La Dame au petit chien (nouvelle)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Caractères cyrilliques Cette page contient des caractères cyrilliques. En cas de problème, consultez Aide:Unicode ou testez votre navigateur.
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir La Dame au petit chien.
La Dame au petit chien
Publication
Auteur Anton Tchekhov
Titre d'origine russe : Дама с собачкой
Langue Russe
Parution Drapeau : Russie décembre 1899 dans
La Pensée russe no 12
Intrigue
Lieux fictifs Yalta, Oréanda, Moscou, S...
Personnages Dmitri Gourov, banquier moscovite
Anna von Diederitz, la dame au petit chien
Nouvelle précédente/suivante
Dans la combe Suivant
La promenade de Yalta.

La Dame au petit chien (en russe Дама с собачкой) est une nouvelle d'Anton Tchekhov publiée en 1899.

Composition[modifier | modifier le code]

Rédigée lors d'un séjour à la « Datcha Blanche », la villa que Tchékhov avait fait construire à Yalta, la nouvelle La Dame au petit chien est initialement publiée dans le numéro XII de la revue russe La Pensée russe en décembre 1899[1].

Personnages[modifier | modifier le code]

  • Dmitri Dmitrich Gourov : banquier moscovite d'à peine quarante ans, marié, trois enfants.
  • Anna Serguéievna von Diederitz : autour de vingt-cinq ans, mariée, habite à S..., une ville de province.

Résumé[modifier | modifier le code]

Premier chapitre[modifier | modifier le code]

Sur la promenade du bord de mer de Yalta, un nouveau visage est apparu : une dame avec un petit chien. Coureur de jupons impénitent, Dmitri Gourov, qui séjourne à Yalta depuis deux semaines et y fait déjà figure d'habitué, ne tarde pas à remarquer la « dame au petit chien », une jeune femme blonde de petite taille et élégamment vêtue, qui se promène toujours solitaire, sans mari ni connaissances. Après plusieurs rencontres « fortuites » en divers lieux de la ville, ils font connaissance au restaurant « Le Vernet ». Arrivée il y a une petite semaine, elle est là pour un mois, son mari va peut-être la rejoindre. Comme nombre de touristes, elle prétend s’ennuyer à Yalta.

Après le repas, ils se promènent et font plus ample connaissance. Gourov révèle qu'il travaille dans une banque, mais qu'il a poursuivi des études de Lettres, et avait d'abord songé à devenir chanteur d'opéra. Gourov apprend, quant à lui, que la petite blonde s'appelle Anna Serguéievna, qu'elle est originaire de Saint-Pétersbourg, qu'elle s'est mariée et vit depuis deux ans à S..., une ville de la province russe. Elle se montre incapable de préciser quelle est la profession de son mari, ce qui semble plutôt l'amuser.

Revenu à son hôtel, Gourov ne peut s'empêcher de songer à la soirée qu'il vient de passer. Bien décidé à séduire la jeune femme timide et gauche. En s'endormant, il se rappelle « ses beaux yeux gris ».

Deuxième chapitre[modifier | modifier le code]

Une semaine plus tard, après une journée étouffante et de grand vent qu'ils passent ensemble. Gourov embrasse passionnément Anna. Le couple se rend à l'hôtel d'Anna, où Anna et Dmitri deviennent amants. C’est la première fois qu’Anna trompe son mari. Gourov l’aime physiquement avec passion. Anna craint que fois satisfaite, Gourov ne la respecte plus. D'abord désarçonné par l'attitude de sa jeune maîtresse, Gourov tente de la consoler. Puis le couple part se promener de nuit à Oréanda, dans les alentours de Yalta et ne revient qu'au petit jour...

Ils partagent alors leur temps et attendent l'arrivée du mari. Mais c'est une lettre de celui-ci qui arrive. La missive vient briser l'aventure. Le mari annonce qu'il ne viendra pas en raison d'une maladie oculaire. Anna prend la lettre comme un signe du destin et doit rentrer sans tarder. Gourov la raccompagne à la gare et les amants se séparent tristement.

Persuadée qu'ils se quittent pour toujours, Anna l'assure qu'elle ne l'oubliera pas et supplie Gourov de garder un bon souvenir d’elle. Gourov, un peu sonné par la séparation brutale, regarde le train partir. N'ayant plus rien à faire à Yalta, Gourov décide lui aussi de repartir vers le nord.

Troisième chapitre[modifier | modifier le code]

Gourov reprend sa vie. Pourtant, il pense à Anna tous les jours, mais il ne peut partager avec personne les doux souvenirs de Yalta. La réponse indifférente d’une connaissance avec qui il voulait en parler déclenche en lui une réaction d’indignation, et il se décide à partir à S. où réside Anna.

Là-bas, il s’installe à l’hôtel, passe maintes fois devant sa maison sans oser rentrer. La chance lui sourit au théâtre, car elle y est avec son mari. Quand celui-ci s’absente, il se précipite. Abasourdie de le voir, elle lui avoue qu’elle ne fait que songer à lui depuis son départ de Yalta, et promet d’aller le voir à Moscou.

Quatrième chapitre[modifier | modifier le code]

Plusieurs mois plus tard, Anna descend chaque deux ou trois mois à l'hôtel « Marché slave » à Moscou. Ils s’aiment, ils savent qu’ils ne peuvent plus vivre comme cela. Ils vont franchir le pas, les difficultés sont devant eux.

Extraits[modifier | modifier le code]

  • « Il [Gourov] s’était mis à la tromper depuis longtemps déjà, il la trompait souvent, c’est probablement la raison pour laquelle il disait presque toujours du mal des femmes et quand on parlait d’elles devant lui, il les traitait de « race inférieure ». »
  • Anna évoque l'échec de son mariage : « Quand je l’ai épousé, j’avais vingt ans, je mourais de curiosité, j’aspirais à un sort meilleur, il existe bien, me disais-je, une vie différente ! Je voulais vivre, vivre, vraiment vivre, la curiosité me dévorait. »
  • Dialogue de Gourov avec une connaissance : « Si vous saviez de quelle femme ravissante j’ai fait la connaissance à Yalta ! » Réponse de l'interlocuteur : « Gourov, vous aviez raison tout à l’heure, l’esturgeon sentait ! »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Claude Frioux 1971, p. 1026.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Anton Tchékhov (trad. Édouard Parayre, révision Lily Denis), Œuvres, t. III : Récits 1892-1903, Paris, Gallimard (anthologie), coll. « Bibliothèque de la Pléiade » (no 223),‎ 21 décembre 2004 (1re éd. 1971), 1032 p. (ISBN 978-2-07-010628-4[à vérifier : ISBN invalide]), « La Dame au petit chien »
  • Françoise Darnal-Lesné (préf. Françoise Darnal-Lesné), Dictionnaire Tchekhov, Paris, L'Harmattan,‎ 2010 (1re éd. 2010), 322 p. (ISBN 978-2-296-11343-5)

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • La nouvelle est un des livres lus par Michael Berg à Hannah dans le film The Reader de Stephen Daldry et c'est grâce à ce même livre que Hannah apprend à lire par elle-même.