L'Ironie du sort (film, 1975)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir L'Ironie du sort.

L'Ironie du sort

Titre original Ирония судьбы, или С лёгким паром!
Réalisation Eldar Riazanov
Igor Petrov
Scénario Emil Braguinski
Eldar Riazanov
Acteurs principaux
Sociétés de production Mosfilm
Pays d’origine URSS
Genre Comédie
Sortie 1975
Durée 184 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

L'Ironie du sort (en russe : Ирония судьбы, или С лёгким паром!) est un film soviétique d'Eldar Riazanov en deux parties, tourné en 1975, et diffusé à la télévision pour la première fois le 1er janvier 1976. Il connut dès lors un très grand succès (100 millions de téléspectateurs à la première diffusion), et a reçu le Prix d'État de l'URSS en 1977. Il est devenu une comédie culte, surtout en période des fêtes de fin d'année.

Ce long-métrage est précédé d'un film d'animation ironisant sur la standardisation excessive de l'habitat soviétique (l’auteur de l'animation est Vitaliy Peskov).

Un remake à grand budget de ce film a vu le jour en 2007, mais n'a pas été réalisé par Eldar Riazanov (L'Ironie du sort. Suite, en russe : Ирония судьбы. Продолжение)

Au mois de janvier 2014, le président du Parti libéral-démocrate de Russie (ЛДПP ou LDPR) Vladimir Jirinovski a qualifié le film de "destiné au public idiot" et s'est prononcé pour son interdiction, prétextant que l’œuvre faisait promotion de boissons alcoolisées et discréditait l'image du citoyen russe[1].

Synopsis[modifier | modifier le code]

Le film débute par un court film d'animation satirique traitant de la standardisation excessive de l'habitat soviétique, en montrant des immeubles ou maisons qui se ressemblent tous, et qui se sont développés dans de nombreuses villes du pays (l'auteur du film d'animation est Vitaliy Peskov). Après le générique, l'idée du film est prolongée par les méditations ironiques de Pavlik, qui traverse en autobus des quartiers où poussent ces nouvelles constructions moscovites, pour se rendre chez Jénia et l'inviter au bania.

Pendant ce temps-là le héros, le moscovite Evgeniy Mikhailovitch Loukachine (Jénia), 36 ans, chirurgien de profession, s'apprête à fêter la veille du Nouvel An avec sa fiancée Galia dans son nouvel appartement à l'adresse : numéro 3 de la rue des Bâtisseurs, immeuble 25, appartement 12, où Jénia et sa mère ont emménagé la veille. Sous la pression de Galia, Jénia, qui est un célibataire endurci, se prépare à faire sa demande en mariage, justement cette nuit du Nouvel An. Voulant justifier son indécision après deux ans de connaissance, il lui avoue qu'il a déjà par le passé entrepris de se marier, avant de fuir sa fiancée pour Léningrad.

Avant de fêter le Nouvel An Jénia, ne dérogeant pas à la tradition, se rend avec trois amis (Pavlik, Sachka et Michka) au bania. Là les trois amis boivent beaucoup, notamment en l'honneur des futures noces de Jénia. Avant de se séparer, ils vont à l'aéroport, d'où l'un deux, Pavlik, doit se rendre à Léningrad. Mais au moment de monter dans l'avion, Sachka et Michka, qui sont éméchés, installent par erreur dans l'avion, à la place de Pavlik, Jénia, à demi-endormi.

En se réveillant à l'aéroport de Poulkovo, Jénia, ivre, ne remarque pas de différences, appelle un taxi, et donne au chauffeur son adresse moscovite. Il se trouve qu'à Léningrad cette adresse conduit au même type d'immeuble dans lequel habite Jénia à Moscou, et Jénia, qui ne soupçonne rien, monte à l'appartement, qu'il croit être sien, et ouvre la serrure, standard, avec sa clef de son appartement moscovite.

En entrant dans l'appartement, Loukachine ne remarque rien d'inhabituel : il y a exactement les mêmes meubles que chez lui, et le même désordre qui suit un emménagement. Épuisé par une longue journée et par l'alcool, il s'endort.

Quelque temps après, l'habitante de l'appartement revient : il s'agit de Nadejda Vassilievna Cheveliova (Nadia), 34 ans, professeur de russe et de littérature. Elle se prépare à fêter le Nouvel An avec son fiancé Hippolyte (joué par Youri Yakovlev), qui doit arriver bientôt. En entrant dans son propre appartement, Nadia découvre avec horreur un inconnu assoupi. Elle essaie de le réveiller et de le congédier aussi rapidement que possible, avant que ne revienne Hippolyte.

Loukachine oppose une résistance : pour lui, une femme étrangère est entrée par effraction dans son appartement et, pour une raison inconnue, tente de l'en faire sortir. Après des explications fastidieuses et la présentation de leurs passeports respectifs, tout s'éclaire : Galia attend Jénia à Moscou, et il est à Léningrad, où par le passé il s'était déjà réfugié d'une précédente fiancée. Hippolyte qui débarque déclenche une scène de jalousie, Jénia s'habille à la hâte et s'en va. Mais il se rend compte qu'il n'a pas d'argent pour s'acheter un billet pour Moscou, c'est pourquoi il retourne chez Nadia et Hippolyte pour leur en emprunter. Nadia accepte de l'aider, ce qui provoque un nouvel accès de jalousie chez Hippolyte, qui part, furieux. Jénia essaye de le retenir et de le convaincre de ne pas s'emporter, mais celui-ci s'en va rapidement avec sa voiture. Jénia revient à l'appartement, en s'excusant pour sa maladresse sa lenteur. Nadia autorise Jénia à rester, pour qu'il puisse appeler Galia et lui expliquer ce qui s'est passé. Mais celle-ci ne veut même pas l'écouter.

Obligés de rester ensemble dans cet appartement, les deux héros apprennent peu à peu à s'apprécier...

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Analyse[modifier | modifier le code]

Le film est l'adaptation à l'écran d'une pièce d'Emil Braguinski et d'Eldar Riazanov (С лёгким паром! или Однажды в новогоднюю ночь… littéralement : "Que la vapeur te soit légère, ou un jour, à la nuit du nouvel an...") (d'où provient la deuxième partie du nom du film). La pièce, écrite en 1969, fût jouée dans plusieurs théâtres dans tout l'URSS, peu avant que le film connaisse le succès. Pièce et film ont le même sujet.

À partir de L'ironie du Sort, dans l'oeuvre de Riazanov commence une ère de films qui, associant comique et sérieux, se rapprochent du mélodrame, et même de la tragicomédie (le précurseur de cette période, selon le réalisateur, est Attention à l'automobile! (Beregis' avtomobilia).

Avec le temps, le film s'est inscrit dans les traditions de fêtes de fin d'année en URSS - il est toujours diffusé à cette période sur une des chaînes nationales, et souvent aussi sur des chaînes locales. Regarder ce film est devenu une tradition du Nouvel An, même dans la Russie d'aujourd'hui.

Références[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]