L'Extase de sainte Cécile

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L'Extase de sainte Cécile
Image illustrative de l'article L'Extase de sainte Cécile
Artiste Raphaël
Date 1514 - 1515
Type Huile sur toile
Dimensions (H × L) 238 × 150 cm
Localisation Pinacothèque Nationale, Bologne (Italie)

L'Extase de sainte Cécile, ou Sainte Cécile parmi les saints Paul, Jean l'Évangéliste, Augustin et Madeleine, est une peinture de Raphaël (238 × 150 cm), réalisée au cours de la période 1514-1515, conservée à la Pinacothèque Nationale de Bologne.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'œuvre a été commissionnée par Elena Buglioli dall'Olio, une noble bolonaise, avec le concours du cardinal Lorenzo Pucci en 1513[1],[2], pour une chapelle de l'église San Giovanni in Monte de Bologne. Elle a été emmenée ensuite à Paris en 1793 et transférée sur toile. En 1815, la peinture fut rendue et, après restauration, conservée à la Pinacothèque Nationale de Bologne.

La peinture est dégradée car endommagée par les divers repeints et retouches effectués au cours des années.

Thème[modifier | modifier le code]

Sainte Cécile, sainte chrétienne et martyre pour avoir converti de nombreuses personnes, dont son mari Valérien, entendit une musique céleste au moment de sa mort, ce qui provoqua son extase. Pour cette raison elle est la patronne des musiciens, des luthiers et des autres fabricants d'instruments de musique. On la représente donc avec un instrument de musique, mais aussi avec une couronne de fleurs, un plant de lys et une épée.

Description[modifier | modifier le code]

La peinture représente trois plans picturaux sans lignes de fuite :

Un groupe de personnages saints avec Sainte Cécile au centre, entourée de saint Jean et saint Paul, à gauche, de saint Augustin et Marie-Madeleine à droite. Ils sont tous représentés avec les attributs qui les caractérisent. Immédiatement à sa droite, Jean l'apôtre a un aigle[3] dans les plis de ses habits. À côté de lui, Paul de Tarse s'appuie sur l'épée avec laquelle il était identifié dans l'art médiéval[4] Augustin tient sa crosse épiscopale et Marie-Madeleine détient le pot d'albâtre par lequel elle est le plus souvent identifiée[5].

Dans le fond, seuls quelques détails rendent visibles l'horizon terrestre, entre les têtes des saints toutes placées sur une même ligne. Un chœur céleste emplit le haut du tableau, déchirant les nuées.

L'orgue de Cécile, tenu à l'envers, renversé, semble perdre ses tuyaux détachés du sommier, qui pourraient rejoindre, à ses pieds, l'amoncellement d'instruments de musique du premier plan qui contient un tambourin, des cymbales, un triangle, des violes, une flûte...

Analyse[modifier | modifier le code]

Ce tableau semble sans perspective (à point de fuite) : les masses de la composition se distinguent malgré tout en : amoncellement d'objets au premier plan, groupe des personnages au centre, ciel et divinités célestes en fond et en haut.

Les personnages se distinguent dans le groupe par leurs couleurs : Paul en rouge et vert complémentaires, Marie-Madeleine en clair (et qui nous fixe de son regard), Cécile et Augustin en jaune ombré de bleu sombre. ils sont néanmoins égaux dans leur degré de sainteté, placés en isocéphalité, principe pictural alignant leurs têtes sur une même ligne horizontale.

Sur l'horizon du paysage entrevu, marqué par l'échange de regards entre Jean et Augustin, trois lignes de force se révèlent par les verticales de l'épée de Paul et de la crosse d'Augustin. S'y oppose, en dégageant les espaces terrestre et céleste, une diagonale partant du regard de Paul, suivant son bras, parcourant les tubes de l'orgue de Cécile, pour finir sur la jambe et le mollet de Marie-Madeleine.

L'amoncellement des instruments de musique, dont personne ne joue, posés par terre, muets, rejoints bientôt par les tuyaux de l'orgue de Cécile, symbolise la musica instrumentalis, inférieure à la musica humana des personnages terrestres, couronnée par la sublime harmonie des sphères célestes, la musica mundana, absolu de la musique.

Giorgio Vasari attribue la représentation des instruments musicaux aux pieds de la sainte à Giovanni da Udine, un collaborateur de Raphaël (qui fit les premières natures mortes, les cose naturali suivant la définition de Vasari, et qui excellait dans la représentation d'objets divers et grotesques).

En 1880, le poète romantique anglais Percy Shelley décrivait la peinture en ces termes :

« La figure centrale, sainte Cécile, semble devant cette inspiration comme l'esprit du peintre devant le tableau ; ses yeux profonds, sombres, éloquents, levés vers le ciel ; ses cheveux marron liés sur son front elle tient un instrument de musique dans ses mains — son apparence témoigne d'un apaisement par la force de sa passion et le ravissement ; elle est pénétrée entièrement par la lumière chaude et rayonnante de vie. Elle écoute la musique du ciel et, comme j'imagine, a simplement cessé de chanter, d'après l'attitude envers elle des quatre personnages qui l'entourent ; particulièrement saint Jean, qui par geste passionné la regarde avec une émotion profonde. À ses pieds se trouvent divers instruments de musique, brisés et désaccordés »

— Percy Shelley, Letters from Italy; quoted in Singleton (1899), p. 288

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Champlin and Perkins (1913), p. 261.
  2. Vasari (1987), p. 303-304.
  3. Nici (2008), p. 155.
  4. Lowrie (2007), p. 148-149.
  5. Gardner (2007), p.  209.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Livre RAPHAËL de Christof Thoenes

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]