L'Orient (1791)

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Orient
Image illustrative de l'article L'Orient (1791)
L’Orient incandescent à la Bataille du Nil, par Thomas Luny, 1834.

Autres noms Dauphin Royal ; Sans Culotte
Histoire
A servi dans Pavillon de la marine royale française Marine royale française
Pavillon de la Marine de la République française Marine de la République
Lancement Toulon, le 20 juillet 1791
Armé août 1793
Statut Détruit le 2 août 1798
Caractéristiques techniques
Type vaisseau de ligne de 118 canons
Longueur 65,18 m
Maître-bau 16,24 m
Tirant d'eau 8,12 m
Tonnage 5 095 tonnes
Propulsion voile (3 265 m2)
Caractéristiques militaires
Blindage bois
Armement 118 canons
Autres caractéristiques
Équipage 1 130 hommes[1]

L’Orient, anciennement le Dauphin Royal (1792) ou le Sans-Culotte (1795), est un navire de ligne de premier rang de 118 canons de la classe Commerce de Marseille, construit par Jacques-Noël Sané et lancé à Toulon en 1791.

Sommaire

Histoire[modifier]

Navire amiral d'une flotte française de treize vaisseaux en Méditerranée, il participe sous le nom de Sans-Culotte à la bataille de Gênes, qui est livrée le 14 mars 1795 au large de la ville de Gênes face au cap Noli. Cette bataille oppose des navires de guerre français commandés par l'amiral Martin et des navires britanniques et napolitains sous les ordres d’Hotham et se termine par la victoire de la Coalition sur les Français. Lors de cette bataille il affronte pour la première fois Nelson, simple lieutenant de vaisseau à bord de l'HMS Agammenon. Le trois-ponts français fait état d'une puissance de feu et de résistance qui impressionnent, mais qui n'empêchent pas la capture des navires français Ça Ira et Censeur, tandis que l'HMS Illustrious est détruit lors de la bataille.

C'est sous le nom d’Orient qu'il sert de vaisseau-amiral dans la flotte française qui transporte l'armée de Bonaparte jusqu'à Alexandrie en vue de la campagne d'Égypte. Cette fois l'amiral est Brueys, et son capitaine Casabianca. La flotte échappe aux Britanniques, s'empare de Malte au passage et malgré la chasse faite par la flotte britannique de Méditerranée de Nelson, parvient à débarquer les troupes du général Bonaparte début juillet, et à se dissimuler jusqu'au premier août 1798, en s'ancrant dans une large baie à l'est d'Alexandrie. C'est là qu'elle est découverte en fin d'après-midi par la flotte de Nelson qui passe aussitôt à l'attaque. Durant cette bataille d'Aboukir le 2 août 1798 l’Orient est la cible ultime de la flotte de Nelson. Pris à partie successivement par cinq navires ennemis, auxquels il fait de gros dégâts, il prend feu à la tombée de la nuit puis explose. L'explosion, colossale, sera perçue jusqu'au Caire, et interrompra la bataille. Sur 850 marins, seule une centaine survivent. La flotte britannique de Nelson aura détruit sept bâtiments français et capturé six.

George Arnald (1825-1827), La destruction de l’Orient au cours de la bataille du Nil, 1er août 1798, National Maritime Museum, Londres.

On peut voir l’Orient incandescent sur un grand nombre de tableaux représentant cette explosion particulièrement spectaculaire et en particulier sur un tableau du peintre anglais Nicholas Pocock, le représentant en pleine nuit au moment de la phase cruciale de la bataille, explosant après avoir pris feu.

Thomas Whitcombe, Aboukir, 1er août 1798, 1816, National Maritime Museum ; l'instant où l’Orient explose.

Ce fait d'armes a été rendu célèbre par le poème Casabianca de Felicia Hemans qui évoque la mort du fils de Luc-Julien-Joseph Casabianca, le capitaine du navire amiral français l’Orient.

Après la bataille de Trafalgar, le vicomte Horatio Nelson sera enterré dans un cercueil creusé dans une partie du mât principal de L'Orient, qui avait été rapporté en Angleterre pour ce dessein.

Caractéristiques techniques[modifier]

Dimensions[modifier]

  • Longueur de l'étrave à l'étambot : 196 pieds français (63,82 m).
  • Largeur de dehors en dehors des bordages : 50 pieds français (16,25 m).
  • Creux entre la carlingue et le dessous du maître bau : 25 pieds français (8,12 m).
  • Port en tonneaux, c'est-à-dire les tonneaux inscrits sur les listes royales de vaisseaux : 3 000.

Armement[modifier]

Poids d'une bordée : 1 368 livres de fonte.


Notes[modifier]

  1. Registre des rôles d'équipage - Archives de la Marine
  2. La première batterie, ou batterie basse, est la série de canons situés le plus près de la flottaison.

Lien externe[modifier]

Bibliographie[modifier]

  • Michel Vergé-Franceschi, Dictionnaire d'Histoire maritime, éditions Robert Laffont, coll. « Bouquins », 2002 
  • Guy Le Moing, Les 600 plus grandes batailles navales de l'Histoire, Marines Éditions, mai 2011, 620 p. (ISBN 2357430778) 
  • Jean Meyer et Martine Acerra, Histoire de la marine française, Rennes, éditions Ouest-France, 1994