La Calomnie d'Apelle (Botticelli)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir La Calomnie d'Apelle.
La Calomnie d'Apelle
Image illustrative de l'article La Calomnie d'Apelle (Botticelli)
La Calomnie d'Apelle (La Calunnia di Apelle) à la Galerie des Offices de Florence
Artiste Sandro Botticelli
Date vers 1495
Type Huile sur toile
Dimensions (H × L) 62 cm × 91 cm
Localisation Galerie des Offices, Florence (Drapeau de l'Italie Italie)()

La Calomnie d'Apelle (en italien : La Calunnia di Apelle) est un tableau de Sandro Botticelli, peinte aux alentours de 1495. Cette œuvre d'art, réservée à un public d'esthètes initiés lors de sa conception, est conservée à Florence, dans la Galerie des Offices.

Cette peinture dont le sujet est la calomnie, est une allégorie. Les allusions mythologiques sont nombreuses : sur les frises dorées, sur les statues antiques, et bien sûr, par les personnages eux-mêmes. Contrairement à ce que l'on pourrait croire le personnage ici calomnié n'est pas Apelle de Cos (le peintre grec auteur de La Calomnie) mais est comme tous les autres personnages une allégorie.

Description des personnages[modifier | modifier le code]

De gauche à droite, on observe :

  • En retrait :
    • Une jeune femme nue, pointant le doigt au ciel ;
    • Une vieille femme en toge noire, la toisant, et avançant ses deux poignets croisés vers l'homme à terre.
  • Dans la cour de justice :
    • Un homme à terre vêtu seulement d'un pagne, les mains en prière ;
    • Une femme richement vêtue, tenant une torche et tirant le précédent par les cheveux ;
    • Deux femmes la coiffant ;
    • Un homme en guenilles, raidi, son bras tout droit vers le visage de l'homme de l'autel, son autre bras tenant le poignet de la femme richement vêtue.
  • Sur l'autel :
    • Un homme au visage accablé, assis sur le trône ; en observant bien le détail, ses oreilles d'âne apparaissent : c'est un mauvais juge ;
    • Deux femmes lui susurrant des mots aux oreilles, de part et d'autre.

Analyse du tableau[modifier | modifier le code]

Identification des personnages[modifier | modifier le code]

La peinture comprend neuf figures allégoriques parmi les personnages de l'avant-scène. Leur identification reste du domaine de l'interprétation, les allégories étant toutes des abstractions personnifiées renvoyant à des idées.

  • Dans la cour de justice :
    • Un homme à terre : Le Calomnié
    • Une femme richement vêtue : la Calomnie ;
    • Deux femmes la coiffant :
    • Un homme en guenilles : la Haine vindicatrice, ou l'Envie[1]

Identification des statues[modifier | modifier le code]

En arrière-plan figurent des statues posées dans des alcôves.

Identification des frises dorées[modifier | modifier le code]

Les murs de la cour de Justice sont couverts de bas reliefs de métal précieux.

  • Frise au-dessus de la Vérité : combats de centaures ;
  • Frise au-dessus de la Pénitence : rencontre d'Ariane et de Bacchus ;
  • Frise en dessous de Midas : la famille des centaures[1].

Évolution de la Vénus de Botticelli[modifier | modifier le code]

Apelle, peintre de l'Antiquité, attira Sandro Botticelli par ses œuvres sur le thème de la Vénus sortie des eaux, étudié énormément par le peintre de la Renaissance. On retrouve d'ailleurs Vénus en tant que personnage le plus à gauche de la Calomnie, sous la forme de la Vérité nue, invoquant le jugement du Ciel par son doigt levé.

Botticelli en vient donc à conter un épisode supposé de la vie d'Apelle, l’histoire d’un rejet de la part de ses pairs. Il est fortement probable que le message qu'il voulut donner s'adressait à ses contemporains, et s'appliquait à son époque.

Illustrant cette dureté, la Vénus a perdu ses formes et belles rondeurs dont Sandro l'avait dotée lors de sa naissance. Cette évolution, peut-être indépendante du reste du tableau, est vraisemblablement le résultat de l’influence de Savonarole sur le peintre, qui alla jusque mettre au pilori certaines peintures de sa période précédente pour mieux se mettre en accord avec ses nouveaux crédos.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f Site avec analyse du tableau

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]