L'Anse aux Meadows

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Lieu historique national
de L’Anse aux Meadows *
Logo du patrimoine mondial Patrimoine mondial de l'UNESCO
Site reconstitué de la colonisation des Vikings à L’Anse aux Meadows
Site reconstitué de la colonisation des Vikings à L’Anse aux Meadows
Coordonnées 51° 35′ 44″ N 55° 32′ 00″ O / 51.595535, -55.53346451° 35′ 44″ Nord 55° 32′ 00″ Ouest / 51.595535, -55.533464  
Pays Drapeau du Canada Canada
Subdivision Province de Terre-Neuve et du Labrador
Type Culturel
Critères (vi)
Numéro
d’identification
4
Zone géographique Europe et Amérique du Nord **
Année d’inscription 1978 (2e session)

Géolocalisation sur la carte : Terre-Neuve-et-Labrador

(Voir situation sur carte : Terre-Neuve-et-Labrador)
Lieu historique national de L’Anse aux Meadows
* Descriptif officiel UNESCO
** Classification géographique UNESCO

L’Anse aux Meadows (si en anglais Meadow signifie « prairie », il s'agit cependant peut-être d'une altération de son nom français d’Anse aux Méduses[1], [2]) est un site archéologique à la pointe septentrionale de la péninsule Nord de l’île canadienne de Terre-Neuve, dans la province de Terre-Neuve-et-Labrador, où les vestiges d’un village scandinave furent découverts en 1960 par l’explorateur norvégien Helge Ingstad et sa femme archéologue Anne Stine Ingstad.

Histoire[modifier | modifier le code]

Territoires, voyages et conquêtes des Vikings.
Article détaillé : Vinland.

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Avant la venue des Scandinaves, L'Anse aux Meadows aurait été habitée par cinq ou six groupes amérindiens, vraisemblablement attirés par la richesse des ressources marines et la proximité du Labrador[3]. On retrouve les traces de différentes cultures, parmi lesquelles celle appelée archaïque maritime de 3000 ans avant J.-C. jusqu’au Xe siècle après J.-C., puis par des représentants de la culture Dorset, du VIe au IXe siècle après J.-C[3].

Colonisation scandinave[modifier | modifier le code]

Il s’agit, à ce jour, du seul site scandinave avéré en Amérique du Nord (à l’exception du Groenland). Les fouilles qui y furent pratiquées pendant plusieurs années y exposèrent maisons, instruments et outils qui permirent d’établir la datation du site. L’établissement fondé plus de 500 ans avant Christophe Colomb abrite les plus anciennes traces de la présence européenne en Amérique du Nord. Désigné comme site du patrimoine mondial par l’UNESCO, on pense qu’il pourrait s’agir de la colonie quasi légendaire de « Vinland » fondée par l’explorateur Leif Ericson aux alentours de l’an mil. Cette interprétation est sujette à débats, le site étant plus probablement à rapprocher du Straumfjord de Thorfinn Karlsefni, où serait né son fils, Snorri, premier européen né au Nouveau Monde.

Le climat à l’époque était sans doute assez similaire à ce qu'il est aujourd’hui, voire légèrement plus doux. Comme la saga nous le raconte, Leif quitta le Groenland à la recherche du pays dont Bjarni Herjólfsson lui avait parlé. Il trouva un pays avec de la vigne et du froment sauvage, des rivières où abondent les saumons et aux hivers sans gel. Il revint pour y récolter du bois qu’il pourrait rapporter au Groenland où celui-ci était rare.

L’établissement de L’Anse aux Meadows se composait d’au moins 8 bâtiments, y compris une forge, un haut-fourneau et d’une scierie qui alimentait un chantier naval. On trouva sur le site une quantité considérable de scories provenant de la fonte et du forgeage du fer ainsi que de nombreux clous et rivets en fer utilisés dans la construction des bateaux. La cinquantaine d'objets de fer forgé (clous, rivets, boucles) qui ont été retrouvés, aussi bien dans les maisons que dans les ateliers, sont identiques à ceux des habitats des Vikings sur la côte de la Norvège[4]. Pour la première fois, le fer fut fondu au Nouveau Monde (hors Groenland).

La saga décrit l’effort de colonisation menée par Thorfinn Karlsefni, et quelque 135 hommes et 15 femmes, qui utilisèrent le camp de Leif comme base.

Selon Parc Canada, il est surprenant qu'il n'y ait pas eu d'Amérindiens au site de l'anse aux Meadows à l'arrivée des Vikings[3]. Ces derniers rencontrent toutefois un peuple qu'ils nomment les Skrælings ailleurs dans le Vinland ainsi qu'au nord de l'établissement[3]. Ils fuient ensuite les Skraelings et se replient plus au nord, sur un site qu'ils nomment Straumfjord.

Dans les restes des maisons, on a trouvé notamment une pierre à aiguiser[5], une lampe à huile en pierre, un peson, une gaine en écorce de bouleau pour pierre de lest[4], des épingles en bronze, un fuseau et des outils pour les travaux d'aiguille, indice de la présence de femmes, ainsi que des objets brisés en bois[6]. Il y avait aussi un fragment de bronze portant de petites décorations et qui avait été doré autrefois[7].

L’endroit ne semble avoir été occupé que peu de temps (2 ou 3 ans).

Redécouverte et fouilles archéologiques[modifier | modifier le code]

Des pêcheurs français itinérants et possiblement des baleiniers basques fréquentent aussi le site du XVIe siècle siècle au XIXe siècle[8]. Le village actuel de L'Anse-aux-Meadows est fondé vers 1835 par William Decker[8].

En 1914, W. A. Munn émet l'hypothèse selon laquelle les Scandinaves ont accosté à l'anse aux Meadows[8]. En 1960, l'écrivain norvégien Helge Ingstad fait des recherches sur la côte atlantique, à partir de la Nouvelle-Angleterre vers le Nord[9]. Un habitant de l’Anse aux Meadows, George Decker, le conduit à un groupe de bosses et de crêtes recouvertes d’herbe, rappelant des ruines de maisons[8]. De 1961 à 1968, Helge Ingstad et son épouse Anne Stine Ingstad y dirigent les fouilles d’une équipe d’archéologues américains, islandais, norvégiens et suédois[9]. Parcs Canada effectue d'autres fouilles archéologiques entre 1973 et 1976[8]. L'anse aux Meadows devient un lieu historique national du Canada en 1977[8]. Il est inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO le 8 septembre 1978[8].

Un nouveau centre d'accueil ouvre ses portes en 1984[8]. Le 2 août 1991, le Gaia, une réplique d'un navire scandinave, fait escale à l'anse aux Meadows lors de son voyage entre la Norvège et Washington[8].

Géographie[modifier | modifier le code]

L'Anse aux Meadows a un climat maritime froid, influencé par le courant du Labrador[10]. Il n'est pas rare de voir des icebergs, en particulier aux mois de juin et juillet[10]. Les environs comptent surtout des terres infertiles, des tourbières côtières et des tuckamores, le mot terre-neuvien pour « forêt rabougrie »[10]. Le site compte plus de 250 espèces de plantes, dont 60 espèces d'arbres et d'arbustes, plus de 90 espèces d'herbe, 60 espèces de carex et de graminées, plus de 50 espèces de mousses, de fougère et d'hépatiques ainsi que 23 espèces de lichens.

Tourisme et administration[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Parcs Canada.

Le lieu historique est administré par Parcs Canada, une agence du ministère de l'Environnement du Canada. Pour l'année financière 2011-2012, l'agence dispose d'un budget de 696 millions de dollars pour gérer 42 parcs nationaux, 956 lieux historiques nationaux — dont 167 gérés directement par l'agence — et quatre aires marines nationales de conservation[11].

Infrastructures[modifier | modifier le code]

Le site est accessible par la route 436 via la route 430, ou piste Viking (Viking Trail), près de Saint-Anthony. La route relie le nord de la péninsule du Gros-Morne à Deer Lake.

Galerie d’images[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. William B. Hamilton, The Macmillan book of Canadian place names, 2e édition (1978), page 118
  2. Mentionné également par Lawrence Millman dans Coins perdus : un parcours dans l'Atlantique nord (titre original : Last Places), Terres d'aventure, 1995 (ISBN 2-7427-0475-2).
  3. a, b, c et d « Sites autochtones », sur Parcs Canada (consulté le 3 décembre 2011)
  4. a et b Site de l'UNESCO : Lieu historique national de l'Anse aux Meadows.
  5. (en)Danishnet.com
  6. L'Encyclopédie canadienne
  7. (en) Parks Canada
  8. a, b, c, d, e, f, g, h et i « Bref historique », sur Parcs Canada (consulté le 3 décembre 2011)
  9. a et b « La découverte du site et les fouilles archéologiques (1960-1968) », sur Parcs Canada (consulté le 3 décembre 2011)
  10. a, b et c « Patrimoine naturel », sur Parcs Canada (consulté le 3 décembre 2011)
  11. « Rapports sur les plans et les priorités 2011-2012: Parcs Canada », sur Conseil du Trésor du Canada (consulté le 14 juin 2011)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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