La Chauve-souris et les Deux Belettes

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La Chauve-souris et les Deux Belettes
Auteur Jean de La Fontaine
Genre Fable
Pays d'origine Drapeau de la France France
Lieu de parution Paris
Éditeur Claude Barbin
Date de parution 1668

La Chauve-souris et les Deux Belettes est la cinquième fable du livre II de Jean de La Fontaine situé dans le premier recueil des Fables de La Fontaine, édité pour la première fois en 1668.

Résumé[modifier | modifier le code]

Dans cette fable, une chauve-souris passe la tête dans le terrier d'une belette. Cette dernière la prend pour une souris et veut la dévorer. Le mammifère volant la détrompe et part sans ennui. Quelque temps plus tard, la même scène se reproduit chez une autre belette, qui elle déteste les oiseaux. La chauve-souris déclare être une souris et repart une deuxième fois sans encombre.

Texte[modifier | modifier le code]

Une chauve-souris donna tête baissée
Dans un nid de Belette ; et sitôt qu'elle y fut,
L'autre, envers les souris de longtemps courroucée,
Pour la dévorer accourut.
« Quoi ! vous osez, dit-elle, à mes yeux vous produire,
Après que votre race a tâché de me nuire !
N'êtes-vous pas souris ? Parlez sans fiction.
Oui, vous l'êtes, ou bien je ne suis pas Belette.
— Pardonnez-moi, dit la pauvrette,
Ce n'est pas ma profession.
Moi, Souris ! Des méchants vous ont dit ces nouvelles.
Grâce à l'Auteur de l'Univers,
Je suis oiseau ; voyez mes ailes :
Vive la gent qui fend les airs! »
Sa raison plut, et sembla bonne,
Elle fait si bien qu'on lui donne
Liberté de se retirer.
Deux jours après, notre étourdie
Aveuglement va se fourrer
Chez une autre Belette aux Oiseaux ennemie.
La voilà derechef en danger de sa vie.
La Dame du logis avec un long museau
S'en allait la croquer en qualité d'oiseau,
Quand elle protesta qu'on lui faisait outrage :
« Moi, pour telle passer ? Vous n'y regardez pas.
Qui fait l'oiseau ? c'est le plumage.
Je suis Souris : vivent les Rats !
Jupiter confonde les Chats ! »
Par cette adroite répartie
Elle sauva deux fois sa vie.

Plusieurs se sont trouvés qui d'écharpes changeants,
Aux dangers, ainsi qu'elle, ont souvent fait la figue.

Le Sage dit, selon les gens :
« Vive le roi ! vive la Ligue ! »

(Jean de La Fontaine, Fables de La Fontaine, La Chauve-souris et les Deux Belettes)

Source[modifier | modifier le code]

Cette fable est à reprocher de celle d’Ésope intitulée La Chauve-souris et les Belettes.

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