L'Essayeur

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La gravure de Francesco Villamena sur la première page de L'Essayeur

L'Essayeur (en italien Il Saggiatore) est un livre publié par Galileo Galilei en octobre 1623[1].

Ce livre fit sensation à Rome notamment à cause de sa qualité littéraire. Ce livre est une réponse à la polémique créée par le traité sur les comètes écrit en 1618 par le jésuite mathématicien Orazio Grassi[2], de l’Université pontificale grégorienne. Galilée considère faussement dans ce livre les comètes comme des rayons lumineux et non comme de vrais objets célestes. Son objectif premier était de ridiculiser Grassi.

Historique[modifier | modifier le code]

En 1618, on observe le passage de trois comètes, phénomène qui relance la polémique sur l'incorruptibilité des cieux.

En 1619, le père jésuite Orazio Grassi publie De tribus cometis anni 1618 disputatio astronomica. Il y défend le point de vue de Tycho Brahe sur les trajectoires elliptiques des comètes. Galilée riposte d'abord par l'intermédiaire de son élève Mario Guidicci qui publie en juin 1619 Discorso delle comete où il développe une théorie sur les comètes, les présentant comme étant des phénomènes météorologiques.

En octobre, Orazio Grassi attaque Galilée dans un pamphlet plus sournois : aux considérations scientifiques se mêlent des insinuations religieuses malveillantes et très dangereuses au temps de la Contre-Réforme.

Cependant, Galilée, encouragé par son ami le cardinal Barberini (futur pape Urbain VIII) et soutenu par l'Académie des Lynx, y répondra avec ironie dans Il Saggiatore (ou L'Essayeur). Grassi, l'un des plus grands savants jésuites, sera ridiculisé.

Lorsque Peiresc, ami et ancien élève de Galilée, apprend qu'il est inquiété, il envoie une lettre au cardinal Barberini.

Entre-temps, Galilée a repris son étude des satellites de Jupiter. Malheureusement des difficultés techniques l'obligent à abandonner le calcul de leurs éphémérides. Galilée se voit couvert d'honneurs en 1620 et 1622.

Le 28 août 1620, le cardinal Maffeo Barberini adresse à son ami le poème Adulatio Perniciosa qu'il a composé à son honneur. Le 20 janvier 1621, Galilée devient consul de l'Accademia fiorentina. Le 28 février, Cosme II, le protecteur de Galilée, meurt subitement.

En 1622, à Francfort, paraît une Apologie de Galilée rédigée par Tommaso Campanella en 1616. Un défenseur bien encombrant, car Campanella est déjà convaincu d'hérésie.

Le 6 août 1622, le cardinal Maffeo Barberini est élu Pape sous le nom de Urbain VIII. Le 3 février 1623 Galilée reçoit l'autorisation de publier son Saggiatore qu'il dédie au nouveau Pape. L'ouvrage paraît le 20 octobre 1623. Ce sont d'abord les qualités polémiques (et littéraires) de l'ouvrage qui assureront son succès à l'époque. Il n'en demeure pas moins qu'en quelques mois et dans une atmosphère de grande effervescence culturelle, Galilée devient en quelque sorte le porte-drapeau des cercles intellectuels romains en rébellion contre le conformisme intellectuel et scientifique imposé par les Jésuites.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Galileo Galilei, Il Saggiatore (in Italian) (Rome, 1623); The Assayer, English trans. Stillman Drake and C. D. O’Malley, in The Controversy on the Comets of 1618 (University of Pennsylvania Press, 1960).
  • Pietro Redondi, Galileo eretico (Italy, 1983); Galileo: Heretic (transl: Raymond Rosenthal) Princeton University Press 1987 (reprint 1989 (ISBN 0-691-02426-X)); Penguin 1988 (reprint 1990 (ISBN 0-14-012541-8))

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Galileo Timeline », sur galileo.rice.edu (consulté le 17 mai 2008)
  2. Galileo Galilei (trad. Christiane Chauviré), L’Essayeur : de Galilée, les Belles Lettres, coll. « Annales littéraires de l’Université de Besançon » (no 234),‎ 1979 (lire en ligne), p. 8

Lien externe[modifier | modifier le code]

  • (en) GALILEO, THE ASSAYER, Translation George MacDonald Ross, 1998–1999 - Texte traduit en anglais