L'Exorciste

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Page d'aide sur les redirections Pour le roman de William Peter Blatty, voir L'Exorciste (roman).

L'Exorciste

Description de cette image, également commentée ci-après

Titre original du film

Titre original The Exorcist
Réalisation William Friedkin
Scénario William Peter Blatty
Acteurs principaux
Sociétés de production Hoya Productions
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Horreur
Sortie 1973
Durée 117 min (Version originale) / 127 min (Version intégrale)

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

L’Exorciste (en version originale : The Exorcist) est un film d'horreur américain de William Friedkin datant de 1973, adapté du roman du même nom de 1971 écrit par William Peter Blatty et basé sur l'exorcisme de Robbie Mannheim[1],[2] faisant face à la possession d'une jeune fille et des tentatives désespérées de sa mère pour la guérir grâce à un exorcisme pratiqué par deux prêtres. Le film qui met en scène Ellen Burstyn, Max von Sydow, Jason Miller et Linda Blair, est l'un des premiers qui ait pour thème un « enfant démoniaque » réalisé à la fin des années 1960 et au début des années 1970, parmi lesquels Rosemary's Baby et La Malédiction, bien qu'on puisse éventuellement faire également référence à La Mauvaise Graine de 1956.

L'Exorciste est devenu l'un des films d'horreur les plus rentables de l'histoire avec 402 500 000 de dollars de recettes dans le monde entier[3]. Il est également considéré comme un classique du cinéma, et l'American Film Institute l'a classé 3e meilleur thriller derrière Psychose et Les Dents de la Mer. Il a reçu 2 Oscars et 4 Golden Globes. Le film a été commercialisé aux États-Unis par Warner Bros le , et une version restaurée est sortie le .

Synopsis[modifier | modifier le code]

Mannequin utilisé dans le film
Lieu du tournage de la scène finale du film

Le film s'ouvre sur des fouilles archéologiques en Irak, effectuées notamment par le père Merrin, un vieux prêtre, semblant fatigué par la vie. Il découvre dans ses fouilles une petite tête de statuette du démon Pazuzu et commence à s'interroger sur la nature du Mal au sein de l'Humanité. À la fin de la séquence en Irak, le prêtre contemple une grande statue du démon Pazuzu.

L'intrigue s'ouvre alors aux États-Unis, à Georgetown, un quartier de Washington. Chris MacNeil (Ellen Burstyn) est une actrice célèbre qui semble mener une vie heureuse avec sa fille Regan Legland (Linda Blair), son « très bon ami » Burke et ses nombreux domestiques, mais en dépit de l'absence de son mari, alors à Rome, avec qui elle a des relations tendues mais pour qui elle éprouve toujours des sentiments.

Cependant, Chris est de plus en plus inquiète lorsque Regan commence à être la proie de spasmes violents et d'étranges symptômes devenus fréquents. Elle commence alors à faire suivre des traitements médicaux à sa fille : les médecins voient en elle de simples troubles nerveux dus à la préadolescence. Pourtant, au cours d'une soirée à la maison des MacNeil, Regan alors alitée descend dans la salle de réception et, s'adressant à l'un des invités, astronaute, dit avec une conviction froide et inquiétante ces mots étranges : « Vous allez mourir là-haut », puis urine sur le tapis.
Suite à cet incident, Chris MacNeil décide d'accélérer les analyses médicales. Chris reçoit, dans un premier temps, l'avis très incertain des médecins. Selon leurs explications physiologiques, Regan est atteinte de troubles purement nerveux, probablement situés au niveau cérébral. Mais, les spasmes continuent, s'intensifient, et deviennent de plus en plus mirifiques, Regan parle avec une voix rauque et grave, dévale les escaliers sur les mains et les pieds, le visage tourné vers le plafond, crache du sang (cette scène est dans la version restaurée), tient des propos violents et scatologiques, son visage devient de plus en plus hideux.
Un soir, Burke Dennings est retrouvé mort au bas des longs escaliers donnant sur la fenêtre de la chambre de Regan ; tout le monde présume alors la thèse d'un alcoolisme fatal mais il est fortement présumé la responsabilité de Regan puisque Dennings était passé à la maison pendant la soirée.

Parallèlement aux événements, un inspecteur mènera l'enquête. Il interrogera le Père Karras (Jason Miller), dont le parcours est difficile pendant le début du film, et la mère de Regan. Dans un deuxième temps, Chris fait appel à un psychiatre car elle pense avoir affaire à un cas de dédoublement de la personnalité. Mais l'expérience tourne court : non seulement Regan abrite en elle une autre personnalité, mais celle-ci est en plus un être indubitablement démoniaque et violent. Une seule conclusion s'impose à elle : sa fille est possédée et elle doit solliciter l'impensable pour elle (parce que nous sommes au XXe siècle et qu'elle n'est pas croyante) : un exorciste. Elle contacte alors le père Karras, dont nous avons pu connaître les difficultés dans sa foi personnelle et la terrible mort de sa mère, mort pour laquelle il se sent responsable : sur son lit de mort, sa mère lui avait reproché de l'avoir abandonnée, et depuis le père Karras a des visions d'elle, exacerbant sa culpabilité et son chagrin. Le père Karras rencontre donc Regan (ou plutôt le démon qui a pris corps en Regan). Une chose le surprend grandement : le démon connaît les circonstances de la mort de sa mère (alors que Regan ne pouvait rien savoir), mais ignore son nom de jeune fille. Karras commence alors à comprendre que le véritable démon est non seulement l'incarnation diabolique dans le corps de la jeune fille, mais aussi la manifestation du Mal qu'abritent en eux ceux qui tentent de l'approcher. Ici, le père Karras devra affronter le démon en affrontant le Mal qui est en lui : le démon au nom du Mal veut le pousser au désespoir suprême en décuplant son sentiment de culpabilité. Karras commence alors le travail d'exorcisme. Il écoute des enregistrements de la voix de Regan non possédée, regarde ses dessins d'enfant. Un soir, il est appelé d'urgence à la maison des MacNeil pour observer un étrange phénomène : sur le ventre de la fillette possédée apparaissent ces mots : « Aidez-moi ».

Karras effectue alors les démarches auprès de l'Église pour obtenir le droit de pratiquer un exorcisme. Cette dernière accepte mais confie le rôle de l'exorciste au Père Lankester Merrin (Max von Sydow), prêtre expérimenté revenant d'Irak (il s'agissait donc du prêtre rencontré au début du film) et ayant déjà pratiqué un exorcisme en Afrique. Le Père Karras devra l'assister en tant que prêtre et que psychiatre très expert (puisque diplômé d'Harvard, le « fin du fin »). Merrin et Karras commencent donc leur exorcisme sur le démon en suivant le protocole religieux. Les prêtres récitent des prières et des « formules d'exorcisme » devant le monstre, lui jettent de l'eau bénite, mais le démon résiste dans des manières surnaturelles (il crache un étrange vomi vert, se met à léviter au-dessus du lit, pivote la tête à 360 degrés). L'exorcisme prend du temps, les prêtres décident de faire une pause. Karras est toujours hanté par le souvenir de sa mère défunte : le démon se sert de cette hantise pour conduire Karras au désespoir. Merrin le fait sortir de la chambre, et continue seul. Karras ressasse au fond de lui sa culpabilité envers sa mère, puis retourne dans la chambre et découvre le père Merrin mort d'épuisement. Dans un excès de rage, il s'en prend alors violemment et physiquement au démon en le rouant de coups, puis, dans sa rage, l'exhorte à « le prendre », c'est-à-dire à prendre possession de son propre corps plutôt que celui de Regan. Le démon passe alors du corps de la fillette à celui du prêtre et celui-ci, comprenant que le monstre entre en lui, se jette par la fenêtre et meurt pour éviter que le démon perdure en lui et pour expier sa culpabilité de fils. La fillette est alors découverte dans d'inextinguibles sanglots mais « délivrée », tandis que la dépouille de Karras est retrouvée en bas des escaliers et reçoit les derniers sacrements de la part de l'un des proches amis prêtres.

Des jours plus tard, la famille MacNeil déménage. Regan est redevenue comme avant, malgré les marques physiques de violence. La vie reprend son cours normal.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

William Friedkin, réalisateur du film, accompagné de sa femme Sherry Lansing, le 9 février 2008.

Distribution[modifier | modifier le code]

Légende : Doublage de la version originale (1974) - Doublage de la version intégrale (2001)

Source : Version française (VF) sur AlloDoublage[6].

Production[modifier | modifier le code]

Genèse[modifier | modifier le code]

L'histoire de ce film se base sur des faits inexacts publiés dans l'édition du 20 aout 1949 du Washington Post[7]. En effet, alors que William Peter Blatty n'est encore qu'étudiant, il tombe sur un article relatant un cas d'exorcisme sur un garçon de 14 ans en 1949 dans le Maryland. Il se met alors à écrire sur le sujet. Le livre se vend à 13 millions d'exemplaires seulement aux États-Unis.

Réalisation[modifier | modifier le code]

Alfred Hitchcock refuse d'acquérir les droits du livre et par conséquent de le réaliser[8]. Stanley Kubrick est approché et accepte le projet à la condition de le produire lui-même ce que la production refuse[9]. À leur tour Arthur Penn, Peter Bogdanovich, Mike Nichols et John Boorman (qui réalisera L'Exorciste 2 : l'hérétique) déclinent la proposition qui leur a été faite. William Peter Blatty soumet alors le nom de William Friedkin qui venait de réaliser French Connection. Le succès du film encourage le studio à l'engager[10].

Distribution[modifier | modifier le code]

Le rôle de Chris MacNeil est proposé à Shirley MacLaine, amie de William Peter Blatty, qui le refuse en raison d'un précédent engagement à une œuvre similaire, Possession meurtrière[10]. Jane Fonda est ensuite contactée et décrit le projet comme « un tas de merde capitaliste »[11]. Audrey Hepburn, qui a pourtant mis un terme à sa carrière en 1968, accepte dans un premier temps le rôle à condition que le film soit tourné à Rome[12]. Anne Bancroft, à son tour, décline la proposition qu'il lui est faite en raison de sa grossesse[13]. Geraldine Page[14] et Barbra Streisand[15] ne sont pas intéressées. Ellen Burstyn, tout juste honorée aux Oscars pour son interprétation dans La Dernière Séance, accepte à la condition que son personnage n'ait pas à dire « Je crois au diable »[9].

Pour le rôle de Regan MacNeil, plusieurs actrices sont envisagées. Pamelyn Ferdyn est jugée trop connue par les producteurs. Les parents de la jeune Denise Nickerson, qui vient de tourner Charlie et la Chocolaterie de Mel Stuart, sont troublés par l'histoire et donc refusent. April Winchell est ensuite choisie et prête pour jouer le rôle mais suite à son hospitalisation pour une grave infection rénale, elle ne peut accepter[16]. William Friedkin rencontre près de 500 actrices de 11 à 15 ans[17]. Linda Blair, actrice depuis l'âge de 6 ans, se présente accompagnée de sa mère. « Elle était intelligente, spontanée, attachante. Aucune des six candidates en lice à l'époque ne lui venait à la cheville. J'ai su qu'elle conviendrait parfaitement, qu'elle possédait une mentalité susceptible de l'intégrer à ce personnage sans qu'elle en soit traumatisée psychologiquement. » pense le réalisateur qui engage la jeune actrice[17].

Warner Bros soumet le nom de Marlon Brando pour interpréter le Père Merrin[18], mais Friedkin s'y oppose, l'acteur étant trop connu[18]. Le rôle revient à Max von Sydow. Paul Newman[19] et Jack Nicholson[20] sont contactés pour jouer le Père Karras, mais le réalisateur préfère Jason Miller, acteur sans aucune expérience au cinéma[10]. Le père Dyer est interprêté par un véritable homme de foi : William O'Malley. Jésuite, enseignant, écrivain et...acteur, il est initialement embauché sur le projet en tant que conseiller technique, et se voit proposer le rôle du prêtre ami de Damien Karras. Il ne reprendra toutefois pas son rôle dans L'Exorciste, la suite, remplacé par l'acteur Ed Flanders. L'Exorciste reste sa seule expérience au cinéma.

Tournage[modifier | modifier le code]

Le tournage s'est déroulé du au aux studios Warner Bros. de Burbank, New York et Georgetown (Washington D.C.) (Coordonnées: 38.905688,-77.070444), ainsi que Hatra et Mossoul, en Irak.

Réticente à laisser une enfant proférer des injures aussi crues, la production décida de confier la voix du démon dont est possédée la petite Regan à l'actrice Mercedes McCambridge, alcoolique repentie. Pour ce doublage, elle s'est beaucoup investie moralement : elle s'est remise à boire et à fumer pour obtenir cette voix très grave. Afin de rentrer dans le personnage de Regan, elle a demandé à être attachée à une chaise. L'affiche du film qui annonce la couleur est venue de William Friedkin qui s'est inspiré d'un tableau. Il le dit lui-même : « Il est possible que certains mouvements picturaux aient eu une influence sur moi, mais jamais de manière consciente. La seule peinture qui ait jamais influencée directement l'un de mes films, c'est ce Magritte : L'empire des lumières. J'ai su lorsque j'ai vu cette toile que je devais recréer, pour la scène où le prêtre arrive près de la maison des Mac Neil dans L'Exorciste, l'ambiance qui s'en dégageait. J'ai donc choisi une maison donnant sur une rue illuminée par le même type de réverbère, et j'ai fait éclairer la scène de manière similaire. Je n'ai pas copié ce tableau. Je m'en suis seulement inspiré pour ce qui reste aujourd'hui comme l'un des plans les plus mémorables du film. »

Il y a deux erreurs de montage quant à l'utilisation d'une cigarette : le père Karras tient une cigarette puis la donne au prêtre avec qui il discute ; dans le plan suivant la cigarette allumée est toujours dans sa main droite. Chris MacNeil demande une cigarette au père Karras, la consomme puis la jette et l'écrase par terre ; puis elle discute sans cigarette à la main et soudain elle est perçue en train de fumer une cigarette.

Bande originale[modifier | modifier le code]

Le réalisateur avait dans un premier temps confié la musique du film au compositeur Lalo Schifrin qui enregistra même sa partition. Mais, mécontent du résultat lors des sessions d'enregistrement, William Friedkin rejeta tout le travail de Schifrin et se tourna vers des musiques pré-existantes. Schifrin prit d'une certaine façon sa revanche sur cette malheureuse expérience en composant 6 ans plus tard, la musique d'Amityville : La Maison du diable qui connut un grand succès et obtint une nomination à l'Oscar de la meilleure musique.

Choisi par William Friedkin dans le copieux catalogue musical sous label Virgin, le thème principal est signé Mike Oldfield qui l'avait donc composé préalablement au projet ; il s'agit d'un extrait de l'album Tubular Bells dont l'utilisation dans ce film donna un coup de pouce inespéré à la carrière d'Oldfield et à la société à laquelle il était attaché par contrat, la toute jeune Virgin, fondée par Richard Branson. Ce thème, froid et lancinant, exerça une certaine influence sur la musique de films du genre, notamment sur celle composée par John Carpenter pour bon nombre de ses propres réalisations. La scène de l'exorcisme proprement dite est parodiée au début de Scary Movie 2 de Keenen Ivory Wayans ; dans cette scène, c'est James Woods qui joue le rôle du prêtre, rôle tout de même tenu dans la version originale par Max von Sydow, acteur aux racines bergmaniennes. La parodie de L'Exorciste dans Scary Movie 2 peut être considérée comme un sketch. Son lien avec la suite du deuxième épisode de la série humoristique est délaissé pour une intrigue parodiant largement dans l'histoire principale le film "Hantise" de Jan de Bont, réalisé en 1999.

La bande originale a été commercialisé une fois sur CD en tant qu'import japonais dur à trouver. C'est sans doute parce que l'album inclut le thème principal Tubular Bells composé par Mike Oldfield, qui devient populaire après la diffusion du film, ainsi que le String Quartet, composé par Krzysztof Penderecki.

Les autres musiques incluent Ramblin' Man interprété par The Allman Brothers Band, Polymorphia composé par Krzysztof Penderecki, Kanon For Orchestra and Tape, composé par Krzysztof Penderecki, Five Pieces for Orchestra Opus 10 composé par Anton Webern,Fantasia for Strings composé par Hans Werner Henze, Night of the Electric Insects composé par George Crumb et The Windharp composé par Harry Bee.

Réception[modifier | modifier le code]

Critiques[modifier | modifier le code]

L'Exorciste sort le aux États-Unis. Les critiques américaines sont partagées[21]. Stanley Kauffmann, rédacteur pour The New Republic, écrit : « C'est le film le plus effrayant que j'ai vu depuis des années - le seul film effrayant que j'ai vu depuis des années… Si vous voulez être ébranlé - allez voir L'Exorciste[22]. » Joe Dante reconnait lui aussi « un film surprenant et destiné à devenir un classique du cinéma d'horreur. Il sera profondément troublant pour tous les publics, en particulier les plus sensibles et ceux qui ont tendance à « vivre » les films qu'ils voient… Il n'y a jamais eu rien de tel à l'écran[23]. »

Toutefois, Vincent Canby du New York Times décrit le film comme « une ânerie avec de grotesques effets spéciaux[24]. » Andrew Sarris du Village Voice pense que « le réalisateur est incapable de fournir assez d'informations visuelles sur les personnages. L'Exorciste réussit à divertir mais en réalité c'est un film vraiment mauvais[25]. » Jon Landau du Rolling Stone le considère comme « un film pornographique religieux qui essaye de copier Cecil B. DeMille[26]. »

Don Amorth considère le film comme fiable, bien que les effets spéciaux soient exagérés.

Au delà de sa dimension fantastique, le film peut aussi s'interpréter comme une réflexion sur la difficulté à aimer les personnes en état de déchéance physique, suscitant chez leurs proches à la fois la pitié et le dégoût, de même qu'un sentiment de culpabilité. C'est le cas de la mère du père Karras, qui vieillit dans la misère et finit dans un hospice misérable, et surtout de Regan, se transformant en démon répugnant. Le père Karras, rongé par le remords d'avoir abandonné à la fois sa mère et son confrère, finira par dénier toute humanité à Regan, la rouant de coups. Il ne pourra expier cette triple faute que par le sacrifice de sa vie.

L'Exorciste est nommé à dix reprises aux Oscars et en reçoit deux, celui du meilleur son et du meilleur scénario adapté[27]. Il est également récompensé par quatre Golden Globes dont celui de la meilleure actrice dans un second rôle pour Linda Blair[28].

Box-office[modifier | modifier le code]

L'Exorciste rapporte 193 000 000 $ lors de sa sortie aux États-Unis et au Canada entre 1973 et 1974. Après plusieurs ressorties, il engrange 232 671 011 de dollars[29]. Il a, à ce jour[Lequel ?], remporté 441 071 011 de dollars dans le monde entier. Il est classé 1er parmi les 20 films les plus regardés de l'année 1973[30],[31].

Récompenses et nominations[modifier | modifier le code]

Version intégrale[modifier | modifier le code]

En 2001, L'Exorciste ressort dans une version retravaillée. Certains passages du film sont affublés d'effets optiques confirmant d'avantage la présence de démon dans la maison (Ex : Lorsque Chris MacNeil arrive dans la cuisine au moment où il y a une panne de courant, on peut désormais apercevoir le visage de Pazuzu sur la hotte, à droite de l'image). Le film comporte aussi quelques suppléments parmi lesquels :

  • Regan descend les escaliers comme une araignée en vomissant du sang.
  • La fin du film est présentée désormais telle qu'elle est dans le livre : Le père Dyer rend la médaille de Karras à Chris (alors que dans la première version, il la garde) et retrouve le lieutenant Kinderman devant la porte d'entrée de la maison, peu après le départ de la famille. Kinderman demande des nouvelles de Regan puis propose à Dyer, comme il l'avait fait avec le père Karras, des places de cinéma.

Le film se termine avec un dernier plan montrant la fenêtre de la chambre de Regan et l'appel à la prière musulmane en bruit de fond, ce qui indiquerait que le démon est toujours là et que seul Dieu peut nous protéger du Mal.

Impacts de la culture populaire[modifier | modifier le code]

La scène de l'exorcisme est parodiée dans plusieurs sketchs des Guignols de l'info, la première fois en 1991 dans un sketch sur le racisme, mettant en scène Jacques Chirac, Valéry Giscard d'Estaing et Édith Cresson. Un deuxième sketch, plusieurs années plus tard met en scène la marionnette de François Hollande, incarnant l'exorciste, tente de libérer Lionel Jospin de l'emprise du démon (qui le rend "chiant") en lui récitant des blagues de toto. Le sketch se termine sur le thème de Mike Oldfield avec l'arrivée de Sylviane, la femme de Jospin, un livre d'Alain Minc à la main.

Suites[modifier | modifier le code]

La saga L'Exorciste est composée de trois films et d'une préquelle[32]. Après le succès du premier film, une suite est envisagée par le studio. L'Exorciste 2 : l'hérétique sort ainsi quatre ans après en 1977. Mais l'équipe technique et la distribution y sont majoritairement opposés. William Friedkin et William Peter Blatty se rencontrent néanmoins pour développer une idée à filmer, mais finalement y renoncent[33]. Ellen Burstyn refuse le projet, tout comme Linda Blair[34]. La Warner pense à Melissa Sue Anderson, Rosanna Arquette, Jamie Lee Curtis, Jodie Foster, Mariel Hemingway, Helen Hunt, Jennifer Jason Leigh, Kristy McNichol, Tatum O'Neal ou encore Brooke Shields comme remplaçante. Mais Linda Blair revient finalement sur sa décision, qu'elle regrettera après avoir lu la première version du scénario. « Après cinq réécritures, ce n'était plus du tout la même chose. C'est l'une des plus grandes déceptions de ma carrière[35]. » La jeune comédienne a pour partenaire Louise Fletcher et Richard Burton, ainsi que Max von Sydow. Réalisé par John Boorman, le film est un échec commercial avec seulement 30 749 142 $[36] et critique. William Peter Blatty le trouve « très mauvais »[37] et William Friedkin, après en avoir vu seulement 30 minutes, « calomnieux et horrible »[38]. Seule la journaliste Pauline Kael le préfère à l'original.

À la fin des années 1980, William Peter Blatty pense à une histoire qui aurait du sens et adapte son roman Legion pour L'Exorciste, la suite[39], qu'il décide de réaliser après le refus de John Carpenter[40] et de William Friedkin[41] qui pourtant apprécie l'histoire originale[42]. Ce troisième volet met en scène George C. Scott, Ed Flanders, Brad Dourif, Jason Miller et Grand L. Bush. Il rapporte 26 098 824 $[43] au box-office américain. La même année, en 1990, sort Y a-t-il un exorciste pour sauver le monde ? parodie de l'original avec Leslie NielsenLinda Blair reprend son rôle de personnage possédé par un démon, mais cette fois sous les traits d'une mère de famille.

En 2004, une préquelle intitulée L'Exorciste : au commencement est réalisée. John Frankenheimer refuse de le diriger un mois avant sa mort. Paul Schrader est alors chargé par Morgan Creek Productions de le remplacer, mais il est renvoyé par le studio invoquant un manque de sang et de violence dans les images tournées par celui-ci[44],[45]. Renny Harlin accepte de le remplacer et refilme pratiquement la totalité des scènes[44]. Il commente : « Je suis un fan inconditionnel du cinéma d'horreur. C'est avec lui que j'ai démarré, et c'est un genre que j'ai toujours aimé et admiré. Le premier L'Exorciste est à l'évidence l'un des titres les plus marquants du genre. C'est aussi l'un de mes films favoris, et je ne pouvais laisser passer cette occasion[44]. » Il est prévu que la version de Paul Schrader sorte directement en vidéo, en tant que supplément de celle mise en scène par Harlin. Mais l'idée est rejetée par le studio après l'échec du film avec 41 814 863 $[46] de recettes pour un budget de 80 000 000 $. La version de Paul Schrader ressort dans différents festivals, ainsi que dans quelques pays sous le titre Dominion: Prequel to the Exorcist[47]. Les critiques sont pour la plupart négatives et des deux films, la version Schrader est la préférée[48]. William Peter Blatty est du même avis et décris Dominon comme « un beau film, un classique, une élégante pièce de travail[49]. » Linda Blair, quant à elle, se déclare « choquée » lorsqu'elle découvre que Warner Bros utilise son image et sa voix pour la promotion du film sans son autorisation[45]. L'Exorciste est également parodié au début du film Scary Movie 2 de Keenen Ivory Wayans, où une jeune fille prénommée Megan se fait exorciser par le prêtre McFeely (McZizi dans la version française) joué par James Woods[50].

Saga L'Exorciste[modifier | modifier le code]

La saga L'Exorciste est composée de cinq films, le quatrième étant une préquelle du premier. Le dernier (Dominion: Prequel to the Exorcist) tourné avant le quatrième volet est issu d'un projet refusé par les producteurs et ne fait donc pas partie du canon.

Année de sortie Titre Réalisateur
1973 L'Exorciste William Friedkin
1977 L'Exorciste 2 : L'Hérétique John Boorman
1990 L'Exorciste, la suite (L'Exorciste 3) William Peter Blatty
2004 L'Exorciste : Au commencement Renny Harlin
2005 Dominion: Prequel to the Exorcist Paul Schrader

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Cinema of the occult: new age, satanism, Wicca, and spiritualism in film, Rosemont Publishing & Printing Corp.,‎ 31 décembre 2008 (ISBN 9780934223959, lire en ligne) :

    « Blatty's novel was loosely based on an actual exorcism, and the producers of Possessed claim the film is closer to the "real" story. »

  2. (es) Dimension Desconocida, Ediciones Robinbook,‎ 12 avril 2009 (ISBN 9788499170015, lire en ligne) :

    « La inspiración del exorcista La historia de Robbie Mannheim es un caso típico de posesión, y es la que dio vida a la película El Exorcista. »

  3. (en) The Exorcist - Box Office Data, Movie News, Cast Information - The Numbers
  4. (en) Release dates for The Exorcist. IMDB.
  5. « L'Exorciste », sur JPBix-Office (consulté le 14 novembre 2011)
  6. « Fiche de doublage V. F. du film » sur AlloDoublage, consulté le 30 octobre 2012
  7. FAQ Internet Movie Database
  8. Alfred Hitchcock sur notstarring.com
  9. a et b Anecdotes sur L'Exorciste. IMDb
  10. a, b et c (fr) DVD « L'Exorciste/Shining » Livret : Notes de production
  11. Behind The Screams of The Exorcist -Part Two
  12. Audrey Hepburn sur notstarring.com
  13. Anne Bancroft sur notstarring.com
  14. Geraldine Page sur notstarring.com
  15. Barbra Streisand sur notstarring.com
  16. « 5 things you don't know about April Winchell, Mr. KABC Radio Show audio archive »
  17. a et b Interview de William Friedkin par Jean-Luc Vandiste, à propos de L'Exorciste - version intégrale, L'Écran fantastique, 2001.
  18. a et b Marlon Brando sur notstarring.com
  19. Paul Newman sur notstarring.com
  20. Jack Nicholson sur notstarring.com
  21. Travers, Peter and Rieff, Stephanie. The Story Behind ‘The Exorcist’, Pg. 149, Signet Books, 1974. (ISBN 978-0451062079)
  22. Kauffmann, Stanley. New Republic review reprinted in The Story Behind ‘The Exorcist’, written by Peter Travers and Stephanie Rieff, pgs. 152 - 154, Signet Books, 1974. (ISBN 978-0451062079)
  23. Joe Dante, Castle of Frankenstein, Vol 6, No. 2 (Whole Issue #22), pgs. 32-33. Critique de L'Exorciste
  24. Vicent Canby, New York Times cité dans The Story Behind ‘The Exorcist’ de Peter Travers et Stephanie Rieff, pgs. 150 - 152, Signet Books, 1974. (ISBN 978-0451062079)
  25. Andrew Sarris, Village Voice cité dans The Story Behind ‘The Exorcist’ de Peter Travers et Stephanie Rieff, pgs. 154–158, Signet Books, 1974. (ISBN 978-0451062079)
  26. Jon Landau, Rolling Stone cité dans The Story Behind ‘The Exorcist’ de Peter Travers et Stephanie Rieff, pgs. 158 - 162, Signet Books, 1974. (ISBN 978-0451062079)
  27. (en) Nominations pour L'Exorciste. Oscars.
  28. (en) Best Performance by an Actress In A Supporting Role in a Motion Picture. Golden Globes.
  29. (en) Business Data for The Exorcist. IMDB.
  30. (en) Top 20 Films of 1963. Box Office Report.
  31. Gebert, Michael. The Encyclopedia of Movie Awards for 1974, taken from Variety magazine), pg. 314, St. Martin's Paperbacks, 1996. (ISBN 0-668-05308-9)
  32. La Saga L'Exorciste
  33. William Peter Blatty, The Exorcist: Out of the Shadows de Bob McCabe (Omnibus Press, 1999), p.156
  34. Anecdotes sur L'Exorciste 2: l'hérétique. IMDb
  35. Interview de Linda Blair, The Exorcist: Out of the Shadows de Bob McCabe (Omnibus Press, 1999), p.165
  36. (fr) BoxOfficeMojo.com, « Exorcist II: The Heretic »
  37. Interview de William Peter Blatty, The Exorcist: Out of the Shadows de Bob McCabe (Omnibus Press, 1999), p.163
  38. Interview de William Friedkin, The Exorcist: Out of the Shadows de Bob McCabe (Omnibus Press, 1999), p.165
  39. Interview de William Peter Blatty, The Exorcist: Out of the Shadows de Bob McCabe(Omnibus Press, 1999), p.170
  40. Anecdotes sur L'Exorciste: la suite. IMDb
  41. Interview de William Peter Blatty, The Exorcist: Out of the Shadows de Bob McCabe (Omnibus Press, 1999), p.172
  42. William Peter Blatty, The Exorcist: Out of the Shadows de Bob McCabe (Omnibus Press, 1999), p.170
  43. (fr) BoxOfficeMojo.com, « The Exorcist III »
  44. a, b et c Anecdotes sur L'Exorciste : au commencement. AlloCiné
  45. a et b Anecdotes sur L'Exorciste : au commencement. IMDb
  46. (fr) BoxOfficeMojo.com, « Exorcist: The Beginning »
  47. Anecdotes sur Dominon: Prequel to the Exorcist. IMDb
  48. Dominion: Prequel to the Exorcist
  49. Bruce Westbrook, Dominion, Houston Chronicle, 21 mai 2005
  50. Anecdotes sur Scary Movie 2. IMDb

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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