L'Estaque

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L'Estaque
Vue de l'Estaque depuis l'entrée du port
Vue de l'Estaque depuis l'entrée du port
Administration
Pays Drapeau de la France France
Ville Marseille
Secteur 8e
Canton Marseille-Verduron
Arrondissement municipal 16e
Démographie
Population 6 093 hab. (2007[1])
Géographie
Coordonnées 43° 21′ 38″ N 5° 18′ 51″ E / 43.360542, 5.314197 ()43° 21′ 38″ Nord 5° 18′ 51″ Est / 43.360542, 5.314197 ()  
Transport
Gare Gare de L'Estaque
Bus Autobus de Marseille  35  36  36B  95  96 
Navette maritime Navette maritime 
Localisation

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L'Estaque

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L'Estaque
vue depuis la place F.Maleterre

L'Estaque est un quartier du 16e arrondissement de Marseille, situé à l'extrémité nord-ouest de la ville. Ses habitants sont les Estaquéens.

Ancien hameau isolé de pêcheurs et de fabricants de tuiles, L'Estaque devient à la fin du XIXe siècle un village d'ouvriers d'usines et une station balnéaire. Entre 1870 et 1914, ses paysages sont une source d'inspiration pour des peintres célèbres, tels que Paul Cézanne, Georges Braque, ou Auguste Renoir. À partir des années 1940, l'économie industrielle s'effondre et L'Estaque est touché par la crise économique et les problèmes d'urbanisme, comme l'illustrent des films de René Allio et plus récemment de Robert Guédiguian, avant d'importantes actions sociales et urbaines à partir des années 1990.

L'Estaque est aujourd'hui une zone résidentielle d'environ 6 000 habitants, réputée pour son ambiance de village.

Géographie[modifier | modifier le code]

L'Estaque en 2006

Situation[modifier | modifier le code]

Le quartier de l'Estaque est situé à l'extrême nord-ouest de la ville de Marseille, à environ 10 km du Vieux-Port.

L'Estaque est souvent divisé en Estaque-Plage, le quartier historique des pêcheurs au bas de la colline et le long du littoral, et Estaque-Gare, plus en hauteur, cette partie s'est développée au XIXe siècle autour de la gare. On rattache souvent à l'Estaque les hameaux et lieux-dits suivant[2] :

  • La Nerthe, située dans les collines, ancien site d'habitat médiéval, réoccupé à partir du XIXe (usine de chaux) et surtout du XXe avec des cabanons d'ouvriers[3] ;
  • Le Marinier, éloigné de plusieurs kilomètres du centre de l'Estaque, situé dans des vallons au milieu du massif de la Nerthe, relié seulement par le chemin du Marinier. Il apparait au XIXe (four à chaux disparus) et au XXe (petits bâtiments agricoles), puis entre 1920 et 1950 des lotissements ouvriers sont construits, et une école (1930-1950)[4] ;
  • Les Riaux, petit quartier au nord de L'Estaque-Plage créé à la fin du XIXe par un lotissement ouvrier autour de quelques usines et administrativement considéré comme un des 111 quartiers de Marseille ;
  • Corbières, le long du littoral nord de L'Estaque, occupé aujourd'hui par des plages et des friches industrielles.
Communes limitrophes de l'Estaque
Les Riaux Les Pennes-Mirabeau
l'Estaque Saint-Henri
mer Méditerranée

Géologie, relief et flore[modifier | modifier le code]

Vue sur les collines depuis le port de La Lave. Roche calcaire, garrigue clairsemée et pins.

Le terrain est constitué d'une plaine littorale (extrémité du bassin de Séon) et du piémont de collines calcaires, qui forment le début de la chaîne de l'Estaque (ou chaîne de la Nerthe) le long du littoral de la Côte Bleue (vers l'ouest).

Le quartier est traversé par le ruisseau du Marinier (canalisé et en partie recouvert) ainsi quelques petits ruisseaux intermittents canalisés qui prennent leur source dans les collines. Une étude d'avril 1944 de la Société des eaux relevait 14 puits dans le quartier de l'Estaque. Aujourd'hui la plupart des sources et puits sont taris, contaminés ou oubliés, à l'exemple de l'ancienne source du quartier de la Fontaine-des-Tuiles[5].

La végétation naturelle des collines de l'Estaque est constituée de garrigues. Elle est clairsemée dans certaines zones arides en raison de la pente ou de l'absence de sol, plus dense et uniforme dans d'autres zones. Les anciens massifs de pins (principalement le pin d'Alep) ont été dégradés ou détruits au XXe par l'extension industrielle et par les incendies successifs. Les espèces de cette végétation semi-désertique sont des arbustes (chêne kermès, argelàs, romarin, genévrier...) et des plantes herbacées méditerranéennes (thym, crocus) dont quelques espèces protégées telle que l'orchidée de Provence.

En raison de la végétation clairsemée et de la pollution agricole (pesticides), la diversité des espèces animales est réduite[6].

Climat[modifier | modifier le code]

Article connexe : Marseille : Climat.

Le quartier partage le climat méditerranéen de la ville de Marseille. Il existe néanmoins des disparités climatiques entre le littoral marseillais et les quartiers nord, logés aux contreforts des massifs. Il est fréquent de mesurer des écarts de 4 à 5° entre les quartiers sud et les quartiers nord, et des précipitations plus importantes au nord, les massifs retenant naturellement les nuages.

L'Estaque est notamment abrité du mistral et partiellement du vent d'est, et profite des effets climatiques de bord de mer (température, humidité, vent thermique). Par exemple, le Jardin de Corbière sur un flanc de colline orientée au sud-ouest « bénéficie d'un microclimat et d’une température clémente, même en plein hiver » propice à une flore méditerranéenne (pins pignons, arbres de Judée, eucalyptus) et même subtropicale (agaves, bougainvillée, palmiers)[7].

Morphologie urbaine[modifier | modifier le code]

« Vu de la voie ferrée, le village de l'Estaque paraît fort en désordre (...) Le jour où l'on voudra percer des rues et prescrire des alignements l'embarras des architectes sera grand. »

— Alfred Saurel, 1878[8]

L'extension urbaine débutée vers 1820 s'est faite longtemps sans concertation, selon des initiatives privées et les contraintes d'un terrain dénivelé et parfois escarpé (petites ruelles et impasses, escaliers). L'environnement urbain est de plusieurs types : des habitats denses alignés le long des rues constitués d'anciennes maisons bourgeoises et d'anciens immeubles (Estaque-Plage), des résidences individuelles (pavillons, bastides) entourées de jardins ou parties boisées, des lotissements ouvriers du XIXe et XXe siècles (Riaux, Fontaine-des-Tuiles) situés parfois sur d'anciens terrains d'usine, et des friches industrielles parfois réaménagées en zone résidentielle ou zone industrielle (bureaux).

Contrairement à son appellation, le littoral de la route de la Plage ou de l'Estaque-Plage n'est plus constitué d'une plage ; le bord de mer est aujourd'hui occupé par des ports de plaisance clôturés, des jetées bétonnées, et l'ancien petit port de pêche de l'Estaque. Les plages du Fortin et de la Lave (5 200 m2) ont été récemment aménagées à la sortie de l'Estaque, construites sur la mer avec des enrochements artificiels et un môle bétonné, sous la falaise de la route de Martigues, au lieu-dit des Corbières.

Logement[modifier | modifier le code]

Les logements à l'Estaque correspondent majoritairement à des logements privés et individuels, dans un état parfois dégradé (bâtiments datant majoritairement d'avant 1948).

En 1999, l'Estaque comptait 2753 logements, dont 23 résidences secondaires et 98 logements vacants[1]. 39 % des habitants étaient locataires. 44 % des logements sont situés dans un immeuble collectif. 45 % des logements comptaient au moins 4 pièces

Transports[modifier | modifier le code]

Le bas de l'Estaque est traversée par la route départementale 568 (ancienne route du Littoral) qui aboutit vers le nord au quartier des Riaux et à la commune du Rove et vers le sud à l'autoroute A55 et au centre-ville de Marseille.

La gare de l'Estaque est communes aux lignes de Marseille à Avignon via Rognac et Marseille à Miramas via la Côte Bleue. Elle est desservie par les TER Provence-Alpes-Côte d'Azur.

L'Estaque est desservi par la Régie des transports de Marseille grâce aux lignes de bus 35, 36, 95 et 96 ainsi que de mars à octobre par la navette maritime qui fait la liaison vers le Vieux-Port.

Port[modifier | modifier le code]

Pontons du port

Le port de l'Estaque est situé à l'extrémité nord des bassins du port de Marseille (formes de radoub et avant-port nord). C'est un port de plaisance d'environ 1500 places, géré par plusieurs clubs nautiques (SNEM, CAM, SNE et l'ancien syndicat de pêcheurs professionnels « Les Pescadous de l'Estaque ») ainsi que par le Grand port maritime (pour environ 150 places). Le port est équipé d'un slipway et de grues (3-6 T). Il accepte des bateaux avec un faible tirant d'eau (2-3 m.). Seul le petit « quai des pêcheurs » est accessible au public. L'approche maritime se fait par la passe nord « du Phare de l'Estaque » (feu scintillant rouge) ; la passe sud dite « des Chalutiers » est réservée à l'accès au port de pêche de Saumaty.

Un peu plus au nord-ouest, le long de la route de la Plage, se situe une cale de mise à l'eau en libre accès (quai de la Lave), suivie du port de plaisance de Corbière. Celui-ci compte une centaine de places à flot, des places à terre (port à sec), des ateliers de réparation et une pompe à carburant. L'approche se fait par une passe entre les digues (feu à éclats 4s. rouge).

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Rochers de L'Estaque, vers 1882-1885, Paul Cézanne

Les falaises et grottes de l'Estaque étaient occupées par l'être humain durant la préhistoire, autour du lit de rivières, « les riaux », comme en témoignent les vestiges retrouvés au XIXe et XXe siècles dans deux grottes voisines baptisées Riaux 1 et Riaux 2, situées à environ 60 mètres d'altitude. Ces sites archéologiques ont depuis été détruits par l'extension urbaine.

Quelques traces d'activité humaine datant du Paléolithique (plus exactement du Magdalénien, soit entre 17 000 et 10 000 ans avant J.-C.) ont été retrouvées. Elles correspondent à une période dite de chasse et cueillette. Des archéologues, dont Max Escalon de Fonton, ont découvert des silex taillés (lames, grattoirs), des ossements d'animaux (bouquetins, lynx, ours, loup), un collier en coquillages perforés[9].

D'autres vestiges datant du néolithique (période d'agriculture et élevage) ont été retrouvées par Escalon de Fonton dans les mêmes grottes durant les années 1940 : une céramique décorée (datée de -6 000) ainsi que la sépulture d'un adolescent en position repliée[9].

Un peu plus loin, dans la grotte Crispine des collines du quartier Les Riaux furent retrouvés « des galets perforés, un très grand foyer, des poteries mésolithiques en terre noire, des petits grattoirs, et de nombreux coprolithes de canidés (excréments fossiles)[9] ».

Antiquité[modifier | modifier le code]

Durant l'Antiquité, la côte de l'Estaque était probablement un lieu d'embarquement pour les vins de la vallée de Séon, connus des Romains et Grecs d'après les récits anciens. Aucun document ou vestige ne permet de confirmer l'occupation du site de l'Estaque durant l'Antiquité. On sait néanmoins que les rivages de la région furent occupés par différents peuples : des Ligures, des Grecs dès le VIII-VIIe avant J.-C. (Rhodiens, Doriens puis Phocéens), puis des Romains (dès -122) et Gallo-romains[6].

À proximité de l'Estaque, des vestiges archéologiques confirment la présence de fermes gallo-romaines (cuves à vins).

Le hameau de pêcheurs et paysans[modifier | modifier le code]

Barquette marseillaise avec sa voile latine

L'Estaque est un ancien hameau de familles de pêcheurs et d'agriculteurs, devenu ultérieurement un village. Jusqu'au début du XIXe siècle, les habitations étaient rassemblées en bordure de mer, le long d'une jetée de rochers et de bancs de sable, dans l'actuel quartier Estaque-Plage[10]. Son port est un havre naturel abrité des vents (mistral et vent d'Est), et il servait d'abri marin ou lieu d'escale pour les pêcheurs de la région[11].

Du Moyen Âge à la Révolution française[modifier | modifier le code]

Ruines du « château de l'Air » dans le vallon de La Nerthe, « vestiges probables d'un château fort (les tours étaient encore visibles en élévation au début du XXe siècle)[12] »
Ancienne église de La Nerthe dite « La Galline ». Elle a été consacrée une nouvelle fois en 1042

« L'Estaque, comme Arenc, comme Saint-Louis n'avaient pas d'identité politique ou administrative... et suivaient les règles lointaines et peu adaptées à leurs soucis... sauf en ce qui concerne les impositions, bien entendu ! Ainsi, pas d'archives, sinon des actes de notaires. »

— Henri Carvin[13]

L'histoire ancienne du site de l'Estaque, de la christianisation (dès le IIIe siècle en Provence) à la Révolution française (1789-1799) est très peu connue, faute de documentation écrite. Contrairement aux villages de Provence, qui doivent leur document écrits à leur place dans le système féodal, le terroir marseillais dépendaient de la cité (quasi indépendante jusqu'en 1257), terre adjacente du comté de Provence[13].

Durant le haut Moyen Âge, le territoire autour de Marseille est très peu exploité puisque constamment soumis aux attaques et pillages des Sarrasins. L'occupation du site semble restreinte aux hauteurs des collines, avec des habitations à La Nerthe dont les traces ont été conservées jusqu'à nos jours ; notamment une ferme fortifiée (ruines du château de l'Air) et l'église de la Nerthe[3].

En 972, avec l'aide des vicomtes de Marseille, Guillaume Ier de Provence aurait définitivement repoussé les Sarrasins. Cette libération du territoire amorce le développement de l'agriculture, du commerce et de l'artisanat dans les domaines entourant Marseille[6]. Le détail de ce développement est mal connu, sauf pour quelques terres agricoles exploitées par des moines. La première mention de L'Estaque apparait dans un acte du 30 novembre 1294 dans les archives de la Major ; le hameau est alors désigné comme faisant partie du territoire des Pennes, lequel a pendant plusieurs siècles appartenu à Marseille, mais il devait être considéré de peu d'importance[8]. De même La Nerthe était rattachée au territoire de Marseille, d'après un acte de 1278, ainsi qu'un procès-verbal de reconnaissance des limites de la commune (1551)[14].

Au XVIe siècle, le site de l'Estaque ferait partie du domaine de Séon appartenant aux seigneurs Saumati (Sommati), et les terres sont louées aux paysans, notamment à la famille Puget, ou bien cédées à quelques aristocrates (domaine du château Follet vers 1650). Les domaines agricoles sont aménagés en vastes terrasses, où sont cultivées essentiellement de la vigne (vins de Séon), puis du blé et des arbres fruitiers. L'Estaque aurait été épargné par la Peste de 1720 et aurait servi temporairement de port et de grenier à blé pour Marseille[15].

À la suite de la Révolution française les terres seigneuriales du terroir sont rattachées à la commune de Marseille, avec l'instauration du régime des trois municipalités de Marseille (1793 à 1805). L'Estaque n'est pas désigné (contrairement à la Nerthe) dans la loi de 1789-1790 qui établit Séon (Saint-André) comme chef-lieu du 2e canton du 3e district des Bouches-du-Rhône[8], mais le hameau est mentionné comme « quartier de L'Estaque » dans le cadastre de 1819[16].

L'activité de pêche[modifier | modifier le code]

Deux barquettes de pêche professionnelle artisanale sur le quai Pescadou, 2011

La pêche à l'Estaque était basée principalement sur la sardine, secondairement le thon (seinche), le maquereau, la langouste et les poissons de roches, puis l'oursin, la crevette et les coquillages[17]. Au moins depuis le XVIIIe, les pêcheurs exploitent une madrague mouillée au milieu de l'anse de l'Estaque, un filet de pêche fixe destiné aux thons[11] ; la madrague est démontée en 1859 en raison de la diminution des prises (la madrague de Niolon subsistera jusqu'à la moitié du XXe).

Jusqu'au XXe, les pêcheurs utilisent deux types de bateaux à voile latine : la bette, petite embarcation de pêche côtière, destinée aux « petits métiers » (palangres, oursins, gireliers) ; le mourre de pouar, bateau lourd à éperon et à fond plat, long parfois de 9 mètres, destiné aux « grands métiers » (sardine, thon). La construction des quais et jetées du port ainsi que l'avènement du moteur fait disparaitre le mourre de pouar et généralise une embarcation plus légère : la barquette marseillaise d'origine napolitaine[17].

Barquettes et chalutiers dans le port de Saumaty

L'activité de pêche atteint certainement son apogée à la fin du XIXe, avec l'expédition quotidienne de poissons à destination de Paris et Avignon par transport ferré. Vers 1878, L'Estaque compte 75 patrons « ayant un rôle régulier » et 250 embarcations[18]. Au début du XXe, plus de 400 personnes aurait travaillé autour de la pêche de l'Estaque[19]. Autour de la pêche s'exerçaient d'autres métiers, notamment le commerce des poissonniers, et celui des charpentiers marine qui réparent et construisent les bateaux de pêche.

À partir des années 1950, l'industrialisation de la pêche (chalutiers), ainsi que la disparition des sardines dans la baie[17], ont déplacé l'activité vers d'autres ports : La Criée du Vieux-Port de Marseille, puis à partir de 1976 le port Saumaty de pêche professionnelle avec sa criée de chalutage. L'ancien port de L'Estaque s'est transformé en port de plaisance et de loisirs nautiques. Il ne subsiste aujourd'hui plus que 3-4 bateaux professionnels de pêche artisanale, qui fournissent les restaurants et poissonniers locaux ou vendent le poisson directement sur le quai des pêcheurs. Il reste aussi quelques dizaines de barquettes, utilisées aujourd'hui pour le loisir des plaisanciers, qui témoignent de l'activité passée du port.

La fabrication de tuiles[modifier | modifier le code]

Un mur de tuiles maçonnées dans le quartier Château Bovis

« Bien avant 1789, l'argile du bassin de Séon était exploitée et l'on a des preuves d'ateliers de l'époque romaine (tommettes hexagonales appelées spicata testaca et les tégulaé, tuiles plates à rebords dont le nom a été transmis dans le mot provençal Téulé). »

Saurel 1995, p. 212

Le terroir près de L'Estaque était aussi connu pour l'artisanat de fabrication de tuiles, briques, carreaux (malons) et tomettes en terre cuite, activité vieille de plusieurs siècles dans le bassin de Séon. Les carrières d'argile, les ateliers puis les usines étaient implantées entre L'Estaque, Saint-Henri, Saint-André et Mourepiane, certainement en raison de la qualité de l'argile et de la facilité à l'extraire. Le travail dans les tuileries consistait pour les femmes, les « ébarbeuses », à nettoyer les tuiles sorties des moules. Les tuiles étaient ensuite séchées avant d'être cuites dans des fours. Le travail pénible des hommes était consacré principalement à l'extraction de l'argile depuis « les creux », et à leur transport[17].

Gravure d'une tartane, 1882

Jusqu'au XXe siècle, la production était transportée depuis l'usine par charrettes à cheval jusqu'au ponton de petits voiliers, les tartanes malonnières, qui les transportaient vers le port de Marseille. On dénombre 22 tartanes malonières vers 1878[18]. À partir de 1905, les tartanes à voile (une trentaine) sont abandonnées au profit de bateaux à moteur, puis le transport des tuiles est effectué par route ou chemin de fer. Depuis Marseille, les tuiles étaient ensuite transportées à travers la Provence, ou bien chargées sur des bateaux (embarcadères de la Joliette) pour être expédiées vers les pays méditerranéens, les colonies françaises et le reste du monde (Amérique, Japon, Indes)[17].

Les usines de fabrication des tuiles sont très actives jusqu'aux années 1930, puis disparaissent après 1960[20]. Les dernières usines et vestiges de cette activité sont détruits durant les années 1970.

L'extension urbaine et industrielle (1820-1930)[modifier | modifier le code]

Ancien orphelinat italien (impasse du Bon Coin)

« Marseille était jusqu'au milieu du XIXe siècle entourée d'un terroir assoiffé, couvert de vignes et d'oliviers. On n'y trouvait guère qu'un petit nombre d'agglomérations rurales peu peuplées et les splendides bastides créées à prix d'or auprès de rares sources qu'elles s'étaient accaparées. »

— Lucien Gaillard[21]

Le village de L'Estaque subit de nombreuses transformations au XIXe et début XXe, avec la construction du canal de Marseille (1834-1849), de la gare de l'Estaque (1848) pour la ligne L'Estaque - Marseille-Joliette (initialement réservée au transport de marchandise), la route du Littoral vers Marseille (1875) et le chemin de La Lave (1885), puis la création en 1904 de la ligne L'Estaque-Miramas, la construction de nombreuses tuileries et briqueries, et les travaux du tunnel du Rove (1911-1927) et du viaduc de Corbière (1915). À la fin du XIXe, de nouvelles industries s'implantent à L'Estaque (chimie, mines, réparation navale).

L'Estaque devient ainsi un village résidentiel pour les ouvriers des usines et des chantiers alentour. Ces ouvriers sont principalement des immigrés italiens et espagnols, puis kabyles à partir de la conquête de l'Algérie (1830)[22]. En 1818, 328 habitants sont décomptés à L'Estaque, principalement des familles de pêcheurs. La population passe ensuite de 1 287 habitants en 1872 à 13 536 habitants en 1931[2].

Avec la construction de son église et la création de la paroisse de L'Estaque, le village accède à une certaine autonomie. Au milieu du XIXe, avec les villages voisins de Saint-Henri et Saint-André est tentée sans succès la constitution d'une commune dénommée Séon.

La station balnéaire (1860-1920)[modifier | modifier le code]

La villa La Palestine, demeure bourgeoise de style néo-mauresque construite en 1905
Il y a près de quatre mois que je suis à l'Estaque. Pays superbe. J'ai en face de moi le golfe de Marseille, avec son merveilleux fond de collines et la ville toute blanche dans les eaux bleues... Et des coquillages, mon ami, des bouillabaisses, une nourriture du tonnerre de Dieu qui me souffle du feu dans le corps

Extrait d'une lettre de Zola à Flaubert, 17 sept. 1877[6]

De la fin du XIXe siècle jusqu'à la Première Guerre mondiale, L'Estaque-Plage est un lieu de villégiature bourgeoise et de tourisme balnéaire, très fréquenté par les marseillais qui viennent notamment en promenade ou pour déguster une bouillabaisse (soupe de poisson). Bien que L'Estaque s'agrandisse et s'industrialise rapidement, l'ambiance reste celle d'un paisible et pittoresque village de pêcheur. Les promeneurs arrivent du centre-ville de Marseille par l'ancien tramway à cheval puis vapeur (1892), et à partir des années 1930 par tramway électrique (en trois quart d'heure).

À cette époque, le long de la route de la plage se situent plusieurs hôtels (Le Mistral, 1859), des restaurants (Camors, Gardanne, Restaurant de la Falaise), des terrasses de café et des établissements de bains. L‘Union musicale de L'Estaque et l'Orchestre philharmonique organise des animations culturelles et artistiques (concert, opérette, revue) et des joutes nautiques se tiennent régulièrement dans le port.

À partir de la Première Guerre, la pollution industrielle et les facilités de transport marquent le déclin du tourisme à L'Estaque. Les touristes et Marseillais s'orientent vers d'autres destinations, plus pittoresques et calmes. Avant 1939, il existe encore trois salles de cinémas, des commerces, trois maisons closes très fréquentées, et la fête annuelle de Saint-Pierre attire encore les foules[17] ; mais les touristes et la bourgeoisie marseillaise ont choisi d'autres lieux de divertissement. La dernière plage Les Sablettes aurait disparu en 1942[23].

Le paysage des peintres (1870-1914)[modifier | modifier le code]

Rochers à l'Estaque, Auguste Renoir, 1882, Musée des beaux-arts de Boston

Les paysages naturels et industriels de L'Estaque ont été une source d'inspiration pour de grands artistes français qui y séjournèrent entre 1870 et 1914, tels que l'écrivain Émile Zola (1870, 1877, 1886) ou bien les peintres Paul Cézanne, Georges Braque (1906 à 1910), André Derain (1905), Raoul Dufy (1903?), Othon Friesz (1907), Albert Marquet (1916 à 1918), et Auguste Renoir qui déclara le paysage de L'Estaque « le plus beau du monde »[19]. Les œuvres impressionnistes de Cézanne, premier de ces peintre à fréquenter L'Estaque eurent une forte influence sur ses amis et les artistes contemporains, et c'est sur les mêmes paysages que s'exercèrent plus tard l'influence du fauvisme et les premiers tableaux du cubisme.

« Il y a des motifs qui demanderaient trois ou quatre mois de travail, qu'on pourrait trouver, car la végétation n'y changer pas. Ce sont des oliviers et des pins qui gardent toujours leurs feuilles. (...) Le soleil est si effrayant qu'il me semble que les objets s'enlèvent en silhouette, non pas seulement en blanc ou noir, mais en bleu, en rouge, en brun, en violet. Je puis me tromper, mais il me semble que c'est l'antipode du modelé. »

— Cézanne, lettre à Pissaro à propos de L'Estaque, 2 juillet 1876[24]

La mer à l'Estaque, 1878-1879, Paul Cézanne, huile sur toile, 73 x 92 cm, Musée Picasso de Paris

La première période des peintres correspond aux séjours à l'Estaque de Paul Cézanne et les visites de ses amis peintres. Cézanne se réfugie à l'Estaque en 1870-1871 pendant la guerre franco-prussienne, puis y retourne en 1876, y réside un an de 1878 à 1879. Il y retourne avec Renoir en 1882. Il loue une maison dans le quartier Chateau Bovis (Estaque-Gare) en 1883 et y reçoit fin décembre les peintres Claude Monet et Auguste Renoir (qui séjournera ultérieurement à L'Estaque et à Carry-le-Rouet). Cézanne réalisera ensuite de fréquents séjours jusqu'en 1886[19].

Braque se rend à L'Estaque pour peindre sur le motif en 1906 et 1908, après avoir découvert une exposition posthume des dernières œuvres de Cézanne. Il y réalise deux œuvres majeures dans la peinture française : Le Viaduc à L'Estaque en 1908, un hommage aux tableaux de Cézanne et une œuvre qui inaugure le courant du cubisme par l'élimination des détails réalistes et la géométrisation des formes. Les Usines du Rio-Tinto à L'Estaque à l'automne 1910, une œuvre cubiste qui s'éloigne fortement de la perception de l'espace et insère une certaine abstraction, pour créer un « espace unifié » propre au tableau (formes, tons unifiés), avec des objets aux contours brisés positionnés par une succession de plans[25].

La Seconde Guerre mondiale (1939-1944)[modifier | modifier le code]

Durant la Seconde Guerre mondiale, les usines de L'Estaque (ciment, métaux, chimie) participaient à l'effort de guerre allemand. Quelques sabotages ont été réalisés durant la guerre, notamment « un incendie volontaire à l'usine Khulmann et deux explosions de transformateurs électriques à celle de la Coloniale »[26], mais les usines et habitations voisines sont aussi sous le risque de bombardements alliés. Dans le cadre de la stratégie du mur de la Méditerranée, des casemates et batteries anti-aériennes avaient été construits dans les collines autour de L'Estaque, et les structures du port de L'Estaque avaient été minées. Le 23 août 1944, quelques déserteurs polonais cachés à L'Estaque furent exécutés par les Allemands[26].

À la suite de la Bataille de Marseille, L'Estaque est libérée en août 1944 par des goumiers marocains, qui réduisent notamment le blockhaus du boulevard Fenouil. Un bataillon américain du génie s'installe ensuite au château Follet. Des combats ont lieu dans les collines du 23 au 28 août 1944, pour prendre les blockhaus et forteresses ; notamment la forteresse de Foresta (La Nerthe) prise par des tirailleurs algériens du 3e RTA et les goumiers du 2e Tabor, qui coûta la vie à plus d'une centaine de soldats allemands et plus d'une centaine de soldats algériens et marocains[27]. Des rues de L'Estaque portent aujourd'hui le nom de résistants locaux ; tel Roger Chieusse, ou l'ouvrier Lestaquéen Albin Bandini fusillé de Saint-Julien-du-Verdon le 11 juin 1944.

L'après-guerre : récession économique et misère humaine[modifier | modifier le code]

À partir des années 1950, les quartiers nord de Marseille sont durement touchés par la récession économique, le chômage et les conséquences de la décolonisation[22]. L'activité de pêche et l'industrie des tuiles disparaissent de L'Estaque. Les autres industries (cimenterie et chimie) emploient essentiellement une main d'œuvre non qualifiée, issue de l'immigration (Maghreb). Les ouvriers s'entassent à proximité de leur usine, dans des logements parfois insalubres ; la misère est telle qu'il apparait des bidonvilles sur les terrains en friche « mis à disposition » par les usines, peuplés de familles d'ouvriers.

Une volonté politique d'amélioration sociale et urbaine émerge durant les années 1970, à la suite notamment de la visite des bidonvilles par le président Valéry Giscard d'Estaing en 1975[28]. Mais les efforts des pouvoirs publics sont consacrés à d'autres projets : quartiers sud et Port autonome.

Les années 1990-2000 : mesures sociales et aménagements urbains[modifier | modifier le code]

Plage de Corbières, aménagée dans les années 1990

Il faut attendre le changement de municipalité à Marseille (décès du maire Gaston Defferre en 1986) pour les premières mesures sociales et les premiers travaux d'aménagement urbain à L'Estaque[22] : création de « zone de réhabilitation urbaine », relogements des mal-logés et construction de lotissements sociaux, création de la zone urbaine sensible L'Estaque-Saumaty, transformation de friches industrielles en « zone franche urbaine » (ZFU) Nord Littoral à proximité du quartier. Le bidonville Pasteur du centre-ville de L'Estaque (rue Le Pelletier) disparait dans les années 1980. Le dernier bidonville (Fenouil) de Marseille, à l'entrée de L'Estaque, disparait au début des années 2000[29]. Le port de La Lave est aménagé. Les plages de Corbière (seules plages des quartiers nord) et la base nautique de Corbière sont aménagées entre 1988 et 1991[7]. Des travaux d'aménagement et de dépollution d'anciens sites industriels sont lancés. L'aménagement d'espaces publics est effectué dans les années 1990 et 2000 (Parc Mistral).

Toponymie[modifier | modifier le code]

« Lestac » sur une carte de 1700-1720
Dieu, un jour, décida de donner à Marseille tous les saints du paradis. Les ayant pris dans un grand sac, il survola la ville, et les jeta l'un après l'autre : sainte Anne, saint Pierre, saint Barnabé, saint Louis, saint Henri, etc. Et quand il eut fini, arrivé à l'extrémité de la ville, son sac était vide. Alors il jeta l'estaco [l'attache du sac].

Conte marseillais
« Lestaque » et sa madrague sur la Carte de Cassini, XVIIIe siècle.

La première mention du hameau dans un document historique apparait dans un acte du 30 novembre 1294 (archives de la Major). Au XVIIIe, le hameau était parfois orthographié « Lestac » ou bien « Lestaque », à l'exemple des cartes du chevalier de Soissons ou de Cassini.

Le nom provient du mot occitan estaca (selon la norme classique ou estaco selon la graphie mistralienne) qui signifie « lien, attache », et qui par extension désignait un « appontement » ou bien les pieux fichés dans la terre ou dans l'eau servant à attacher les bateaux[30].

Son nom en provençal est L'Estaca (en graphie classique) ou L'Estaco (en graphie mistralienne).

Culture et patrimoine[modifier | modifier le code]

Teinturerie de filets de pêche[modifier | modifier le code]

L'ancien atelier de teinture des filets

Cette petite usine est surnommée « chaudron de l'Estaque ». Les filets de pêche confectionnés avec des fils de coton devaient être trempés dans un bain d’eau bouillante dans lequel étaient déversées des écorces de pins ou de chênes broyées, appelées « rusque », afin que les tanins les rendent imputrescibles. Les installations comprenaient deux chaudrons de cuivre de 3 m3 de contenance[31]. Ce procédé disparaît vers 1960 avec l’apparition des filets en nylon imputrescible.

Article détaillé : Teinturerie de filets de pêche.

Tunnel du Rove[modifier | modifier le code]

Entrée du Tunnel du Rove

Au quai de La Lave, s'ouvre le tunnel maritime (7 km) percé sous la chaîne de l'Estaque, qui fait communiquer le nord de la rade de Marseille avec l'Étang de Berre. Construit de 1910 à 1927, il est obstrué par un éboulement et hors service.

Article détaillé : Tunnel du Rove.

Chapelle Notre-Dame de la Galline[modifier | modifier le code]

Elle est située au-dessus de L'Estaque-Gare, dans le hameau de La Nerthe (du provençal nerto, « myrthe »). Ce petit édifice religieux date du Moyen Âge, et il a été consacré une nouvelle fois en 1042. Selon les légendes, une chapelle avait été construite en ce lieu aux premiers âges chrétiens par Lazare ou deux ermites du IVe siècle. C'est un lieu de dévotion populaire ; la chapelle abrite des ex-voto du XVIIe et une statue de style roman en bois coloré (XVe), représentant la vierge et l'enfant Jésus tenant une poule (galline en provençal). Elle a été agrandie au XVIIIe et restaurée en 1979. C'est l'ancienne église de La Nerthe et de L'Estaque, rattachée à la paroisse de L'Estaque en 1854, et aujourd'hui à la paroisse de Marseille. La Chapelle est un lieu de pèlerinage début septembre. Elle a été peinte en 1866 par Paul Guigou[32].

Article détaillé : Chapelle Notre-Dame de la Galline.

Église Saint-Pierre-ès-Liens[modifier | modifier le code]

L'église catholique de L'Estaque, située place Malleterre, est consacrée au saint-patron Pierre et se nomme en provençal San Peiro l'Estaco. Elle a été dessinée par l'architecte Sixte Rey et construite en 1851 en maçonnerie enduite, avec une façade en briques apparentes. Le clocher est érigé en 1863 avec une cloche fondue à Marseille par l'atelier Toussaint Maurel[33]. Si l'architecture est un exemple classique des églises de la banlieue marseillaise du XIXe siècle, sa construction a surtout marqué l'indépendance de L'Estaque vis-à-vis de la paroisse de Séon Saint-Henri (depuis 1809), dans une période d'importante croissance économique et démographique.

L'exploration sous-marine[modifier | modifier le code]

L'aventure de l'exploration sous-marine débute à Marseille. Dans les années 1960, le Centre d'études marines avancées (CEMA) du commandant Jacques Cousteau installe une base sous-marine à L'Estaque avec son Centre hyperbare. Le site est ultérieurement consacré à la recherche scientifique et à la conception de petits sous-marins civils affectés principalement à l'exploration océanographique et à l'exploitation pétrolière, par la Compagnie maritime d'expertises (COMEX) et la CNEXO (devenu IFREMER). Dans les années 1970, la société Intersub spécialisée dans le travail sous-marins pour l'exploitation pétrolière s'installe dans le quartier Château Bovis. En 2009, le Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (DRASSM) du Ministère de la Culture installe son siège en bordure de l'Espace Mistral[34].

Les courées[modifier | modifier le code]

« Habitat ouvrier non programmé » selon Marcel Roncayolo, la courée est apparue en périphérie du centre de Marseille, surtout au nord, dans les quartiers nés de l’industrialisation (L'Estaque, Les Riaux…), entre 1895 à 1930, période d’intense développement et de large appel de main d’œuvre qui a pris fin au lendemain de la crise de 1929. Dans un contexte de spéculation, d’insalubrité et de précarité sociale, les Italiens qui refusaient les cités ouvrières patronales ont fréquemment pris en charge l’édification de leurs logements. C’est pourquoi, la courée est longtemps apparue comme un habitat principalement construit par et pour les ouvriers immigrés italiens. Ils ont pris leur modèle de référence dans le répertoire de formes de leur pays d’origine. Le mot courée dérive du bas latin cortis qui désigne la cour de ferme associé à la villa romaine dans le domaine rural antique (corte).

Du modèle italien, la courée marseillaise reprend la morphologie - les bâtiments disposés autour d’une cour - et le caractère social - la destination à une classe laborieuse. Elle s’inspire aussi largement des corrales espagnols et des maisons à coursives des Pyrénées. Elle est constituée par des alignements de petits logements mitoyens (rez-de-chaussée ou un seul étage), adossés aux limites du foncier, desservis par des escaliers extérieurs et des coursives et disposés autour d’une cour d’usage et de statut juridique collectifs, parfois appelée "cours" ou "cour-chemin". Pour des raisons d’économie, les latrines et les lavoirs sont à usage collectif et placés dans la cour. Cette forme d’habitat n’a pas eu la faveur du patronat car elle induisait un mode de vie particulier. En favorisant les rencontres et les conversations, en permettant des relations inter-familiales et l’entr’aide, elle contribuait au développement d’une conscience collective au sein du monde du travail.

Réhabilitée, la courée est devenue aujourd’hui une petite copropriété qui procure à ses habitants au revenu modéré une forme de convivialité et de tranquillité dont la majorité des citadins sont privés. La cour est restée l’élément central même si son usage social a évolué vers la détente et les loisirs : les équipements autrefois mis en commun sont désormais désaffectés. Les habitants font souvent référence à une manière d’habiter spécifique où la notion de collectif et les relations de voisinage sont ressenties plus fortement qu’ailleurs. Dans la courée, « on n’est ni chez l’un ni chez l’autre, on est ensemble »[35].

Musée Monticelli[modifier | modifier le code]

Ce musée est ouvert depuis 2010, dans l'ancien fortin militaire (construit en 1861) du lieu-dit Corbières. Ce musée présente la collection privée du collectionneur Marc Stammegna consacrée à l'artiste peintre marseillais Adolphe Monticelli (1824-1886)[36].

Références artistiques[modifier | modifier le code]

En plus de peintures de la période 1870-1920, L'Estaque a été source d'inspiration pour d'autres œuvres artistiques ou culturelles :

Autres[modifier | modifier le code]

Ancienne caserne des douaniers 
Construite dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, c'est l'un des plus anciens bâtiments de L'Estaque-Plage. Il héberge aujourd'hui la Maison des associations[38].
Ferme Turc 
Située à La Nerthe, c'est la seule exploitation agricole bien conservée. Reconstruite en 1914, elle existait déjà en 1819[39].
Château Fallet 
Une bastide du XVIIe, devenue au XXe un hôtel de luxe. C'est aujourd'hui une résidence privée.
Villa La Palestine 
Une folie de architecturale de style oriental, demeure bourgeoise construite en 1905. Cette propriété privée est inscrite aux monuments historiques.
Ruines du château de la Nerthe, dit « château de l'Air » 
Les vestiges d'une ferme fortifiée du Moyen Âge, situés dans le hameau de La Nerthe.

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Les recensements de population de 1872 et 1876 concernent les quartiers de L'Estaque, la Fontaine des Tuiles, la gare, le Vallon des Riaux et La Nerthe[2]. À partir de 1990, les recensements par l'INSEE concernent le « grand quartier de L'Estaque » composé des IRIS 101 à 105 : Château Bovis, Château Fallet, Fenouil Sacoman, Saumaty et La Nerthe ; en sont exclus Les Riaux (qui compte 783 hab. en 2006)[40].

Évolution démographique du quartier L'Estaque
1818 1872 1876 1931
328[2] 1 287[2] 1 625[2] 13 536[41]
1990 1999 2006 2007
6 271 5 994 6 010 6 093[1]


En 2006, l'INSEE dénombrait à L'Estaque 1 707 familles, dont 320 familles monoparentales (18,73 %) et 1442 familles avec au moins 4 enfants (2,49 %), soit un taux de familles monoparentales inférieur à l'arrondissement (21,52 %) et à l'ensemble de Marseille (21,81 %), et un taux de familles avec au moins 4 enfants inférieur à l'arrondissement (4,02 %) et au reste de Marseille 3,94 %.

Les chiffres de population de L'Estaque par tranches d'âge en 1999 font apparaître une population plus âgée que dans l'ensemble de Marseille et le 16e arrondissement :

Quartier 0-19 ans 20-39 ans 40-59 ans 60-74 ans 75 ans et +
L'Estaque 20,75 % 26,96 % 24,12 % 17,82 % 10,34 %
Arrondissement 23,99 % 27,39 % 23,17 % 15,65 % 9,80 %
Total Marseille 23,16 % 28,67 % 24,84 % 14,18 % 9,16 %
Pyramide des âges du quartier de L'Estaque en 2009[42]
Hommes Classe d’âge Femmes
261 
75 ou +
359 
456 
60 à 74 ans
612 
719 
40 à 59 ans
727 
623 
25 à 39 ans
662 
169 
19 à 24 ans
162 
652 
0 à 19 ans
592 

Politique[modifier | modifier le code]

Longtemps bastion du communisme, l'Estaque élit aujourd'hui des représentants socialistes.

Le quartier est rattaché au 8e secteur de Marseille dont la maire est Samia Ghali et au canton de Marseille-Verduron dont le conseiller général est Henri Jibrayel depuis 2001.

L'Estaque fait partie de la septième circonscription des Bouches-du-Rhône dont le député est Henri Jibrayel.

Gestion de l'environnement[modifier | modifier le code]

Affiches de protestation contre des projets à La Nerthe : dépôt de containers, échangeur autoroutier et déchèterie

Parmi les différents aspects de la gestion environnementale de Marseille, certains touchent plus spécifiquement le quartier de L'Estaque :

  • Les problèmes de nuisance sonore du transport aérien entre L'Estaque et l'aéroport de Marignane[43]
  • Les travaux et projets de dépollution des anciens terrains industriels, ainsi que les études sur les risques d'empoisonnements des habitants. La pollution à l'arsenic de certains jardins particuliers (Les Riaux) est avérée[44].
  • La protection de la qualité de l'air (poussières de carrière et des chantiers)
  • Les projets liés à la collecte des déchets et eaux usées
  • La qualité des eaux de baignade des plages de Corbière ou les projets d'extension des plages[45]
  • La protection du patrimoine naturel des collines, et notamment la prévention des incendies d'été.

Manifestations culturelles et festivités[modifier | modifier le code]

Une part importante de l'offre culturelle est proposée par l'Alhambra (salle de projection de 250 places rouverte en 1990) avec un programme permanent de projection de documentaires et films d'auteur, des ateliers et rencontres, et durant l'été des projections en plein air.

La Fête de L'Estaque organisée chaque année début septembre est une fête populaire qui rassemble diverses activités du quartier et des associations locales durant deux ou trois jours : joutes nautiques, animations de rues, concert et bal, feux d'artifice, etc. En 2010, cette fête aurait rassemblé près de 20 000 personnes, selon le comité de quartier[46]. Au mois de juin, le festival Estaqu'Arts met en avant l'histoire des peintres à L'Estaque (1870-1914), et expose les artistes locaux, essentiellement amateurs. Durant l'année, diverses fêtes plus modestes rassemblent le voisinage des « petits quartiers » de L'Estaque.

Sports[modifier | modifier le code]

Pratique de la joute provençale par la Fine Lance Estaquéenne dans le Vieux-Port

Le sport est représenté à L'Estaque essentiellement par les sports nautiques (voile, aviron, joute, plongée), la pratique de la pétanque (plusieurs terrains et associations), puis des sports tels que les arts martiaux (judo, karaté, nanbudo, etc). Les infrastructures sportives comportent également le gymnase Rabelais et le stade Vernazza, affectés à la pratique scolaire (football, basket-ball), et le bâtiment de l’Union musicale et sportive L'Estaque Plage (créée par des pêcheurs en 1896).

La Fine Lance Estaquéenne est l'équipe de joute nautique provençale, une activité sportive traditionnelle dont les tournois sont suivis par la presse locale. L'équipe pratique dans le Vieux-Port ou le port de L'Estaque. Elle participe au championnat de France, et au championnat de Provence contre les équipes d'Istres, Fos-sur-mer, Martigues, Port-de-Bouc et Port-Saint-Louis-du-Rhône. L'Estaque a remporté en 2010 le titre de Provence à la suite d'une finale contre Martigues[47].

Le Cercle d'aviron de Marseille est situé à L'Estaque. Ce club d'aviron compte plus de 400 licenciés, il a obtenu le label « École française d'aviron 3 étoiles » et il est l'un des clubs les plus titrés de France. L'aménagement du port de L'Estaque est privilégié pour la pratique de l'aviron, avec les longues digues précédant le tunnel du Rove depuis les années 1920. En plus de l'apprentissage de ce sport, le club gère l'entrainement de compétiteurs de haut-niveau. Le club a ainsi formé sept champions du monde, un sélectionné olympique, plus d'une centaine d'internationaux seniors ou juniors et plus d'une centaine d'équipages champions de France[48].

La pratique de la voile est organisée entre L'Estaque et Corbière autour de plusieurs écoles et clubs nautiques : la Société nautique Estaque Mourepiane (SNEM), la Société nautique de l'Estaque, le centre municipal de voile de Corbière, l'école de croisière Voile Impulsion, ou Lei Pescadou de l'Estaco qui pratique la voile latine sur des bateaux traditionnels.

Article connexe : Sport à Marseille.

Santé[modifier | modifier le code]

Dans le quartier sont situés les cabinets d'une dizaine de médecins généralistes et de plusieurs dentistes, ainsi que trois pharmacies (plage de L'Estaque, rue Pelletier), des bureaux de l'Association interprofessionnelle de médecine du travail (AIMT, 2 allée Sacoman), et un centre de thalassothérapie (149 plage de L'Estaque). Le centre hospitalier le plus proche est l'Hôpital Nord (CHU), dans le quartier Saint-Antoine (15e).

Administration et services[modifier | modifier le code]

À L'Estaque sont situés un bureau de poste, un commissariat de police, plusieurs agences bancaires, des agences immobilières, une station de taxi, une maison des associations (La Palette Estaquéenne) et une maison municipale d'arrondissement. La mairie des 15e et 16e arrondissements est situé au 246 boulevard de Lyon (15e). Aucune bibliothèque municipale n'est située à L'Estaque, mais le quartier est desservi par un bibliobus urbain[49].

Enseignement[modifier | modifier le code]

Rattaché à l'Académie d'Aix-Marseille, le quartier de L'Estaque dénombre plusieurs établissements d'enseignement public et privé :

  • École maternelle publique (33 boulevard Fenouil)
  • École maternelle publique (boulevard de la Falaise)
  • École maternelle publique (23 bd Albin Bandini)
  • École élémentaire de l'Estaque Gare (43 boulevard Fenouil)
  • École élémentaire de l'Estaque Plage (montée des Écoles)
  • École privée mixte Saint-Joseph (27 chemin de la Nerthe)
  • Collège public l'Estaque (348 rue Rabelais)
  • Lycée professionnel et technologique régional (rue Rabelais)

Cultes[modifier | modifier le code]

Le culte catholique est assuré à l'église Saint-Pierre-ès-liens, rattachée à la paroisse de L'Estaque, secteur Littoral de l'archidiocèse de Marseille. Le culte protestant (évangélique) est assuré au Centre chrétien de L'Estaque (2 allée Sacoman). Le culte musulman est assuré à la mosquée de L'Estaque (35 rue de la Redonne).

Économie[modifier | modifier le code]

Revenu fiscal[modifier | modifier le code]

En 2005, le revenu fiscal médian par unité de consommation du 16e arrondissement était de 12 565 euros. Pour L'Estaque, il s'étalait de 7930 à 14 340 euros pour les zones Château Fallet, Fenouil Sacoman, Saumaty et de 14340 à 19 440 euros pour les zones Château Bovis et La Nerthe.

En 2007, le revenu fiscal moyen par unité de consommation (UC) est de 18 257 euros pour l'ensemble de Marseille. Il est de 19 298 euros à Château Bovis (992 UC), 16 970 euros à Château Fallet (1171 UC) et 17 257 euros à Fenouil Sacoman (1261 UC), mais cette donnée n'est pas disponible pour Saumaty (153 UC) et La Nerthe (411 UC)[50].

En 2007, 1011 ménages n'étaient pas imposables, pour les zones Château Bovis, Château Fallet et Fenouil Sacoman[50].

Population active[modifier | modifier le code]

En 2006, la population active de L'Estaque comptait 2'510 personnes, dont 407 chômeurs (16,20 %), soit un taux de chômage inférieur aux 16e arrondissement (20,30 %) et à l'ensemble de Marseille (18,23 %). Les bénéficiaires de la couverture maladie universelle (CMU) représentaient 17,06 % de la population (Marseille : 18,39 %).

La population âgée de 15 ans et plus s'élevait en 2006 à 4 575 personnes, parmi lesquelles on comptait 1 622 sans diplômes soit 35,45 %, avec 84,46 % de sans diplômes dans l'IRIS Saumaty et 22,27 % dans l'IRIS La Nerthe, soit un taux supérieur à l'ensemble de Marseille (25,27 %). Sur cette population, on comptait 476 personnes diplômées bac+3 soit 10,40 % (14,13 % dans La Nerthe, 7,79 % dans Fenouil Sacoman, et aucun habitant dans Saumaty), soit un taux inférieur à l'ensemble de Marseille 13,44 %.

Entreprises[modifier | modifier le code]

Le quartier a une fonction essentiellement résidentielle, avec peu d'entreprises. La majorité de la population active travaille hors de L'Estaque notamment au centre de Marseille, à Aix-en-Provence ou dans des communes limitrophes.

Des projets récent d'aménagement et urbanisme ont conduit à la création de la zone franche urbaine (ZFU) urbaine L'Estaque-Somaty, au sud du quartier, et à une zone d'activité où s'implantent depuis quelques années des petites et moyennes entreprises.

En 2009, L'Estaque comptait 379 entreprises et établissements (dont publics et administrations), dont 117 établissements avec salariés, et 9 établissements avec plus de 50 salariés[51]. Parmi les établissements de sociétés renommées on trouve :

  • la Comex (explorations sous-marines)
  • La carrière Lafarge, dernière usine en activité (ancienne usine « La Coloniale » de 1913 )[52]

Commerce et tourisme[modifier | modifier le code]

Marché de L'Estaque
Commerce

La dizaine de petits commerces de l'Estaque est presque exclusivement de type alimentaire : boulangeries, maraichers, boucheries, épiceries et petits supermarchés. La plupart de ces commerces sont situés sur une allée de la route de la Plage, un segment de route doublée avec de larges trottoirs et planté de platanes. Cette section fait office de rue principale, avec des bars et restaurants, des services (banques) et des échoppes. C'est aussi l'emplacement d'un marché traditionnel (samedi matin), qui propose des produits du terroir, des aliments et du petit équipement, et contribue à l'ambiance pittoresque de L'Estaque[53].

L'essentiel de l'offre commerçante (alimentaire et équipement) est proposé au centre commercial Marseille Grand Littoral (plus grand centre de la région avec environ 200 commerces), situé dans le quartier voisin et accessible rapidement en bus, qui fait office de commerce de proximité pour les habitants de l'Estaque. De manière secondaire, la zone commerciale de Plan de Campagne, distante de quelques kilomètres, propose de nombreux commerces.

Tourisme

L'Estaque n'est pas une destination favorisée par les offres touristiques de la région ou de la ville[54]. Le circuit « Promenade des peintres » fait découvrir le quartier Plage et Église. Mais les hauteurs de L'Estaque et ses collines sont généralement ignorées, en raison certainement d'un paysage altéré par les friches industrielles, les incendies de forêt successifs (disparition des massifs de pins remplacés par de la garrigue), ou un panorama vers l'est de Marseille marqué par l'urbanisme.

L'allée principale de L'Estaque-Plage reste une destination populaire pour les habitants des quartiers voisins qui viennent s'y promener le weekend et déguster ses panisses, tranches de purée de pois-chiches frites, et ses chichi frégis, sortes de beignets saupoudrés de sucre. Ou bien se restaurer dans la dizaine de restaurants qui proposent spécialités de poisson et plats traditionnels. Durant la saison estivale, les plages de Corbières attirent de nombreuses Marseillais des quartiers nord.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages et sources utilisés pour la rédaction de l'article[modifier | modifier le code]

Autres ouvrages et sources[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c http://www.insee.fr/fr/themes/detail.asp?reg_id=5&ref_id=1139
  2. a, b, c, d, e et f Saurel 1995
  3. a et b « La Nerthe », base Mérimée, ministère français de la Culture
  4. « Quartier du Marinier », base Mérimée, ministère français de la Culture
  5. Carvin 1994, p. 46-50, p. 303
  6. a, b, c et d Carvin 1994
  7. a et b Site de la ville de Marseille : description du site de Corbière
  8. a, b et c Saurel 1995, p. 79
  9. a, b et c Carvin 1994, p. 51-53
  10. Le quartier de l'Église en 1819, d'après le plan cadastral avec report des usages des sols extraits de l'état de section
  11. a et b Des documents écrits attestent par exemple que la communauté des pêcheurs de Marseille possédait avant la Révolution divers immeubles et propriétés, dont une cabane de refuge et une madrague à L'Estaque. Voir Sabin Berthelot, Études sur les pèches maritimes dans la Méditerranée et l'océan, 1868 consulter
  12. « écart de la Nerthe », base Mérimée, ministère français de la Culture
  13. a et b Carvin 1994, p. 59
  14. Saurel 1995, p. 109
  15. Carvin 1994, p. 202
  16. Désignation sur le cadastre de 1819 consulter
  17. a, b, c, d, e et f Damonte 1993
  18. a et b Saurel 1995, p. 80
  19. a, b et c Collège-Quartier 1985
  20. documents IUFM Aix-Marseille
  21. Lucien Gaillard, La Vie quotidienne des ouvriers provençaux au XIXe siècle, 1981. Cité par Carvin 1994
  22. a, b et c IUFM, « Enseigner l’étude de cas au lycée professionnel : l’Estaque au XIXe et au XXe siècle »
  23. D'après interview de Laurent Damonte
  24. Dans Correspondance, Grasset, Paris, 1937, p. 127
  25. Site du musée du Centre Pompidou : Dossier sur le Cubisme
  26. a et b D'après le témoignage de Charles Biancheri, journal de l'école élémentaire, juin 2010 consulter
  27. Ibid. d'après François de Linares, Par les portes du Nord, NEL, 2005
  28. Vidéo FR3, « Visite de Valéry Giscard D'Estaing à Marseille », 27-02-1975, 27 min.
  29. L'Express, « Pauvreté : Le dernier soupir des bidonvilles », novembre 2001 et extrait des délibérations du conseil municipal, 26 avril 1999
  30. Xavier de Fourvière, Lou pichot tresor (dictionnaire franco-provençal) [1]B. Moulin, Dictionnaire franco-provençal 2004 CREO-Provence Edisud — Bénédicte Boyrie-Fénié et Jean-Jacques Fénié, Toponymie des pays occitans, Éditions Sud Ouest, 2007, 480 p. (ISBN 978-2-87901-808-9), p. 315
  31. Damonte 1993, p. 45-46
  32. « chapelle Notre-Dame-de-la-Galline », base Mérimée, ministère français de la Culture et sur http://chapelles.provence.free.fr/marseillenddelagalline.html
  33. « église Saint-Pierre-ès-Liens », base Mérimée, ministère français de la Culture
  34. La Provence, « L'Estaque, nouvelle base mondiale de l'archéologie sous-marine », janvier 2009
  35. Voir http://www.paca.culture.gouv.fr/dossiers/courees/index.html
  36. Site de la fondation Monticelli
  37. http://www.bdselection.com/php/chroniquebd-6455_Les_Contes_de_l_Estaque.html
  38. « Caserne des douaniers », base Mérimée, ministère français de la Culture
  39. « la ferme Turc », base Mérimée, ministère français de la Culture
  40. Carte de découpage des IRIS du 16e arrondissement
  41. Carvin 1994, p. 206. Carvin cite 287 habitants en 1872, repris par d'autres sources ultérieures, mais les nombres presque identiques pour 1872 et 1876 cités par Saurel (d'après Statistiques des Bouches du Rhône ?) semblent indiquer une erreur de retranscription.
  42. « Résultats du recensement de la population de Marseille en 2009 », sur http://www.insee.fr/ (consulté le 23 juin 2011)
  43. La Provence, « Aéroport de Marignane : les riverains crient leur colère contre le bruit des avions », mai 2010 et «  Les avions pourraient fuir l'Estaque avant l'été »
  44. La Provence, « Arsenic et zinc plombent l'Estaque » mars 2007, « Pollution à l'arsenic : les jardins des Riaux seront dépollués » juillet 2010
  45. La Provence, « Plages de marseille : on va tout refaire »
  46. http://estaque.over-blog.com/article-estaque-en-fete-2011-n-aura-pas-lieu-76044607.html
  47. La Provence, « Joutes : l'Estaque met fin à l'hégémonie martégale », 30 août 2010
  48. Cercle d'aviron de Marseille
  49. http://bbf.enssib.fr/consulter/bbf-1963-03-0127-003
  50. a et b http://www.insee.fr/fr/ppp/bases-de-donnees/donnees-detaillees/duicq/xls/RFL/RFL_I_93_00758.xls
  51. INSEE : Entreprises et établissements 2009 par IRIS (source : répertoire des entreprises et établissements (SIRENE)) Données
  52. http://www.marseilleforum.com/article.php?id=297
  53. « Rue dite Plage de l'Estaque », base Mérimée, ministère français de la Culture
  54. Par exemple, l'antenne de L'Estaque de l'office municipale du tourisme a été fermée