L'Hôpital-Saint-Blaise

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L'Hôpital-Saint-Blaise
L’église de L'Hôpital-Saint-Blaise du XIIe siècle
L’église de L'Hôpital-Saint-Blaise du XIIe siècle
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Aquitaine
Département Pyrénées-Atlantiques
Arrondissement Oloron-Sainte-marie
Canton Mauléon-Licharre
Intercommunalité Communauté de communes de Soule-Xiberoa
Maire
Mandat
Dominique Uthurralt
2014-2020
Code postal 64130
Code commune 64264
Démographie
Gentilé Ospitaletar
Population
municipale
83 hab. (2011)
Densité 39 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 15′ 09″ N 0° 46′ 03″ O / 43.2525, -0.767543° 15′ 09″ Nord 0° 46′ 03″ Ouest / 43.2525, -0.7675  
Altitude Min. 147 m – Max. 254 m
Superficie 2,11 km2
Localisation

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L'Hôpital-Saint-Blaise

L'Hôpital-Saint-Blaise est une commune française, située dans le département des Pyrénées-Atlantiques en région Aquitaine.

Le gentilé est Ospitaletar[1].

Géographie[modifier | modifier le code]

L'Hôpital Saint-Blaise est une petite commune du canton de Mauléon dans le Pays de Soule à la limite du Pays basque et du Béarn.

La localité constituait une étape pour les pèlerins se rendant à Saint-Jacques-de-Compostelle.

Hydrographie[modifier | modifier le code]

La commune est traversée par le ruisseau le Lausset, qui débouche dans le gave d'Oloron, ainsi que par son affluent, le ruisseau Aiguette.

Lieux-dits et hameaux[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Toponymie[modifier | modifier le code]

Attestations anciennes[modifier | modifier le code]

Le toponyme Hôpital Saint-Blaise apparaît[2] sous les formes la Commanderie de Misericordi (1334, notaires d'Oloron[3]), Saint-Blas (1670, règlement des États de Navarre[4]), l'Hôpital de Saint-Blaise de Misericorde (XVIIIe siècle, intendance de Pau[5]).

Graphie basque[modifier | modifier le code]

Son nom basque actuel est Ospitalepea[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le retable avec tableau de saint Blaise

Le village de l'Hôpital-Saint-Blaise doit son existence à un établissement d'accueil pour les voyageurs (un hôpital) aujourd'hui disparu. La petite route qui le traverse aujourd'hui était au XIIe siècle une voie de passage entre le sud de la France et la péninsule ibérique pour des chevaliers, des marchands, des religieux, des migrants. C'était l'époque de la Reconquista : les rois chrétiens de la péninsule ibérique faisaient appel aux hommes du nord pour les aider à conquérir, à peupler, à gouverner les terres autrefois musulmanes. Tout un réseau d'hôpitaux est alors créé au nord des Pyrénées pour faciliter le voyage de ces migrants. Le roi d'Aragon, le vicomte de Béarn y prennent une part essentielle. Ils confient la gestion de ce réseau à l'Hôpital Sainte-Christine du Somport qui devient un puissant ordre religieux avec des possessions tant au Béarn, en Navarre qu'en Aragon. L'Hôpital de Miséricorde (c'est le nom le plus ancien de l'Hôpital saint Blaise) est créé au milieu du XIIe siècle par les moines de Sainte-Christine.

Les voyageurs de ce temps sont en même temps des pèlerins car ils visitent les sanctuaires qui se trouvent sur leur route. C'est la raison pour laquelle, l'Hôpital-Saint-Blaise comme la plupart des autres hôpitaux, est doté d'une église. C'est le seul vestige de cette époque conservé aujourd'hui.

L'Hôpital de Miséricorde est une communauté constituée de quelques religieux et de laïcs appelés "donats" car ils se sont "donnés" à l'hôpital et travaillent à son entretien. C'est également une commanderie avec un patrimoine qui permet à la communauté de vivre et d'assurer sa vocation d'accueil : bâtiments, terres, droits de pâturage, dîmes.

À partir du XIIIe siècle les itinéraires transpyrénéens se déplacent, et rares sont désormais les voyageurs qui s'arrêtent dans ce modeste hôpital. Parmi eux, on compte probablement quelques pèlerins de Compostelle, mais c'est plutôt à partir du XVIe siècle. Un seul a laissé une trace de son passage. Au cours des siècles suivants l'église ne bénéficie que de réparations d'urgence pour l'exercice du culte et elle n'est que peu transformée. La commanderie subsiste jusqu'à la Révolution, et le village qui se développe autour de l'église ne grandit guère.

Le culte de saint Blaise, évêque de Sébaste en Arménie, martyrisé le 3 février 316, est attesté dans cette église depuis le XVIe siècle. Chaque année au début du mois de février, un pèlerinage réunit la population locale. Autrefois les éleveurs invoquaient sa protection pour guérir les maladies du bétail. Il était réputé guérir aussi les maux de gorge. Saint Blaise est un des saints protecteurs les plus vénérés en Europe. Beaucoup d'églises lui sont consacrées. De nombreux corps de métiers en fait leur saint patron : les bergers, les cardeurs de laine, les tailleurs de pierre, les vignerons etc.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1995 2001 Dominique Uthurralt    
2001 2008 Dominique Uthurralt    
2008 en cours Dominique Uthurralt    

Intercommunalité[modifier | modifier le code]

L'Hôpital-Saint-Blaise appartient à sept structures intercommunales[6] :

  • la communauté de communes de Soule-Xiberoa ;
  • le syndicat à vocation scolaire Gaztelaïa ;
  • le syndicat AEP de Navarrenx ;
  • le syndicat d’assainissement du pays de Soule ;
  • le syndicat d’énergie des Pyrénées-Atlantiques ;
  • le syndicat intercommunal pour le soutien à la culture basque ;
  • le syndicat mixte forestier des chênaies des vallées basques et béarnaises.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 83 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
139 159 156 116 201 200 187 182 172
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
164 157 159 156 172 153 144 138 125
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
121 130 134 130 119 96 92 78 73
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2006 2009
77 82 74 64 76 74 76 73 81
2011 - - - - - - - -
83 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[7] puis Insee à partir de 2004[8].)
Histogramme de l'évolution démographique


Économie[modifier | modifier le code]

L'activité est essentiellement tournée vers l'agriculture (maïs et élevage). La commune fait partie de la zone d'appellation de l'ossau-iraty.

Culture et patrimoine[modifier | modifier le code]

Patrimoine civil[modifier | modifier le code]

Le moulin est en cours de restauration.

Patrimoine religieux[modifier | modifier le code]

L'église Saint-Blaise, édifice roman du milieu du XIIe siècle a été inscrite à l'inventaire des monuments historiques en 1888. Cela lui a permis d'échapper de peu à la ruine complète. Elle a bénéficié de deux campagnes de restauration, la première de 1903 à 1906, la seconde de 1985 à 2002. Au cours du XXe siècle sa notoriété a grandi peu à peu chez les historiens de l'art, puis dans le grand public.

Un isolement de plusieurs siècles explique l'état de conservation remarquable du monument. Et le site dans lequel on le voit aujourd'hui reste très évocateur. Le voyageur découvre un petit village serré autour de son église romane, dans un vallon boisé. Cette église frappe par l'harmonie des proportions, l'aspect monumental que lui donnent ses deux clochers, l'épaisseur des murs en pierre brune, la simplicité du décor sculpté.

Dès le début du XXe siècle les historiens de l'art ont remarqué ce qui fait sa grande originalité  : les orientalismes du décor. On parle de style hispano-mauresque. Les claustra - grilles de pierre qui ferment les fenêtres-, la coupole ornée de fines nervures, les arcs polylobés rappellent les monuments construits en Espagne au Moyen Âge, tant dans les royaumes chrétiens que dans la partie musulmane du pays. Les bâtisseurs ont certainement voulu évoquer l'orient lointain, ce pays à l'est de la Méditerranée que les chevaliers d'occident disputaient alors aux musulmans : la Terre sainte et Jérusalem qui était perçue alors comme le centre du monde.

En 1998, l'Hôpital-Saint-Blaise est inscrit au patrimoine mondial de l'Humanité comme témoignage des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle. Ce classement est une consécration pour la commune, une reconnaissance de ses efforts pour restaurer, mettre en valeur le monument et le site du village. Mais ce n'est que depuis quelques années que les pèlerins de Compostelle passent par le village.

Patrimoine environnemental[modifier | modifier le code]

Équipements[modifier | modifier le code]

  • Gîte sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle : la commune dispose d'un gîte pour les pèlerins, d'une capacité de 8 personnes.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Euskaltzaindia - Académie de la langue basque
  2. Dictionnaire topographique Béarn-Pays basque - Paul Raymond
  3. Notaires d'Oloron - Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques
  4. Collection manuscrite de 11 volumes de délibérations (1606 à 1789) - Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques
  5. Titres de l'intendance de Pau - Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques
  6. Cellule informatique préfecture 64, « Base communale des Pyrénées-Atlantiques - Intercommunalité » (consulté le 8 juin 2014)
  7. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  8. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2004, 2006, 2009, 2011

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

L'Hôpital-Saint-Blaise : histoire, art et croyances sur les routes pyrénéennes du XIe au XXIe siècle de Robert Elissondo ; préface de Denise Péricard-Méa. - Biarritz : Atlantica 2009 (ISBN 978-2-7588-0239-6). Voir Site des éditions Atlantica

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]