L'Idiot

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Idiot.
L'Idiot
Auteur Fiodor Dostoïevski
Genre Roman
Version originale
Titre original Идиот
Éditeur original Russkij Vestnik
Langue originale Russe
Pays d'origine Drapeau de la Russie Impériale Empire russe
Date de parution originale 1869
Version française
Traducteur Victor Derély
Lieu de parution Paris
Éditeur Éditions Plon
Date de parution 1887

L'Idiot (Идиот) est un roman de l'écrivain russe Fiodor Dostoïevski publié en 1869.

Résumé[modifier | modifier le code]

Le prince Mychkine est un être fondamentalement bon, mais sa bonté confine à la naïveté et à l'idiotie, même s'il est capable d'analyses psychologiques très fines. Après avoir passé sa jeunesse en Suisse dans un sanatorium pour soigner son épilepsie (maladie dont était également atteint Dostoïevski), il retourne en Russie pour pénétrer les cercles fermés de la société russe, sans sou ni attache, mais avec son titre de noblesse et un certificat de recommandation en poche. Il se retrouve par hasard mêlé à un projet de mariage concernant Nastassia Filippovna, jeune femme très belle, adulée par un grand nombre de soupirants, mais dont le seul amant est Totzky, son tuteur de 55 ans qui l'a élevée et en a fait sa maîtresse dès la petite adolescence...

Lors de la soirée d'anniversaire de Nastassia Filippovna, le prince Mychkine voit un jeune homme qu'il a déjà rencontré, Parfione Semionovitch Rogojine, arriver ivre et offrir une forte somme d'argent à la jeune femme pour qu'elle le suive. Le prince perçoit le désespoir de Nastassia Filippovna, il éprouve une immense compassion pour elle et un désir infini de la sauver. Il lui propose de l'épouser. Après avoir accepté son offre, elle s'enfuit pourtant avec Rogojine, car dit-elle elle appartient à la rue. Constatant leur rivalité, Rogojine tente de tuer le prince, mais ce dernier est paradoxalement sauvé par une crise d'épilepsie qui le fait s'écrouler juste avant le meurtre…

Ayant tissé des liens auprès de la famille Epantchine, le Prince fait la connaissance d'une société pétersbourgeoise mêlant des bourgeois, des ivrognes, des anciens militaires, quelques aristocrates et des fonctionnaires fielleux. Se trouvant du jour au lendemain à la tête d'une grande fortune, il avive la curiosité de la société pétersbourgeoise et vient s'installer dans un lieu de villégiature couru, le village de Pavlovsk. Là, le prince Mychkine va développer un amour profond pour la cadette de la famille Epantchine, Aglaïa (Aglaé) Ivanovna. Si celle-ci se montre profondément émue par ce témoignage d'affection, elle le tourne à plusieurs reprises en ridicule devant tout le monde.

Après une intrigue aux multiples retentissements, il renonce presque malgré lui à Aglaïa pour tenter de sauver l'âme de Nastassia Filippovna en l'épousant. Nastassia aime le Prince, mais elle se considère définitivement souillée et perdue par sa liaison avec Totzky. Elle refuse d'entraîner le Prince dans sa déchéance et, le jour du mariage, elle s'enfuit à nouveau avec Rogojine. Celui-ci, fiévreux et consumé par sa passion, l'assassine au cours de la nuit qui suit.

Le roman s'achève donc dans la tragédie : Nastassia Filippovna est assassinée par Rogojine, qui par la suite est condamné au bagne. Le prince, redevenu épileptique, est réinterné, et Aglaïa se brouille avec sa famille pour se perdre avec un faux noble polonais.

Interprétations[modifier | modifier le code]

Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (mars 2014). Pour l'améliorer, ajouter en note des références vérifiables ou les modèles {{Référence nécessaire}} ou {{Référence souhaitée}} sur les passages nécessitant une source.

L'Idiot est l'un des romans les plus complexes et psychologiques de Dostoïevski. En effet, le récit met en scène une quarantaine de personnages qui ont tous des caractères bien distincts.

L'enchevêtrement d'intrigues entre ces personnages donne lieu à des rebondissements permanents et imprévisibles. L'écriture de Dostoievski parvient avec virtuosité à rendre le lecteur anxieux dans l'attente de la réaction de chaque personnage.

En plus d'un portrait fidèle de la bourgeoisie russe de cette époque, récurrent dans les ouvrages de Dostoïevski, cet ouvrage expose les difficultés de la vérité et de la sincérité dans les cercles mondains. En effet, le prince bouleverse les conventions car il s'exprime avec clarté, sincérité et spontanéité. Ses contemporains se montreront tour à tour outrés et fascinés par cette caractéristique du prince. Il ne tarde pas en outre à déchaîner les passions et se crée des ennemis (Hippolyte[1], Gania) malgré son caractère débonnaire et angélique.

La figure du prince[modifier | modifier le code]

Par bien des aspects, la figure du prince Mychkine est christique: sa simplicité est caractéristique du fol en Christ[2]. En effet, cet homme bon et aimant débarque au milieu d'une société artificielle et corrompue. Il s'exprime avec la simplicité et la force du langage du cœur, ce qui prend nombre de ses contemporains au dépourvu. Il discerne ce qui se trame dans les cœurs et ne se soucie pas des complots et intrigues juge superficielles et regrettables. Il pardonne par amour à ses « amis » les trahisons les plus cruelles (celle de Lébédev par exemple), et justifie toujours leur faute par l'ignorance ou la faiblesse. Il représente la douceur de la folie contrastant d'avec la violence folle qui anime son concurrent et ami Rogogine. En cela, les personnages fous de Dostoïevski poursuivent toute une tradition marquée précédemment par ceux de Nicolas Gogol et poursuivie depuis à travers ceux d'Andreiev, Soljenitsyne ou Oulitskaia[3].

Sa relation avec Nastassia Philippovna n'est pas un amour conventionnel. Il n'hésite pas à déclarer que cette femme est « folle » et que son visage « le terrorise ». Nastassia Philippovna a été abusée au cours de son enfance, et nourrit une culpabilité et un mépris d'elle même inguérissables. Le prince tente de sauver son âme en lui offrant son amour, sacrifiant sa vie et son amour pour Aglaia. Sa tentative se révèle un échec, et le récit se termine par une boucle, ramenant le prince à son point de départ, en internement en raison de son épilepsie.

Personnages[modifier | modifier le code]

Voici 36 des personnages de L'Idiot». L’orthographe des noms provient de la traduction de Victor Derély, disponible sur Wikisource.

Les quatre plus importants personnages du roman sont, par ordre d'apparition et dans leur appellation la plus courante: Le Prince, Rogojine, Nastasia Philippovna et Aglaé.


Famille du Prince:

  • Prince Léon Nicolaïévitch Muichkine, 27a: « L’Idiot »
  • Nicolas Andréitch Pavlichtcheff, décédé, bienfaiteur du Prince
  • Antip Bourdovsky, 22a, faux fils de Pavlichtcheff, simple et nihiliste

Famille de Nastasia Philippovna:

  • Nastasia Philippovna Barachkoff, ~22a, fiancée au Prince et à Rogojine
  • Afanase Ivanovitch Totzky, 55a, tuteur et amant de Nastasia Philippovna, ami du Général Epantchine, soupirant d'Alexandra Ivanovna, propriétaire
  • Daria Alexievna, 40a, amie de Nastasia Philippovna et de Totzky, actrice

Famille de Rogojine:

  • Parfène Séménitch Rogojine, 27a, rival et ami du Prince, héritier de la fortune paternelle
  • Sémen Parfénovitch Rogojine, décédé, père de Rogojine, marchand et bourgeois
  • Sémen Séménitch Rogojine, frère de Rogojine
  • madame Rogojine, mère de Rogojine
  • Zaliojeff, ami de Rogojine, muscadin
  • Keller, 30a, admirateur du Prince, ex-lieutenant, boxeur, journaliste, nihiliste

Famille Epantchine:

  • Général Ivan Fédorovitch Épantchine, 56a, soupirant de Nastasia, propriétaire
  • Élisabeth Prokofievna Epantchine, 55a, femme du Général Epantchine, parente éloignée du Prince
  • Aglaé Ivanovna Epantchine, 20a, fille du Général Epantchine et d’ Élisabeth Prokofievna, fiancée au Prince
  • Alexandra Ivanovna Epantchine, 25a, sœur d'Aglaé
  • Adélaïde Ivanovna Epantchine, 23a, sœur d'Aglaé
  • prince Chtch…, 35a, fiancé d’Adélaïde, honnête homme
  • Eugène Pavlovitch Radomsky, 28a, parent du prince Chtch …, ami du Prince, ancien soupirant de Nastasia, aide de camp
  • princesse Biélokonsky, âgée, marraine d’Aglaé
  • prince N…, 45a, Don Juan
  • Ivan Pétrovitch …, âgé, parent de Nicolas Andréïévitch Pavlistchev, a connu le Prince enfant, barine anglomane

Famille Ivolguine:

  • Ardalion Alexandrovitch Ivolguine, 55a, général en retraite, ancien camarade du Général Epantchine
  • Nina Alexandrovna Ivolguine, 50a, femme du général Ivolguine
  • Gabriel Ardalionovitch Ivolguine (Gania, Ganka, Ganouchka), 28a, fils du général Ivolguine et de Nina Alexandrovna, soupirant de Nastasia et Aglaé, secrétaire du Général Epantchine
  • Barbara Ardalionovna Ivolguine (Varka), 23a, sœur de Gania
  • Nicolas Ardalionovitch Ivolquine (Kolia),13a, frère de Gania, ami du Prince, lycéen
  • Ivan Pétrovitch Ptitzine, 30a, mari de Barbara Ardalionovna, usurier
  • Ferdychtchenko, 30a, locataire chez les Ivolguine, fonctionnaire, bouffon
  • Marfa Borisovna Térentieff, la quarantaine, veuve, maîtresse du général Ivolguine
  • Hippolyte Térentieff, 18a, fils de Marfa Borisovna, ami de Kolia, phtisique, nihiliste

Famille de Lébédeff:

  • Loukian Timoféiévitch Lébédeff, 40a, employé, "bas..."
  • Viéra Loukianovna Lébédeff, 20a, fille de Lébédeff, amie du Prince
  • Tania Loukianovna Lébédeff, 13a, sœur de Viéra
  • Lubotchka Loukianovna Lébédeff, 2 mois, sœur de Viéra
  • Wladimir Doktorenko, 20a, neveu de Lébédeff, nihiliste

Adaptations au cinéma et à la télévision[modifier | modifier le code]

Autour de l'œuvre[modifier | modifier le code]

Une plaque au no 2 de la Piazza Pitti en face du Palais Pitti commémore la présence de l'auteur à Florence entre 1868 et 1869, quand il écrit son roman.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. L'Idiot, 2e partie, paragraphe 10
  2. Daniel S. Larangé, "De retour de nulle part : un espace de l’ailleurs chez Fédor M. Dostoïevski", in: Une Suisse, des exils, Emmanuel Cherrier & Karl Zieger (éds.), Valenciennes, Agmen Camelia/Presses universitaires de Valenciennes, 2008 (Recherches valenciennoises ; 27), pp. 137-152.
  3. Daniel S. Larangé, "L’Idiot, au plus haut de la schizophrénie russe", Le Magazine littéraire, 524 (2012), pp. 80-81.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Philippe Chardin, Un roman du clair-obscur, L'Idiot de Dostoïevski, Paris, Minard, 1976.
  • Daniel S. Larangé, "De retour de nulle part : un espace de l’ailleurs chez Fédor M. Dostoïevski", in : Une Suisse, des exils, éds. Emmanuel Cherrier et Karl Zieger, Valenciennes, Agmen Camelia/Presses universitaires de Valenciennes, 2008 (Recherches valenciennoises ; 27), pp. 137-152.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :