L'Abidjanaise

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
L'Abidjanaise (fr)
Armoiries de la Côte d'Ivoire
Armoiries de la Côte d'Ivoire

Hymne national de Côte d'Ivoire Côte d'Ivoire
Paroles Pierre-Marie Coty, avec une adaptation de Mathieu Vangah Ekra
1960
Musique Pierre-Michel Pango
1959
Adopté en 1960
Fichiers audio
L'Abidjanaise (version instrumentale)
Des difficultés à utiliser ces médias ? Des difficultés à utiliser ces médias ?
Fichier audio externe L'Abidjanaise (version orchestrale)

L'Abidjanaise est l'hymne national de la République de Côte d'Ivoire. Adopté par la loi n°60-207 du 27 juillet 1960, son caractère d'hymne national est affirmé par l'article 29 de la constitution de la Deuxième République ivoirienne. La musique a été composée par l'Abbé Pierre-Michel Pango. Les paroles sont de l'Abbé Pierre-Marie Coty, paroles auxquelles le Ministre Mathieu Ékra rajouta quelques modifications. L'hymne se présente sous forme d’un poème lyrique et très patriotique, exprimant des images exaltant les valeurs de la terre ivoirienne, telles que l'espérance, la paix, la dignité et la « vraie fraternité ».

Historique[modifier | modifier le code]

Adoptée en 1960 à l'indépendance du pays, l'Abidjanaise est restée l'hymne national de Côte d'Ivoire, bien qu'Abidjan ne soit plus que la capitale économique. Cet hymne est très fortement teinté de patriotisme et influencé par la religion. Les paroles originales sont de Pierre-Marie Coty, avec une adaptation du Ministre Mathieu Vangah Ekra. La musique a été composée par l'abbé Pierre-Michel Pango, en prenant pour modèle La Marseillaise[1].

Entre 2007 et 2009, sous l'impulsion de Laurent Gbagbo, il fut question de remplacer l'Abidjanaise par l'Ode à la patrie en tant qu'hymne national. Cette dernière a été composée en 2002 après le commencement de la guerre civile ivoirienne, et fut sélectionnée par concours en 2003[2]. L'Ode à la patrie était chantée par les partisans du chef de l’État et diffusée sur les antenne de la RTI[3], au même titre que l'Abidjanaise jusqu'en 2007, quand bien même celle-ci est toujours restée l'hymne national[4]. Le projet de remplacement ne connut cependant pas de suite et l'hymne n'a jamais été formellement remplacée. L'Ode à la patrie a cependant été utilisée à nouveau par la télévision d’État pendant la crise de 2010-2011[5].

En 2013, un colloque scientifique est organisé lors des commémorations du vingtième anniversaire du décès de l'Abbé Pierre-Michel Pango. Ce colloque scientifique réunit savants, historiens, sociologues et musicologues, pour produire une communication relative à l'histoire de l'Abidjanaise et ses véritables coauteurs. Les conclusions de ce colloque sont que les paroles originales de l'hymne national ivoirien sont originellement de l'Abbé Pierre-Marie Coty, paroles qu'il a composées en accord avec la musique qui elle, est effectivement de l'Abbé Pierre-Michel Pango. C'est cette œuvre originale, composée par les deux prélats, qui a remporté son statut d'hymne national lors d'un concours organisé en 1959[6]. Le ministre Matthieu Ékra aurait par la suite, apporté des modifications au texte original. Les conclusions du colloque ont été remises aux autorités ivoiriennes qui ont décerné à l'Abbé Pierre-Marie Coty, devenu entre temps évêque de Daloa, une décoration au nom de la nation ivoirienne, sa première reconnaissance officielle depuis 1960. Le colloque n'a cependant retenu aucune contribution de Joachim Boni au texte de l'Abidjanaise.

Utilisations et coutumes[modifier | modifier le code]

Si un musicien peut choisir de ne jouer que la musique seule lors d'occasions privées ou officieuses, les paroles de l'Abidjanaise doivent être chantées, avec ou sans musique, en respectant l'air. L'hymne peut être joué lors d'occasions solennelles ou de célébrations, mais il accompagne obligatoirement toutes les cérémonies officielles de l'État et clos les interventions télévisées solennelles du Président. Il peut être joué lors d'événements sportifs en Côte d'Ivoire ou à l'étranger, selon le protocole de l'événement en question. Lors de la diffusion de l'hymne national, tous les hommes et femmes doivent se lever, se tourner vers le drapeau ivoirien, si présent, et poser la main sur le cœur comme le veut la tradition. Les personnes en uniforme doivent faire un salut militaire dès l'exécution des premières notes de l'hymne national.

Lorsque jouée par l'orchestre de la gendarmerie nationale, la mélodie du garde-à-vous doit précéder l'hymne national. Composé par Jean-Joseph Pango et Pierre-Michel Pango, le garde-à-vous n'est pas chanté, mais détient la signification suivante : « À l'appel de la nation, répondons tous d'un même présent ».

Paroles[modifier | modifier le code]

L'Abidjanaise compte en totalité cinq couplets, conclus par deux refrains alternés à chaque couplet. Lors d'évènements publics et officiels, il est habituel que seul le premier couplet soit chanté. Les couplets suivants sont rarement chantés, plus rarement encore sont-ils connus du grand public.

La version intégrale de l'Abidjanaise est la suivante [7]:

L'Abidjanaise
Premier couplet

Salut Ô terre d’espérance!
Pays de l’hospitalité.
Tes légions remplies de vaillance,
Ont relevé ta dignité.
Tes fils, chère Côte d’Ivoire,
Fiers artisans de ta grandeur,
Tous rassemblés et pour ta gloire,
Te bâtiront dans le bonheur.

Premier refrain :

Fiers ivoiriens le pays nous appelle.
Si nous avons, dans la paix, ramené la liberté,
Notre devoir sera d’être un modèle
De l’espérance promise à l’humanité
En forgeant, unis dans la foi nouvelle,
La patrie de la vraie fraternité.

Deuxième couplet

À toi noble Côte d'Ivoire,
Ô grand pays des bonnes gens !
Nous apportons dans la victoire,
L’hommage de nos cœurs ardents.
Dans l’amitié des peuples frères,
Dieu guide nous vers l’idéal,
Soumise à la devise chère :
Union, discipline, travail.

Deuxième refrain :

Pour ta grandeur, riche et noble patrie,
Nous marcherons de l’avant, pleins d’amour et pleins de foi.
De cœurs unis, au cours de notre vie,
Nous œuvrerons dans l’honneur pour le juste droit,
De cœurs unis au cours de notre vie,
À tes appels nous serons tous présents.

Troisième couplet

À tous nos compagnons de route,
À l’aube de ce jour tombés,
Pour que ne règne plus le doute,
Mais la foi, la fraternité.
À tous nos bataillons d’élite,
Dans la tombe aujourd’hui couchés,
Ô peuple tout entier redites :
Amour, honneur, fidélité.

Premier refrain
Quatrième couplet

Et que ton drapeau nous unisse,
Que ton amour nous fortifie,
Car pour toi seul nous voulons vivre,
Et pour toi combattre et mourir.
Et vous, fière et noble jeunesse,
De tous les horizons connus,
Suivez toujours cette sagesse,
de nos ainés qui ne sont plus.

Deuxième refrain
Cinquième couplet

A nous qu’anime l’espérance,
En ton avenir lumineux,
Redonne toujours l’assurance,
De nous conduire en peuple heureux.
Et nous irons de par le monde,
Semer ton nom et tes bienfaits,
En clamant sur toutes les ondes,
Que sur ton sol règne la paix.

Premier refrain

Sur les autres projets Wikimedia :

L'Abidjanaise, jouée par l'orchestre militaire devant Félix Houphouët-Boigny le 26 octobre 1992. Vidéo originale

Statut légal de l'hymne national[modifier | modifier le code]

L'article 29 de la constitution affirme :

  • L'État de Côte d'Ivoire est une République indépendante et souveraine.
  • L'emblème national est le drapeau tricolore orange, blanc, vert, en bandes verticales et d'égales dimensions.
  • L'hymne de la République est l'Abidjanaise.
  • La devise de la République est : Union, Discipline, Travail.
  • La langue officielle est le français.

En janvier 2012, le ministre de la Promotion de la Jeunesse et du Service Civique Alain Lobognon réinstaure la cérémonie de salut aux couleurs dans l'administration ivoirienne, instaurée pour la première fois en juillet 1997 et suspendue en octobre 2000. L'Abidjanaise doit ainsi être jouée chaque Lundi matin et chaque Vendredi soir[8]. À la rentrée septembre 2013, la mesure a été étendue aux établissements scolaires publics, où l'apprentissage des cinq couplets de l'hymne national est devenu obligatoire[9]. Le chant de l'Abidjanaise à l'école était déjà obligatoire dans les années 1980 sous l'impulsion de Balla Keita, alors ministre de l'enseignement de Félix Houphouët-Boigny. On retrouve l'obligation d'enseigner l’hymne national dans d'autres pays, comme la France, les États-Unis, la Serbie ou encore l’Autriche.

Références[modifier | modifier le code]

  1. L'histoire méconnue des hymnes nationaux africains
  2. Chant patriotique: "L'Ode à la patrie" au cabinet du ministre de l'enseignement technique - article sur allAfrica publié le 18 février 2003
  3. Page 25 du Rapport n°11 2008 du Consortium for Development Partnerships Research de CODESRIA.
  4. Changement des fondements de la Côte d`Ivoire : Hymne national : “L`Ode à la Patrie” à la place de “l`Abidjanaise” ? - article du Nouveau Réveil daté du 28 décembre 2009.
  5. Tensions, panique et départs en exil chez les LMP – La RTI boucle hier sans le message de Gbagbo, annoncé pour ce jeudi - Article en cache de ConnectionIvoirienne.net publié le 31 mars 2011.
  6. Hommage aux véritables auteurs de l'Abidjanaise, René Babi, Éditions Balafons, 131 pages.
  7. Intégralité des paroles de l'Abidjanaise
  8. Cérémonie de Salut aux couleurs, à la Cité Administrative : Le Ministre Alain Lobognon interpelle les travailleurs Ivoiriens - article de abidjan.net publié le 7 fevrier 2012.
  9. Civisme: le salut au couleurs refait de nouveau surface - reportage de la RTI publié le 3 décembre 2013.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]