La Bataille d'Alexandre

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La Bataille d'Alexandre
Image illustrative de l'article La Bataille d'Alexandre
Artiste Albrecht Altdorfer
Date 1529
Type peinture
Technique Renaissance
Dimensions (H × L) 158 4 × 120 cm
Localisation Alte Pinakothek, Munich

La Bataille d'Alexandre est une peinture d'Albrecht Altdorfer datant de 1529 et représentant la victoire d'Alexandre le Grand sur Darius III Codoman, roi des Perses, à Issos en 333 avant J.-C.

Histoire[modifier | modifier le code]

Altdorfer peint ce tableau pour répondre à une commande du duc Guillaume IV de Bavière[1]. Il est possible que ce soit pour cette œuvre qu'il ait sollicité et obtenu un congé de ses fonctions de la municipalité de Ratisbonne[2]. Le tableau fait partie d'une série de huit batailles tirées de l'histoire antique. Il s'agit, avec la bataille de Cannes (-216) , de Hans Burgkmair, et de celle de Zama (-202), par Jörg Breu, d'un des trois premiers tableaux de la série. L'ancienne Pinacothèque de Munich possède cinq de ces peintures, les trois autres se trouvant aujourd'hui au musée national de Stockholm après avoir fait partie du butin dérobé par l'armée suédoise pendant la Guerre de Trente Ans. Ces huit tableaux illustrant les hauts faits de héros masculins devaient correspondre une autre série montrant huit héroïne antiques, dans la tradition des Neuf Preux et des Neuf Preuses[3].

Sources[modifier | modifier le code]

Il avait pu consulter le chapitre consacré à Alexandre le Grand dans les Vies parallèles de Plutarque. Au centre de la scène, Alexandre, monté sur un cheval blanc caparaçonné qui porte son nom en Latin Alexander Magnus est saisi au moment où il met en fuite l'armée de Darius, bien supérieure en nombre.

Quoique l'armée des ennemis fût très supérieure en nombre, il ne lui laissa pas la facilité d'envelopper la sienne: il fit déborder son aile droite sur la gauche des ennemis; et, s'étant réservé le commandement de cette aile, il mit en fuite les Barbares qu'il avait en tête[4]

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Analyse[modifier | modifier le code]

Détail

Derrière les deux armées s'élèvent les montagnes d'Asie Mineure face à la mer Méditerranée et l'île de Chypre. Dans le lointain on aperçoit la Palestine, le Sinaï, la Mer Rouge et l'Afrique avec le delta du Nil. L'horizon incurvé est le théâtre d'un spectaculaire coucher de soleil. En haut, à gauche, un croissant de lune jette une pâle lumière sur les armées de Darius en fuite. Il s'agit d'une référence anachronique au croissant Turc. La présence des deux corps célestes dénote le caractère cosmique de l'affrontement qui met en scène l'articulation de deux grands cycles historiques : chute de l'empire de Darius et naissance de l'empire grec. Selon Flavius Josèphe, Alexandre le Grand aurait eu connaissance des textes prophétiques du Livre de Daniel qui, au dire des exégètes, prédisait la victoire des Grecs sur les Mèdes. Toujours selon les exégètes, l'empire grec devait succomber à son tour, laissant la place à l'empire romain, auquel succèderait le Saint-Empire romain germanique. Le tableau établit donc un parallèle entre le passé et le présent, évoquant la menace turque aux portes de l'empire et exhortant l'empereur à vaincre les Turcs au siège de Vienne [5].

Expositions[modifier | modifier le code]

Une exposition a eu lieu à Munich à la Alte Pinakothek en 2002 : Die Alexanderschlacht und die Historienbilder Herzog Wilhelms IV. von Bayern. Cette exposition présentait les autres peintures des différents artistes ayant participé à ce cycle pictural : inperture

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Note sur le tableau
  2. Alte Pinakothek
  3. Jan Svanberg (1999), "Vädersolstavlan i Storkyrkan - Det konsthistoriska sammanhanget", Sankt Eriks Årsbok 1999 - Under Stockholms Himmel (sous le ciel de Stockholm), première édition (en suédois), Stockholm: Samfundet Sankt Erik, 70-86. ISBN 91-972165-3-4
  4. Texte disponible sur Wikisource
  5. Traduit de l'article anglais