L'Amour médecin

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L'Amour médecin est une comédie-ballet en trois actes et en prose écrite par Molière sur une musique de Jean-Baptiste Lully, représentée pour la première fois au château de Versailles par ordre du Roi le 14 septembre 1665, et donnée ensuite à Paris au Théâtre du Palais-Royal le 22 septembre 1665 par la troupe du Roy. Il s'agit de la première pièce mise en scène par la troupe de Molière en tant que troupe du Roy.

Résumé[modifier | modifier le code]

Confrontée à l'austérité d'un père qui lui refuse d'épouser Clitandre, Lucinde décide de feindre la maladie avec la complicité de Lisette, sa suivante. Sganarelle, le père, décide alors de faire venir des comperes , dont il constate bien vite l'incompétence. Lisette annonce alors qu'elle connait un médecin révolutionnaire qui fait des miracles. C'est ainsi que, déguisé en docteur, Clitandre parvient à approcher Lucinde pour la première fois, puis à l'épouser en prétextant un mariage fictif comme remède psychologique qui, finalement, est bien réel !

Des portraits au vitriol[modifier | modifier le code]

Comme le note le docteur Chéreau : « Que les docteurs Tomès, Des Fonandrès, Macroton, Bahys et Fillerin, qui jouent les rôles que l'on sait dans l'Amour médecin, ne soient que des portraits, qu'ils aient réellement existé au temps de Molière, et qu'ils aient appartenu à la cour, cela n'est pas douteux. »[1]. En fait Molière s'attaqua à quatre médecins très en vue à la cour de Louis XIV : Des Fougerais, premier médecin de Madame ; Esprit, premier médecin de la reine-mère ; Valot et Guénot, premiers médecins de la reine[2]. Comme Molière voulait déguiser leurs noms, il pria son ami Boileau de lui en forger de convenables, tirés du grec, qui indiquaient le caractère de chacun[3].

Quelques répliques[modifier | modifier le code]

« Vous êtes orfèvre, monsieur Josse, et votre conseil sent son homme qui a envie de se défaire de sa marchandise. » (Sganarelle, acte 1, scène I)
« Il n'y a point de pires sourds que ceux qui ne veulent pas entendre. » (Lisette, acte 1, scène IV)
« C'est l'Amour qui guérit, c'est lui le vrai médecin. » (Lisette)
« C'est bien vrai mais pas tout le temps. » (une personne dont on ne connaît pas le nom)
Lisette : « Que voulez vous donc faire monsieur, de quatre médecins ? Il n'en suffit pas d'un pour tuer une personne ? »
Sganarelle : « Est-ce que les médecins font mourir ? »
Lisette : « Sans doute, et j'ai connu un homme qui prouvait, par bonnes façons, qu'il ne faut jamais dire : une telle personne est morte d'une fièvre et d'une fluxion sur la poitrine, mais : elle est morte de quatre médecins et de deux apothicaires. »

Distribution[modifier | modifier le code]

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Acteurs et actrices ayant créé les rôles
Personnage Acteur ou actrice
Sganarelle, père de Lucinde Molière - Antoine Cariffa (1913) - Emile Chifoliau (1918)
Aminte, voisine de Sganarelle Blanche Albane (1913) - Lucienne Bogaert (1918)
Lucrèce, nièce de Sganarelle Gina Barbieri (1913) - Valentine Tessier (1918)
Monsieur Guillaume, vendeur de tapisseries Roger Karl (1913) - Robert Bogaert (1918)
Monsieur Josse, orfèvre Shiel Bardy (1913) - Marcel Millet (1918)
Lucinde, fille de Sganarelle Suzanne Bing (1913) - Madeleine Geoffroy (1918)
Lisette, suivante de Lucinde Jane Lory (1913 et 1918)
Monsieur Tomès, médecin Lucien Weber (1913) - Marcel Vallée (1918)
Monsieur des Fonandrès, médecin Béjart - Charles Dullin (1913) - François Gournac (1918)
Monsieur Macroton, médecin Louis Jouvet (1913 et 1918)
Monsieur Bahys, médecin Romain Bouquet (1913) - Lucien Weber (1918)
Monsieur Filerin, médecin Jacques Copeau (1913) - Robert Casa (1918)
Clitandre, amant de Lucinde Armand Tallier (1913) - Jean Sarment (1918)
Un notaire Georges Roche (1913) - André Chotin (1918)
L’opérateur, orviétan
Plusieurs trivelins et scaramouches Jessmin Howarth (1918, Champagne) - Jacques Vildrac (1918, Bossu)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dr Achille Chéreau, Le Médecin de Molière, Félix Malteste, 1881 p. 14 lire en ligne
  2. Jules Claretie in La Revue politique et littéraire, deuxième série, Germer Baillière, Paris, 1871 p. 888 lire en ligne
  3. Pierre Larousse, Grand dictionnaire universel du XIXe siècle, Tome 1, Larousse, Paris p. 293 Lire en ligne

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Maurice Raynaud, Les médecins au temps de Molière, Didier et Cie, Paris, 1862 pp. 135-140

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]