L'Art de la peinture

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L'Art de la peinture
Image illustrative de l'article L'Art de la peinture
L'Art de la peinture (De Schilderkonst)
Artiste Johannes Vermeer
Date vers 1666
Type Huile sur toile
Dimensions (H × L) 120 × 100 cm
Localisation Kunsthistorisches Museum, Vienne (Drapeau de l'Autriche Autriche)

L'Art de la peinture (De Schilderkonst), aussi intitulé La Peinture[1], L'Atelier ou L'Allégorie de la peinture, est un tableau de Johannes Vermeer peint vers 1666, exposé au Kunsthistorisches Museum de Vienne (huile sur toile, 120 × 100 cm).

De nombreux experts estiment que cette œuvre est une allégorie de la Peinture, d'où le titre de suppléant : L'Allégorie de la Peinture. Il est le plus grand et le plus complexe de tous les tableaux de Vermeer[2].

Le tableau est connu pour être l'un des favoris de Vermeer, et est également un bel exemple du style visuel utilisé à l'époque dans l'art de la peinture. Créé à une époque où la photographie n'existait pas, il offre une représentation visuelle réaliste d'une scène de pose.

Description[modifier | modifier le code]

Le tableau représente une scène intime de pose où un artiste peint une femme dans son atelier, près d'une fenêtre, avec en arrière plan une grande carte des Pays-Bas.

Composition[modifier | modifier le code]

Le tableau ne comporte que deux personnages : le peintre et son sujet. Le personnage du peintre est évoqué comme être un auto-portrait de l'artiste, bien que son visage ne soit pas visible[3].

Un certain nombre d'éléments affichés dans l'atelier de l'artiste sont jugés hors de propos. Le sol carrelé en marbre et le lustre en or sont deux exemples d'éléments qui devraient normalement n'être réservés qu'aux maisons de la bourgeoisie.

La carte à l'arrière-plan est celle des dix-sept Provinces des Pays-Bas, dessinée par Claes Jansz Visscher en 1636.

Symbolisme et allégorie[modifier | modifier le code]

Les experts attribuent du symbolisme aux différents aspects de l'œuvre.

Le sujet peint par l'artiste est la muse de l'Histoire, Clio : elle porte une couronne de laurier, tient une trompette (représentant la gloire), et porte le livre de Thucydide, d'après le livre de Cesare Ripa écrit au XVIe siècle à propos des emblèmes et des personnifications, intitulé Iconologia.

La double tête d'aigle, symbole de la dynastie autrichienne des Habsbourg et des anciens dirigeants de la Hollande, dont les armes ornent le chandelier d'or, ont probablement représenté la foi catholique. Vermeer était l'un des rares peintres catholique, dans la prédominance protestante des artistes hollandais. L'absence de bougies dans le chandelier est par ailleurs censé représenter la suppression de la foi catholique[4].

Le masque couché sur la table à côté de l'artiste est considéré comme un masque de mort, montrant l'inefficacité de la monarchie des Habsbourg.

Salvador Dalí se réfère à L'Art de la peinture dans sa propre vision surréaliste Le Spectre de Vermeer de Delft, pouvant être utilisé comme table en 1934. Sur la peinture de Dalí, nous pouvons voir l'image de Vermeer vue de son dos, dessiné comme une étrange table.

Historique de l'œuvre[modifier | modifier le code]

Ce tableau est considéré comme un élément essentiel de l'œuvre complète de Vermeer, car le peintre lui-même n'a pas voulu le vendre, même lorsqu'il était endetté. En 1676, après sa mort, sa veuve Catharina le légua à sa mère, Maria Thins, dans l'espoir d'en éviter la vente pour satisfaire leurs créanciers. Le liquidateur de la succession de Vermeer, le célèbre savant de Delft et ami du peintre, Antoni van Leeuwenhoek, a déterminé que le legs du tableau à la mort du peintre à sa belle-mère était illégal.

Le Comte autrichien Johann Rudolf Czernin l'a ensuite acquis pour 50 florins en 1813 à Gottfried van Swieten. Jusqu'en 1860, le tableau fut attribué à l'un des principaux rivaux contemporains de Vermeer, Pieter de Hooch. C'est à la suite de l'expertise de l'érudit français, Théophile Thoré-Burger et de l'historien d'art allemand Gustav Friedrich Waagen qu'elle a été reconnue comme un original de Vermeer, d'où le début de sa renommée. Il a été exposé au public au Czernin Museum de Vienne[5].

Après l'invasion de l'Autriche par l'armée allemande, de hauts fonctionnaires nazis, dont le Reichsmarschall Hermann Göring ont tenté d'obtenir des collections d'art. Le tableau a finalement été acquis auprès de son propriétaire, le comte Jaromir Czernin par Adolf Hitler pour sa collection personnelle à un prix de 1,65 million de Reichsmark par l'intermédiaire de son agent, Hans Posse, le 20 novembre 1940[5]. La peinture a été retrouvée dans une mine de sel à la fin de la Seconde Guerre mondiale en 1945, où elle a été préservée des bombardements alliés, avec d'autres œuvres d'art.

Les Américains ont présenté le tableau au gouvernement autrichien en 1946, et il est désormais la propriété de l'État autrichien, exposé au Kunsthistorisches Museum de Vienne.

Les héritiers de Jaromir Czernin ont déposé un recours auprès de la commission autrichienne sur la restitution des œuvres d'art volées par les nazis, qui a considéré en 2011 que la vente ne s'était pas faite sous la contrainte[6].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Gérard-Julien Salvy, Les cent énigmes de la peinture. Ed. Hazan Eds, octobre 2009. (ISBN 275410352X)
  2. (en) L'Art de la peinture sur le site du Metropolitan Museum of Art de New York - Met Museum.org. Consulté le 16 juin 2009.
  3. (en) Analyse interactive de la L'Art de la peinture - Essential Vermeer.com. Consulté le 16 juin 2009.
  4. (en) L'Art de la peinture sur le site de la National Gallery of Art de Washington - NGA.gov. Consulté le 16 juin 2009.
  5. a et b (en) L'Art de la peinture sur le site de la National Gallery of Art de Washington - NGA.gov. Consulté le 16 juin 2009.
  6. http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/03/18/97001-20110318FILWWW00695-l-autriche-ne-restitue-pas-son-vermeer.php

Catalogues d'exposition[modifier | modifier le code]

  • 1966 : Dans la lumière de Vermeer, Paris, Musée de l'Orangerie, 24 septembre - 28 novembre 1966.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]