Union européenne (puissance émergente)

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Union européenne
Puissance émergente potentielle
Alternative textuelle
L'Union européenne dans le monde
Description Association sui generis de 28 États
Membres
Comparaison
Population
Chine 1 344 413 526 habitants
Inde 1 210 193 422 habitants
Union européenne 503 679 730 habitants
États-Unis 315 076 154 habitants
Brésil 193 946 886 habitants
Russie 143 030 106 habitants
Superficie
Russie 17 098 242 km²
États-Unis 9 629 048 km²
Chine 9 596 961 km²
Brésil 8 514 876 km²
Union européenne 4 376 780 km²
Inde 3 287 263 km²
PIB nominal
Union européenne 17 577,691 milliards $
États-Unis 15 064 milliards $
Chine 6 102 milliards $
Brésil 2 517 milliards $
Russie 1 884 milliards $
Inde 1 237 milliards $
Formes
Brésil État (Constitution du Brésil)
Chine État (Constitution de la République populaire de Chine)
États-Unis État (Constitution des États-Unis)
Inde État (Constitution de l'Inde)
Russie État (Constitution de la Fédération de Russie)
Union européenne Association sui generis, organisation supranationale (TFUE et TUE)

La perception de l’Union européenne comme une superpuissance potentielle est le concept selon lequel l’Union européenne pourrait faire partie des nouvelles superpuissances parallèlement à celles généralement considérées comme telles, c'est-à-dire le Brésil, la Chine, l'Inde, la Russie ; lesquelles pourraient concurrencer les États-Unis[1].

Cette perception repose notamment sur la puissance démographique et économique de l’Union européenne suite aux élargissements consécutifs[1]. Cette puissance apparait aussi au travers de l’histoire et de la diversité culturelle de l'Union[1]. Enfin, sa puissance diplomatique, notamment du fait que deux de ses membres font partie du Conseil de sécurité des Nations unies, est aussi un élément à prendre en compte[1].

Cependant, l’Union européenne présente aussi des faiblesses, notamment politique[1]. En effet, l’Union européenne n'est pas un État. L'Union politique est récente et en développement[1].

Plusieurs anciennes puissances impériales, à l'image de la France, l'Allemagne, les Pays-Bas, l'Espagne, le Portugal, le Royaume-Uni ou encore l'Italie, font partie de l’Union européenne[1].

Facteurs de la puissance[modifier | modifier le code]

Le concept de puissance comprend plusieurs aspects : la puissance économique et financière, la puissance démographique, la puissance politique, la puissance diplomatique, la puissance militaire, la puissance géographique et la puissance culturelle.

Économie et finance[modifier | modifier le code]

Revenu intérieur brut[modifier | modifier le code]

L'UE est la première puissance économique mondiale avec 29,89 % du PIB mondial en 2006 (World Bank) soit 14 420 milliards de dollars. Le revenu par habitant moyen oscille entre 27 000 et 30 000$ avec de fortes variations entre États.

Commerce[modifier | modifier le code]

L'UE a ainsi pu faire valoir sa puissance sur de nombreuses autres nations, ouvrant récemment des discussions avec la Chine sur les exportations de textile ou avec les États-Unis sur les subventions présumées d'Airbus et Boeing.

Monnaie[modifier | modifier le code]

L'UE dispose de deux des monnaies les plus largement acceptées dans le monde : l'euro et la livre sterling du Royaume-Uni.

Exploration spatiale[modifier | modifier le code]

Plusieurs États membres sont à l'origine de la Station spatiale internationale et dirigent ensemble un programme spatial commun, l'Agence spatiale européenne, bien que cette organisation ne soit pas parrainée par l'UE. Elle a développé avec succès sa propre série de fusées, Ariane, et possède sa propre station de lancement à Kourou en Guyane française. Néanmoins aucune nation européenne ne prit part à la "Conquête de l'espace" (à l'exception des pays de l'ancien bloc soviétique), préférant plutôt acheter une place dans un vol américain ou russe. L'Agence spatiale européenne a également envoyé plusieurs sondes sur d'autres planètes comme Vénus, Mars ou la lune de Saturne, Titan. L'UE met aussi en place son propre réseau de positionnement par satellite : Galileo pour rivaliser avec le système américain GPS et le système russe GLONASS.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2013, l'Union européenne compte plus de 505 millions de personnes, soit 7,1 % de la population mondiale, en troisième position derrière la Chine et l'Inde. Tous les pays de l'UE ont un taux de fécondité inférieur au seuil de renouvellement des générations. Sans immigration, la population de l'UE pourrait diminuer dans les années à venir. Cependant, cela ne prend pas en compte les futurs élargissements possibles dont le plus important, la Turquie, ferait grimper la population européenne avec un apport de 76 millions de personnes à elle seule.

Globalement, l'UE a une forte espérance de vie de 78,1 ans et un Indice de développement humain (IDH) élevé, supérieur à celui des États-Unis et à ceux de toute autre superpuissance émergente.

Politique[modifier | modifier le code]

En matière de politique, les nations membres de l'UE possèdent certains des systèmes politiques les plus stables du monde. Cela tient en partie au fait qu'un gouvernement stable est une condition préalable à toute adhésion à l'UE. De nouveaux adhérents, en particulier situés en Europe centrale, ont néanmoins des problèmes de corruption. L'UE a également développé une sphère d'influence sur les nations proches géographiquement[2].

Diplomatie[modifier | modifier le code]

La France et le Royaume-Uni sont des membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies et l'Allemagne fait partie du Groupe des quatre se faisant concurrence pour obtenir un siège permanent. L'UE inclut également plusieurs membres non-permanents et il est actuellement possible que cinq des quinze sièges du Conseil de sécurité puissent être occupés par des membres de l'UE.

Géographie[modifier | modifier le code]

Pays candidats en rouge

Une zone large et développée[modifier | modifier le code]

L'Union européenne s'étend sur une large zone d'environ 4,5 millions de kilomètres carrés, la septième plus importante au monde.

Des ressources naturelles[modifier | modifier le code]

L'Union européenne possède de grandes réserves de pétrole (c'est le huitième producteur de pétrole au monde), de charbon, d'uranium, de minerai de fer, etc. Toutefois, elle importe actuellement de nombreuses ressources : elle est largement dépendante en matière d'énergie notamment vis-à-vis de la Russie. En outre, l'UE est à la tête du développement des énergies renouvelables (elle contribue à 75 % de la production d'énergie éolienne mondiale) et se donne des objectifs ambitieux : satisfaire 12 % de la consommation énergétique européenne en 2010 et 20 % en 2020 par le biais des énergies renouvelables.

Défense[modifier | modifier le code]

Il est difficile de dire que la puissance militaire de l'UE soit par définition un facteur d'unité, mais cela est peut-être en train de changer (voir Eufor). Ce sujet est activement débattu, et certains membres de l'UE considèrent la neutralité défensive comme un point essentiel. C'est également parfois un sujet qui touche à la constitution des États.

Beaucoup d'États membres ont un gouvernement qui refuse d'avoir un large recours à la force militaire et plusieurs, dont l'Autriche et l'Irlande, ont une politique officielle de neutralité. Ce facteur peut réduire l'envergure de toute expansion future concernant le pouvoir militaire de l'UE, hormis l'incorporation de forces nationales en provenance des nouveaux États membres. Cependant, l'armée européenne est assez forte pour résister à n'importe quel ennemi potentiel dans un avenir proche.

Les dépenses de la défense des États membres de l'Union européenne s'élèvent à 193 milliards de dollars, celles des États-Unis étant de 390 à 900 milliards de dollars selon les estimations. Mais ils sont tout de même, en supposant que les dépenses des États membres soient regroupées pour la pertinence de la comparaison, loin devant le pays les talonnant, la Chine, dont les dépenses sont estimées entre 35,4 (selon le SIPRI) et 90 milliards de dollars (selon le Département de la Défense américaine). Le total des dépenses européennes peut également inclure des dépenses pour la sécurité nationale dans certains États comme l'Italie.

Certains États membres ont des armées parmi les plus disciplinées au monde et leur niveau technique est similaire à celui des États-Unis. En effet, ils partagent des informations sur le plan de la technique, du renseignement, de la tactique et de la stratégie. Toutefois, les nouveaux membres, plus petits et autrefois signataires du Pacte de Varsovie sont considérablement moins bien équipés et entraînés.

Deux États membres, la France et le Royaume-Uni, possèdent un arsenal nucléaire important avec approximativement 550 ogives. Bien que ces arsenaux soient plus petits que ceux des États-Unis ou de la Russie, ils sont suffisants pour dévaster n'importe quel ennemi et sont par conséquent des armes de dissuasion crédibles. D'autres États membres sont fortement opposés à la force nucléaire, c'est le cas de l'Allemagne dont l'opinion publique dénonce le recours aux armes nucléaires.

Parmi les armées des pays membres, seules celles de la France, de l'Allemagne et du Royaume-Uni peuvent être considérées comme étant capables de se déployer. Comme l'UE n'est pas une entité cohérente et comme la plupart des États membres sont trop pauvres pour subventionner des forces armées, l'UE a très peu de porte-avions et peu de gros porteurs aériens en comparaison avec les États-Unis. Cependant, sa localisation géographique lui permet de se déployer plus rapidement au Moyen-Orient et Afrique du Nord.

Culture[modifier | modifier le code]

Sport[modifier | modifier le code]

Si l'on comptabilise les médailles gagnées par les 28 pays membres de l'Union européenne (bien qu'elle ne dispose pas d'une équipe commune à l'heure actuelle), elle est sans conteste la superpuissance sportive mondiale. Aux Jeux olympiques de Pékin, l'Union européenne a remporté 87 médailles d'or, soit autant que la Chine et les États-Unis réunis[3]. En comptant le total des médailles, elle a gagné 280 médailles, contre 110 pour les États-Unis et 100 pour la Chine[3]. Il faut cependant relativiser ces chiffres car le nombre de participants par nation est limité par le règlement : une équipe européenne unie aurait obtenu moins de places de vainqueurs et de finalistes (en particulier dans les sports collectifs) que la somme des nations qui la composent.

Anciennes puissances et puissances actuelles au sein de l'Union européenne[modifier | modifier le code]

Une grande partie de la puissance au sein de l'Europe (en particulier dans ce que l'on nomme le soft power) provient des nombreuses puissances mondiales qui ont laissé leur trace sur le continent. Cela inclut les anciennes puissances mondiales aussi bien que les puissances actuelles.

Anciennes puissances mondiales au sein, ou partiellement au sein, de l'Union européenne[modifier | modifier le code]

Puissances actuelles au sein de l'Union européenne[modifier | modifier le code]

Une intégration plus poussée à l'Union européenne[modifier | modifier le code]

L'Union européenne est une organisation en évolution constante. Certains pays européens réfléchissent actuellement à une intégration plus poussée, qui fournirait en particulier à l'Union européenne les caractéristiques encore plus marquées d'une superpuissance.

On ne sait si cela sera accepté par les États-nations. Les points de la politique d'intégration qui forceraient l'UE à accroître davantage ses caractéristiques de superpuissance, de manière discutable et peut-être controversée, incluent :

Arguments à l'encontre du développement d'une superpuissance européenne[modifier | modifier le code]

Absence d'unité politique[modifier | modifier le code]

Des progrès concernant l'Intégration européenne et la fédéralisation, si cela devait être la politique choisie par l'UE dans son ensemble, semblent nécessaire pour que l'UE accède au statut de superpuissance. Le rejet de la nouvelle constitution européenne par les citoyens des pays fondateurs de l'UE et ceux considérés comme étant largement favorables à l'intégration, la France et les Pays-Bas, en 2005, a ralenti la marche vers une intégration plus poussée. Après les commentaires faits par la présidence autrichienne, la constitution va, peut être, être remise au goût du jour, bien qu'elle soit l'objet d'un débat ininterrompu quant à sa faisabilité. Le gouvernement néerlandais a indiqué son refus de toute proposition ayant un contenu similaire à la première constitution. L'ancien gouvernement allemand veut que la constitution européenne soit soumise à la France jusqu'à ce que celle-ci dise "oui", ce qui est considéré comme antidémocratique par certains. La Pologne est tout particulièrement opposée à la constitution européenne car elle limiterait les décisions nationales en matières de politique étrangère et de défense ; de plus, tout changement affaiblirait le rôle de l'OTAN ou celui des États-Unis, soutiens importants du gouvernement polonais. Mais, un échec éventuel de la constitution ne pourra empêcher certains pays d'avancer (formant une Europe à plusieurs vitesses). C'est d'ailleurs déjà le cas avec l'euro ou les accords de Schengen.

L'euroscepticisme[modifier | modifier le code]

L'euroscepticisme est important en Grande-Bretagne et en Scandinavie. L'élargissement de l'UE à l'Europe de l'Est créa un large débat en Europe de l'Ouest. Un débat encore plus fort a lieu concernant l'entrée de la Turquie.

Le vieillissement de la population[modifier | modifier le code]

Démographiquement, la population de l'UE vieillit rapidement. Au même rythme que celle du Japon, elle n'est cependant pas aussi importante que celles de la Russie et de l'Ukraine. Pourtant l'UE devra faire face à un manque de main-d'œuvre, une croissance économique en baisse et des dépenses sociales élevées.

Aucune armée unifiée[modifier | modifier le code]

L'UE ne remplit pas tous les critères pour être nommée superpuissance car elle n'a pas d'armée unifiée, parmi d'autres raisons importantes. Par exemple, les forces du Royaume-Uni, de l'Espagne et de l'Italie ont participé à l'invasion et/ou à l'occupation de l'Irak au début de l'année 2003. Les gouvernements français et allemand ont condamné cette invasion. Le problème d'unité est dû au fait qu'il n'y a pas de politique étrangère et de défense commune sans unanimité entre les pays membres, et la possibilité de déployer des forces à l'étranger reste sous le contrôle des États membres. Que de telles forces militaires soient prises en charge ou non par l'UE et retirées aux États membres est sujet à de nombreuses altercations. Il n'y a en effet aucune proposition officielle actuellement sur ce sujet bien que bien des gens aspirent depuis longtemps à voir l'UE dotée de tels pouvoirs. La fragmentation politique et militaire est la plus grande limite à la reconnaissance de l'UE comme superpuissance.

La croissance économique[modifier | modifier le code]

Bien que l'UE soit actuellement une économie aussi importante que celle des États-Unis, son taux de croissance économique annuel n'est que de 1,7 %, alors que celui des États-Unis est de 2,5 %. Mais ils sont virtuellement similaires avec une base par capital (en comparaison la Chine grandit à 9,2 % et l'Inde à 7,1 %). Le revenu intérieur brut n'est qu'une statistique et doit être interprété avec précaution (Comparaison économie EU/USA et Comparaison économie EU/USA de federalunion.org), son usage n'est d'ailleurs pas sans controverse. Il existe deux analyses opposées de l'économie européenne : les Européens ont plus de loisirs ou les Européens sont assommés par les taxes et une réglementation excessive. Les élargissements et les réformes futurs rendent très difficile toute prédiction sur le dynamisme de l'UE.

Sources[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Selwyn Manning, « An Emerging EU Superpower & the U.S Cold-War Clash », Scoop,‎ 19 juin 2003 (lire en ligne)
  • "Penser l'Europe", Edgar Morin, Paris, Folio/Gallimard, 1990 (1e édition 1987).
  • "L'Europe des Européens", Henri Mendras, Paris, Folio/Gallimard, 1997.
  • The United States Of Europe: The New Superpower and the End of American Supremacy, T.R. Reid (4 novembre 2004)
  • The Next Superpower? : The Rise of Europe and Its Challenge to the United States par Rockwell, A. Schnabel, Francis X. Rocca (septembre 2005)
  • Europe and the superpowers;: Perceptions of European international politics, Robert S Jordan
  • Europe: Superstate or Superpower? Un article issu du World Policy Journal [HTML] par Martin Walker (22 décembre 2000)
  • Superpower Struggles : Mighty America, Faltering Europe, Rising Asia, John Redwood (29 novembre 2005)
  • From Civilian Power to Superpower: The International Identity of the European Union, Richard G. Whitman (juin 1998)
  • The European Dream, Jeremy Rifkin (19 août 2004)
  • Allies at Odds : The United States and the European Union, Thomas Mowle (29 octobre 2004)
  • The European Dream: How Europe's Vision of the Future Is Quietly Eclipsing the American Dream, Jeremy Rifkin (Jeremy P. Tarcher, 2004)
  • Perpetual Power: Why Europe Will Run the 21st Century, Mark Leonard

Compléments[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]