L'Homme des Hautes Plaines

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L'Homme des Hautes Plaines

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De pénibles conditions de tournage sur les rives du Mono Lake

Titre original (en) High Plains Drifter
Réalisation Clint Eastwood
Scénario Ernest Tidyman, Dean Riesner (non crédité)
Acteurs principaux
Sociétés de production The Malpaso Company
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Western
Sortie 1973
Durée 105 minutes (version française)

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

L'Homme des Hautes Plaines (titre original : High Plains Drifter) est un film américain réalisé par Clint Eastwood en 1973.

Premier western dirigé par Clint Eastwood, ce film reprend la mythologie de l'homme sans nom déjà exploité dans la trilogie de Sergio Leone : Pour une poignée de dollars, Et pour quelques dollars de plus et Le Bon, la Brute et le Truand. Le film est aussi inspiré du travail avec un autre réalisateur Don Siegel.

Synopsis[modifier | modifier le code]

En plein désert de l'Ouest sauvage, un étranger, tout de noir vêtu, arrive à Lago, un village terrorisé par des bandits. Rapidement attaqué lui-même, l'homme sans identité va bientôt affirmer sa présence en tuant trois assaillants alors qu'il est chez le barbier. En sortant, il se fait bousculer par Callie exprès, elle l'insulte et l'homme sans nom l'emmène dans une grange et la viole. Impressionnés et terrifiés par le personnage, les habitants vont lui demander de tuer trois autres bandits, Stacey Bridges, Bill Borders et Cole Carlin qui ont juré de détruire la ville. Le shérif lui propose un crédit illimité pour mener à bien l'opération. Il se rend alors chez l'épicier, donne des bonbons à des enfants indiens, une pile de couverture à leur mère et une poignée de cigarillos pour lui. Puis il se rend chez le bottier et prend des bottes neuves et une selle neuve. Ensuite il va au saloon et offre une tournée générale et nomme Mordechai, le nain qui travaille chez le barbier, shérif de la ville. On apprend au cours du film, que l'ancien shérif a été tué par les bandits à coups de fouet.

L'homme sans nom organise la défense et réquisitionne la plupart des hommes de la ville pour l'entraînement. Il demande à des menuisiers mexicains de fabriquer une table de banquet, 18 paires de draps et 750 pots de peinture de couleur rouge. Ils prennent le bois sur la grange du gérant de l'hôtel de la ville. Celui-ci se défend. Mais l'homme sans nom s'en moque et lui demande d'expulser ses clients de son hôtel. Les commerçants se révoltent. On apprend que les bandits en tuant l'ancien shérif n'ont pas parlé de la complicité tacite des habitants de la ville et du fait qu'ils ne soient pas intervenus.

Pendant ce temps, les trois desperados ont été relâchés de prison et se dirigent vers Lago. En chemin, ils rencontrent trois voyageurs avec trois chevaux. Ils les tuent et leur volent chevaux et vêtements. En chemin, un des chevaux faiblit et ils le tuent.

Après avoir passé la nuit avec Callie, les commerçants se réunissent. Certains tentent d'assassiner l'étranger en le frappant par surprise avec des gourdins dans sa chambre d'hôtel. L'étranger réplique en dynamitant sa chambre et en abattant un à un les assaillants. Seul le chef d'équipe, Morgan Allen, arrive à s'échapper. Le maire de la ville, pour s'excuser de l'acte des agresseurs, propose 500 $ par tête, l'étranger demande 500 $ par oreille, soit 3 000 $ en tout. En allant dans sa chambre, il attrape la femme de l'hôtelier, Sarah Belding, elle tente de lui résister mais elle finit par céder. Elle lui parle de la mort du marshal Duncan. Les hommes de la ville sont réquisitionnés pour enterrer les morts et repeindre la ville en rouge. L'étranger marque en rouge sur le panneau d'entrée de la ville « Hell » qui signifie « l'enfer ». On comprend la raison de la mort du marshal Duncan. En fait, il avait découvert que la mine était la propriété de l'État et qu'elle devait normalement être fermée. Les habitants de Lago ont payé les trois truands pour l'assassiner.

Pendant ce temps, Morgan Allen, blessé au bras, arrive à la rencontre des truands. Il négocie avec eux. Stacey veut qu'il lui donne la combinaison du coffre pour prendre l'argent. Allen refuse, Stacey le tue. L'homme sans nom observe la scène du haut d'une colline et leur tire dessus. Il arrache l'oreille de l'un d'eux et leur lance de la dynamite. Puis, il retourne à Lago.

Les Desperados arrivent en ville et voient le banquet dressé en leur honneur. Ils se rendent dans le saloon et menacent les habitants. Quand tout à coup, un coup de fouet attrape la gorge de Bill Borders et le tire dehors. Les deux autres sortent et constatent que leur complice est pendu par le fouet. Ils se font tuer l'un après l'autre par l'homme sans nom. Enfin Mordechai abat Lewis Belding (propriétaire de l'hôtel et ex-mari de Sarah qui a décidé de le quitter) qui voulait tuer l'étranger dans le dos.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Production[modifier | modifier le code]

Lac Mono où se situe Lago

Genèse du film et tournage[modifier | modifier le code]

Ernest Tidyman, qui a écrit le scénario, avait auparavant remporté un Oscar en 1971 pour French Connection. Le scénario est teinté d'allégories et d'humour noir influencé par l'influence de Sergio Leone. Le tournage a duré six semaines et s'est terminé deux jours avant la date prévue. Le budget du film a également été moindre que ce que l'on avait prévu. Il s'agit du deuxième film réalisé par Clint Eastwood, le premier étant Un frisson dans la nuit et de son premier Western. Les pierres tombales du cimetière portent les noms des cinéastes Sergio Leone, Don Siegel et Brian G. Hutton. À ce sujet, Clint Eastwood déclara : "J'ai enterré mes réalisateurs." Le décor de Lago a été construit sur les bords du lac Mono, à 300 miles de Hollywood, dans les Sierras de Californie. Une équipe d'une soixantaine de personnes a travaillé dix heures par jour pendant huit jours pour construire 14 maisons et un hôtel. Après la sortie du film, Clint Eastwood a proposé à John Wayne de faire un western ensemble. Celui-ci lui a répondu dans une lettre que son film était trop violent et qu'il était trop révisionniste par rapport aux anciens westerns. Eastwood n'a pas répondu à ces critiques mais cela a mis un terme à un éventuel projet commun.

Distribution[modifier | modifier le code]

On trouve dans ce film l'acteur Geoffrey Lewis qui tournera encore quatre fois avec Clint Eastwood (Doux, dur et dingue, Bronco Billy, Ca va cogner et Pink Cadillac). Richard Bull, qui joue le rôle du croque-mort, s'est fait plus tard connaître par celui de M. Oleson dans la série télévisée La Petite Maison dans la prairie.

Thèmes du film[modifier | modifier le code]

Premier des quatre westerns qu'Eastwood réalisera, L'homme des hautes plaines rassemble tous les thèmes que le réalisateur développera dans ses œuvres, notamment celui de la vengeance, qui sera au cœur de Josey Wales hors la loi et d'Impitoyable. De même, son personnage de l'étranger préfigure celui du pasteur de Pale Rider. Ne pouvant pardonner la médiocrité et la veulerie des habitants, l'étranger va les forcer à repeindre leur ville en rouge et de la renommer "Hell" (enfer) et nomme comme maire et shérif, leur souffre-douleur habituel, un nain. Toutes ces images et symboles confèrent au film une dimension à la fois crépusculaire et fantastique.

Énigme de la dernière scène[modifier | modifier le code]

À la toute dernière scène, sans doute pour rationaliser le film, une phrase de dialogue a été modifiée sur certaines versions doublées (dont la version française), changeant ainsi totalement la conclusion du film (voire le sens de l'histoire). En effet, dans la version française quand l'Étranger quitte la ville, il croise Mordecai occupé à inscrire le nom de l'ancien shérif Duncan, sur sa pierre tombale. Mordecai lui dit qu'il n'a jamais su son nom, et l'Étranger lui répond "C'est celui que tu graves, celui de mon frère. Prends-en soin.". Dans la version originale, à la question du nain, l'Étranger répond juste "Si, tu le sais"[1].

Box-Office et réceptions critiques[modifier | modifier le code]

Le film totalise 7 100 000 dollars de recettes américaines et 8 000 000 au niveau mondial. En France, le film totalisera 795 099 entrées[2]. Le film est considéré par le Motion Pictures Guide comme un des meilleurs westerns des années 1970.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]