L'Anse aux Meadows

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Lieu historique national de L’Anse aux Meadows *
Patrimoine mondial de l'UNESCO
Site reconstitué de la colonisation des Vikings à L’Anse aux Meadows
Site reconstitué de la colonisation des Vikings à L’Anse aux Meadows
Coordonnées 51° 28′ 00″ N 55° 37′ 00″ W / 51.46667, -55.6166751° 28′ 00″ Nord
       55° 37′ 00″ Ouest
/ 51.46667, -55.61667
  
Pays Drapeau du Canada Canada
Subdivision Province de Terre-Neuve et du Labrador
Type Culturel
Critères (vi)
Numéro
d’identification
4
Zone géographique Europe et Amérique du Nord **
Année d’inscription 1978 (2e session)

Géolocalisation sur la carte : Terre-Neuve-et-Labrador

(Voir situation sur carte : Terre-Neuve-et-Labrador)
Lieu historique national de L’Anse aux Meadows
* Descriptif officiel UNESCO
** Classification géographique UNESCO

L’Anse aux Meadows (si en anglais Meadow signifie « prairie », il s'agit cependant peut-être d'une altération de son nom français d’Anse aux Méduses[1]) est un site archéologique à la pointe septentrionale de la péninsule Nord de l’île de Terre-Neuve, dans la province de Terre-Neuve-et-Labrador, où les vestiges d’un village scandinave furent découverts en 1960 par l’explorateur norvégien Dr. Helge Ingstad et sa femme archéologue Anne Stine Ingstad.

Sommaire

Histoire [modifier]

Territoires, voyages et conquêtes des Vikings.
Article détaillé : Vinland.

Préhistoire [modifier]

Avant la venue des Scandinaves, L'Anse aux Meadows aurait été habitée par cinq ou six groupes amérindiens, vraisemblablement attirés par la richesse des ressources marines et la proximité du Labrador[2]. On retrouve les traces de différentes cultures, parmi lesquelles celle appelée archaïque maritime de 3000 ans avant J.-C. jusqu’au Xe siècle après J.-C., puis par des représentants de la culture Dorset, du VIe au IXe siècle après J.-C[2].

Colonisation scandinave [modifier]

Il s’agit, à ce jour, du seul site scandinave avéré en Amérique du Nord (à l’exception du Groenland). Les fouilles qui y furent pratiquées pendant plusieurs années y exposèrent maisons, instruments et outils qui permirent d’établir la datation du site. L’établissement fondé plus de 500 ans avant Christophe Colomb abrite les plus anciennes traces de la présence européenne en Amérique du Nord. Désigné comme site du patrimoine mondial par l’UNESCO, on pense qu’il pourrait s’agir de la colonie quasi légendaire de « Vinland » fondée par l’explorateur Leif Ericson aux alentours de l’an mil. Cette interprétation est sujette à débats, le site étant plus probablement à rapprocher du Straumfjord de Thorfinn Karlsefni, où serait né son fils, Snorri, premier européen né au Nouveau Monde.

Le climat à l’époque était sans doute assez similaire à ce qu'il est aujourd’hui, voire légèrement plus doux. Comme la saga nous le raconte, Leif quitta le Groenland à la recherche du pays dont Bjarni Herjólfsson lui avait parlé. Il trouva un pays avec de la vigne et du froment sauvage, des rivières où abondent les saumons et aux hivers sans gel. Il revint pour y récolter du bois qu’il pourrait rapporter au Groenland où celui-ci était rare.

L’établissement de L’Anse aux Meadows se composait d’au moins 8 bâtiments, y compris une forge, un haut-fourneau et d’une scierie qui alimentait un chantier naval. On trouva sur le site une quantité considérable de scories provenant de la fonte et du forgeage du fer ainsi que de nombreux clous et rivets en fer utilisés dans la construction des bateaux. Pour la première fois, le fer fut fondu au Nouveau Monde (hors Groenland).

La saga décrit l’effort de colonisation menée par Thorfinn Karlsefni, et quelque 135 hommes et 15 femmes, qui utilisèrent le camp de Leif comme base.

Selon Parc Canada, il est surprenant qu'il n'y ait pas eu d'Amérindiens au site de l'anse aux Meadows à l'arrivée des Vikings[2]. Ces derniers rencontrent toutefois un peuple qu'ils nomment les Skrælings ailleurs dans le Vinland ainsi qu'au nord de l'établissement[2]. Ils fuient ensuite les Skraelings et se replient plus au nord, sur un site qu'ils nomment Straumfjord. On a retrouvé des outils de couture et de tricotage, indices de la présence de femmes, à l’Anse aux Meadows.

Dans la fosse à cuisson de l’une des grandes maisons, on retrouva une épingle en bronze garnie d’une tête en forme d’anneau que les Scandinaves utilisaient pour attacher leurs manteaux. Dans une autre maison, on trouva une lampe à pétrole en pierre et un petit volant de fuseau. Dans la fosse d’une troisième maison, on découvrit un fragment d’une aiguille en os qui devait servir à un certain type de tricot. On trouva également un petit fragment de cuivre ouvragé qui avait dû être rutilant.

L’endroit ne semble avoir été occupé que quelques années (2 ou 3 ans).

Redécouverte et fouilles archéologiques [modifier]

Des pêcheurs français itinérants et possiblement des baleiniers basques fréquentent aussi le site du XVIe siècle siècle au XIXe siècle[3]. Le village actuel de L'Anse-aux-Meadows est fondé vers 1835 par William Decker[3].

En 1914, W. A. Munn émet l'hypothèse selon laquelle les Scandinaves ont accosté à l'anse aux Meadows[3]. En 1960, l'écrivain norvégien Helge Ingstad fait des recherches sur la côte atlantique, à partir de la Nouvelle-Angleterre vers le Nord[4]. Un habitant de l’Anse aux Meadows, George Decker, le conduit à un groupe de bosses et de crêtes recouvertes d’herbe, rappelant des ruines de maisons[3]. De 1961 à 1968, Helge Ingstad et son épouse Anne Stine Ingstad y dirigent les fouilles d’une équipe d’archéologues américains, islandais, norvégiens et suédois[4]. Parcs Canada effectue d'autres fouilles archéologiques entre 1973 et 1976[3]. L'anse aux Meadows devient un lieu historique national du Canada en 1977[3]. Il est inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO le 8 septembre 1978[3].

Un nouveau centre d'accueil ouvre ses portes en 1984[3]. Le 2 août 1991, le Gaia, une réplique d'un navire scandinave, fait escale à l'anse aux Meadows lors de son voyage entre la Norvège et Washington[3].

Géographie [modifier]

L'Anse aux Meadows a un climat maritime froid, influencé par le courant du Labrador[5]. Il n'est pas rare de voir des icebergs, en particulier aux mois de juin et juillet[5]. Les environs comptent surtout des terres infertiles, des tourbières côtières et des tuckamores, le mot terre-neuvien pour « forêt rabougrie »[5]. Le site compte plus de 250 espèces de plantes, dont 60 espèces d'arbres et d'arbustes, plus de 90 espèces d'herbe, 60 espèces de carex et de graminées, plus de 50 espèces de mousses, de fougère et d'hépatiques ainsi que 23 espèces de lichens.

Tourisme et administration [modifier]

Article détaillé : Parcs Canada.

Le lieu historique est administré par Parcs Canada, une agence du ministère de l'Environnement du Canada. Pour l'année financière 2011-2012, l'agence dispose d'un budget de 696 millions de dollars pour gérer 42 parcs nationaux, 956 lieux historiques nationaux — dont 167 gérés directement par l'agence — et quatre aires marines nationales de conservation[6].

Infrastructures [modifier]

Le site est accessible par la route 436 via la route 430, ou piste Viking (Viking Trail), près de Saint-Anthony. La route relie le nord de la péninsule du Gros-Morne à Deer Lake.

Galerie d’images [modifier]

Notes et références [modifier]

  1. William B. Hamilton, The Macmillan book of Canadian place names, 2e édition (1978), page 118
  2. a, b, c et d Sites autochtones, sur Parcs Canada. Consulté le 3 décembre 2011
  3. a, b, c, d, e, f, g, h et i Bref historique, sur Parcs Canada. Consulté le 3 décembre 2011
  4. a et b La découverte du site et les fouilles archéologiques (1960-1968), sur Parcs Canada. Consulté le 3 décembre 2011
  5. a, b et c Patrimoine naturel, sur Parcs Canada. Consulté le 3 décembre 2011
  6. Rapports sur les plans et les priorités 2011-2012: Parcs Canada, sur Conseil du Trésor du Canada. Consulté le 14 juin 2011

Voir aussi [modifier]

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Article connexe [modifier]

Liens externes [modifier]