L'Ouest-Éclair

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L'Ouest-Éclair
Pays Drapeau de la France France
Langue Français
Périodicité Quotidienne
Genre Presse régionale
Fondateur Abbé Félix Trochu
Emmanuel Desgrées du Loû
Date de fondation 2 août 1899
Ville d’édition Rennes

L'Ouest-Éclair est un ancien quotidien régional français, publié de 1899 à 1944 à Rennes (Ille-et-Vilaine), avec un rayonnement sur tout l'Ouest de la France (Bretagne, Normandie, Anjou, Maine et Poitou).

Il est créé par deux Bretons animés d'une profonde foi chrétienne et d'une sensibilité républicaine et sociale : l'abbé Félix Trochu, prêtre en Ille-et-Vilaine, et Emmanuel Desgrées du Loû, avocat d'origine vannetaise installé à Brest.

L'Ouest-Éclair est le prédécesseur d'Ouest-France, qui l'a remplacé à la Libération.

Histoire[modifier | modifier le code]

1899 - Démocratie, justice sociale[modifier | modifier le code]

Le premier numéro, tiré à 1 800 exemplaires[réf. nécessaire], paraît le 2 août 1899, peu de temps avant que le procès de révision d'Alfred Dreyfus ait lieu à Rennes.

Deux Bretons, Emmanuel Desgrées du Loû et l'Abbé Trochu, décident en cette fin de siècle de fonder un journal pour appeler l'ensemble des habitants de l'Ouest à rallier la République, à agir au sein du système politique de manière à donner consistance et pérennité à l'action sociale à laquelle ils se dévouent.

Ceci n' est pas évident pour tout le monde, à une époque où le « ralliement » de l' Église à l'idée républicaine est tout récent, et où des rêves de Restauration peuplent encore les nuits de bien des nostalgiques.

Emmanuel Desgrées du Loû et l' Abbé Trochu sont épris de leur province. Ils constatent la faiblesse des industries, la désertification des campagnes, la précarité de la condition ouvrière et paysanne. Les efforts personnels et les dévouements ne suffisent pas, il faut une action sur l'opinion et sur les pouvoirs. La presse va en être l'instrument.

Démocratie, justice sociale, L'Ouest-Éclair naît de cette double volonté. D'emblée s'affirme ce qui sera la constante d'un siècle de journalisme dans l'Ouest : un journal c'est une idée, l'information est sa finalité ; l'argent n'est qu'un moyen.

La Première Guerre mondiale et l'entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

Lancé au moment de l'Affaire Dreyfus, L'Ouest-Éclair va se développer au fil de décennies marquées par des tempêtes. L'argent reste rare pendant de nombreuses années. La Grande Guerre posera des problèmes d'organisation inextricables. Les adversaires politiques renouvellent sans arrêt leurs procès d'intention et suscitent des concurrents.

Le journal finit par s'imposer. Les 250 000 exemplaires sont atteints pour le 25e anniversaire.

En 1932, la zone actuelle d'Ouest-France (Basse-Normandie, Bretagne et Pays de la Loire) est entièrement couverte. L'Ouest-Éclair devient le premier quotidien régional de France.

La Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Dessin de Jean-Louis Chancel publié le 4 septembre 1939 dans L'Ouest-Éclair concernant le pacte germano-soviétique.

Reste l'ultime épreuve, qu'impose la Seconde Guerre mondiale. En 1940, c'est la déroute de l'armée française et l'installation des troupes d'occupation à Rennes. Le journal peut-il continuer à paraître sous le contrôle de censeurs militaires, ou bien doit-il s'arrêter ? Au sein de la direction, le débat est grave. Finalement, la décision de continuer à paraître l'emporte, motivée, il est vrai, par des raisons qui, avec le recul, prennent figure de circonstances atténuantes : d'une part, le censeur ne contrôlera pas tout et donc un service pourra être rendu ; d'autre part, 800 familles vivent de leur travail au journal.

Mais deux hommes incarnent le refus de ce compromis : Paul Hutin-Desgrées quitte aussitôt son poste de secrétaire général ; François Desgrées du Lou, journaliste à L'Ouest-Éclair, fils d'Emmanuel, en fait de même. À leurs yeux, toute censure empêche le journal d'atteindre sa finalité d'informateur indépendant, honnête et fiable. Il s'agit de sauver cet idéal, et non de sauvegarder des installations.

Le dernier numéro paraît le 1er août 1944, peu de temps avant la libération de Rennes par les Américains le 4 août. L'Ouest-Éclair est interdit pour collaboration.

Son directeur Pierre Artur et son rédacteur en chef Henry Jan sont arrêtés le 28 septembre 1944 ; d'autres journalistes sont aussi inculpés. Henry Jan bénéficie d'un non-lieu. Pierre Artur, Jean des Cognets, directeur politique, et André Cochinal, auteur de nombreux articles collaborationnistes sous le pseudonyme de Jacques Favières, sont jugés par la Cour de justice de Rennes, sous le chef d'inculpation de participation à « une entreprise de nature à favoriser les menées de l'ennemi et de sa propagande contre la France et ses alliés ». Pierre Artur est acquitté du chef d'inculpation d'atteinte à la sûreté de l'État, mais néanmoins condamné pour le reste à dix ans d'indignité nationale. Jean des Cognets et André Cochinal seront condamnés à deux ans de prison et à l'indignité nationale à vie.

Ouest-France prend le relais de L'Ouest-Éclair dès le mois d'août 1944, avec une direction renouvelée : à sa tête, Paul Hutin-Desgrées, accompagné de son beau-frère François Desgrées du Loû, fils du fondateur de L'Ouest-Éclair.

Responsables[modifier | modifier le code]

Entre 1899 et 1930, les principaux responsables de L'Ouest-Éclair furent ses fondateurs, l'abbé Félix Trochu et Emmanuel Desgrées du Loû.

Après le départ de l'abbé Trochu (en 1930) et la mort d'Emmanuel Desgrées du Loû (en 1933), le journal a été dirigé par :

  • 1933-1940 Pierre Artur (gérant), Jean des Cognets (président du conseil de surveillance) et Paul Simon (directeur politique)
  • 1940-1944 Pierre Artur (gérant) et Jean des Cognets (président du conseil de surveillance)

Rédacteurs en chef[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Paul Delourme, Trente-cinq années de politique religieuse ou Histoire de L'Ouest-Éclair (préface d'Henri Trochu), Fustier, Paris, sans date. "Paul Delourme" est en fait le pseudonyme de l'abbé Trochu pour ce plaidoyer pro domo.
  • Henri Fréville, La Presse bretonne dans la tourmente (1940-1946), Plon, Paris, 1979.
  • Michel Lagrée, Patrick Harismendy & Michel Denis (dir.), L'Ouest-Éclair. Naissance et essor d'un grand quotidien régional, 1899-1933, Presses universitaires de Rennes, 2000.
  • Guy Delorme, Ouest-France, histoire du premier quotidien français, Apogée, Rennes, 2004.
  • Guy Delorme, L'Abbé Trochu, patron de presse, Apogée, Rennes, 2000.
  • David Bensoussan, Combats pour une Bretagne catholique et rurale, Fayard, Paris, 2006.
  • Jean-Charles Cozic et Daniel Garnier, La Presse à Nantes de 1757 à nos jours, tome 2 : Les Années Schwob (1876-1928), éditions L’Atalante, Nantes, 2008 [ISBN 978-2-84172-396-6]
  • Jean-Charles Cozic et Daniel Garnier, La Presse à Nantes de 1757 à nos jours, tome 3 : De 1928 à jours, éditions L’Atalante, Nantes, 2009. [ISBN 978-2-84172-397-3]. Cet ouvrage évoque largement L' Ouest-Eclair, à travers son implantation à Nantes et en Loire-Inférieure.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

La Bibliothèque nationale de France a procédé à la numérisation de la collection complète de trois éditions de L'Ouest-Eclair (Rennes, Nantes et Caen) sur la période 1899-1944, à partir de microfilms fournis par Ouest-France.

Par ailleurs, en avril 2006, une convention a été signée par Ouest-France avec le conseil régional de Basse-Normandie pour la numérisation de toutes les éditions bas-normandes de L'Ouest-Éclair (hors Caen), soit quelque 160 000 pages, le financement émanant du conseil régional lui-même. L'ensemble est consultable en ligne.

Une convention semblable a été signée en 2009 par Ouest-France, l'État et les régions Bretagne et Pays de la Loire, pour la numérisation des éditions bretonnes et ligériennes restantes. Elles sont consultables sur le site d'Ouest-France.

L'Ouest-Éclair est disponible sur

Notes et références[modifier | modifier le code]