent et enveniment une victime, cette dernière, aussitôt s'enflamme et se réduit en cendres, mais de celle-ci renaît, comme le phénix, le damné, inexorablement. Il se relève, pris par la confusion, regarde et soupire, Virgile lui demande son nom, c'est Vanni Fucci, qui a volé de nombreux ornements de l'Église et qui accusa à tort des innocents, ces derniers furent pendus. À la fin du chant, Fucci prédit (une fois de plus) le prochain exil de Dante et la défaite des Blancs, ce qui révolutionna Florence à cette époque.
Chant XXV 
  • 8e cercle : Les Trompeurs :
    • 7e fosse : Les voleurs (suite) : À la fin de son discours Fucci lève les mains au ciel et défie Dieu en le blasphémant, aussitôt s'enroule autour de son cou un serpent, puis un autre qui lui lia les bras, ainsi privé de la parole et de ses bras, il s'enfuit en courant. Peu après arrive un centaure en colère qui demanda où était passé le blasphémateur, le centaure en question est Cacus, qui, comme nous le conte Virgile, après avoir délaissé Hercule, fit couler beaucoup de sang, il s'enfuit à la recherche de Fucci. Ensuite apparaissent trois esprits, soudain l'un d'eux se fait encercler par un énorme serpent qui, pareil à du lierre se cramponne à lui des pieds à la tête, il le mord et lui transperce les deux joues, ils étaient si liés que l'on ne pouvait distinguer l'un ou l'autre lors de l'étreinte, si bien que finalement, les deux têtes ne formaient plus qu'une, le damné, ainsi défiguré, partit lui aussi. L'un des deux autres restants se fait attaquer par un serpent de feu au nombril, et lui aussi se retrouve transformé en serpent.
Chant XXVI 
  • 8e cercle : Les Trompeurs :
    • 8e fosse : Les mauvais conseillers : Dans le supplice du feu infligé pour ces damnés, Dante et Virgile reconnaissent Ulysse et Diomède, Dante supplie Virgile de pouvoir aller les interroger, Virgile lui répond que oui mais ce sera lui-même qui les interrogera, car il craint que les Grecs ne « méprisent » le langage de Dante. Le couple passant près d'eux, Virgile les interpelle : Ulysse nous explique que bien que lui et ses compagnons fussent vieux ils se lancèrent dans une dernière croisade à l'ouest, et lorsqu'ils virent une titanesque montagne s'élevant vers le ciel (le Purgatoire) Ulysse galvanisa ses troupes pour un dernier voyage, mais étant donné que nul humain ne peut arriver au Purgatoire vivant, la mer se déchaîna et engloutit leur bateau.
Chant XXVII 
  • 8e cercle : Les Trompeurs :
    • 8e fosse : Les mauvais conseillers (suite) : Les acolytes après s'être entretenus avec Ulysse rencontrent encore un autre personnage incandescent : Guido de Montefeltro, qui était un politicien très habile à l'époque, et lorsqu'il décida de se retirer et de se faire moine, Boniface VII vient à lui pour lui demander un conseil, Guido tenta de refuser mais le pape lui promit alors les clés du paradis s'il lui donnait conseil, alors il accepta et son conseil eut des répercussions terribles sur de nombreux innocents, et lorsque Guido s'éteignit, Saint-François d'Assise lui-même vient le chercher, mais un noir démon le réclama en citant le conseil mal avisé qu'il avait donné à Boniface, il fut emporté aux Enfers.
Chant XXVIII 
  • 8e cercle : Les Trompeurs :
    • 9e fosse : Ceux qui par leurs opinions et les mauvais conseils ont divisé les hommes, les semeurs de trouble : La fosse est remplie de damnés mutilés, ils sont coupés en deux à la verticale « de la gorge à la ceinture », leurs boyaux pendent et tombent à terre, et lorsque leurs blessures sont cicatrisées, tour à tour les damnés se font rouvrir le corps avec un glaive. On y trouve l'abbé Dolcin, qui, persécuté par son évêque, décida de fuir dans les montagnes, avec cinq mille des siens afin d'inventer sa propre doctrine, Clément V lança une attaque contre lui et le fit brûler, mais si Dolcin et ses acolytes n'avaient pas manqué de vivres dans le froid et la neige, Clément V aurait été bredouille, car entre-temps Dolcin avait bien fortifié et affirmé son territoire.
    • Ici prend place aussi la rencontre avec Mahomet, condamné à avoir le ventre coupé pour avoir été un « semeur de scandale et de schisme ». Ali a le visage fendu de part en part.
    • On mentionne également Pierre de Médecine, qui s'étant octroyé les amitiés des princes et des rois, ne s'en servit seulement pour les brouiller ensemble. On voit aussi le cher Mosca (que Dante voulait déjà voir au Chant VI) qui, lui eut les mains coupées ; on apprend que ce fut lui l'élément déclencheur de toutes les guerres internes de Florence, en 1215 il n'y avait encore ni Guelfes, ni Gibelins, mais il y avait quelques rivalités familiales dans la ville. Un jeune Buondelmonte (l'une des familles de l'époque) devait se marier avec une fille des Amidei, mais il rompit les fiançailles en s'éprenant d'une autre fille appartenant à une famille adverse des Amidei (les Donati) ; les Amidei firent conseil avec leurs amis les Uberti, chefs de la noblesse féodale. Et pendant qu'ils réfléchissaient à punir correctement et en public, le jeune Buondelmonte, Mosca protesta et dit que lorsqu'on veut frapper quelqu'un, on ne le blesse pas, on le tue. Il ajouta encore « Ce qui est fait est fait ». Le pauvre Buondelmonte fut massacré et on affirme que cet assassinat divisa définitivement Florence en deux factions : les partisans de Buondelmonte et des Donati que l'on a appelé Guelfes et les autres, les partisans des Amidei et des Uberti, qu'on nomma les Gibelins.
    • Leur dernière rencontre raconte l'histoire de Bertrand de Born, conseiller du Prince Jean, lui-même fils d'Henri II d'Angleterre, ce dernier l'avait placé près de son fils pour le modérer un peu (car Jean dépensait des sommes colossales sans aucun scrupule), et son sinistre conseiller au lieu de faire de qu'il devait, conforta le prince dans son indépendance, jusqu’à ce que le roi et Jean se fâchèrent et en viennent aux mains, Jean fut mortellement blessé, et pour avoir ainsi divisé un père et son fils, et d'avoir semé la discorde, Bertrand de Born se retrouva, en enfer, la tête tranchée qu'il tient par les cheveux comme une lanterne qu'il agite.
Chant XXIX 
  • 8e cercle : Les Trompeurs :
    • 9e et 10e fosse : Fin des semeurs de trouble et les charlatans et faussaires : Dante, au début du récit est très affecté par ce qu'il vient de voir, on le comprend mieux lorsqu'on apprend qu'il a reconnu dans la fosse l'un des membres de sa famille : Geri le Bel (il vivait en 1269), qui semait tellement le trouble qu'il a été tué par l'un des Sachetti, trente ans après un autre des Sachetti vengea le meurtre etc. Ceci continua jusqu'en 1342 lorsque le duc d'Athènes (magistrat de Florence à l'époque) s'entremit pour enfin laisser place à la paix entre la famille de Dante et les Sachetti.
    • I : Les alchimistes : Dante et Virgile arrivent à la dernière fosse, d'où sortent des cris immondes et insupportables, une odeur pestilentielle s'en dégage, comme font les corps gangrenés. Et, effectivement, ils semblent tous être atteints de la lèpre, les acolytes arrivent devant deux damnés assis, qui se grattent sans cesse, pour faire disparaître l'horrible croûte qui les recouvre, en vain. Ils y rencontrent Griffolino, alchimiste et faux monnayeur, qui fut dénoncé et envoyé au bucher. Dante retrouve aussi Capocchio, un camarade d'étude de Dante qui se plaisait, non seulement à contrefaire et à méprendre toutes sortes de personnes, et à entreprendre des recherches sur la pierre philosophale, ce qui lui valut le bûcher.
Chant XXX 
  • 8e cercle : Les Trompeurs :
    • 10e fosse : Les charlatans et faussaires (suite) :
    • II : Simulateurs : On y rencontre Gianni Schicchi, qui s'était fait passer pour Bose Donati (mort sans avoir fait de testament), il s'enfila dans son lit de mort afin de donner à Simon (son parent), son riche héritage. Pour remercier Schicchi, Simon lui donna une magnifique jument.
    • III : Faux monnayeurs : Maître Adam, qui falsifia les florins pour les comtes de Romène, et pour son propre profit, il fut découvert et brûlé.
    • IV : Menteurs : Sinon (espion grec de la guerre de Troie, c'est lui qui convainquit les Troyens d'accepter le cheval) et Putiphar qui tenta de séduire Joseph, et l'envoya en prison.
Chant XXXI 
  • Du 8e cercle au 9e : Les géants autour du puits : Les acolytes rencontrent des géants, ceinturés par le puits, il leur arrive à la taille, la moitié supérieure de leur corps est dehors tandis que l'autre est dans le puits. Ils mentionnent Nemrod, premier roi de Babylone, on apprend que c'est lui qui conçut le projet de la tour de Babel. Ils rencontrent aussi Éphialtès, fils de Poséidon et d'Iphimédie, puis Antée (l'unique géant à ne pas s'être retourné contre les dieux) qui les aidera à atteindre le neuvième cercle.
Chant XXXII 
  • 9e cercle : Les traitres : Le marais glacé de Cocyte
    • I : La Caïnie : Traitres à leurs parents : On découvre dans ce chant, un énorme lac gelé, qui ressemble plus à du verre qu'à de la glace. Les damnés sont prisonniers à l'intérieur de la glace jusqu'au cou, ils ont le visage baissé les dents claquetantes, leur souffle et leurs larmes témoignent bien assez du supplice qu'ils éprouvent ; en plus le fait d'être la tête baissée leur donne encore plus de douleur lorsqu'ils pleurent car les larmes qu'ils versent se gèlent sur leurs joues et leurs paupières... Dante et Virgile rencontrent Alexandre et Napoléon de Alberti, tous deux comtes et seigneurs, lors de la mort de leur père, ils se lancèrent dans une force et avide bataille envers leurs vassaux et pillèrent tout, puis ils s'entretuèrent tous deux. Ce qui leur a valu cette place ici où ils s'étreignent éternellement dans un combat sans fin. Ils remarquent aussi Vanni de Cancellieri, qui par traîtrise tua son oncle.
    • II : L'Anténore : Traitres à leur cité : Buoso de Duera : Il était chargé par les Gibelins de barrer le passage de Charles Ier d'Anjou mais Buoso accepta que le roi lui donne de l'argent pour qu'il puisse passer sans crainte ; et d'autres traîtres notoires, comme Tebaldello de Zambrasi qui céda l'une des portes de la ville de Faënza aux Guelfes et surtout un dénommé Bocca, Florentin de la famille des Abatti. Dans la bataille de Montaperti, (où quatre mille Guelfes furent massacrés, Bocca, gagné par l'argent des Gibelins, s'approcha de celui qui portait l'étendard et lui trancha la main ; les Guelfes, ne voyant plus leur étendard, se mirent en fuite et furent massacrés.
    • Dante à la fin du chant, remarque deux damnés dont l'un est un peu plus haut que l'autre, ainsi les deux têtes des damnés sont superposées, on remarque que celui qui à le dessus est en train de dévorer l'autre.
Chant XXXIII 
  • 9e cercle : Les traîtres (suite) :
    • II : L'Anténore : Traîtres à leur cité (fin) : Le comte Ugolin raconte son histoire à Dante ; on sait donc que celui qui dévorait la tête inférieure est le comte Ugolin et que l'autre est l'archevêque Roger. Le comte Ugolin s'est retrouvé là car il avait été accusé de trahison pour avoir vendu des châteaux aux factions adverses, et l'archevêque, pour avoir ignoblement enfermé le comte et ses fils dans la Tour de la Faim et le poussant presque à les dévorer il fut aussi condamné à ce châtiment de se faire dévorer par sa victime.
    • III : La Ptolémaïe : Traitres à leurs hôtes : Frère Albéric (l'un des frères joyeux), les traîtres à leurs hôtes sont aussi emprisonnés dans les glaces, mais cette fois la position de leur tête est différente : Ils ont la tête renversée, ainsi les larmes qui coulent de leurs yeux forment une barrière de cristal qui les aveugle et leur cause des souffrances inimaginables. Et le Frère Albéric s'était brouillé avec ses confrères depuis un moment, et voulant mimer la réconciliation il les invita tous pour un grand repas, ils mangèrent et lorsque Albéric demanda à ce qu'on apporte les fruits (c'était le signal), ses invités furent massacrés égorgés. Et notamment Branca d'Oria, qui jalousant la seigneurie de son beau-père l'invita à diner et le tua, son beau-père était Michel Zanche, qui se trouve au 8e cercle, cinquième fosse, on dit qu'à sa mort, Branca descendit plus vite aux Enfers que le malheureux qu'il avait assassiné.
Chant XXXIV 
  • 9e cercle : Les traitres (suite et fin) :
    • IV : La Judaïe : Traîtres à leur bienfaiteur : Dernier chant où Dante rencontre Lucifer, Dité, au milieu d'un endroit où tout est silencieux et où les autres damnés sont entièrement ensevelis sous la glace et souffrent en silence. Dité a trois paires d'ailes ainsi que trois têtes et donc trois visages, le premier visage est rouge de feu (représentant la haine), l'autre est livide (représentant l'impuissance), et le troisième est noir (représentant l'ignorance). Emprisonné dans la glace jusqu’à la poitrine, il bat éternellement des ailes pour tenter de se libérer, produisant ainsi des vents glacials qui maintiennent le Cocyte gelé. Les trois têtes mâchent éternellement les trois coupables : Judas (qui a trahi le Christ), Cassius et Brutus (traitres à César). Dante et Virgile sortent en s'accrochant aux poils de Lucifer et, après une petite explication de Virgile sur la manière dont ils sont sortis des Enfers, les deux acolytes, finalement, peuvent enfin « revoir les étoiles ».

Le Purgatoire[modifier | modifier le code]

Dante et Virgile ressortent sur la plage d'une île située de l’autre côté du globe terrestre. Ils aperçoivent alors le mont du Purgatoire, le long duquel montent les âmes des morts qui se sont repentis. Le mont est composé d'un Antépurgatoire et de sept girons où doivent attendre les morts, le même temps qu’ils ont mis à se repentir. Alors que des cris et des plaintes déchiraient l'Enfer, le Purgatoire résonne de mélodies. Les âmes arrivent en chantant le psaume « In exitu Israël de Aegypto ». Chaque pécheur occupe une place relative à son péché, qui lui est systématiquement rappelé tandis qu'on invoque pour lui l'exemple de personnes qui se sont distinguées dans la qualité contraire. Au fur et à mesure qu'ils expient leurs fautes, les pénitents peuvent gravir la montagne, jusqu'à ce qu'ils parviennent à l'entrée du Paradis. Les prières des vivants peuvent alors les aider à en ouvrir les portes.

  • 1er cercle : les coupables du péché d’orgueil sont courbés par un poids sur leurs épaules
  • 2e cercle : les coupables d’envie ont les yeux cousus de fil de fer
  • 3e cercle : les coupables de colère sont environnés d'une fumée âcre
  • 4e cercle : les coupables de paresse doivent marcher sans pouvoir s'arrêter
  • 5e cercle : les coupables d'avarice ont le visage face contre terre
  • 6e cercle : les coupables de gourmandise sont amaigris et doivent se nourrir uniquement des fruits près d'eux
  • 7e cercle : les coupables de luxure et les sodomites doivent traverser un mur de flammes

Encore une fois, la montée est ponctuée des rencontres avec divers personnages connus de Dante ou plus célèbres (Arnaut Daniel, Adrien V, etc.). On peut noter que Dante place ses amis du Dolce Stil Novo dans le Purgatoire. Arrivés au Paradis terrestre, en haut de la montagne, Virgile laisse Dante et retourne en Enfer. C’est Béatrice qui vient alors chercher le poète pour lui servir de guide, et « sortir vers les étoiles ».

Le Paradis[modifier | modifier le code]

Rosa celeste : Dante et Béatrice contemplant l'Empyrée, illustration de Gustave Doré pour le Paradis

Cette partie du texte est dédiée à Cangrande della Scala. Beatrice Portinari, sa muse, fait passer Dante au Paradis, qui est construit à l'inverse de l'Enfer (neuf sphères concentriques dirigés vers le haut). Ici on croise de nombreux saints. Chaque sphère correspond en fait à un ciel (ciel de la Lune, de Mercure, de Vénus, etc.) dans lequel sont logés les hommes sans péchés selon leur mérite. À la fin du parcours les apôtres du Christ interrogent Dante, qui répond justement à leurs questions, et passe au dixième ciel ou Empyrée. Là Béatrice le quitte et c'est saint Bernard de Clairvaux qui devient le dernier guide de Dante. Ce dernier adresse une prière à la Sainte Vierge et finalement Dante s'éteint complètement en Dieu, l'« Amour qui meut le ciel et les étoiles ».

Postérité et influence[modifier | modifier le code]

Beaux-arts[modifier | modifier le code]

  • Au XVe siècle, Botticelli, célèbre peintre de Florence, réalisa sur commande 92 dessins sur parchemin à la pointe de métal, repris à l'encre et mis partiellement en couleurs[10] et destinés à illustrer l'œuvre de Dante.
  • Par son côté initiatique, la Divine Comédie et ses trente-trois chants dans chacune des trois parties, a pu inspirer les fondateurs de la franc-maçonnerie au XVIIIe siècle.
  • William Blake, poète et graveur anglais du XVIIIe siècle, sous commande effectue environ 100 tableaux inspirés par l'œuvre de Dante. Ces tableaux se retrouvent repartis dans des prestigieux musées britanniques.
  • Eugène Delacroix prend la Divine Comédie comme sujet pour son premier tableau exposé au Salon, La Barque de Dante, en 1822.
  • Gustave Doré réalise une célèbre série de gravures de l'œuvre.
  • Auguste Rodin finit en 1889 sa première Porte de l'Enfer directement inspirée de la Divine Comédie avant d'en compléter une seconde version plus abstraite en 1900 à l'occasion de l'Exposition universelle de Paris de la même année.
  • Franz von Bayros, surtout connu pour ses dessins à caractère érotique, a illustré l'œuvre en 1921.
  • Salvador Dalí travailla dix ans sur 100 aquarelles dont les Éditions d'Art Les Heures Claires, Paris feront 4765 gravures sur bois en 1963.
  • Le peintre espagnol Miquel Barceló réalise d'importantes illustrations de l'œuvre entre 2000 et 2002 qui seront exposées au Louvre en 2004.
  • Masami Kurumada, s'y inspire pour sa partie Hades de sa première série Saint Seiya dont beaucoup de dessins ou scènes sont inspirées de Gustave Doré. [1][2][3]
  • Graba' a réalisé un cycle de 111 tableaux "La Divina Commedia" exposés en 2003 au Hall de l’Abbaye St Pierre à Gand
  • En 2006, trois peintres chinois achèvent un tableau de 6 m par 2,6 m intitulé Discussing The Divine Comedy With Dante (lit. « Discuter de la Divine Comédie avec Dante ») ; le tableau, réunissant 103 personnalités de diverses époque et civilisations, dont les trois artistes surplombant la scène avec Dante Alighieri, devient un mème sur internet[11],[12].

Mises en scène[modifier | modifier le code]

  • Romeo Castellucci, metteur en scène et plasticien italien, par ailleurs illustre représentant du « théâtre postdramatique », invité d'honneur au festival d'Avignon, donne une version librement adaptée de la trilogie de Dante, notamment en représentant l'Enfer sur la scène du Palais des papes avec une centaine d'acteurs dont des enfants âgés de 4 ou 5 ans ainsi que des chiens et des chevaux[13].
  • En 1993, dans "Commedia", la chorégraphe américaine Carolyn Carlson et sa troupe interpréteront une transcription de la Divine Comédie.
  • Entre 2006 et 2009, le chorégraphe contemporain italien Emio Greco s'inspire librement de la Divine Comédie pour une trilogie de même nom.

Architecture[modifier | modifier le code]

Littérature[modifier | modifier le code]

  • Honoré de Balzac a choisi le titre de La Comédie humaine en référence à la Divine Comédie, dont il admire « la merveilleuse charpente d'idées sur laquelle le plus grand poète italien a construit son poème, le seul que les modernes puissent opposer à celui d'Homère[14] » et il ajoute en dédicace au prince de Teano : « Jusqu'à ce que je vous eusse entendu, la DIVINE COMEDIE me semblait une immense énigme, dont le mot n'avait été trouvé par personne, et moins par les commentateurs que par qui que ce soit. Comprendre ainsi Dante, c'est être grand comme lui[15] »
  • Le septième livre de la série Amos Daragon, Voyage Aux Enfers, reprend beaucoup d'idées de ce livre dont les cinq fleuves et les neuf niveaux des enfers.
  • Malcolm Lowry considérait lui-même son roman Au-dessous du volcan comme une sorte de Divine Comédie ivre.
  • Marc-Edouard Nabe a écrit son roman L'homme qui arrêta d'écrire comme une transposition de la Divine Comédie[16]. Il s'agit du parcours de l'auteur pendant 7 jours à travers le Paris des années 2000, qui respecte la trame de la Divine Comédie.
  • Dans L'Âme du mal de Maxime Chattam, un tueur en série envoie des messages à la police contenant des citations de la Divine Comédie, le tueur s'inspire du voyage de Dante dans les enfers lors de ses meurtres.
  • Dante's Divine Comedy, romans de Sandow Birk et Marcus Sanders, illustrés par Sandow Birk. Dante et Virgile traversent l'Enfer, le Purgatoire et le Paradis contemporains. Un film d'animation, Dante's Inferno, est adapté du premier tome, avec les voix de James Cromwell et Dermot Mulroney.
  • La Fin des temps, quatrième roman de Haruki Murakami (1985, trad. 1992) est largement inspiré de L'Enfer. Le narrateur, seul détenteur de la « clé des temps » a pour mission d'assister un vieux sage dans le décryptage d'un idiome international. Ce parcours initiatique l'entrainera au cœur de limbes obscures situées sous la ville de Tokyo, d'où il remontera par un escalier en colimaçon d'apparence infinie. L'auteur, grand amateur de tragédies grecques, et ayant vécu en Italie non sans raison, parcourt les différentes strates de la consciences humaine au fils de chacun de ses romans.
  • Dans Inferno de Dan Brown, sorti en 2013, le héros Robert Langdon doit faire face à un terroriste se basant sur la trilogie de Dante pour justifier ses méfaits.
  • Dans Le Premier Cercle d'Alexandre Soljenitsyne, les protagonistes sont enfermés dans une prison soviétique mais bénéficient d'un traitement privilégié dû à leur travail scientifique.
  • Primo Levi dans Si c'est un homme, cite régulièrement des passages de la Divine Comédie comme échappatoire, afin d'oublier sa condition dans les camps de concentration allemands.

Musique[modifier | modifier le code]

Musique classique
  • La Dante symphonie est une œuvre de Franz Liszt fondée sur la Divine Comédie de Dante. Des versions fameuses de cette œuvre sont disponibles :
    • Kurt Masur avec le Gewanhaus de Leipzig en 1980
    • Jesus Lopez-Cobos avec l'orchestre de la Suisse Romande en 1981
  • Le poème symphonique Francesca da Rimini de Piotr Ilitch Tchaïkovski décrit la fin du chant V de l'Enfer : Après une sombre introduction décrivant le paysage désolé de l'Enfer, l'ouragan infernal tourmentant Francesca et son amant déferle avec fureur puis s'éteint, laissant le temps à Francesca de raconter au poète sa tragique histoire d'amour puis l'ouragan, encore plus violent, revient et l'emporte de nouveau dans son supplice éternel.
  • Dans les années 1970, la Divine Comédie fait l'objet d'une œuvre électroacoustique de grande ampleur en deux parties : l'Enfer de Bernard Parmegiani et le Purgatoire et paradis terrestre de François Bayle.
  • Didier Marc Garin, compositeur contemporain, s’est consacré pendant sept ans à la traduction de la Divine Comédie, publiée en 2003[17] et trame d'un opéra d'une durée de vingt-quatre heures dont il a entrepris la composition en 2005[18].
  • La 4e sonate du 2e livre d'orgue de Valéry Aubertin, composée entre 2001 et 2003 est constituée de trois mouvements (Enfer-Purgatoire-Paradis); sa structure reprend différents épisodes du voyage de Dante (Porte de l'Enfer, Paolo et Francesca, le cocyte...). L'œuvre a été enregistrée par Pierre Farago sur le CD paru chez Triton en 2006
Musique populaire
  • L'album Dante XXI de Sepultura lui est entièrement consacré.
  • Le nom même du groupe Iced Earth est une subtile référence à la vision de l'enfer gelé de Dante. Sur leur troisième album Burnt Offerings, on trouve une chanson (longue de 16 minutes) intitulée Dante's Inferno retraçant le voyage de Dante.
  • The Divine Comedy est un groupe de pop orchestrale nord-irlandais mené par l'auteur compositeur interprète Neil Hannon. Le nom du groupe provient de la Divine Comédie de Dante.
  • Tangerine Dream a composé une trilogie d'albums intitulée La Divina Commedia. Les trois albums ont pour nom Inferno, Purgatorio (en deux disques) et Paradiso (en deux disques).
  • M, conclu sa chanson Est-ce que c'est ça ? tirée de l'album Mister Mystère par une traduction des derniers vers du Paradis : « L'amour, qui met en mouvement le soleil et les autres étoiles ».

Cinéma, animation et bande dessinée[modifier | modifier le code]

  • L'Enfer (film, 1911)
  • L'Inferno (film, 1911 Helios Film)
  • Conte démoniaque, d'Aristophane, est une bande dessinée librement inspirée de l'univers de la Divine Comédie, éditée à l'Association (1996).
  • Dans l'épisode 2 de Sol Bianca the legacy intitulé La Reminiscencia fait référence à la Divine Comédie.
  • Le film Seven de David Fincher (1996) fait référence aux Sept Péchés Capitaux et à la descente aux Enfers des protagonistes de l'histoire.
  • Dante Shinkyoku de Go Nagai, en 3 volumes dessinés à la manière de Gustave Doré.
  • La saison Hades du manga et animé Saint Seiya s'inspire très largement de la Divine Comédie. (avec une deuxième partie reprenant le nom de Inferno)
  • Le comics Spawn de Todd Mc Farlane s'inspire de l'œuvre et principalement du huitième cercle (malebolge)
  • Album illustré Inferno, de Marcel Ruijters, Editions The Hoochie Coochies, Juin 2013
  • Dans Saint Seiya Hades, Les chevaliers de bronzes traversent l'enfer afin d'affronter Hades et de sauver Athena. Cette partie du manga est inspirée de la Divine Comedie

Jeux vidéo[modifier | modifier le code]

  • Le jeu vidéo Dante's Inferno (sur PS3, Xbox 360 et PSP) est un beat them all retraçant une interprétation de l'histoire de Dante, de sa plongée en enfer à son affrontement avec Lucifer en passant par les neuf cercles où sont punies les âmes des damnés. Des modifications importantes, principalement aux niveaux scénaristique et artistique, ont été apportées pour les besoins du jeu (notamment quant à l'aspect guerrier de Dante, armé dans le jeu d'une faux squelettique arrachée à La Mort, illustrée dans le jeu par une Faucheuse;

Virgile guide dans cet opus Dante à travers les Malebolges, croisant d'illustres personnages (tels que Cléopâtre dans le cercle de la luxure) tout comme sa propre famille; l'esprit du poème est cependant globalement respecté, son architecture vis-à-vis de l'œuvre comme l'ordre des péchés. Le jeu s'arrête après la rencontre de Dante et Lucifer, sa défaite et son accession au purgatoire (Virgile n'accompagnera alors pas Dante, au bénéfice de Beatrice).

  • La série de jeux Devil May Cry reprend des éléments de la Divine Comédie. Le héros du jeu s'appelle Dante et son frère Vergil. Dans Devil May Cry 3, Dante et Vergil descendent dans l'enfer des démons.
  • Ifrit, une des invocations récurrentes de la série de jeux vidéo Final Fantasy, dispose d'une puissante attaque nommée Divine Comédie. La scène l'accompagnant est inspirée de la symbolique de l'enfer : fournaise, bête à corne, etc.
  • Final Fantasy IV met en scène plusieurs ennemis portant les noms de démons Malebranche : Scarmiglione, Cagnazzio, Barbariccia, Rubicante ou Calcabrina.
  • Umineko no Naku Koro ni, un dōjin de type visual novel, possède des références de l’œuvre de Dante. Ainsi un personnage sera nommé Virgilia et aidera le héros à triompher de Béatrice qui tente de rejoindre la terre dorée - symbolique du Paradis -. Ryūkishi07, l'auteur de cette œuvre, a lui-même précisé à l'Epitanime 2012 à Paris que ce n'était qu'une « référence banale » et non une inspiration poussée du chef-d’œuvre de Dante.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

En italien[modifier | modifier le code]

On dispose aujourd'hui d'une édition de référence réalisée par Giorgio Petrocchi[4]. Elle est relue, et parfois légèrement amendée, dans l'édition bilingue La Comédie - Poème sacré de Jean-Charles Vegliante, parue en 2012 chez Gallimard (poésie/gallimard, 2014 2).

Deux éditions critiques ont été publiées plus récemment par Antonio Lanza (it)[19] et Federico Sanguineti (it)[20].

Éditions et traductions anciennes en français[modifier | modifier le code]

La Divine Comédie a fait l'objet d'un nombre considérable d'éditions, traductions et commentaires :

  • la première édition est de 1472, il en existe encore dix exemplaires (trois en France et sept aux États-Unis). En 1999, un exemplaire s'est vendu en France pour la somme de 777 500 euros.
  • l'une des plus estimées est l'édition publiée à Rome par Baldassare Lombardi, 1791, et réimprimée en 1815 avec des notes.

Parmi les traductions en français, on estime au XIXe siècle celles de :

La Divine Comédie a été mise en vers par :

Traductions récentes[modifier | modifier le code]

  • André Pézard est pour le XXe siècle le spécialiste français de Dante avec la publication en 1965 de l'œuvre complète traduite et commentée[5].
  • Jacqueline Risset a publié une édition bilingue et commentée en trois volumes (en 1985, 1988 et 1990) de la Divine Comédie plusieurs fois rééditée[6].
  • Guy de Pernon, édition numérique bilingue de l’Enfer, traduction nouvelle en vers, 2011
  • Didier Marc Garin, compositeur contemporain, s’est consacré pendant sept ans à la traduction de la Divine Comédie, publiée en 2003[17] et trame d'un opéra d'une durée de vingt-quatre heures dont il a entrepris la composition en 2005[21].
  • Jean-Charles Vegliante, éd. bilingue, notices et Postface : La Comédie (Enfer, Purgatoire, Paradis), Paris - Arles, Imprimerie Nationale - Actes Sud, 3 vol. 1996-2007. Trad. en vers. Nouvelle éd. revue, en un volume bilingue : La Comédie - Poème sacré, Gallimard-poésie, 2012 (2014 -2).

Études[modifier | modifier le code]

  • René Guénon, L’Ésotérisme de Dante, Paris, Ch. Bosse, 1925, nombreuses rééditions, dont Éditions Traditionnelles, 1949
  • Henri Hauvette, Dante : introduction à l'étude de la Divine Comédie, Paris, Hachette, 1919
  • Augustin Renaudet, Dante humaniste, Paris, Les Belles Lettres, 1952
  • Charles S. Singleton, Dante studies, Cambridge, Harvard University Press, 2 vol. 1954 et 1958
  • André Pézard, Dans le sillage de Dante, préface de Paul Renucci, Paris, Société d'études italiennes, 1971
  • Ossip Mandelstam, Entretien sur Dante, traduit du russe par Louis Martinez, Lausanne, L’Âge d’homme, 1977
  • Erich Auerbach, Écrits sur Dante, traduit de l’allemand et de l’anglais par Diane Meur, Paris, Éditions Macula, 1993
  • Valeria Capelli, La Divine Comédie – Entrée en lecture, traduit de l'italien par Hervé Benoît, Genève, éditions Ad Solem, 2003

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. À propos de la controverse sur la chronologie de la composition, voir : E. Cecchi, N. Sapegno, Storia della Letteratura italiana, vol. II, Il Trecento, Garzanti, Milano, 1965, p. 69 (it)
  2. Voir Harold Bloom, Il canone occidentale, Bompiani, Milano, 1996 (it), Erich Auerbach, Studi su Dante, Feltrinelli, Milano 1964 (it) et al.. Elle fait partie des Grands Livres du monde occidental (en).
  3. Enfer, II, 31-32.
  4. a et b La Commedia secondo l'antica vulgata, Milano, A. Mondadori, 4 vol., 1966-67 (it)
  5. a et b Dante, Œuvres complètes, traduction et commentaires par André Pézard, Paris, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 1965, 1851 p. (ISBN 978-2070101566)
  6. a et b Jacqueline Risset, Dante, La Divine Comédie, L'Enfer/Inferno (vol. I), Le Purgatoire/Purgatorio (vol. II), Le Paradis/Paradiso (vol. 3), Paris, Flammarion, 1985, rééd. 2004 (ISBN 978-2080712165)
  7. Les Epistulae de Dante (28 et s.) sur le site liberliber.it
  8. Chien de chasse : cf. « vautrait » sur le wiktionnaire.
  9. À propos de ces vers, une ressemblance a été notée avec l'anonyme Serventese romagnolo (1277), certainement connu à Forlì, quand Dante s'y rendit. Voir : A. E. Mecca, Dante e il Serventese romagnolo del 1277, in Nuova rivista di letteratura italiana, 2005, nos  1 et 2, p. 9-18 (it). Voir également : A. F. Massera, Il serventese romagnolo del 1277 (lire en ligne).
  10. La Divine Comédie de Dante illustrée par Botticelli, Paris, éditions Diane de Selliers, 1996.
  11. The Internet sensation dinner-party painting with 103 historical guests - how many can you spot?, Daily Mail Online, 18 mars 2009
  12. Une centaine de personnalités réunies sur une même peinture, french.china.org.cn, 18 mars 2009
  13. (it) compte rendu
  14. La Cousine Bette, dédicace à Don Michele Angelo Cajetani, prince de Teano, éditions Charles Furne, 1845, vol.XVII, p.2.
  15. Furne, vol XVII, p.2.
  16. Analyse de la transposition de L'homme qui arrêta d'écrire
  17. a et b Dante Alighieri, La Divine Comédie, traduit de l'italien, présenté et annoté par Didier Marc Garin, Paris, Éditions de la Différence, éd. bilingue, 2003, 1040 p. (ISBN 2729114599)
  18. Dante et la musique, Le Jardin des dieux, François-Xavier Szymczak, France musique (survoler l'onglet bibliographie avec la souris)
  19. La Commedìa. Testo critico secondo i più antichi manoscritti fiorentini, De Rubeis Editore, 1995 (it)
  20. Dantis Alagherii Comedia, Florence, Edizioni del Galluzzo, 2001 (it)
  21. Sites des Éditions de la Différence et de Didier Marc Garin

Source partielle[modifier | modifier le code]

Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « Divine Comédie » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie,‎ 1878 (Wikisource)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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