L'Homme à la tête en caoutchouc

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L'Homme à la tête en caoutchouc

Description de cette image, également commentée ci-après

L'Homme à la tête en caoutchouc (1901), photogramme du film

Réalisation Georges Méliès
Sociétés de production Star Film
Pays d’origine Drapeau de la France France
Sortie 1901
Durée 150 secondes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

L'Homme à la tête en caoutchouc est un film français réalisé par Georges Méliès, sorti en 1901.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Dans un laboratoire, un homme en blouse blanche installe sur une table une tête coupée qui ressemble à la sienne comme deux gouttes d’eau. La branchant à un tuyau en caoutchouc, lui-même relié à un soufflet, en quelques coups de pompe, il la fait gonfler puis dégonfler. Il appelle son assistant pour qu’il manipule à son tour la tête gonflable, qui la fait tant gonfler qu’elle explose.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

  • Titre : L'Homme à la tête en caoutchouc
  • Numéro de catalogue de la Star film : 382-383
  • Année de production : hiver 1901-1902
  • Longueur : 50 mètres / 165 pieds
  • Durée : 2 minutes 30 secondes
  • Pays : Drapeau de la France France

Interprétation[modifier | modifier le code]

Techniques utilisées[modifier | modifier le code]

Pour ce film, Méliès utilise trois trucages basés sur deux passages de la pellicule dans la caméra :

1/ Il fait un « arrêt de caméra » à la fin de la scène, avant que la tête explose, renversant la table (dont on découvre involontairement la découpe pour le trucage de la tête) et produisant une épaisse fumée, avant que de redémarrer la caméra.

2/ Mis à part cet arrêt pour l’effet spécial de l’explosion, la scène a été jouée par le savant (Méliès) et son assistant du début jusqu’à la fin. Les seuls gestes qu’ils effectuent sont les essais de gonflement, en l’absence de la fameuse tête elle-même qui intervient dans une seconde prise de vues.

3/ Comme pour tous les films utilisant l’arrêt de caméra (et le redémarrage de la prise de vues après les transformations voulues), l’équipe de Méliés chronomètre avec précision à quels moments le savant et l’assistant donnent des « coups de soufflet ». Après le jeu et l’explosion, on rembobine dans la caméra la pellicule déjà impressionnée, jusqu’au moment où le savant pose sur la table ce qu’il vient d’extraire d’un pot : la tête de Méliès. La pellicule déjà exposée comporte en son centre l’image d’une porte à double-battant que le savant a pris soin d’ouvrir en grand au début de la scène, donnant sur un couloir obscur qui produit sur la pellicule une zone noire, une réserve vierge, sur laquelle il est loisible d’impressionner une autre image. C’est le procédé du « Cache/contre-cache ».

Pour cette seconde prise de vues sur la même pellicule, « Méliès s’installe alors derrière un panneau noir muni d’un trou par lequel il passe sa tête. Pendant cette seconde prise de vue, Méliès se déplace par à-coups vers la caméra et ses assistants avancent en même temps le panneau noir, au rythme – soigneusement chronométré – des coups de soufflet donnés par le savant dans la première prise de vue. Au bout du tuyau, la tête hilare de Méliès semble grossir comme une baudruche de carnaval[1] ». Idem, mais a contrario pour le dégonflement.

L’historien Georges Sadoul, et d’autres, ont cru y voir l’utilisation d’un travelling novateur pour donner une image grossissante de la tête, en oubliant que Méliès avait installé définitivement sa caméra à une extrémité de son studio de Montreuil, et qu’il ne l’a jamais déplacée. Sadoul lui-même écrit à la page 29 de sa monumentale Histoire du cinéma que « la caméra est toujours placée au fond du petit studio ; elle reste immobile comme un spectateur assis dans son fauteuil[2] », alors qu’il affirme effectivement page 28 que le trucage utilisé dans ce film est un travelling, travelling avant quand la tête se gonfle et travelling arrière quand elle se dégonfle. Mais Sadoul n’était pas un cinéaste et son interprétation technique était parfois défaillante. Le visage grimaçant de la Lune dans Le Voyage dans la Lune, dont l’obus est censé se rapprocher, utilise ce même déplacement du sujet par rapport à la caméra, et non pas le déplacement de la caméra par rapport au sujet.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Marie-France Briselance et Jean-Claude Morin, « Grammaire du cinéma », page 57, Nouveau Monde éditions, Paris, 2010 (ISBN 978-2-84736-458-3), 588 pages
  2. Georges Sadoul, « Histoire du cinéma mondial, des origines à nos jours », pages 28 et 29, Flammarion, Paris, 1968, 719 pages

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]