La Communauté de l'anneau

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir La Communauté de l'anneau (homonymie).
La Communauté de l'anneau
Auteur J. R. R. Tolkien
Genre fantasy
Version originale
Titre original The Fellowship of the Ring
Éditeur original Allen & Unwin
Langue originale anglais
Pays d'origine Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Lieu de parution original Londres
Date de parution originale 29 juillet 1954
Version française
Traducteur Francis Ledoux
Lieu de parution Paris
Éditeur Christian Bourgois Éditeur
Date de parution 1972
Chronologie
Précédent Bilbo le Hobbit Les Deux Tours Suivant

La Communauté de l’anneau (The Fellowship of the Ring) est la première partie du Seigneur des anneaux, roman en trois volumes de l'écrivain britannique J. R. R. Tolkien, parue le 29 juillet 1954 au Royaume-Uni.

Résumé[modifier | modifier le code]

Livre I[modifier | modifier le code]

Le Livre I commence avec la description de l'agitation que fait naître dans la Comté l'annonce de la fête qui aura lieu en l’honneur du 111e anniversaire de Bilbon Sacquet, un Hobbit, et du 33e anniversaire de Frodon, petit cousin que Bilbon a adopté. Les aventures de Bilbon, inhabituelles pour le peuple casanier et tranquille des Hobbits, sont l'objet de toutes sortes de rumeurs, et certains pensent qu'il cache chez lui un fabuleux trésor. En outre, Bilbon est étonnement conservé pour un vieillard centenaire. Mais sa grande générosité fait taire l'envie que pourraient susciter sa richesse et sa jeunesse, et chacun attend la fête avec impatience, car manger, boire et recevoir des cadeaux sont les occupations favorites des Hobbits. Gandalf, magicien et vieil ami de Bilbon, arrive à la Comté, et se joindra à la réception en tant qu'artificier.

La fête organisée à cette occasion est un succès, jusqu’à ce que Bilbon disparaisse subitement pendant son discours. En réalité, il a utilisé un anneau magique, qui confère l'invisibilité à celui qui le porte, afin de partir en douce chez lui. Gandalf l'y retrouve et Bilbon, qui se sent vieux, fatigué et bizarrement étiré, repart à l'aventure, comme il s'y était décidé avant la réception. Le Hobbit laisse derrière lui, avec quelques difficultés, son anneau magique et lègue tout ce qu'il possède à Frodon. Frodon, quelque temps après, se précipite chez Bilbon et son oncle étant déjà parti, Gandalf l’informe de la situation et lui dit de mettre l’anneau en sûreté. Gandalf, qui n'a cessé de s'interroger sur l'origine véritable de l'anneau, et perplexe devant la réticence de Bilbon à s'en défaire, quittera également la Comté, plus tôt que prévu, afin de régler certaines affaires.

S'écoulent alors de longues années, pendant lesquelles Gandalf revient discrètement dans la Comté de temps à autre. Puis il ne reparaît plus pendant des années, et Frodon ne pense plus le revoir. Un jour, cependant, 17 ans après la réception du début du livre, Gandalf revient voir Frodon pour l'informer qu'il a enfin découvert la provenance de l’anneau. Il vérifie ce qu'il a découvert en jetant l'anneau dans le feu, ce qui révèle une inscription en écriture elfique et en une langue du Mordor : il s'agit bien de l’Anneau unique, forgé dans la Montagne du Destin, et appartenant à Sauron, le maître des ténèbres, qui y a instillé une partie de sa puissance. L'anneau avait été pris à Sauron par Isildur, puis, tombé dans une rivière, était entré en possession de Sméagol, membre d'un peuple sans doute parent des Hobbits ; Sméagol, rongé par le meurtre qu'il avait commis pour s'emparer de l'anneau et par la puissance de celui-ci, était devenu par la suite une créature hideuse fuyant la lumière, et avait pris le nom de Gollum. C'est en rencontrant ce dernier que Bilbon avait trouvé l'anneau, ou que, selon Gandalf, Bilbon était destiné à le trouver malgré la volonté propre de l'anneau qui cherchait à retrouver son maître.

Or Sauron, affaibli depuis la perte de son anneau, est à présent sorti de la Forêt Noire et reconstruit ses forces. Grâce à la capture de Gollum et aux tortures que ce dernier a subi pour lui extorquer des informations, Sauron a pris conscience de l'existence des Hobbits et, en particulier, de l'existence de Bilbon. Des créatures étranges rôdent autour de la Comté, et des Elfes et des Nains fuient vers l'Ouest. Frodon, maintenant conscient du danger que fait peser l'anneau sur la Comté, doit partir pour Bree : Gandalf soupçonne que les Cavaliers Noirs, servants de l’Anneau, seront bientôt à sa poursuite. Après quelques mois de préparatifs, visant à rendre son départ aussi anodin que possible, Frodon vend Cul-de-Sac, le domaine de son oncle. Frodon sera accompagné de trois Hobbits : Samsagace Gamegie (dit Sam), Meriadoc Brandebouc (dit Merry) et Peregrin Touque (dit Pippin). Durant son parcours, le groupe vivra plusieurs périples, notamment dans la Vieille Forêt, les Hauts des Galgals, la rencontre avec Tom Bombadil. Tom Bombadil leur offre une épée à chacun avant de les quitter. Les quatre Hobbits arrivent à Bree où ils font la rencontre d'un rôdeur, Grands-pas (Aragorn), qui se révèle être un ami de Bilbon et de Gandalf, et aussi l’héritier du trône du Gondor. Celui-ci les mène à Fondcombe après de nombreuses péripéties (dont le Mont Venteux).

Livre II[modifier | modifier le code]

Arrivés à Fondcombe, ils retrouvent Gandalf et Bilbon. A lieu ensuite le conseil d'Elrond, qu’Elrond (le maître de Fondcombe) préside ; Gandalf y révèle la trahison du chef de son ordre : Saroumane le Blanc (qui se tourne vers le mal). Il est décidé ensuite qu'il faut aller en Mordor, jusqu'à la Montagne du Destin, lieu où l'Anneau a été forgé, seul lieu où il peut être détruit et ainsi vaincre Sauron à jamais. Frodon se propose pour mener cette quête, il sera accompagné de huit compagnons qui ont choisi de l’accompagner et de l'aider dans cette tâche : Sam Gamegie, son ami de toujours, Merry, Pippin (le plus jeune), Aragorn, Gandalf, Boromir le fils de l'intendant du Gondor, qui est un Homme, Legolas, le représentant des Elfes, et Gimli (fils de Glóin), celui des Nains. Ils partent en expédition pour détruire l’Anneau Unique, et après avoir échoué à franchir le Col de Caradhras décident de passer par les mines de la Moria, lieu des Nains.

Pour rentrer dans les mines, il faut résoudre l'énigme inscrite sur la porte : « Parlez, ami, et entrez. » Gandalf finit par trouver la solution : dire « ami », dans le langage des elfes (Mellon) ; la porte des mines s'ouvre juste au moment où le monstre du lac s’éveille et attaque la compagnie. Ils pénètrent dans les mines. Ils arrivent après à une intersection où trois choix s’offrent à eux. Une fois la décision prise, ils avancent dans le couloir et arrivent dans le tombeau de Balin, le maître de la Moria qui a été tué par les Orques. Une bataille entre la compagnie et les êtres du mal s'annonce. Au cours de la bataille un Troll arrive et manque de tuer Frodon. Nos héros doivent fuir mais tombent sur un Balrog. Gandalf le combat mais après l’avoir fait tomber, la bête de feu fait tourner son fouet et l’attrape : ils sont tous deux précipités dans les profondeurs. La compagnie ne compte plus alors que huit membres.

Ils continuent leur route et arrivent dans le domaine des Elfes où ils rencontrent Galadriel, qui montre à Frodon ce que serait le monde s'ils échouaient. Avant que la compagnie ne parte, elle donne un cadeau à chaque membre de la communauté, et à Frodon une fiole magique, qui l’éclairera dans les moments les plus sombres. La compagnie aborde à une rive (près des chutes de Rauros), et Boromir, sous l’emprise de l’anneau, essaie de prendre celui-ci à Frodon. Frodon décide alors de fuir seul vers le Mordor pour détruire l’Anneau à jamais. La compagnie le cherche, mais seul Samsagace le retrouve, car il avait compris qu'il irait seul en Mordor, en manquant de se noyer pour le rejoindre dans la barque. Nos deux compères avancent ensemble vers le Mordor et leur destin.

Ainsi s’achève le livre de la Communauté de l’anneau.

Écriture[modifier | modifier le code]

Après le succès de Bilbo le Hobbit, son éditeur encourage Tolkien a écrire une suite. Celui-ci la commence vers la fin de 1937[1]. Le héros y est encore Bilbon Sacquet. Après quelques tentatives, Tolkien décide de centrer cette suite autour de l'anneau découvert par Bilbo lors de son voyage. Au fil des réécritures « l'anneau elfique » devient l'Anneau unique forgé par Sauron[2]. L'histoire se met lentement en place : les hobbits Bingo, Frodo et Odo partent pour Fondcombe, dans un récit au ton encore bon enfant, proche de celui de Bilbo le Hobbit, qui subsiste en grande partie dans la version définitive des premiers chapitres du Livre I. Sur leur route, les hobbits croisent un cavalier entièrement drapé dans un manteau. Après un bref moment d'angoisse, le cavalier éclate de rire : il s'agit du magicien Gandalf[3]. Mais Tolkien abandonne aussitôt cette idée au profit d'une autre, bien plus sinistre : Bingo et ses compagnons sont désormais poursuivis par des Cavaliers Noirs. Dans une lettre à Stanley Unwin, Tolkien indique alors que l'histoire a pris « un tour inattendu[4] ».

À la mi-septembre 1938, le récit atteint le milieu de la conversation entre Bingo, peu après rebaptisé Frodon, et le nain Glóin à Fondcombe. Tolkien s'arrête alors un moment et retravaille les premiers chapitres, car l'histoire évolue alors même qu'il l'écrit, nécessitant de fréquentes corrections pour accorder les passages les plus anciens avec les plus récents. Le livre couvre alors 300 pages manuscrites et Tolkien, optimiste, estime qu'il en faudra encore 200 pour le terminer[5]. Le récit est pourtant encore loin de sa version finale : par exemple, l'étranger que les hobbits rencontrent à Bree n'est pas encore Aragorn, Rôdeur descendant des rois de jadis, mais Trotter, un simple hobbit aventureux qui porte des chaussures de bois[6].

1939 est une année difficile pour Tolkien : un accident survenu au cours de l'été se solde par une commotion cérébrale, et le début de la Seconde Guerre mondiale entraîne un accroissement de ses responsabilités à Oxford. Il continue pourtant à travailler sur Le Seigneur des anneaux, qui atteint le chapitre « Les Mines de la Moria » (finalement « Un voyage dans l'obscurité », chapitre 4 du Livre II) en décembre[7]. Il n'y revient pas avant août 1940, mais se consacre à des corrections dans le texte déjà existant, et ne recommence à écrire qu'à la fin de l'année 1941. Il termine alors le Livre II.

Publication[modifier | modifier le code]

À cause de la longueur de l'œuvre, la maison d'édition Allen & Unwin décida de la publier en trois tomes[8]. Ils demandèrent donc à Tolkien de chercher un sous-titre. Tolkien hésita entre plusieurs, notamment Le Retour de l'ombre[9], avant de s'arrêter sur La Communauté de l'anneau (The Fellowship of the Ring)[10].

La Communauté de l'anneau paraît en Grande-Bretagne le 29 juillet 1954 et aux États-Unis le 21 octobre 1954. 4 500 exemplaires seulement avaient été tirés, rapidement épuisés.

Traduction[modifier | modifier le code]

La traduction française, réalisée par Francis Ledoux, sort en 1972. Elle reçoit le prix du meilleur livre étranger en 1973[11].

Accueil critique[modifier | modifier le code]

Les critiques furent plus favorables que l'auteur ne s'y attendait[12].

W. H. Auden en fait une critique positive dans The New York Times[13].

Adaptation cinématographique[modifier | modifier le code]

Il en a été tiré un film, Le Seigneur des anneaux : La Communauté de l'anneau sorti fin 2001 en Europe et premier volet de la trilogie cinématographique Le Seigneur des anneaux réalisée par Peter Jackson.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Lettres, no 20 à C. A. Furth (19 décembre 1937) : « J'ai écrit le premier chapitre d'une nouvelle histoire sur les Hobbits — "Une réception depuis longtemps attendue" »
  2. The Return of the Shadow, p. 42.
  3. The Return of the Shadow, p. 47-48.
  4. Lettres, no 26 à Stanley Unwin (4 mars 1938).
  5. Lettres, no 35 à C.A. Furth, Allen & Unwin (2 février 1939).
  6. The Return of the Shadow, p. 137.
  7. Lettres, no 37 à Stanley Unwin (19 décembre 1939).
  8. Lettres, no 165
  9. Lettres, no 139
  10. Lettres, no 140
  11. Tolkien, trente ans après (1973 - 2003), « La réception de J. R. R. Tolkien en France, 1973 - 2003 »
  12. Lettres, no 149
  13. (en) W.H. Auden, « The Hero Is a Hobbit », The New York Times,‎ 31 octobre 1954 (consulté le 10 avril 2011)

Bibliographie[modifier | modifier le code]