La Délivrance (Guillaume)

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La Délivrance
Artiste Émile Oscar Guillaume
Date 1914
Type Bronze
Technique sculpture
Localisation Hôtel de Région, Nantes (France)
Coordonnées 47° 12′ 40.2″ N 1° 31′ 25.14″ O / 47.211167, -1.5236547° 12′ 40.2″ N 1° 31′ 25.14″ O / 47.211167, -1.52365  

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La Délivrance (Guillaume)

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La Délivrance (Guillaume)

La Délivrance est une sculpture en bronze d'Émile Oscar Guillaume réalisée en France en 1914. Elle représente une femme nue brandissant une épée vers le ciel, et a été conçue comme monument commémoratif, initialement intitulé La Victoire, lors de la Première Guerre mondiale.

L'installation d'un exemplaire à Nantes, en 1927, près du monument aux morts, a suscité une polémique qui a conduit à une action de détérioration de l’œuvre ; réinstallée en 1937, puis mise à l'abri en 1942, elle est de nouveau installée en 1987.

Description[modifier | modifier le code]

La Délivrance est une statue qui représente une femme nue, dressée sur la pointe des pieds, jambe droite en avant, les bras et le visage tendus vers le ciel. Elle tient dans la main droite un glaive pointé vers le haut. Elle repose sur un socle en forme de demi-sphère[1]. Œuvre d'Émile Oscar Guillaume réalisée en 1914 et intitulée à l'origine La Victoire, elle est choisie en 1919 par le journal Le Matin pour être reproduite en onze exemplaires de bronze doré, sous le nom de La Délivrance, par les fondeurs de la Maison F. Barbedienne[2].

Historique[modifier | modifier le code]

De La Victoire à La Délivrance[modifier | modifier le code]

Après la Première bataille de la Marne, le sculpteur français Émile Oscar Guillaume réalise La Victoire. Dans son édition du vendredi 17 octobre 1919, le journal Le Matin annonce qu'il a commandé à la maison de fonderie Barbedienne la réalisation en bronze de onze exemplaires de l’œuvre, rebaptisée La Délivrance. Ils doivent être remis à onze villes ayant subi l'occupation allemande. Le journal présente la liste des villes ayant « accepté l'offre » : Amiens, Bruxelles, Colmar, Liège, Lille, Metz, Reims, Mézières, Saint-Quentin, Strasbourg et Verdun[2].

Exemplaire lillois puis nantais[modifier | modifier le code]

La première cité à recevoir la statue est Lille, le journal Le Matin annonce que l’œuvre sera remise à la ville le dimanche 19 octobre 1919[2]. Installée au jardin Vauban (quartier Vauban Esquermes), la statue est au centre de la cérémonie du 1er anniversaire de la libération de la ville, le 21 octobre 1919, mais, pour des « raisons esthétiques », elle est par la suite stockée au palais Rameau.

La municipalité de Nantes, après avoir fait élever un monument aux morts de la guerre de 1914-1918 à l'extrémité nord des cours Saint-Pierre et Saint-André, où les noms de 5 832 soldats nantais disparus figurent en lettres d'or sur des plaques de marbre, souhaite dresser une statue attenante, pour réaliser une symétrie avec le monument de la guerre de 1870 situé à l'extrémité sud des cours. Lors de la séance du conseil municipal du 9 mai 1927, l'achat de La Délivrance est acceptée dans ce but. Le 17 juillet 1927, l'inauguration a lieu en présence du maire, Paul Bellamy, et du ministre de la Guerre, Paul Painlevé[1].

À partir du 19 juillet, la droite locale, au travers de journaux comme l'Écho de la Loire ou Le Phare de la Loire, fait une virulente campagne contre la statue, jugée indécente, la femme représentée étant nue et tournant alors le dos aux tables mémoriales[3],[4],[5]. En août, deux agents de police sont alors postés en faction pour protéger la statue d'un attentat[6], mais, dans la nuit du 10 au 11 novembre, celle-ci est abattue et endommagée par un commando de dix-sept personnes[7]. C'est cette fois la presse de gauche qui s'enflamme, notamment Le Populaire, défenseur de l'œuvre[8]. L'enquête aboutit à démasquer les dix-sept membres du commando issus des Jeunesses patriotes, organisation conservatrice, lesquels sont condamnés à de la prison avec sursis et à une amende[9].

En 1937, le conseil municipal conduit par Léopold Cassegrain soumet le projet de remettre en place la statue. La proposition est acceptée, avec 5 abstentions, 14 voix contre et 15 voix pour, dont celles du maire, d'Eugène Dalby, d'Alexandre Fourny et d'Auguste Pageot (futur maire). La statue est dressée le 26 octobre 1937, sur un socle de granit de 6 mètres de haut, à une centaine de mètres de son emplacement initial, dans le « square Saint-André » (actuel square du Maquis-de-Saffré)[10].

En 1942, sous l'occupation allemande lors de la Seconde Guerre mondiale, la statue est de nouveau descendue, devant la menace d'une réquisition pour en récupérer le métal. Stockée dans un chantier du quartier de la Moutonnerie, elle est restaurée en 1980, le sculpteur Douillard lui façonnant des bras ensuite fondus par MM. Douet, Heuz, Bertrand et Flasquin[11].

En 1987, elle est installée sur l'extrémité est de l'Île de Nantes, à l'angle sud-est de l'hôtel de région[12].

Autres exemplaires[modifier | modifier le code]

Copie de la statue, installée à Londres, dans le quartier de Finchley.

En 2008, la ville de Nantes a acquis aux enchères, pour la somme de 21 000 €, une copie de La Délivrance, en bronze, dédiée et offerte à Aristide Briand lorsqu'il était président du Conseil des ministres. Sur le socle est gravée l'inscription « Aux armées alliées à tous ceux qui auront servi leur patrie et l'Humanité »[13]. Cette réplique est, depuis, exposée au château des ducs de Bretagne à Nantes[14].

Une autre statue est installée devant la mairie de Chéroy dans l'Yonne en France[15],[16].

Un exemplaire se trouve en Angleterre, dans le quartier de Finchley (district de Barnet à Londres). Achetée par Harold Harmsworth en 1920, elle est inaugurée en octobre 1927 par le premier ministre David Lloyd George, et est considérée comme une des plus intéressantes œuvres en plein air du pays[17].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Université de Nantes, 1984, p. 145
  2. a, b et c Le Matin, « La statue de la Délivrance », Le Matin,‎ 17 octobre 1919 (lire en ligne)
  3. Université de Nantes, 1984, p. 146-148
  4. Dominique Amouroux (dir.), Alain Croix (dir.), Thierry Guidet (dir.) et al., Dictionnaire de Nantes, Presses universitaires de Rennes,‎ 2013, 1119 p. (ISBN 978-2-7535-2821-5), p. 134-135.
  5. « Un monument aux morts polémique », Archives municipales de Nantes (consulté le 19 décembre 2013).
  6. Université de Nantes, 1984, p. 151
  7. Université de Nantes, 1984, p. 152
  8. Université de Nantes, 1984, p. 153
  9. Université de Nantes, 1984, p. 154-157
  10. Université de Nantes, 1984, p. 157
  11. Université de Nantes, 1984, p. 158
  12. « La Délivrance », service des espaces verts de la ville de Nantes (consulté le 23 décembre 2011).
  13. « La Ville de Nantes acquiert en 2008 une statue de bronze de La délivrance », mairie de Nantes (consulté le 19 décembre 2011).
  14. Thierry Ballu, « L'existence torturée d'une statue nantaise », Ouest-France,‎ 24 avril 2008 (lire en ligne).
  15. « Carte d'identité », sur mairie de Chéroy (consulté le 23 décembre 2011).
  16. « Chéroy », office de tourisme de l'Yonne (consulté le 23 décembre 2011).
  17. (en) « Finchley La Delivrance and other statues », sur le site du district de Barnet (Londres) (consulté le 23 décembre 2011).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]