L'Avare

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis L'Avare (comédie, 1668))
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir L'Avare (homonymie).
L'Avare
Image illustrative de l'article L'Avare

Auteur Molière
Nb. d'actes 5
Date de la 1re représentation en français
Lieu de la 1re représentation en français Théâtre du Palais-Royal

L'Avare est une comédie de Molière en 5 actes (comportant respectivement 5, 5, 9, 7 et 6 scènes), écrite en prose, jouée pour la première fois au Théâtre du Palais-Royal le [1]. Le sujet est inspiré d’une pièce de Plaute intitulée La Marmite.

Distribution originale et créateur des personnages[modifier | modifier le code]

Comédiens et comédiennes ayant créé les rôles
Personnages Comédien ou comédienne
Harpagon, père de Cléante et d'Élise, et amoureux de Mariane Molière
Mariane, amante de Cléante et aimée d'Harpagon Mlle de Brie (?)
Cléante, fils d'Harpagon, amant de Mariane Du Croisy (?)
Valère, fils d'Anselme et amant d'Elise, La Grange (?)
Elise, fille d'Harpagon et amante de Valère Armande Béjart
Anselme, père de Valère et de Mariane De Brie (?)
Frosine, femme d'intrigue Madeleine Béjart dite Mlle Molière
Maître Simon, courtier La Thorillière (?)
Maître Jacques, cuisinier et cocher d'Harpagon André Hubert (?)
La Flèche, valet de Cléante Louis Béjart (il boitait réellement)
Dame Claude, servante d'Harpagon (?)
Brindavoine et La Merluche, laquais d'Harpagon Molière
Un Commissaire et son Clerc La Thorillière (?)

La scène est à Paris

Résumé[modifier | modifier le code]

  • Acte I - L'intrigue se passe à Paris. Le riche et avare Harpagon a deux enfants : Élise qui est amoureuse de Valère, un gentilhomme napolitain au service de son père en qualité d'intendant, et Cléante qui souhaite épouser Mariane, une jeune femme vivant chez sa mère sans fortune. Il ne supporte pas que l'avarice de son père contrarie ses projets amoureux. Harpagon est terrifié par une crainte obsédante : il a dissimulé dans le jardin, une cassette qui renferme dix mille écus d'or, il a peur qu’on la découvre et qu'on la lui vole. Suspicieux, il se méfie de tout le monde, même de ses enfants, il va jusqu'à renvoyer La Flèche, le valet de Cléante. Finalement, il leur dévoile ses intentions : il va épouser Mariane, Élise est promise (sans apport de dot) à Anselme, un vieillard, et Cléante est destiné à une veuve. La jeune fille refuse énergiquement, son père demande à Valère de la convaincre. Valère est rusé et prend Harpagon par la ruse dans un filet invisible.
  • Acte II - Cléante, qui ne peut compter sur son père, a un besoin d'argent de quinze mille écus. La Flèche, son valet, se charge de lui trouver un prêteur, un intermédiaire l'informe des conditions qui relèvent de l'usure la plus outrancière. Révolté, il finit par découvrir que l'usurier n'est autre que son père ; une violente dispute les oppose. L'intrigante Frosine entre en scène, elle persuade Harpagon que Mariane est une femme qui préfère les hommes âgés et qu'elle serait disposée à se marier avec lui. L'avare est ennuyé par le manque de fortune de la jeune femme, mais Frosine le convainc qu'une personne pauvre qui ignore les dépenses ne peut que lui convenir. L'intrigante veut se faire payer de ses services, mais Harpagon élude et s'en va.
  • Acte III - À l'occasion de la signature du contrat de mariage, Harpagon a invité Mariane à dîner. Il sermonne sa domesticité et en particulier Maître Jacques, pour que les dépenses soient limitées. Le cuisinier proteste, l'intendant Valère soutient l'avare et prône l'économie ; une vive algarade s'ensuit au cours de laquelle Maître Jacques reçoit des coups de bâton, et dès lors ne songe plus qu'à se venger. Arrive Frosine qui introduit Mariane dans la maison, nerveuse à l'idée de rencontrer son futur époux. Quand celui-ci paraît, elle est dégoûtée par son physique, c'est à ce moment que Cléante arrive, elle reconnaît le jeune homme qui est l'objet de ses pensées. S'ensuit une conversation entre les amoureux, dans laquelle à mots voilés ils s'avouent leurs sentiments réciproques. Cléante retire une bague de grande valeur du doigt de son père, et l'offre en son nom propre à celle qu'il aime. Harpagon n'a pas véritablement compris la situation.
  • Acte IV - Les deux jeunes amoureux sollicitent Frosine pour qu'elle intervienne auprès du barbon, et qu'il renonce à son mariage insensé. Harpagon surprend son fils en train de baiser la main de Mariane, et conçoit immédiatement des soupçons dont il veut s'assurer. Afin de sonder son fils et connaître ses espoirs, il prétend avoir changé ses projets et renoncé au mariage. Le fils naïf dit tout à son père, son amour pour la jeune fille et son désir de l'épouser ; furieux, Harpagon résiste mal à un accès de violence et le maudit. Maître Jacques intervient pour les séparer et les raccommoder : en aparté, il leur fait croire à chacun que l'autre a abandonné la partie. La réconciliation est de courte durée, la dispute reprend de plus belle et ne cesse qu’à l'arrivée de La Flèche, avec la cassette des dix mille écus d'or, qu'il a lui-même dérobée. Hors de lui, Harpagon promet de trouver le coupable et de le châtier comme il se doit.
  • Acte V - Harpagon demande un commissaire de police afin d'enquêter sur le vol de la cassette et, dans son délire d'avaricieux, il veut faire interroger tous les Parisiens. Par vengeance, Maître Jacques désigne Valère qui arrive à ce moment. On le somme de s'expliquer et de reconnaître son forfait. Malentendu, pensant que ses sentiments pour Élise sont connus, il admet qu'elle est secrètement sa fiancée. Une fois de plus Harpagon comprend avec retard et la fureur le reprend. Anselme, qui doit épouser Élise, entre en scène alors que Valère a commencé le récit de son histoire. Le vieillard comprend que Valère et Mariane sont ses enfants, il était persuadé qu'ils avaient péri dans un naufrage, il y a fort longtemps. Valère va épouser Élise et Cléante va épouser Mariane. Harpagon accepte leurs mariages, tant que Anselme paye tout. Il reste seul avec sa cassette, dégouté de ce qui lui arrive.

Commentaires[modifier | modifier le code]

Harpagon est omniprésent dans cette comédie qui traite sous une forme burlesque de sujets au premier abord guère amusants : l'avarice en premier lieu, mais aussi la tyrannie domestique, l'égoïsme et ce qu'aujourd’hui on nomme le sexisme. Le bourgeois qui a réussi dans les affaires d'argent, pense pouvoir s'acheter une douceur conjugale pour ses vieux jours, au mépris des désirs des uns et des autres, même de ses propres enfants. Au prix d'un coup de théâtre molièresque, ses projets sont ruinés et la seule consolation qui lui reste est enfermée dans une cassette. Il convient de noter qu'en grec ancien, ἁρπαγή / harpagế signifie au sens actif « rapacité » ou « avidité » et ἅρπαξ / hárpax « rapace » ou « pillard ».

Répliques célèbres[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • « Tous les hommes sont semblables par les paroles; et ce n'est que les actions qui les découvrent différents. » (Elise, acte I, scène première)
  • « Que la peste soit de l'avarice et des avaricieux ! » (La Flèche, acte I, scène III)
  • « Qui se sent morveux, qu'il se mouche. » (La Flèche, acte I, scène III)
  • « Sans dot ! Le moyen de résister à une raison comme celle-là ? » (Valère, acte I, scène V)
  • « Donner est un mot pour qui il a tant d’aversion, qu’il ne dit jamais : « Je vous donne », mais « Je vous prête le bonjour ». » (La Flèche, acte II, scène IV)
  • « Quand il y a à manger pour huit, il y en a bien pour dix. » (Harpagon, acte III, scène I)
  • « Il faut manger pour vivre, et non pas vivre pour manger. » (Valère, acte III, scène I)
  • « Hélas ! mon pauvre argent, mon pauvre argent, mon cher ami ! On m'a privé de toi ; et puisque tu m'es enlevé, j'ai perdu mon support, ma consolation, ma joie ; tout est fini pour moi, et je n'ai plus que faire au monde ! Sans toi, il m'est impossible de vivre. » (Harpagon, acte IV, scène VII)
  • « je me meurs ; je suis mort ; je suis enterré... » (Harpagon, acte IV, scène VII)
  • « J'enrage ! » (Harpagon, Acte III, Scène I)
  • « Le seigneur Harpagon est de tous les humains, l'humain le moins humain; le mortel de tous les mortels, le plus dur, et le plus serré. »(La Flèche, acte II, scène IV)

Adaptations cinématographiques[modifier | modifier le code]

Comédiens ayant joué le rôle d'Harpagon[modifier | modifier le code]

Comédiens ayant joué le rôle de Cléante[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]