L'Enfance du Christ

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L'Enfance du Christ, op. 25 est une « trilogie sacrée pour solistes, chœur, orchestre et orgue » de Hector Berlioz créée le 10 décembre 1854 à Paris.

Genèse[modifier | modifier le code]

La genèse en est curieuse : En 1850, Berlioz compose, un soir, chez des amis, dont « un de mes anciens condisciples de l'Académie de Rome, le savant architecte Duc » — (Joseph-Louis Duc) — un chœur, L'Adieu des Bergers à la Sainte Famille, et que pour cette raison il donne sous le nom de Pierre Ducré, Maître de musique à la Sainte Chapelle de Paris au XVIIe siècle (1679) — (Ducré venant de Duc auquel il a accolé la note Ré)[1]. « C'était, écrit Berlioz, écrit sur parchemin en vieille notation que j'ai eu beaucoup de peine à déchiffrer ». Le succès est unanime, Berlioz révèle qu'il est en fait l'auteur, et c'est ultérieurement qu'il complète l'Enfance du Christ avec la première partie, « Le Songe d'Hérode », suivi de « La Fuite en Égypte » qui inclut « l'Adieu », puis de « L'Arrivée à Saïs » qui termine l'œuvre. L'Enfance du Christ est créée dans son intégralité à Paris en décembre 1854.

La partition chant-piano fut éditée par Breitkopf.

Distribution[modifier | modifier le code]

  • La Vierge Marie (soprano)
  • Saint Joseph (baryton)
  • Hérode (basse)
  • Polydorus (basse)
  • Un centurion (ténor)
  • Un récitant (ténor)
  • Un père de famille (basse)
  • Chœur mixte (chœur de garçons ad lib.)
  • Chœur à quatre voix de femmes derrière la scène

Argument[modifier | modifier le code]

Première partie 
Le songe d'Hérode.

Le roi Hérode se lamente sur la grandeur et la solitude des monarques. Il est sujet à une vision nocturne récurrente, convoque les devins qui lui annoncent qu'« un enfant vient de naître qui fera disparaître [son] trône et [son] pouvoir ». Afin de contrecarrer cette prophétie, il décide de mettre à mort tous les premiers-nés.

(Indication d'Hector Berlioz : « après un silence dont la durée devra représenter la valeur d'environ 8 ou 9 mesures, on passera, sans autre interruption, à la "Scène de la Crèche »)

Dans une étable, la Vierge Marie s'occupe de l'Enfant-Jésus. Les anges confient à la Sainte-Famille qu'un péril les menace et qu'ils doivent fuir.

Deuxième partie 
La fuite en Égypte

Les bergers se sont réunis devant l'étable. Ils disent adieu à la Sainte-Famille. Puis le périple commence.

Troisième partie 
L'arrivée à Saïs.

Ils sont recueillis par une famille ismaélite. Un trio pour deux flûtes et harpe est exécuté par les jeunes Ismaélites. Le récitant suivi d'un chœur concluent l'œuvre.

Analyse[modifier | modifier le code]

Bien que l'œuvre soit destinée au concert, Hector Berlioz attache une grande importance à la spatialisation sonore : « Pendant toute la première partie de la trilogie, les choristes hommes doivent seuls être en vue du public sur l'un des côtés de la scène. Les femmes, soprani et contralti, sont derrière le théâtre, groupées autour de l'orgue mélodium et du maître de chant. Au commencement de la seconde partie, elles viennent se placer sur la scène au côté opposé à celui qu'occupent les hommes, ne laissant au post-scenium que 4 soprani et 4 contralti qui doivent y rester jusqu'à la fin pour l'Alléluia et l'Amen. Si le chef d'orchestre n'a pas de métronome électrique, le maître de chant conduira le chœur invisible du post-scenium, et le chef d'orchestre suivra de l'oreille ses mouvements »

Discographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. David Cairns, Correspondance de Berlioz, notamment une lettre du 15 mai 1852 à John Ella. (Correspondance générale, tome IV, pages 156 à 159)