L'An 01
L'An 01 est un film français de 1973, réalisé par Jacques Doillon, Gébé, Alain Resnais et Jean Rouch. Il est adapté de la bande dessinée L'An 01 de Gébé.
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Synopsis [modifier]
Le film narre un abandon utopique, consensuel et festif de l'économie de marché et du productivisme. La population décide d'un certain nombre de résolutions dont la première est « On arrête tout » et la deuxième « Après un temps d'arrêt total, ne seront ranimés - avec réticence - que les services et les productions dont le manque se révélera intolérable. Probablement : l'eau pour boire, l'électricité pour lire le soir, la TSF pour dire « Ce n'est pas la fin du monde, c'est l'an 01, et maintenant une page de Mécanique céleste ». L'entrée en vigueur de ces résolutions correspond au premier jour d'une ère nouvelle, l'An 01.
L'An 01 est emblématique de la contestation des années 1970 et aborde des thèmes aussi variés que l'écologie, la négation de l'autorité, l'amour libre, la vie en communauté, le rejet de la propriété privée et du travail.
Précisions sur le film [modifier]
La séquence new-yorkaise, dont le style diffère profondément du reste, a été réalisée par Alain Resnais qui se trouvait alors sur place.
Réactions de la presse [modifier]
- Le Figaro se montre réservé et ajoute une petite pique à l'adresse du film (concernant la scène où le serrurier collecte toutes les clés - dont plus personne n'a besoin en lisant Proust et en commentant : "Il y a du déchet") : "On croyait qu'il avait trop de clés. On découvre désormais qu'il en manque".
Fiche technique [modifier]
- Réalisateurs : Jacques Doillon, Gébé, Alain Resnais (pour la partie américaine, qui a un style bien à elle : Épisode, "Wall Street") et Jean Rouch, (pour l'épisode en Afrique)
- Scénariste Gébé
- Société de production : UZ Production
- Producteur délégué : Jean-Jacques Schakmundès
- Directeur de production : Michael Hauseman
- Société de distribution : Pari Films, Cinémas Associés
- Compositeur : François Béranger et Jean-Marie Dusuzeau, paroles de Gébé
- Directeur de la photographie : Renan Pollès
- Monteur : Noëlle Boisson et Jacques Doillon
- Début du tournage le 11 septembre 1971
- Durée : 1h27
- Première présentation le 22 février 1973
Distribution [modifier]
- Daniel Auteuil : l'ex-banquier qui ne sait rien faire d'autre
- Josiane Balasko (à confirmer)
- François Béranger
- Isabelle de Botton
- Madeleine Bouchez
- Romain Bouteille : le collectionneur de vieux billets de banque
- Cabu : un membre des conspirateurs
- Antoine Carillon
- François Cavanna: un membre des conspirateurs
- Professeur Choron : un membre des conspirateurs
- Christian Clavier
- Coluche : le chef de bureau
- Véronique Colucci
- Maurice Coussonneau
- Christine Dejoux
- Albert Delpy
- Gérard Depardieu : le voyageur qui ne veut plus prendre le train
- Delfeil de Ton
- Jean-Paul Farré : le pompiste
- Lee Falk : le banquier
- Marcel Gassouk
- Gébé
- Gotlib: le gardien de prison
- Alain Scoff
- Alain Bert
- Jacques Cancelier
- Henri Guybet : le gars au réveil-matin
- Jacques Higelin
- Gérard Jugnot : un goûteur
- Daniel Laloux
- Patrice Leconte
- Stan Lee : le narrateur (scènes à New York)
- Thierry Lhermitte : le goûteur d'alcool
- René Marjac
- Miou-Miou : la fille au réveil-matin
- Patrice Minet
- David Pascal : le vendeur de journaux
- Marie Pillet : la cliente de l'épicerie
- Daniel Prévost
- Maud Rayer
- Jacques Robiolles : l'homme nu
- Philippe Starck : un publicitaire
- Jean-Paul Tribout : l'amoureux scientifique
- Frédéric Tuten
- Georges Wolinski: un membre des conspirateurs
- Guillaume Weill-Raynal : un manifestant, en patins à roulettes
- Charlotte Dubreuil[1]
Genèse du film [modifier]
L'An 01 offre leurs premiers rôles à Thierry Lhermitte et Gerard Jugnot au cinéma. On y voit également Coluche, le reste de l'équipe du Splendid, les collaborateurs de Hara-Kiri (à contre-emploi en réactionnaires nostalgiques de l'ordre ancien et du port de la cravate), Gotlib (en gardien de prison !), Jacques Higelin, ainsi que de nombreux autres.
Diffusion et audience [modifier]
L'An 01 a été choisi pour être diffusé en ouverture du festival Poing à la Ligne le 12 mai 2003, et a fait l'objet d'un Thema sur la chaîne culturelle franco-allemande Arte.
Il est difficile de séparer dans la population les idées et attitudes qui ont été conséquences de l'An 01 de celles qui lui préexistaient et lui avaient donné naissance.
Parmi les conséquences certaines, on peut citer l'intervention de Gébé en tant que personnage dans les Aventures de Paulette, de Pichard et Wolinski, et le concept auquel ses idées donnent naissance : Ras-le-bol-ville, dont le style menace tant la civilisation existante que celle-ci devra la détruire par l'arme nucléaire ![réf. nécessaire]
Parmi les conséquences possibles, il faut mentionner des attitudes qui commencèrent à devenir de plus en plus courantes à partir des années 1970 : congés sans solde, années sabbatiques, passages à temps partiel « pour avoir le temps de se cultiver un peu », et sans doute aussi l'enthousiasme de plusieurs papy-boomers à accepter (voire à demander) une pré-retraite à 55 ans leur permettant juste de vivre au SMIC.[travail inédit ?]
Réception critique [modifier]
Même un journal comme le Figaro, peu suspect de sympathie pour les idées soixante-huitardes, donna un petit coup de chapeau au film au moment de sa sortie, non sans l'égratigner toutefois : dans le film, le serrurier collecte dans sa charrette les clés que chacun lui jette par la fenêtre pour approuver l'abandon de la propriété privée. Parallèlement, il lit Stendhal et s'en entretient avec un ami en exprimant son avis : « Ce n'est pas mal, mais il y a tout de même du déchet. »
Le critique commente alors laconiquement : « On croyait qu'il avait trop de clés. On découvre soudain qu'il en manque. »[réf. nécessaire]
Notes et références [modifier]
- Générique complet sur imdb.com
Voir aussi [modifier]
Articles connexes [modifier]
Liens externes [modifier]
- (en) L'An 01 sur l’Internet Movie Database