L'Espion qui m'aimait

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L'Espion qui m'aimait

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La Lotus esprit amphibie, icône du film

Titre original The Spy Who Loved Me
Réalisation Lewis Gilbert
Scénario Christopher Wood
Richard Maibaum
Acteurs principaux
Sociétés de production EON Productions
Danjaq
Pays d’origine Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Genre Espionnage
Sortie 1977
Durée 125 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

L'Espion qui m'aimait (The Spy Who Loved Me) est un film britannique réalisé par Lewis Gilbert et sorti en 1977. C'est le 10e opus de la série des films de James Bond produite EON Productions. Roger Moore y incarne James Bond pour la troisième fois.

L'Espion qui m'aimait est l'adaptation cinématographique du roman Motel 007 (The Spy Who Loved Me) de Ian Fleming paru en 1962. Le film ne reprend cependant que très peu d'éléments du roman.

Sommaire

Synopsis [modifier]

Pour retrouver des sous-marins nucléaires russe et britannique qui ont mystérieusement disparu, James Bond fait équipe avec l'agent soviétique Anya Amasova. Leur mission les conduit à affronter un ennemi redoutable, Requin, un géant de plus de deux mètres quasiment indestructible et armé d'une mâchoire en acier aussi coupante qu'un rasoir. 007 devra également affronter Karl Stromberg, l'employeur de Requin. Stromberg veut se servir des sous-marins nucléaires qu'il a volé pour détruire le monde et créer une cité sous-marine.

Fiche technique [modifier]

Distribution [modifier]

Sources et légendes : Version française (VF) sur AlloDoublage[3]

Lieux de l'action [modifier]

Production [modifier]

Genèse et écriture [modifier]

Le pré-production du film a été retardée pendant près de trois ans. Harry Saltzman a du céder ses parts de la société mère d'EON, Danjaq, à United Artists. Des problèmes juridiques sur les droits d'adaptation des romans de Ian Fleming sont alors survenus[note 1]. Saltzman s'était lancé dans plusieurs autres entreprises douteuses et devait faire face à de gros problèmes financiers personnels et au cancer terminal de sa femme[4]

La production est également rallongée en raison de la difficulté de trouver un réalisateur. Steven Spielberg, alors en pleine post-production des Dents de la mer, a été approché par les producteurs[5]. Guy Hamilton était cependant le mieux placé pour réaliser le film[5], mais il préféra saisir l'opportunité de réaliser Superman en 1978, finalement mis en scène par Richard Donner[6]. C'est finalement Lewis Gilbert, réalisateur de On ne vit que deux fois en 1967, qui est choisi.

Une fois ce problème résolu, EON se heurte au scénario. Suite à un procès remporté par Kevin McClory face à Ian Fleming, le personnage de Blofeld ainsi que le SPECTRE ne peuvent être utilisés à l'écran. Albert R. Broccoli approche de nombreux auteurs pour travailler sur le script : Stirling Silliphant, John Landis, Ronald Hardy, Anthony Burgess ou encore Derek Marlowe. Le producteur britannique de science-fiction Gerry Anderson a déclaré avoir fourni un traitement (finalement planifié pour Moonraker)[7]. Finalement, Richard Maibaum se charge du scénario en essayant d'y incorporer les idées des auteurs. Le scénario original de Maibaum faisait état d'une alliance de terroristes internationaux attaquant le QG du SPECTRE et voulant établir un Nouvel Ordre Mondial. Cependant, cela n'a pas été conservé. Lewis Gilbert intègre alors comme coscénariste l'écrivain Christopher Wood, grand fan des romans James Bond. Lewis Gilbert souhaite se rapprocher des romans et de s'éloigner du style Sean Connery. Albert R. Broccoli demande à Wood de créer un méchant avec des dents d'acier, inspiré par un personnage nommé Horror dans l'un des romans de Fleming[8]. Kevin McClory menace de poursuivre en justice Albert R. Broccoli si Blofeld et le SPECTRE apparaissent dans le film, car il déclare en être le créateur. Toute référence à cela est alors supprimée. Le personnage de Karl Stromberg est alors créé pour se substituer à Blofeld

Casting [modifier]

Tournage [modifier]

La Lotus Esprit amphibie

Le tournage s'est déroulé d'août 1976 à janvier 1977[1], entre les Pinewood Studios, Porto Cervo en Sardaigne, l'Égypte (Karnak, Mosquée Ibn Touloun, Abou Simbel, ...), Malte, l'Écosse, Okinawa, la Suisse ainsi que le Mont Asgard sur le territoire canadien du Nunavut[9].

Les scènes sous-marines montrant la Lotus amphibie, les maquettes du pétrolier Liparus et de l'Atlantis (le repaire de Stromberg) ont été filmées aux Bahamas[9],[10].

Les scènes d'intérieur se déroulant au Mojaba club, dans le bureau de M, dans le train ou sous la tente de Hussein ont été tournées aux studios Pinewood en Angleterre. Celles se déroulant à l'intérieur du pétrolier Liparus ont été tournées dans une nouvelle annexe de Pinewood spécialement créée pour l'occasion et inaugurée en 1976[10] .

La scène d'action à ski pré-générique a été tournée en réalité sur le Mont Asgard au Canada[9],[11].

Bande originale [modifier]

The Spy Who Loved Me
Original Picture Score

Bande originale par Marvin Hamlisch
Sortie 1977
1998 (réédition CD)
2003 (réédition CD)
Enregistré Avril 1977
Durée 36:16
Genre Musique de film, Disco
Format Vinyle
CD (réédition)
Compositeur Marvin Hamlisch
Producteur Frank Collura (réédition)
Label EMI
Capitol (réédition)
Critique

Bandes originales James Bond

John Barry n'étant pas disponible pour des raisons obscures de taxation[5], Marvin Hamlisch compose la bande originale du film.

La chanson du générique d'entrée est Nobody Does It Better. Elle est composée par Marvin Hamlisch, écrite par Carole Bayer Sager et interprétée par Carly Simon. Elle sera un grand succès, et restera notamment numéro 2 pendant trois semaines au Billboard Hot 100 américain. Marvin Hamlisch avoue s'être inspiré de Mozart pour composer Nobody Does It Better. On peut d'ailleurs entendre le Concerto pour piano nº 21 de Mozart dans la scène où l'Atlantis émerge, ainsi que d'autres morceaux classique comme Nocturnes Op. 27 de Frédéric Chopin ou Aquarium de Camille Saint-Saëns. Par ailleurs, le thème de Lawrence d'Arabie est joué quand James Bond et Anya Amasova marchent dans le désert. Un jeune assistant-monteur l'avait mise pour faire une blague et mais cela a finalement été retenu.

La bande originale de Hamlisch est assez marquée par la vague disco des années 1970. Bond '77, version disco du James Bond Theme de Monty Norman, est notamment influencée par You Should Be Dancing des Bee Gees.

Liste des titres
  1. Nobody Does It Better (Main Title)Carly Simon – 3:29
  2. Bond 77 – 4:19
  3. Ride to Atlantis – 3:28
  4. Mojave Club – 2:13
  5. Nobody Does It Better (Instrumentale) – 4:43
  6. Anya – 3:19
  7. The Tanker – 4:24
  8. The Pyramids – 1:37
  9. Eastern Lights – 3:22
  10. Conclusion – 1:37
  11. Nobody Does It Better (End Title)Carly Simon – 3:25

Distinctions [modifier]

Source : Internet Movie Database[13]

Récompenses [modifier]

Nominations [modifier]

Commentaires [modifier]

Autour du film [modifier]

  • Le personnage de Karl Stromberg, le méchant mégalo qui rêve d'être à la tête d'un nouvel ordre mondial et qui dirige ses activités à partir d'une base sous-marine futuriste, ressemble en de nombreux points à Blofeld, le dirigeant du SPECTRE et adversaire de Bond dans de nombreux épisodes précédents. À l'origine, l'idée des scénaristes était de faire de cet épisode le cadre d'une nouvelle opposition entre l'Agent 007 et son vieil ennemi. Mais la perspective d'un conflit de copyright avec l'auteur Kevin McClory les força à renoncer et à créer à la place le personnage de Stromberg.
  • Le scénario de ce film est quasiment identique à celui de On ne vit que deux fois, avec une transposition de l'espace au monde sous-marin.
  • Le roman The Spy Who Loved Me est sorti le 18 avril 1962.
  • L'espion qui m'aimait a été le 1er James Bond officiel à avoir été diffusé à la télé, en France
  • Richard Kiel a déclaré que la chaîne qu'il casse avec ses dents dans la scène des Pyramides était faite en réglisse.
  • L'acteur Richard Kiel ne pouvait garder ses dents métalliques en cobalt dans la bouche plus de 30 secondes à cause de l'extrême douleur que cela provoquait.
  • C'est la première apparition du général Gogol dans la série. L'acteur qui le joue, Walter Gotell, avait auparavant joué celui de Morzeny dans Bons Baisers de Russie.
  • Le numéro sur la coque du sous-marin américain fait prisonnier par le superpétrolier Liparus est 593. C'est le même numéro que celui du USS Thresher qui a coulé en 1963 au large du Massachusetts.
  • Le film a été mis en nomination pour 3 Oscars : ceux de la meilleure direction artistique, des meilleurs décors et de la meilleure chanson.
  • Dans la version originale du film, Requin se nomme « Jaws » en clin d'œil au titre original des Dents de la mer.
  • Richard Kiel avait été pressenti pour jouer le rôle de L'Incroyable Hulk dans le pilote de la série télévisé du même nom. Toutefois, le réalisateur Kenneth Johnson trouva que Kiel n'était pas assez musclé pour le rôle. Ce fut donc Lou Ferrigno qui a obtenu le rôle.
  • Roger Moore s'est brûlé le bras avec un artifice lors de la scène où il évite de près une cartouche sortant d'un canon placé sous la table à manger actionné par Stromberg[5].
  • Dans le bar égyptien, l'agent Anya Amasova fait référence au mariage de Bond puis au meurtre de sa femme dans Au service secret de Sa Majesté. Ce à quoi Bond répondra que ceci le dérange, parce que sur certains points il est sensible.
  • Tout comme Gert Fröbe, qui incarnait Goldfinger dans le film éponyme, Curd Jürgens parlait très bien le français, aussi se doubla-t-il dans la version française du film.
  • À la suite d'un ennui de santé sur le tournage, Claude Renoir, le directeur de la photographie, dut être temporairement remplacé, et le choix fut pour le moins inattendu et prestigieux. À la demande de son ami le chef décorateur Ken Adam (Barry Lyndon, Docteur Folamour), c'est Stanley Kubrick qui accepta, à la condition expresse que sa contribution reste secrète, de superviser l'éclairage de la scène d'intérieur du supertanker (contribution dévoilée dans le making-of du DVD en édition spéciale, L'Espion qui m'aimait). Il existe cependant une photo de Kubrick sur le plateau de tournage.

Une scène en particulier [modifier]

Hormis une fusillade dans Bons Baisers de Russie qui relève de l'embuscade - chez les gitans - et dans On ne vit que deux fois où Bond libère les prisonniers de Blofeld, c'est la troisième fois de la série où James Bond se livre à une mutinerie : pour cela, il abat les 2 gardes qui doivent l'emprisonner, en assomme un autre en le balançant dans l'escalier, esquive un tir nourri de mitraillette pour sauter dans une navette qui va le conduire aux prisons où son ennemi a incarcéré des membres d'équipages des sous-marins otages. Il assomme alors encore 2 autres subalternes pour ne pas tirer et donner l'alerte et pénètre dans les geôles où il abat 2 gardes armés. Ce passage montre, dans un style on ne peut plus romanesque, que pour reprendre le contrôle de la situation par la violence, on ne peut pas se contenter d'une simple action et qu'il faut conserver en toutes circonstances un sang-froid exemplaire, notamment lorsque l'on tue, ce qui est le métier de Bond. Ce passage crucial, où un nombre important de prisonniers est libéré, et qui prennent les armes, mènera à la victoire finale qui sauvera le monde de la fin.

Erreur [modifier]

Vers le milieu du film, lorsque la Lotus Esprit de James Bond saute dans l'eau, le dessous du véhicule est normal. Détail étrange, lorsque le plan change pour montrer la voiture sous l'eau, le dessous est devenu blanc et uni sans explication. Cela a été fait surement dans l'optique de donner un côté sous-marin hermétique à la Lotus dans la scène d'après.

Notes et références [modifier]

  1. a et b Business - Internet Movie Database
  2. Dates de sortie - Internet Movie Database
  3. « Fiche de doublage VF du film » sur AlloDoublage, consulté le 26 octobre 2012
  4. (en) Harry Saltzman SHOWMAN - documentaire télévisé, MGM.
  5. a, b, c, d, e, f et g (en) Anecdotes - Internet Movie Database
  6. (en) Rubin Steven Jay, The complete James Bond movie encyclopedia, Contemporary Books, 2003 (ISBN 978-0-07-141246-9), p. 392 
  7. Simon Archer et Stan Nicholls, Gerry Anderson: The Authorised Biography, Legend Books, 1996 (ISBN 0-09-978141-7), p. 149–150 
  8. (en) Inside the Spy Who Loved Me. L'Espion qui m'aimait Ultimate Edition DVD, Disque 2
  9. a, b et c Lieux de tournage - Internet Movie Database
  10. a et b Commentaires des galeries de photographies, bonus interactif de l'édition DVD L'Espion qui m'aimait, MGM, 2001
  11. Fascicule d'accompagnement de l'édition DVD L'Espion qui m'aimait, MGM, 2001
  12. (en) Review - Allmusic
  13. (en) Awards - Internet Movie Database
  1. Smith 2002, p. 141-142.

Voir aussi [modifier]

Articles connexes [modifier]

Bibliographie [modifier]

Liens externes [modifier]