La Défense de Paris (statue)

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La Défense de Paris
Image illustrative de l'article La Défense de Paris (statue)
La Défense de Paris
Artiste Louis-Ernest Barrias
Date 1883
Type Bronze
Technique sculpture
Localisation Quartier de La Défense, Puteaux (France)
Coordonnées 48° 53′ 26″ N 2° 14′ 31″ E / 48.8905, 2.2419448° 53′ 26″ N 2° 14′ 31″ E / 48.8905, 2.24194  

48° 53′ 25.7″ N 2° 14′ 31″ E / 48.890472, 2.24194

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La Défense de Paris est un groupe sculpté de Louis-Ernest Barrias (1841-1905), inauguré le 12 octobre 1883 au carrefour de Courbevoie (aujourd'hui quartier de La Défense) sur le territoire de la commune de Puteaux (Hauts-de-Seine). Il honore la mémoires des victimes militaires et civiles tombées lors du Siège de Paris pendant la Guerre franco-allemande de 1870.

Contexte historique[modifier | modifier le code]

En 1879, les républicains devinrent majoritaires au parlement et s'installèrent définitivement au pouvoir. Le nouveau régime chercha à se démarquer de la république de l'Ordre moral de Mac Mahon. Il tint à rappeler la politique de défense nationale que les républicains avaient menée de septembre 1870 à janvier 1871 pendant la guerre franco-allemande de 1870.

En honorant la défense de Paris, les républicains manifestèrent également leur volonté de réintégrer la capitale dans la communauté nationale et d'en finir avec les divisions nées de la Commune de Paris[1].

L'édification de monuments commémoratifs toucha aussi à l’ordre symbolique : la IIIe République fut parcourue de l'échelon national à l'échelon local, à partir des années 1880 par une « statuomanie » sans précédent allant des Bourgeois de Calais de Rodin au Triomphe de la République de Jules Dalou, valorisant les "petites patries" aussi bien que la grande.

Histoire du monument[modifier | modifier le code]

Un concours de grands artistes[modifier | modifier le code]

Pour commémorer la défense héroïque de Paris contre les Prussiens au cours de la Guerre de 1870-1871, la Préfecture de la Seine organisa, en 1879, un concours, pour l'érection d'un monument au rond-point de Courbevoie, situé à l’extrémité de l’avenue de Neuilly, dans la perspective de l’Arc de triomphe de l’Étoile, là où s’étaient rassemblés les gardes nationaux avant la dernière bataille de Buzenval, le 19 janvier 1871, dans la phase finale du conflit.

Une centaine d'artistes concoururent dont Gustave Doré, Bartholdi, Carrier-Belleuse, Alfred Boucher, Falguière et Rodin. Ce dernier vit son projet rejeté par le jury dès la première sélection[2]-[Note 1]. Le choix des jurés se porta sur le projet de Louis-Ernest Barrias qui s’était engagé dès le début du conflit et avait enduré les épreuves du siège. Sa composition plus statique et plus classique que celle de Rodin était une allégorie dont la signification était immédiatement perceptible par le public.

Le monument fut érigé sur ce qui était le rond-point de Courbevoie jusqu'en 1965, devenu depuis le quartier d'affaires de La Défense, auquel elle a donné son nom. Il fut démonté et remisé pendant plusieurs années et réinstallé le 21 septembre 1983, cent ans après son inauguration.

Une inauguration mouvementée[modifier | modifier le code]

Le 12 août 1883, une foule très nombreuse (estimée à plus cent mille personnes) assista à l'inauguration par Waldeck-Rousseau, ministre de l’Intérieur. La cérémonie débute à 16 h 00 par vingt-et-un coups de canon tirés du Mont-Valérien. La musique de la garde républicaine joua La Marseillaise, Après les discours d'usage rendant hommage au patriotisme des combattants et au courage héroïque des Parisiens assiégés, l’inauguration s’acheva par un défilé militaire.

Après le départ des autorités, le public put enfin s’approcher du monument, placé au centre de la place et qui est installé sur un socle de granit, entouré par une grille en fer, ornée d’une lanterne à gaz aux quatre angles[3]

Lors de l'inauguration, des partisans de la Commune de Paris troublèrent la cérémonie patriotique, en commémoration des affrontements du 2 avril 1871 entre les fédérés de la garde nationale et l'armée versaillaise du gouvernement issu des élections du 8 février 1871 réfugié à Versailles. Un drapeau rouge fut déployé, et l'on put entendre clamé « longue vie à l'amnistie, longue vie à la république sociale »[4].

L’œuvre[modifier | modifier le code]

Il s'agit d'un groupe sculpté, coulé en bronze par le fondeur Henri Léon Thiébault, représentant les trois figures qui symbolisent la défense de Paris :

  • une femme, vêtue de l’uniforme de la garde nationale, appuyée sur un canon et tenant un drapeau, représente la figure allégorique de la ville de Paris,
  • les défenseurs prennent les traits d’un jeune mobile affaissé qui place une dernière cartouche dans son fusil " chassepot ". Les deux figures regardaient vers Buzenval, lieu des derniers combats en janvier 1871.
  • de l’autre côté du monument, une fillette prostrée qui, par son expression triste et son apparence misérable, personnifie les souffrances de la population civile.

Barrias se serait inspiré, pour son œuvre, de celle d'Amédée Doublemard, La Défense de la barrière de Clichy ou monument au Maréchal Moncey de la place de Clichy à Paris[5].

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Maurice Agulhon, Marianne au combat. L’imagerie et la symbolique républicaine de 1789 à 1880, Paris, Flammarion, 1979.
  • Maurice Agulhon, Marianne au pouvoir. L’imagerie et la symbolique républicaine de 1880 à 1914, Paris, Flammarion, 1989.
  • Janice Best, Les monuments de Paris sous la Troisième République : Contestation et commémoration du passé, Paris, L'Harmattan, coll. « Histoire de Paris », 2010, 282 p. (ISBN 978-2-296-11413-5), « 3.2. La Défense de Paris 1870–1871 », p. 95–107
  • Denis Lavalle, « Le monument de la Défense et la statuaire du XIXe siècle », in Georges WEILL, La Perspective de la Défense dans l’art et l’histoire, Nanterre, archives départementales des Hauts-de-Seine, 1983, p. 132-153.

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Notes et Références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le groupe de Rodin fut choisi, en 1916 par le comité néerlandais de la Ligue des pays neutres, qui voulait élever un monument commémoratif de la défense de Verdun. L’agrandissement au quadruple fut réalisé en 1917-1918, et le monument inauguré à Verdun le 1er août 1920

Références[modifier | modifier le code]

  1. [1]
  2. [2]
  3. [3]
  4. Karine Varley, Under the Shadow of Defeat. The War of 1870-71 in French Memory, Basingstoke, Palgrave Macmillan, 2008 (ISBN 978-0-230-00519-8), p. 142-150
  5. [4]