L'Éveil du printemps

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Couverture de l'édition originale, Zurich, 1891.

L'Éveil du printemps. Une tragédie enfantine (Frühlings Erwachen. Eine Kindertragödie) est une satire dramatique de Frank Wedekind publiée en 1891.

L’histoire[modifier | modifier le code]

Œuvre d'avant-garde, L'Éveil du printemps, ironiquement sous-titrée « une tragédie enfantine », met en scène des adolescents confrontés à un corps qui se métamorphose et à l’éveil de désirs sur lesquels il est difficile de mettre un nom. C’est face à une avalanche de questions sur le monde et sur leur place dans ce monde ainsi qu’à des angoisses de plus en plus intenses, qu’ils vont tenter de se frayer un chemin vers le monde des adultes, adultes pourtant en apparence si lointains et incapables de trouver des réponses qui apaisent. Entre jeunes, ils se confient, confrontent ce qu’ils savent, ce qui les questionne, commencent à éprouver la notion de limite et d’autorité.

Vie de l'œuvre[modifier | modifier le code]

L’Éveil du printemps a été rédigée à partir de l'automne 1890, le manuscrit ayant été achevé à pâques 1891, comme l'indique l'auteur lui-même dans l'édition Jean Gross publiée la même année à Zurich.

La pièce ne fut jouée qu'à la fin de l'année 1906 à Berlin, sur une mise-en-scène de Max Reinhardt.

Il est significatif que Frank Wedekind (1864-1918) ait suscité l’admiration du jeune Bertolt Brecht qui a vu en lui « l’un des plus grands éducateurs de l’Allemagne moderne »[1]. Sigmund Freud s’est aussi beaucoup intéressé à cet auteur et particulièrement à L'Éveil du printemps, pièce sur laquelle il a mené des études[2].

Pourtant, l’œuvre de Frank Wedekind reste relativement méconnue et peu étudiée en France alors qu’elle a profondément marqué l’histoire artistique moderne. On le considère comme le précurseur incontestable de ce qui s’est fait de plus grand dans le théâtre allemand aux alentours de la Première Guerre mondiale. Toute l’invention et la richesse théâtrales de l’expressionnisme sont déjà dans Wedekind et l’on peut affirmer qu’il est encore le plus violent et le plus corrosif, aujourd’hui. Son œuvre fait preuve d’une étonnante modernité et continue d’interpeller et de fasciner.

Mais Wedekind n’a pu entrevoir cette reconnaissance qu’à la fin de sa vie, ses pièces ayant été constamment censurées, « mutilées » et interdites par les autorités. Lui-même a été incarcéré pour l’écriture de deux poèmes.

Cette répression violente exercée sur les écrits d’un auteur est symptomatique d’un contexte politique impérialiste et autoritaire. Wedekind a en effet vécu sous le règne de Guillaume Ier et de son chancelier Bismarck puis sous celui de Guillaume II jusqu’à l’entrée du pays dans la Première Guerre mondiale.

Traduction en français[modifier | modifier le code]

  • Frank Wedekind, L'éveil du printemps. Tragédie enfantine[3], trad. de François Regnault, préface de Jacques Lacan, suivi de Intervention de Freud sur L'éveil du printemps à la Société psychologique à Vienne, en 1907, trad. de Jacques-Alain Miller, Paris, NRF/Gallimard, 1974, coll. « Le manteau d'arlequin ».

Adaptations récentes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Bertolt Brecht, The Messingkauf Dialogues ( Dialoge aus dem Messingkauf), trad. John Willett, in Bertolt Brecht: Plays, Poetry, Londres, Methuen, 1985 (ISBN 0-413-38890-5).
  2. Cf. Psychopathologie de la vie quotidienne, 11 Association de plusieurs actes manqués.
  3. Cet éditeur ne met pas de majuscule au mot « éveil ».