L'Humanité

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L’Humanité
Image illustrative de l'article L'Humanité

Pays Drapeau de la France France
Langue Français
Périodicité Quotidien
Format Berlinois
Genre Généraliste, journal d'opinion
Prix au numéro 1,50 €
Diffusion 43 744[1] ex. (2013)
Fondateur Jean Jaurès
Date de fondation 18 avril 1904
Ville d’édition Saint-Denis

Propriétaire Société nouvelle du journal L'Humanité
Directeur de publication Patrick Le Hyaric
Directeur de la rédaction Patrick Apel-Muller
ISSN 0242-6870
Site web www.humanite.fr

L’Humanité est un journal françaissocialiste jusqu'à fin 1920, puis communiste — fondé en 1904 par le dirigeant socialiste Jean Jaurès. Organe central du Parti communiste français de 1920 à 1994, il en reste très proche malgré l’ouverture de ses pages à d'autres composantes de la gauche.

Historique du journal[modifier | modifier le code]

La naissance du quotidien socialiste L'Humanité (1904)[modifier | modifier le code]

Le premier numéro de L'Humanité paraît le lundi 18 avril 1904. Pour Jean Jaurès, son fondateur, ce nouveau quotidien socialiste (qui avait comme sous-titre « Journal socialiste quotidien »[2]) doit être dans un premier temps un outil pour l'unification du mouvement socialiste français et, par la suite, un des leviers de la lutte révolutionnaire contre le capitalisme.

Dans son premier éditorial, Jaurès souhaite fixer deux règles de fonctionnement à son nouveau journal : la recherche d'information étendue et exacte pour donner « à toutes les intelligences libres le moyen de comprendre et de juger elles-mêmes les événements du monde », et l'indépendance financière[3].

L'Humanité de Jaurès (1904 –1914)[modifier | modifier le code]

Extrait d'une caricature de L'Humanité publiée le 27 mai 1913, montrant le sénateur radical Clemenceau et le président de la République Poincaré réconciliés dans un soutien commun à la loi des trois ans.

Lors de sa naissance en 1904[4], L'Humanité ne représente qu'une partie du mouvement socialiste français. Au sein de sa rédaction figurent notamment René Viviani, Aristide Briand, Léon Blum, Jean Longuet, Lucien Herr, Jean Allemane, Octave Mirbeau, Henry de Jouvenel, Abel Hermant et Albert Thomas.

Une de L'Humanité du 23 novembre 1911 consacrée aux « mouchards » supposés utilisés par la police de Clemenceau lors de la grève de Draveil-Villeneuve-Saint-Georges de 1908.

L'unification des socialistes français au sein de la SFIO en 1905 ouvre le journal à l'ensemble du mouvement socialiste français (notamment aux guesdistes). En 1911, la SFIO fait de L'Humanité son organe officiel lors du congrès de Saint-Quentin.

Dans le contexte international de plus en plus tendu du début du XXe siècle, le journal de Jaurès défend résolument des positions pacifistes et antimilitaristes en accord avec l'internationalisme du mouvement ouvrier. Le journal est également très présent dans le combat pour la laïcité et se veut le défenseur de la classe ouvrière.

Ces dix premières années sont difficiles économiquement pour le journal. Après un lancement réussi à 140 000 exemplaires, le journal tombe à 15 000 exemplaires en 1905. Il remonte ensuite lentement avec 80 000 exemplaires en 1912.

Durant l'été 1914, la vie du journal est totalement bouleversée par deux événements :

L'Humanité et la Première Guerre mondiale (1914–1920)[modifier | modifier le code]

Le déclenchement de la guerre, la mort de Jean Jaurès et le ralliement de la majorité des dirigeants socialistes français à l'Union sacrée transforment brutalement le journal durant l'été 1914, qui tire à cette époque à environ 100 000 exemplaires, contre 50 000 pour La Guerre sociale de Gustave Hervé[5].

Pierre Renaudel succède à Jaurès et choisit une ligne éditoriale favorable à la guerre au nom de la défense de la République. Selon l'historien Alexandre Courban, le journal se trouve alors pris sous une triple contrainte :

  • contrainte étatique avec la censure.
  • contrainte partisane, (les socialistes majoritaires favorables à la guerre imposent leur ligne).
  • contrainte économique du fait du rationnement.

Finalement en octobre 1918, Pierre Renaudel est remplacé à la tête de L'Humanité par Marcel Cachin. Ce changement traduit la prise de distance croissante des socialistes avec l'Union sacrée.

L'Humanité : organe du Parti communiste français durant l'entre-deux-guerres (1920–1939)[modifier | modifier le code]

L'année 1920 est un nouveau tournant pour L'Humanité. En effet lors du Congrès de Tours de la SFIO, les deux tiers des délégués votent l'adhésion à l'Internationale communiste, transformant la SFIO en « Section française de l'Internationale communiste » (plus tard Parti communiste). Le journal suit la majorité et devient donc l'organe officiel du jeune PC.

Durant cette période, la ligne éditoriale du journal suit la ligne politique du PC. La stalinisation du parti entraîne le départ de plusieurs plumes de L'Humanité, comme Alfred Rosmer, Boris Souvarine, Pierre Monatte, Amédée Dunois, Pierre Kaan... Dans les années 1920, le journal mène une intense campagne contre la Guerre du Rif. En 1926, Paul Vaillant-Couturier devient rédacteur en chef. Sous sa direction dans les années 1930, le journal dépasse les 300 000 exemplaires notamment au début du Front populaire. L'Humanité insiste alors sur l'antifascisme, sur la défense de la République espagnole et prône le modèle de l'URSS de Staline.

En tant qu'organe central du PCF, L'Humanité est à la fois un outil de mobilisation des militants et un journal d'information. Une autre particularité de L'Humanité est la place que jouent les lecteurs dans la vie du journal. Ils sont souvent utilisés comme contributeurs (les rabcors, correspondants ouvriers) ou comme diffuseurs (au sein des CDH, comité de défense de L'Humanité). Pour répondre à ses besoins financiers, le journal crée en 1930 la Fête de l'Humanité. En 1937, son tirage atteint un pic de 350 000 exemplaires[6].

Le 27 août 1939 le gouvernement Daladier interdit de parution L'Humanité après « son approbation » du pacte germano-soviétique.

L'Humanité durant la Seconde Guerre mondiale (1939–1945)[modifier | modifier le code]

L'été 1940, le journal ayant été interdit par le gouvernement Daladier, des dirigeants communistes ont entamé des négociations ayant pour objectif la reparution officielle du journal[7] avec les services allemands, essentiellement le lieutenant Weber de la PropagandaStaffel. Une militante communiste, Denise Ginollin, est chargée des premières négociations.

Jacques Duclos ne manque pas d'informer l'Internationale communiste de ces démarches et précise que celles-ci ont été réalisées « sans engager les dirigeants du Parti »[8]. Maurice Thorez, depuis Moscou, condamne cette négociation.

Le 26 juin 1940, une seconde négociation pour faire paraître le journal a lieu entre des cadres du PCF, notamment Maurice Tréand, Jean Catelas et Otto Abetz qui les reçoit à l'ambassade d'Allemagne. Ces premiers s'engagent dans une lettre le même jour sur un certain nombre de promesses. Parmi celles-ci, « L'Humanité, publiée par nous, se fixerait pour tâche de dénoncer les agissements des agents de l'impérialisme britannique qui veulent entraîner les colonies françaises dans la guerre et d'appeler les peuples coloniaux à lutter pour leur indépendance contre leurs oppresseurs impérialistes. »[9]. En dépit de ses engagements, les dirigeants communistes ne reçoivent pas d'autorisation officielle de parution et le journal continue de paraître clandestinement en ménageant les forces d'Occupation.

Ainsi, on peut lire dans L'Humanité du 4 juillet 1940 :

« Il est particulièrement réconfortant en ces temps de malheur de voir de nombreux travailleurs parisiens s’entretenir avec les soldats allemands, soit dans la rue, soit au bistro du coin. Bravo camarades, continuez même si cela ne plaît pas à certains bourgeois aussi stupides que malfaisants ! La fraternité des peuples ne sera pas toujours une espérance, elle deviendra une réalité vivante. » (L’Humanité, 4 juillet 1940)[10]

Les autorités de Vichy confirment l'interdiction de parution et l'occupation allemande oblige le journal à la clandestinité jusqu'à la Libération de 1944 (malgré la demande rejetée de reparution faite en juin 1940 auprès des autorités d'occupations allemandes[11], initiative désavouée par de nombreux militants puis par l'Internationale communiste, qui l'avait d'abord laissé faire)[12].

L'Humanité parait clandestinement pendant cinq ans (383 numéros diffusés à 200 000 exemplaires[13]) et s'abstient de s'en prendre aux Allemands jusqu'à août 1940 (date de la fin des négociations). De nombreux journalistes de sa rédaction périrent dans la lutte contre l'occupant nazi, comme Gabriel Péri (responsable de sa rubrique internationale, fusillé le 15 décembre 1941 au Mont-Valérien), Lucien Sampaix... Le journal reparait librement le 21 août 1944 durant la Libération de Paris.

On peut lire dans L'Humanité clandestine du 20 mai 1941, l'appel du PCF concernant la création du Front national de lutte pour la libération et l'indépendance de la France : « Le PCF s'adresse à tous ceux qui pensent français et veulent agir français... Dans ce Front national pour l'indépendance il y a de la place pour tous les Français sauf les capitulards et les traîtres au service de l'envahisseur, pour que la France soit la France et ne devienne pas une colonie nazie, l'unité nationale doit se faire... contre les envahisseurs et les traîtres, contre le gouvernement de Vichy qui obéit aux ordres des occupants allemands. »

Au fur et à mesure de l'Occupation, l'Humanité devient de plus en plus dure avec les Allemands et avec le Régime de Vichy.

L'Humanité de 1945 à 1994[modifier | modifier le code]

Après 1945, L'Humanité renoue avec la situation de l'Entre-deux-guerres. Organe central du PCF, sa ligne éditoriale suit la ligne du parti et mêle information et campagne de mobilisation.

Dans le contexte de guerre froide, le journal est prosoviétique. Lorsque l'Armée rouge entre en Hongrie le 4 novembre 1956, le journal titre : « Budapest retrouve le sourire »[14]. Le 7 novembre 1956, alors que la situation internationale est extrêmement tendue (révélation du XXe congrès du Parti communiste de l'Union soviétique sur le stalinisme, intervention soviétique en Hongrie, crise du canal de Suez et guerre d'Algérie) le siège de L'Humanité (et du comité central du PCF) est attaqué par des manifestants anticommunistes[15],[16],[17],[18],[19],[20] qui tentent de l'incendier.

Devant l'inertie complaisante de la police déployée en nombre, le bâtiment est défendu par le personnel du journal et des militants du PCF[21]. Ces attaques font trois morts. Dans son compte-rendu, L'Humanité fait un parallèle entre l'attaque contre son local et ce qu'elle appelle les crimes des « contre-révolutionnaires » de l'insurrection hongroise[16]. De son côté, le Syndicat du Livre déclenche une grève : aucun journal ne paraît le 8 novembre[22].

Parallèlement, le journal est le seul quotidien français à soutenir partout dans le monde les luttes de libération nationale (décolonisation) ce qui lui vaut de nombreuses interdictions de parution notamment durant les guerres d'Indochine et d'Algérie. Les articles de Madeleine Riffaud sur la guerre d'Algérie, qui lui valurent une tentative d'attentat de l'OAS, puis sur la guerre du Viêt Nam depuis les maquis Vietcong illustrent bien ses positions.

En 1945, le journal tire à 400 000 exemplaires et est la figure de proue de la presse communiste. Sa diffusion décline ensuite (150 000 exemplaires en 1972, 107 000 exemplaires en 1986) parallèlement au déclin de l'influence du PCF et à la crise de la presse quotidienne.

L'Humanité de 1994 à aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Après le XXVIIIe congrès du Parti communiste français (1994), la mention « organe central du PCF » est remplacée par « journal du PCF ». À l'occasion d'une nouvelle formule en 1999, la mention du lien avec le parti est supprimée. Le PCF reste selon les statuts « l'éditeur » du journal mais sa direction ne préside plus officiellement à l'élaboration de sa ligne éditoriale[23]. Les militants du PCF restent cependant très impliqués dans la diffusion du journal (essentiellement à travers la vente militante de L'Humanité Dimanche)[24].

Après avoir baissé à 46 000 exemplaires en 2002, L'Humanité est parvenu à stabiliser ses ventes légèrement supérieures à 50 000 exemplaires[25]. Sa survie fragile est assurée par le produit de ses ventes et des appels à souscriptions réguliers. Le journal a même dû ouvrir son capital en 2000 à des groupes privés, sans que cela ne leur ouvre de pouvoir décisionnel sur le journal[26].

Pour apurer ses dettes (estimées à huit millions d'euros), le quotidien tente de vendre son siège de Saint-Denis, conçu par l'architecte Oscar Niemeyer et dans lequel il s'était installé en 1989, pour quinze millions d'euros[27]. La rédaction déménage en mai 2008 dans un immeuble situé dans la même ville, près du Stade de France.

La vente du siège prévue à la date du 16 juillet 2008 n'a pu se réaliser plaçant brusquement le journal dans une situation financière alarmante. Un appel à une souscription exceptionnelle a alors été lancé par L'Humanité et la direction nationale du PCF, avec l'objectif de recueillir en moins de trois mois plus de deux millions d'euros. En moins d'un mois, en plein été, c'est plus de la moitié de cette somme qui est parvenue au journal prouvant les liens étroits que ce journal entretient avec ses lecteurs.

En février 2011, le quotidien annonce des assises sous forme de « débats décentralisés avec les lecteurs, les diffuseurs et les parrains de L'Humanité sur les enjeux du pluralisme de la presse, les contenus de nos journaux, de notre site Internet, le développement du groupe et la création d'universités populaires ». Une journée synthèse doit avoir lieu en avril 2011[28]. À la mi-mars, L'Humanité refonde son offre du week-end en supprimant l'édition du samedi mais en consolidant l'édition du vendredi (24 pages) qui contient désormais L'Humanité des débats (12 pages), en vente jusqu'au dimanche[29]. Enfin, le supplément des Lettres Françaises paraît désormais le premier jeudi de chaque mois[30]. Le lundi 7 mars, à l'occasion de l'annuel L'Humanité des jeunes, le quotidien passe à 1,40 euro contre 1,30 euro précédemment.

À la même période, le quotidien multiplie les numéros spéciaux en bâtissant un journal avec un rédacteur en chef du jour (Christophe Alévêque, Bernard Thibault, Yann Leriche, François Morel, etc.)[31].

Les ventes de L'Humanité sont en constant repli ces dernières années après la hausse du milieu des années 2000 (47 916 exemplaires/jour en 2009, 45 827 exemplaires/jour en 2011, 43 517 exemplaires/jour en 2012 selon l'OJD).

En 2011, des salariés de L'Humanité travaillant comme « abonneurs VRP » (chargés de promouvoir l’abonnement au journal auprès de ses clients), attaquent le journal aux prud’hommes à la suite de leur licenciement. L'Humanité est condamné d'abord par le tribunal d’instance de Saint-Denis le 4 octobre 2011 puis par la cour d'appel de Paris le 23 mai 2013[32].

Quelques « unes »[modifier | modifier le code]

Article connexe : Une (journal).

Le rapport au fascisme[modifier | modifier le code]

Le soutien aux mouvements de libération nationale[modifier | modifier le code]

Le soutien aux luttes des travailleurs[modifier | modifier le code]

  • 25 février 1931 : Exigez du travail ou du pain ! Aujourd’hui 25 février, manifestez !
  • 13 mai 1968 : Travailleurs et étudiants solidaires contre la répression, pour la défense des libertés - GRÈVE GÉNÉRALE

L'évolution des rapports avec l'URSS[modifier | modifier le code]

L'Humanité aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Un journal militant[modifier | modifier le code]

L'Humanité se réclame des valeurs de son fondateur Jean Jaurès, qui mettait la lutte pour la paix, la « communion avec le mouvement ouvrier » et l'indépendance face aux « groupes d'intérêt » au cœur de ses priorités[33]. Il s'est en revanche éloigné de lui sur l'unité du mouvement socialiste : Jaurès souhaitait, lui, en 1904, maintenir l'unité des socialistes au sein du journal[34]. Jusque dans les années 1990, l'Humanité a soutenu toutes les campagnes menées par le Parti communiste. Aujourd'hui, il se range parmi les porte-paroles des mouvements, associations, et partis qui se réclament de la « gauche antilibérale ». Il a participé activement à la campagne du « non de gauche » en 2005, lors du référendum sur le projet de Traité constitutionnel européen.

La vie d'un quotidien d'opinion[modifier | modifier le code]

Aujourd'hui, avec la baisse des ventes (en 2002, 46 000 exemplaires vendus par jour) comme tous les journaux d'opinion qui ne reçoivent en France qu'une très faible part des budgets publicitaires, pour qui les subventions de l'État sont en diminution, et dont les frais de poste ont particulièrement augmentés dans les années 1990, la situation économique est très défavorable et des appels réguliers au soutien militant sont nécessaires pour éviter la disparition du journal.

Ainsi, en grande difficulté financière, il a ouvert son capital en 2001 à son association de lecteurs la Société des Lecteurs de L'Humanité et à l'association de soutien à L'Humanité la Société des Amis de L'Humanité (les Amis de l’Huma) regroupant de nombreuses personnalités de sensibilités diverses et présidée (jusqu'en 2011[35]) par Edmonde Charles-Roux, mais aussi à TF1 et au Groupe Lagardère. La rédaction déclare conserver néanmoins toute son indépendance éditoriale. Les symboles de la faucille et du marteau ont disparu de la une, et « l'Huma » n'est plus l'organe officiel du Parti communiste français. Elle fait par ailleurs appel aux généreux donateurs pour l'aider à affronter ses difficultés financières.

En mai 2009, à l'initiative de Cali, douze chanteurs ont offert chacun une chanson à L'Humanité, réunies sur un CD vendu comme numéro spécial du journal, afin de le soutenir financièrement[36]. Renaud, Noir Désir, Bernard Lavilliers, les Têtes Raides, Balbino Medellin, Georges, Miossec, Jacques Higelin, Pascal Bizern, Georges Moustaki et Daguerre ont participé à la création de ce disque.

Le journal organise chaque année la fête de l'Humanité à La Courneuve, qui rassemble environ 600 000 personnes.

Numéros spéciaux et suppléments[modifier | modifier le code]

  • L'Humanité Dimanche : magazine d'actualité hebdomadaire vendu d'une façon militante sur les marchés et dans les lieux publics. Se trouve aujourd'hui en kiosque dès le jeudi.
  • Les Lettres françaises : longtemps dirigée par Louis Aragon, cette revue littéraire de qualité est dirigée par Jean Ristat, son ami et poète lui-même. Publiée en encart le premier jeudi du mois.
  • Communistes : lien d'échanges et de communication à destination des militants. Ce quatre ou huit pages est encarté dans le quotidien et publié chaque mercredi.
  • Libres échanges : une page réservée aux jeunes qui le souhaitent et envoient des articles au journal. Paraît le jeudi.
  • L'Humanité des débats : tous les vendredis, sous la responsabilité du rédacteur en chef, éditorialiste et chroniqueur Jean-Emmanuel Ducoin, publie des débats, tribunes et libre expression sur des sujets politiques et de société. Il comporte douze pages insérés dans l'Humanité du vendredi, le tout atteignant 32 pages.
  • L'Humanité des jeunes : une fois par an (généralement début mars), l'ensemble du quotidien est écrit par des jeunes[37].
  • Hors-séries : le journal publie régulièrement des hors-séries concernant des sujets d'actualité, par exemple pour expliquer la crise économique de 2008 ou pour soutenir la campagne du Front de gauche lors des élections européennes de 2009. D'autres hors-séries, parfois accompagnés d'un DVD, concernent la commémoration d'évènements historiques (la guerre d'Espagne, la Première Guerre mondiale, les évènements de Mai 68, la Commune de Paris, mai 1981) ou d'actualité (le décès de Jean Ferrat) ou culturel (Le continent Aragon).
  • Les Éditions de L'Humanité proposent des livres sur des questions d'actualité. Les ouvrages édités sont les suivants :

Site Web[modifier | modifier le code]

En 1996, L'Humanité est l'un des premiers titre à lancer son site web[38]. Il contient en particulier les archives numérisées issues des éditions du journal papier depuis le 2 février 1990 (en mars 2010 : environ 400 000 articles numérisés) et depuis 2010, il regroupe les autres publications du groupe dont notamment le newsmagazine L'Humanité dimanche et l'hebdomadaire dédié au monde rural La Terre.

Subventions[modifier | modifier le code]

L'Humanité est, avec La Croix et Libération, l'un des trois quotidiens nationaux bénéficiaires de subventions de l'État au titre de l'« aide aux quotidiens nationaux d’information politique et générale à faibles ressources publicitaires », instituée par le décret n°86-616 du 12 mars 1986[39]. Cette aide s'est élevée à 3 082 206 euros pour l'exercice 2012[40]. L'ensemble des aides reçues par le quotidien a été évalué par la Cour des Comptes à 48 centimes par numéro pour la période 2009-2011[41], faisant de celui-ci le quotidien recevant la plus grande aide de l'État par numéro[42].

Par ailleurs, en 2013, ne pouvant rembourser entièrement un prêt de 4 086 710 euros contracté en mars 2002, L'Humanité bénéficie de la part du gouvernement d'une annulation du capital et des intérêts liés à ce prêt [43]. Cette décision est critiquée à l'Asemblée nationale par Marion Maréchal-Le Pen qui dénonce une mesure « scandaleuse, clientéliste et économiquement stupide » et défendue par Bernard Cazeneuve au nom de la liberté de la presse[44].

Repères[modifier | modifier le code]

Listes des dirigeants du journal[modifier | modifier le code]

Les directeurs[modifier | modifier le code]

Les rédacteurs en chef (depuis 1926)[modifier | modifier le code]

Le Grand Prix cycliste de L'Humanité[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Grand Prix cycliste de L'Humanité.

Parmi les activités de L'Humanité, l'organisation de compétitions sportives est un domaine riche d'histoire. Dès la première édition du Grand Prix cycliste de L'Humanité, en 1927, les actualités cinématographiques ont saisi les coureurs du « Sport rouge ». Le journal attire l'attention de ses lecteurs et les invite[45] à manifester leur soutien : « Ne manquez pas d'applaudir les coureurs du Rouen-Clichy ». Le neuvième Grand Prix cycliste est l'objet d'un film, qui permet de mieux voir l'enracinement populaire du journal. L'organisation de ce Grand Prix sur route, en liaison avec la Fédération sportive du travail, puis de la Fédération sportive et gymnique du travail (FSGT) fait connaître le journal au public sportif pendant une cinquantaine d'années, puisque la première édition se déroule en 1927, et la dernière, sous la forme d'épreuve sur route, a lieu en 1979. Si le cyclisme, comme vecteur de « propagande », semble avoir perduré un demi-siècle (de 1954 à 1974, L'Humanité organise aussi le circuit des Boucles de la Seine), d'autres sports permettent au journal d'affirmer son attitude de proximité avec les sportifs. Le cross pédestre de L'Humanité est à cet égard d'une longévité et d'un renom analogues.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Diffusion totale journalière en 2013.
  2. Une du premier numéro de L'Humanité, sur Gallica.
  3. Le financement du journal à sa naissance a suscité des polémiques dans les années 1930. L'article qui fait autorité sur la question est celui de Pierre Albert : Les sociétés du journal L'Humanité de 1904 à 1920 dans Christian Delporte, Claude Pennetier, Jean-François Sirinelli et Serge Wolikow (sous la direction de), L'Humanité de Jaurès à nos jours, Nouveau Monde éditions, 2004 (pp. 29–42). Ses conclusions restent ouvertes. Il donne la liste des actionnaires de la première Société du journal (1904) et de la seconde (1907). Lors de sa création, L'Humanité bénéficie de soutiens dans la bourgeoisie dreyfusarde et notamment dans la bourgeoisie juive, comme l'a rappelé Madeleine Rebérioux dans L'Humanité en 1904, publié par L'Humanité du 31 janvier-1er février 2004 (repris dans les Cahiers Jaurès no 171, janvier-mars 2004). Jaurès est alors le grand orateur de la délégation des gauches (socialistes du PSF, radicaux-socialistes et radicaux, modérés de l'Alliance républicaine démocratique) qui soutient le gouvernement Combes et l'affaire Dreyfus est encore dans toutes les mémoires (Jaurès prononce en 1903 son grand discours pour la réhabilitation du capitaine qui sera acquise en 1906). Ainsi les frères Louis-Dreyfus, importants banquiers et négociants en céréales, sans liens de parenté avec Alfred Dreyfus, font partie des principaux souscripteurs. Des polémistes de La Guerre sociale (16 et 22 novembre 1910) (extrême-gauche) comme Francis Delaisi ou du Matin (3, 6 et 10 juin 1934) (droite), entre autres, ont ensuite prétendu que les fonds importants apportés par Lévy-Bruhl et Picard recouvraient d'autres souscripteurs désirant rester anonymes. C'est possible, mais rien de certain ne peut être établi... On parla des Rothschild, de la Compagnie des agents de change, de la marquise républicaine et anticléricale Arconati-Visconti, du Parti ouvrier belge, etc.
  4. Informations sur cette période rédigées par Jean-Noël Jeanneney
  5. Jean Touchard, La gauche en France depuis 1900, éd. du Seuil, 1977, p. 82 (chapitre Une conscience de gauche ?)
  6. "La presse écrite en France au XXe siècle", par Laurent Martin, page 76, éditions Le Livre de poche
  7. « Juin 1940 : la négociation de trop », L'Humanité,‎ 12 Décembre 2006
  8. Négociations pour la reparution de l'Humanité - Partie 1 , pcf-1939-1941.blogspot.cz, juillet 2013
  9. Lettre de Catelas et Tréand - 26 juin 1940, Le Mouvement social
  10. Heil de Gaulle ! Histoire brève et oubliée du stalinisme en France, Jean-Marie Goulemot, Paul Lidsky, Librairie Vuibert, 2011
  11. Roger Bourderon, La Négociation. Été 1940, Syllepse, Paris, 2001
  12. Ina.fr « L'Humanité, le PCF et les autorités nazies », dans les Brûlures de l'histoire (France 3, 5 octobre 1993) INA.
  13. François Marcot, Dictionnaire historique de la Résistance, Bouquins, p. 729, 2006.
  14. Selon article du 27 septembre 2007, blog de Jean-Michel Aphatie
  15. Jean-Pierre Arthur Bernard, Paris rouge, 1944–1964. Les communistes français dans la capitale, éditions Champ Vallon, 1991, 263 pages. L'auteur évoque, p. 27, des « bandes armées » enfonçant les portes su siège du PC avec « des béliers » et note que, selon « les correspondants de guerre communistes sur ce front parisien », on trouva parmi les assaillants des « bérets rouges », des « militants identifiés d'extrême-droite » et des « fils à papa » qui agissent avec « la neutralité bienveillante des forces de l'ordre ».
  16. a et b Jean-Pierre Arthur Bernard, « Novembre 1956 à Paris », Vingtième Siècle. Revue d'histoire, no 30, avril-juin 1991, pp. 68–81.
  17. Jean-Paul Piérot, « PCF : un tragique soutien à l’URSS », L'Humanité, 28 octobre 1996. Pour lui, l'émotion autour de l'affaire hongroise unit « la droite jusqu’au Parti socialiste » contre le PC, et il note, parmi la foule des manifestants, « la participation d’éléments troubles et d’activistes d’extrême droite ».
  18. Le fascisme ne passera pas, film de propagande communiste de 1957, donne la vision de l'époque des communistes sur les événements. Voir Ciné Archives, le fonds audiovisuel du PCF
  19. De son côté, Le Monde de l'époque évoque l'expression spontanée de la « population parisienne », une « manifestation légitime » qui dégénère « en incidents extrêmement violents », cf. Le Monde, 9 novembre 2006, « Il y a 50 ans dans Le Monde. Violences anticommunistes à Paris »
  20. Journal télévisé du 14 novembre 1956
  21. Jean-Pierre Arthur Bernard, Paris rouge, 1944–1964. Les communistes français dans la capitale, Éditions Champ Vallon, 1991, p. 31. « Les assiégés purent se barricader, noyer les flammes sous des trombes d'eau, bombarder les assiégeants, déloger ceux qui avaient investi les toits et attendre la riposte venue des banlieues ouvrières. » Parmi les projectiles lancés sur les manifestants, on note des « plombs d'imprimerie », des « meubles », des « ustensiles » et même des « statues »
  22. Jean-Pierre Arthur Bernard, Paris rouge, 1944-1964. Les communistes français dans la capitale, Éditions Champ Vallon, 1991, p. 32.
  23. En précisant ses liens avec L'Humanité, les statuts du PCF précisent : « La lire, la défendre et la promouvoir est une des tâches du militant communiste » (XXXIIIe congrès, mars 2006).
  24. L'Humanité dimanche est créé le 3 octobre 1948 afin de mieux ancrer la présence du quotidien dans les quartiers populaires. Devenant un magazine à part entière en avril 1990, sa parution s’arrête en 1999 devant les difficultés financières du journal et la baisse importante de ses ventes, dues notamment à un recul de la diffusion militante. Il est remplacé par L'Humanité hebdo, édition du week-end de L'Humanité. L'Humanité dimanche renaît le 9 mars 2006 après un appel à la souscription de ses lecteurs afin qu'ils deviennent cofondateurs de cet hebdomadaire (14 000 adhérents et 1 800 000 euros fin août 2006).
  25. La diffusion payée totale de L'Humanité est passée de 46 126 à 51 860 exemplaires entre 2002 et 2006. Quant au nombre de ses abonnés (par poste et portage), il est passé de 31 982 à 37 545 de 2002 à 2005 (chiffre de l’OJD, association pour le contrôle de la diffusion des médias).
  26. Décidée en 2000, l’ouverture du capital du quotidien est effective le 19 mai 2001, la SHIP apportant trente millions de francs et la souscription des lecteurs huit millions. La répartition du capital de la société anonyme de L'Humanité se répartit ainsi :
    • Actionnaires individuels (anciens responsables du journal ou du PCF) : 40,71 %
    • Société des lectrices et lecteurs de L'Humanité : 20 %
    • Société Humanité investissement pluralisme (Hachette, TF1 par sa filiale Syalis, Caisse d’épargne, sociétés publiques et secteur mutualiste) : 20 %
    • Société des personnels de L'Humanité : 10 %
    • Société des amis de L'Humanité : 9,29 %
  27. (fr) « 15 millions d'euros : le prix de vente du siège de L'Humanité à Saint-Denis », in Libération, 30 novembre 2007
  28. Voir sur le site Internet du journal : [1].
  29. Cette nouvelle offre est lancée le vendredi 11 mars. En « une », l'anniversaire de la première année de la disparition de Jean Ferrat. Voir la « une » en Pdf : [2]
  30. Lire l'article : La direction, "À nos lecteurs", L'Humanité, samedi 5 mars 2011. Sur le site Internet du journal : A nos lecteurs
  31. À titre d'exemple, les individus suivants ont été rédacteur en chef d'un jour du quotidien : Christophe Alévèque (L'Humanité des débats, 6 mai 2011), François Morel (L'Humanité, 9 juin 2011), Bernard Thibault (L'Humanité des débats, 13 mai 2011), une vingtaine de syndicalistes français (L'Humanité des débats, 29 avril 2011), le collectif D’ailleurs nous sommes d’ici (L'Humanité des débats, 27 mai 2011) etc.
  32. L’Humanité perd en appel, L'Humanité/abonneurs, 5 juin 2013.
  33. Notre but, Une du premier numéro de L'Humanité, par Jean Jaurès (18 avril 1904).
  34. « Socialistes révolutionnaires et socialistes réformistes sont avant tout, pour nous, des socialistes [...]. Sans rien abandonner de nos conceptions propres, nous tâcherons ici de seconder l’effort de tous. » (Notre but, Jean Jaurès).
  35. Edmonde Charles-Roux transmet le témoin à Ernest Pignon-Ernest , 2011
  36. Un numéro exceptionnel de L'Humanité, mai 2009
  37. Voir la « une » de la dernière édition, le 7 mars 2011, en pdf
  38. La mise à disposition gratuite des archives est une volonté politique d'ouverture de la direction du journal, de même que le choix des logiciels libres pour ce site (SPIP, Debian, etc).
  39. « Décret n°86-616 du 12 mars 1986 instituant une aide aux quotidiens nationaux d'information politique et générale à faibles ressources publicitaires Version consolidée au 16 avril 2012 », Légifrance (consulté en 8 décembre 2013).
  40. « Aides aux quotidiens nationaux à faibles ressources publicitaires en 2012 », Ministère de la Culture et de la Communication (consulté en 8 décembre 2013).
  41. « Les aides de l’État à la presse écrite », Cour des Comptes (consulté en 8 décembre 2013).
  42. Aides à la presse: très très cher journal, slate.fr, 2 mai 2013, mis à jour le 5 juin 2013
  43. Amendement N°410, assemblee-nationale.fr, 3 décembre 2013
  44. "L'Humanité" : Marion Maréchal-Le Pen raille l'abandon des dettes par l'État, lepoint.fr, 17 décembre 2013
  45. L'Humanité, 9 avril 1927, page 4.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

  • Le nouveau Clarté, le journal des étudiants communistes de 1965 à 1996 (mensuel ou bi-mensuel). Clarté est reparu en 2006, édité par les étudiants communistes de Paris (Deux numéros seulement ont été publiés). En 2010 l'UEC lance un nouveau journal : Camarades de classe.
  • Clarté : Journal publié par les étudiants communistes de Paris de 1947 à 1956 puis par l'Union des étudiants communistes de 1956 à 1965; issu du journal Clarté universitaire (1922-1924).
  • Presse écrite
  • République du Croissant

Liens externes[modifier | modifier le code]