L'Île au trésor

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L'Île au trésor
Image illustrative de l'article L'Île au trésor
Couverture d'une édition anglaise de 1911

Auteur Robert Louis Stevenson
Genre Roman d'aventure pour la jeunesse
Version originale
Titre original Treasure Island
Éditeur original Young Folks
Langue originale Anglais britannique
Pays d'origine Écosse Écosse
Date de parution originale 1881
Version française
Traducteur André Laurie
Lieu de parution Paris
Éditeur J. Hetzel
Date de parution 1885
Nombre de pages 262

L'Île au trésor (titre original : Treasure Island) est un récit d'aventures écrit par Robert Louis Stevenson. L’œuvre a d'abord paru dans le magazine Young Folks du 1er octobre 1881 au 28 janvier 1882 sous la forme de feuilleton signé « Captain George North », puis sous la forme de livre en 1883, après que Stevenson eut apporté de nombreuses modifications à son texte[1].

En France, le roman paraît pour la première fois en 1885 aux éditions Hetzel.

Résumé[modifier | modifier le code]

Le jeune Jim Hawkins[2] est le fils du gérant de l'auberge « L'Amiral-Benbow ». Un jour, un vieux loup de mer nommé Billy Bones débarque à l'auberge et s'y installe. Jim est tout à la fois fasciné et terrifié par ce marin colérique, violent et ivrogne, d'autant qu'une obscure menace semble planer sur ce dernier.

La menace se précise lorsque Pew, un pirate aveugle, donne à Billy Bones « la marque noire », annonciatrice de mort dans le monde des pirates. Alors que les heures de Billy Bones sont comptées, il meurt, foudroyé par une crise d'apoplexie, tandis qu'au même moment, le père de Jim meurt d'une grave maladie ( la phtisie ). Ce dernier était soigné par le docteur Livesey.

Ils partent dans le village voisin pour ramener du monde, pour les aider contre la bande de Flint qui n'allait pas tarder... Mais personne ne vient.

Jim et sa mère fouillent le corps de Billy Bones et découvrent la clé du coffre que le pirate gardait jalousement cachée dans sa chambre. En ouvrant le coffre du pirate, ils découvrent un petit sac d'or et un paquet que Jim emporte avec lui par curiosité, avec entre autres, quelques babioles appartenant à Bones. Jim s'empare donc du paquet, et sa mère, de la somme d'argent que lui devait Billy Bones : elle voulait ainsi montrer aux gens qu'elle était honnête et raisonnable. Ils se rendent tous deux chez leurs voisins et manquent de se faire tuer par Pew et ses hommes, qui, fort heureusement, ne les ont pas vus. Jim laisse sa mère avec les voisins et part voir le docteur Livesey qui dînait chez le squire Trelawney, accompagné de quelques hommes du voisinage. Ils décident tous trois d'ouvrir le paquet de Jim et découvrent une carte au trésor. Ils se lancent alors dans une fabuleuse aventure vers l'île au trésor.

Un navire baptisé l'Hispaniola est affrété pour partir à sa recherche. L'équipage est composé d'un capitaine très strict, de joyeux pirates et d'un cuisinier très populaire du nom de Long John Silver. Ce vétéran est le conseiller de tous et il lui manque une jambe.

Au cours de la traversée, Jim surprend une conversation entre le cuisinier, Long John Silver, et des hommes d'équipage : il apprend ainsi que la plupart des marins à bord de l'Hispaniola font partie de la bande de Flint et qu'une mutinerie se prépare pour s'emparer du trésor et du bateau. Jim avertit ses amis du danger. Ils décident de ne pas agir avant d'être à terre tout en restant sur leurs gardes. Seuls le docteur, le châtelain, le capitaine, quelques marins et Jim sont restés fidèles.

Lorsque l’île est atteinte, Jim, caché dans un buisson, assiste à l'assassinat de Tom par Long John Silver, un membre d’équipage. Pris de peur, Jim s'enfuit sans bruit. La lutte s’engage entre les deux groupes. Le jeune Hawkins découvre, lors d'une promenade sur l'île, un ancien pirate du nom de Ben Gunn, qui lui explique qu'il a été abandonné par son équipage. Il lui révèle également l'existence d'une barque cachée derrière un gros rocher blanc près du rivage. De son côté, le jeune garçon lui raconte son aventure. Ben Gunn se déclare prêt à les aider mais si quelqu'un veut lui parler, il devra venir seul avec un objet blanc à la main.

Jim ne révèle pas tout de suite l'existence de Ben Gunn. Lui et ses amis se réfugient dans un fortin en bois. Les pirates les prennent d'assaut et réussissent à blesser le capitaine mais perdent quelques-uns de leurs hommes. Pendant que le châtelain soigne le capitaine et que le docteur est parti rencontrer Ben Gunn après l'aveu de Jim à propos de l'ancien pirate, ce dernier décide de partir à la recherche de la barque évoquée par Ben Gunn.

Grâce à la barque, il parvient à trancher l'amarre de l'Hispaniola et monte à bord. Il tombe sur un pirate ivre et, avec aide de celui-ci, fait naviguer le bateau jusqu'à un endroit introuvable pour les pirates. Mais lors de la dernière manœuvre, le pirate essaie de tuer Jim. Le jeune garçon parvient à tuer le pirate grâce aux armes qu'il avait prises avant de s'évader du fortin. Mais est blessé à l'épaule. Quittant le bateau, il retourne au fortin pour annoncer à ses amis qu'il détient le bateau ; là, il tombe sur Long John Silver et ses hommes. Ceux-ci s'apprêtent à le tuer, mais Silver décide de lui laisser la vie sauve, impressionné par le discours de bravoure que Jim a tenu devant eux en leur déclarant que c'était lui qui avait contrarié tous leur plans. Les pirates de Long John, mécontents, veulent se révolter, mais Silver parvient à les calmer en leur promettant une part du trésor. Silver explique à Jim que le docteur Livesey lui a laissé le fortin et la nourriture du bateau qu'il possédait, et qu'il s'en était allé avec ses amis dans un endroit inconnu. Jim est d'autant plus surpris que le docteur avait laissé la carte au trésor entre les mains de Silver.

Le lendemain, le docteur rend visite aux pirates pour un rendez-vous médical, et, étonné par la présence de Jim, demande à lui parler en privé. Il se place à l'extérieur de la palissade du fortin tandis que Jim est contraint de rester à l'intérieur. Le docteur commence à lui faire des reproches mais finit par le prendre en pitié lorsque celui-ci éclate en sanglots. Jim fait part au docteur de ses craintes de se faire torturer et Livesey propose au jeune garçon de s'enfuir avec lui. Le jeune Hawkins refuse, ayant donné sa parole de ne pas s'enfuir et préférant mourir.

Genèse de son « premier livre »[modifier | modifier le code]

La carte de l'île, par Stevenson

Stevenson à 29 ans[modifier | modifier le code]

En 1879, Stevenson est considéré comme une étoile montante au sein du milieu littéraire. Ses œuvres se limitent, à l'époque, à deux récits de voyage : An Inland Voyage (1878) et Voyage avec un âne dans les Cévennes (1879) et quelques nouvelles, qui ne lui ont pas encore valu de s'attirer la faveur du grand public. Des succès d'estime donc, pour ce passionné d'écriture et de littérature, mais qui ne lui permettent pas encore de vivre de sa passion.

Issu d'un milieu plutôt aisé, il ne doit son relatif confort financier qu'à la situation de son père, Thomas Stevenson, célèbre ingénieur bâtisseur de phares dans toute l'Écosse. Mais cette dépendance financière envers son père[3] se dresse bien souvent comme un obstacle à sa liberté, Thomas n'hésitant pas à recourir à ce levier pour faire plier son fils à ses exigences.

Sur le plan sentimental, Stevenson vit une relation avec une artiste-peintre américaine, Fanny Osbourne, rencontrée en 1876 lors d'un séjour en France à Grez. Relation pour le moins compliquée à l'époque, puisque la belle, de dix ans plus âgée, est mariée, mère de deux enfants (Isobel et Lloyd) et vit séparée de son mari demeuré aux États-Unis.

Lorsqu'en août 1878 Fanny repart avec ses enfants en Californie auprès de son mari, Stevenson reste seul et le monde semble s'écrouler autour de lui. Une année passe, durant laquelle il s'efforce de surmonter son chagrin de vivre loin de l'être aimé, mais rien n'y fait : le 7 août 1879, n'y tenant plus, il embarque presque sur un coup de tête à bord d'un bateau d'émigrants pour l'Amérique afin de rejoindre Fanny.

Stevenson en Californie[modifier | modifier le code]

Au terme de plus de trois semaines de voyage[4], Stevenson retrouve Fanny à Monterey, dans un état de santé déplorable : toux, fièvre et eczéma[5]. Mais, côté finances, il ne peut compter que sur lui : ses amis (W. E. Henley, Sidney Colvin (en) et Edmund Gosse) font la sourde oreille à ses appels au secours. Persuadés que Stevenson se fourvoyait dans cette relation avec Fanny, et qu'il gâchait son talent, ils s'appliquent, sur la suggestion d'Henley, à décourager Stevenson de rester en Californie. Pour ce faire, il est décidé qu'un minimum d'effort serait fait pour placer ses textes auprès des éditeurs et que l'on répondrait par la négative à ses demandes d'argent sous un prétexte quelconque. C'est donc tant bien que mal que Stevenson survit, économisant autant que possible et gagnant à peine de quoi vivre en rédigeant des articles pour le Monterey Californian, une gazette locale[6].

Il tombe gravement malade en mars 1880 et échappe de peu à la mort grâce au dévouement de Fanny à son chevet, laquelle a également pris sur elle d'écrire aux parents de Stevenson pour tenter de les ramener à la raison. Voyant que leur obstination avait failli coûter la vie de leur fils, ils cèdent : Thomas l'assure d'une rente et donne sa bénédiction au mariage. Stevenson et Fanny se marient en mai 1880, puis, après deux mois de voyage de noces passés dans une mine d'argent abandonnée[7], s'en retournent en Europe au mois d'août 1880.

Vision littéraire[modifier | modifier le code]

De retour en Écosse, Stevenson est désormais un homme nouveau : les choses se sont clarifiées dans sa vie. Enfin marié avec Fanny, il s'est réconcilié avec son père, ce qui, sans pour autant lui fournir son indépendance financière, le met à l'abri du besoin. Mais surtout, le voilà détenteur d'une vision littéraire aboutie, longuement mûrie pendant son exil, qu'il détaille dans un premier essai, On the Art of Literature[8]. Et ce n'est là que la première brique d'une véritable théorie sur la fiction et le roman, qu'il ne cessera par la suite de développer et d'affiner, notamment dans ses essais majeurs qui suivirent : A Gossip on Romance[9](1882), A note on realism[10](1883), A Humble Remonstrance[11],[12](1884) et On some technical elements of style in literature[13](1885).

Selon Michel Le Bris, cette année passée en Californie se révèle capitale dans la vie de Stevenson car c'est à partir de cette expérience qu'il est accepté en tant qu'écrivain[14]. En témoigne d'ailleurs sa nouvelle Le Pavillon sur la lande (The Pavilion on the Links, 1880), en grande partie développée et achevée en Californie, dont le ton résolument nouveau, bien différent de ses textes précédents, a immédiatement séduit la critique[15]

Extraits du roman[modifier | modifier le code]

« – Un esprit ? Enfin, soit, dit-il. Mais il y a là-dedans quelque chose de pas clair pour moi. Il y avait un écho. Or, personne n’a jamais vu un esprit avec une ombre ! Eh bien donc, quel besoin aurait-elle d’un écho ? Je voudrais bien le savoir. Ce n’est certes pas naturel. 

Je trouvai l’argument assez faible. Mais on ne peut jamais savoir d’avance ce qui touchera les gens superstitieux, et, à ma grande surprise, George Merry en fut beaucoup soulagé.

– Au fait, c’est juste, approuva-t-il. Tu as une tête sur tes épaules, John, il n’y a pas d’erreur. À Dieu vat, les gars ! Ce matelot-là se trompe de bordée, que je crois. Et en y réfléchissant, la voix ressemblait un peu à celle de Flint, je vous l’accorde, mais elle avait moins de largue, tout compte fait. On dirait plutôt la voix de quelqu’un d’autre… on dirait celle…

– De Ben Gunn, milles tonnerres ! rugit Silver. »

Influences[modifier | modifier le code]

L'Île au trésor de Robert Louis Stevenson a influencé l'imaginaire collectif, notamment en ce qui concerne l'image du pirate dont Long John Silver est devenu l'archétype. On retrouve par exemple nombreux de ses traits caractéristiques dans le personnage du Capitaine Red interprété par Walter Matthau dans le film Pirates de Roman Polanski (1986).

On retrouve également le concept de la marque noire dans Pirates des Caraïbes : Le Secret du coffre maudit de Gore Verbinski (2006), et dans un épisode de la série britannique Doctor Who : La Marque noire (2011).

Éditions[modifier | modifier le code]

L’île au trésor, livre de poche jeunesse classique college[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Adaptations[modifier | modifier le code]

Au cinéma[modifier | modifier le code]

À la télévision[modifier | modifier le code]

Bande dessinée[modifier | modifier le code]

Jeux vidéo[modifier | modifier le code]

Éditions françaises[modifier | modifier le code]

Romans
  • L'Île au trésor, éd. Pierre Pelot, Paris, éditions Calmann-Lévy, 2008, 283 p., (ISBN 9782702139462).
Livre illustré

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Treasure Island, édition de Emma Letley, The World's Classics, Oxford University Press, 1985, introduction, p. VII-XXIII
  2. L'auteur ne précise jamais l'âge de Jim Hawkins. Cf. [1]
  3. Dont il ne s'affranchira d'ailleurs qu'à la mort de ce dernier en 1887
  4. cf. ses deux récits de voyage : L'Émigrant amateur et À travers les grandes plaines
  5. Lloyd Osbourne racontera plus tard : « même à mes yeux d'enfant il paraissait malade. [...] Son regard fiévreux accentuait la maigreur de ses traits et l'on devinait en lui une sorte de torpeur, difficile à d'écrire, un effondrement de sa vitalité ». La Route de Silverado, op. cit., p. 225
  6. La Route de Silverado, op. cit., p. 229
  7. Ce séjour est relaté dans Les Squatters de Silverado
  8. Texte inédit, écrit probablement en février 1880 à San Francisco, cf Essais sur l'art de la fiction, op. cit., « De la littérature considérée comme un art »
  9. Essais sur l'art de la fiction, op. cit., « À bâtons rompus sur le roman »
  10. Essais sur l'art de la fiction, op. cit., « Une note sur le réalisme »
  11. Essais sur l'art de la fiction, op. cit., « Une humble remontrance »
  12. Ce texte, en réponse à celui de Henry James, L'Art de la fiction, est d'ailleurs à l'origine d'une vaste correspondance et d'une grande amitié entre les deux auteurs
  13. Essais sur l'art de la fiction, op. cit., « De quelques considérations techniques sur le style en littérature »
  14. Michel Le Bris, « Préface », in Robert Louis Stevenson, Essais sur l'art de la fiction, p. 16.
  15. R. L. Stevenson, Intégrale des nouvelles, vol. 1, p. 32
  16. L'île au trésor, Futuropolis

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]