La Dernière Tentation du Christ (film)

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Page d'aide sur les redirections Cet article concerne le film de Martin Scorsese. Pour le roman, voir La Dernière Tentation du Christ (roman).

La Dernière Tentation du Christ

Titre original The Last Temptation of Christ
Réalisation Martin Scorsese
Scénario Paul Schrader
d'après l'œuvre de
Níkos Kazantzákis
Sociétés de production Cineplex-Odeon Films
Universal Pictures
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Drapeau du Canada Canada
Genre Drame
historique
Sortie 1988
Durée 164 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

La Dernière Tentation du Christ (The Last Temptation of Christ) est un film américain, réalisé par Martin Scorsese, sorti sur les écrans en 1988, adapté du roman éponyme de Nikos Kazantzakis, publié en 1955.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Comme tous les hommes, Jésus vit dans le péché et dans la peur. Il veut vivre la vie d'un homme normal et désire Marie-Madeleine. Mais Dieu l'a choisi pour être le Messie, pour être le Sauveur de l'humanité. Après avoir découvert sa vraie nature lors d'un voyage dans le désert, il commence à prêcher la bonne parole et à accomplir des miracles. Il compte de plus en plus de disciples, dont le premier d'entre eux, Judas et s'oppose aux prêtres Juifs.

Jésus comprend finalement que Dieu veut qu'il soit crucifié pour expier les péchés du Monde. Il demande donc à Judas de le dénoncer aux Romains et est crucifié. Mais alors qu'il s'apprête à mourir, il est sauvé par un ange. Jésus n'est pas le Messie et Dieu veut le récompenser en lui offrant la vie simple dont il a toujours rêvé. Il devient un homme parmi les autres, entourés de ses femmes et de ses enfants, et vieillit. Jusqu'au jour où Jérusalem est mis à feu et à sang par les Romains et que Judas lui fait comprendre que ce n'est pas un ange qui l'a sauvé, mais Satan : Jésus a cédé à la tentation. Il accepte alors enfin d'être le fils de Dieu et c'est finalement en souriant que le Christ meurt sur la croix.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Source et légende : Version française (VF) sur AlloDoublage[1]

Lieux de tournage[modifier | modifier le code]

Le film a été tourné au Maroc du 12 octobre au 22 décembre 1987, dans les régions suivantes[2] :

Controverse et polémique[modifier | modifier le code]

En 1983, le cinéaste de culture catholique et italienne Martin Scorsese, hanté par le thème de la Passion et la rédemption, envisage de tirer un film du roman éponyme de Nikos Kazantzakis, mais les producteurs de la Paramount cèdent aux pressions des puissants fondamentalistes protestant à coups de manifestations, pétitions, nuits de prières et d'insinuations antisémites. Le projet est repris au dernier moment par Universal[3]. Scorsese se tourne alors vers la France pour trouver des fonds complémentaires et est présenté par le jeune producteur Hubert Balsam au ministre de la Culture Jack Lang, qui octroie trois millions de francs au projet. Une des Églises fondamentalistes américaines contacte alors ses correspondants français, qui envoient des milliers de lettres de protestation (issues en majorité de la Communauté Évangélique des Sœurs de Marie de Dijon) au ministre et bloquent le standard téléphonique de son ministère pendant une semaine[4]. L'archevêque de Paris Jean-Marie Lustiger proteste personnellement auprès du président François Mitterrand, si bien qu'au mois de mars, Jack Lang annule ses subventions[5]. Programmé au festival de Venise, le cinéaste Franco Zeffirelli qualifie le film de « pur produit de la chienlit culturelle juive de Los Angeles qui guette la moindre occasion de s'attaquer au monde chrétien »[6].

C'est ainsi que cette version anti-dogmatique de la vie de Jésus est très fermement dénoncée par les autorités religieuses avant même sa sortie.

Le 12 août 1988, la sortie du film aux États-Unis suscite des protestations dans tout le pays.

La sortie du film le 28 septembre 1988 en France déclenche une guérilla à coups de tracts et d'attentats. Le 23 octobre 1988, un groupe de catholiques traditionalistes déclenche un incendie dans une salle du cinéma Espace Saint-Michel à Paris pour protester contre la projection du film. Cet attentat a fait quatorze blessés dont quatre sévères[7]. D'autres incendies seront perpétrés à la salle du Gaumont Opéra[8] ainsi qu'à Besançon[9]. Un autre attentat du même groupe a causé le décès d'un spectateur[10].

Article détaillé : Attentat du cinéma Saint-Michel.

Dans certains pays, comme la Turquie, le Mexique, le Chili et l'Argentine, le film a été interdit ou censuré pendant plusieurs années. En 2010, le film est toujours interdit aux Philippines et à Singapour[11].

Musique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Passion (album de Peter Gabriel).

La bande originale a été composée par Peter Gabriel, ancien membre du groupe Genesis.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompense[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Article de doublage VF du film » sur AlloDoublage, consulté le 29 janvier 2013
  2. http://www.imdb.fr/title/tt0095497/locations
  3. Frank Lafond, Cauchemars italiens. Le cinema fantastique, Harmattan,‎ 2011, p. 34
  4. Mark Hunter, Les Jours les plus Lang, Odile Jacob,‎ 1990, p. 222
  5. Jack Lang, François Mitterrand. Fragments de vie partagée, Seuil,‎ 2011, p. 121
  6. (en) Gino Raymond, France during the socialist years, Dartmouth Publishing Company,‎ 1994, p. 157
  7. Quatorze blessés dans une salle parisienne projetant « La Dernière Tentation du Christ » La police soupçonne des extrémistes de droite d'avoir incendié le cinéma Le Saint-Michel, Le Monde, 25 octobre 1988. lire en ligne (payant)
  8. Marion Georges, L'affaire Scorsese et les incendies de cinémas Deux nouvelles inculpations, dont celle du poseur de l'engin à la salle Saint-Michel, Le Monde, 30 octobre 1988; lire en ligne (payant)
  9. « Inculpation à Besançon après l'attentat contre un cinéma où était projeté la Dernière Tentation du Christ », Le Monde, 22 novembre 1988. lire en ligne (payant)
  10. Christian Ferrand, « Les inquisiteurs absouts », L'Humanité, 21 mars 1990
  11. (en) Parents Guide forLa dernière tentation du Christ, site de l'Internet Movie Database
  12. (en) Awards - Internet Movie Database

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]