L'Éducation sentimentale

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L’Éducation sentimentale
Image illustrative de l'article L'Éducation sentimentale
Première édition de 1869.

Auteur Gustave Flaubert
Genre roman
Pays d'origine Drapeau de la France France
Lieu de parution Paris
Éditeur Michel Lévy frères
Date de parution 17 novembre 1869
Nombre de pages édition originale, 2 vol.  in-8o de 427 p. et 331 p. 

L’Éducation sentimentale, histoire d’un jeune homme est un roman de Gustave Flaubert, publié le 17 novembre 1869 chez Michel Lévy frères.

Genèse[modifier | modifier le code]

Le cœur du récit est tiré du roman de Sainte-Beuve, Volupté, qu’Honoré de Balzac avait déjà traité et d’une certaine manière réécrit avec le Lys dans la vallée. Le roman de Flaubert reprend le même sujet[1] selon des règles narratives entièrement neuves, réinventant le roman d'apprentissage pour lui donner une profondeur et une acuité nouvelle. Malgré la critique négative lors de sa parution, il est devenu, depuis Marcel Proust, un livre de référence pour les romanciers du XXe siècle.

L'Éducation sentimentale est le fruit de trois essais de jeunesse de Flaubert. Ainsi de janvier 1843 à janvier 1845 il produit une première Éducation sentimentale qui succédait à la rédaction de Novembre, achevé le 25 octobre 1842, et à une toute première ébauche de jeunesse intitulée Mémoires d'un fou en 1838[2]. Le roman définitif est rédigé à partir de septembre 1864 et achevé le 16 mai 1869 au matin.

Présentation[modifier | modifier le code]

L'Éducation sentimentale comporte de nombreux éléments autobiographiques, tels la rencontre de madame Arnoux, inspirée de la rencontre de Flaubert avec Élisa Schlésinger, l'amour de sa vie[2]. Le personnage principal est Frédéric Moreau, jeune provincial de dix-huit ans venant faire ses études à Paris. De 1840 à 1867, celui-ci connaîtra l’amitié indéfectible et la force de la bêtise, l’art, la politique, les révolutions d’un monde qui hésite entre la monarchie, la république et l’empire. Plusieurs femmes (Rosanette, Mme Dambreuse) traversent son existence, mais aucune ne peut se comparer à Marie Arnoux, épouse d’un riche marchand d’art, dont il est éperdument amoureux. C’est au contact de cette passion inactive et des contingences du monde qu’il fera son éducation sentimentale, qui se résumera pour l’essentiel à brûler, peu à peu, ses illusions.

Le personnage de Frédéric, sans doute inspiré à Flaubert par ses propres expériences de jeunesse, est aussi la figure définitive d'une génération nourrie par le courant d'idées romantique le plus large. Ainsi, en même temps qu'il exalte la pureté de son amour pour madame Arnoux, celle-ci empêche Frédéric de choisir la moindre situation dans une société, d'abord influencée par la monarchie constitutionnelle de Louis-Philippe, puis par la deuxième République et enfin par le Second Empire, et qui mise beaucoup sur la carrière et l'idée de parvenir. Selon Marthe Robert, Frédéric est le « Bâtard moyen »[3], plein de rêves qui le détournent de l'action, en opposition avec le Bâtard de l'époque de Napoléon, où conquérir le pouvoir était à la portée de toute volonté, immortalisé par Balzac avec le personnage de Rastignac.

Les différents personnages que côtoie Frédéric sont eux aussi autant de types d'un genre nouveau, représentant chacun les idées reçues d'un milieu bien défini et agissant en fonction des codes sociologiques stéréotypés. On retrouve ainsi le bourgeois parvenu en Jacques Arnoux, la bourgeoisie d'affaires avec le ménage Dambreuse, le petit bourgeois rêvant de pouvoir dans le personnage de Deslauriers, ami de collège de Frédéric, la courtisane avec Rosanette… Cette diversité permet la peinture de la fin de la Monarchie de Juillet à Paris. Pierre Bourdieu a vu ce roman comme un champ d'expérimentation sociologique[4]. Ce point de vue permet de voir Flaubert comme l'un des phares du réalisme.

Justement parce que Flaubert cherche à pointer les idées toutes faites de chaque milieu, L'Éducation sentimentale est aussi traversé par l'ironie : le narrateur se refuse à intervenir directement, et se borne à chercher la connivence avec le lecteur par de discrètes allusions à un cliché, ou grâce au style indirect libre si souvent analysé. Les opinions des personnages se trouvent ainsi discréditées par leur propre attitude ou par la description objective de ce qu'ils ne voient qu'à travers le filtre de leurs préjugés. Les quelques mots de Frédéric, au terme de la description peu amène du pillage des Tuileries par le peuple en février 1848, en offrent un exemple marquant : le narrateur dépeint les ivrognes et les brutes, les blessés s'entassant dans les pièces dévastées. « N'importe, dit Frédéric, moi, je trouve le peuple sublime ». Il ne fait que nier la réalité au profit de ses présupposés romantiques.

Moins connu que Madame Bovary, L'Éducation sentimentale est cependant un roman complet au style pleinement maîtrisé, et où le monde construit méticuleusement est celui qu'il connaît d'expérience. La fresque ainsi créée est à la fois un bilan du romantisme et le tableau précis d'une époque, faisant de Flaubert l'initiateur spirituel du naturalisme. Maupassant et Émile Zola le considèreront d'ailleurs comme leur maître.

Résumé[modifier | modifier le code]

Première partie[modifier | modifier le code]

Chapitre premier[modifier | modifier le code]

Le 15 septembre 1840, Frédéric Moreau rentre chez lui à Nogent-sur-Seine. Il prend le bateau qui le mène à Montereau où il fait la connaissance du couple Arnoux. Il est fasciné par madame Arnoux et se promet de la revoir. Après avoir fini le trajet en calèche, il arrive chez lui où l’attend un accueil chaleureux et décide d’aller rejoindre son ami Deslauriers.

Chapitre 2[modifier | modifier le code]

Alors que les deux amis se retrouvent après deux ans de séparation, on apprend leur jeunesse, le début de leur amitié. Deslauriers conseille à Frédéric de se faire introduire chez Dambreuse, riche banquier parisien dont le régisseur des terres n’est autre que le père Roque, voisin des Moreau à Nogent.

Chapitre 3[modifier | modifier le code]

Deux mois plus tard, Frédéric arrive à Paris et se présente chez Dambreuse. Malgré la lettre de recommandation que lui a faite le père Roque, il n’est pas invité à revenir. Par hasard, il découvre le magasin d’Arnoux et repense à madame Arnoux. Mais il ne parvient jamais à l’approcher. Il s’installe rue Sainte-Hyacinthe, commence ses études de droit mais se décourage et plonge dans l’ennui. Deslauriers ne peut pas monter le rejoindre à Paris, et malgré la fréquentation de deux autres étudiants, Martinon et M. de Cisy, Frédéric est dans le désœuvrement. Le printemps approche et il passe médiocrement sa première année. Après être retourné chez sa mère pour l’été, il s’installe quai Napoléon à la rentrée.

Chapitre 4[modifier | modifier le code]

Décembre 1841, Frédéric assiste à une manifestation étudiante dans le quartier latin et fait la connaissance de Hussonnet. Il rencontre également Dussardier, qui est incarcéré pour s’être insurgé contre les forces de l’ordre. Après lui avoir rendu visite en prison, il discute avec Hussonnet et apprend qu’il travaille pour L’Art industriel, le journal d’Arnoux. Il demande à y être introduit. Sur place, il fait la connaissance de Regimbart, un socialiste plus ou moins dominé par l’alcool et de Pellerin, un peintre exploité par Arnoux. Ce cadre devient le sien. Un soir, il reçoit une lettre de son ami Deslauriers qui le prévient de son arrivée à Paris. Mais il arrive le jour où, pour la première fois, Frédéric est invité à dîner chez les Arnoux. Il reçoit donc chaleureusement son ami et se rend au dîner, pendant lequel la vue de madame Arnoux le trouble encore plus que la première fois. En rentrant chez lui, Deslauriers n’est déjà plus qu’un « autre ».

Chapitre 5[modifier | modifier le code]

Frédéric, obsédé par l’idée de conquérir madame Arnoux, prend des cours de peinture chez Pellerin qui devient un des membres des réunions du samedi chez Frédéric avec Deslauriers, Sénécal, Martinon, de Cisy, Dussardier et Regimbart. Mais Deslauriers est excédé par cette obsession et leur amitié s’en ressent. Le mois des examens arrive et Frédéric est recalé. De plus, il apprend que madame Arnoux est partie chez sa mère malade. Désespéré, il se rapproche d’Arnoux sans savoir pourquoi. Au retour de madame Arnoux, les dîners auxquels il est invité tous les jeudis reprennent de façon monotone. Deslauriers décide de changer les idées de son ami en l’emmenant alors au cabaret. Mais rien n’y fait. Ils y rencontrent Arnoux en compagnie de mademoiselle Vatnaz, écrivain manqué, sans doute sa maîtresse. Seules deux invitations viennent égayer son temps quelques jours plus tard : une pour la fête de madame Arnoux, l’autre des Dambreuse, cette dernière étant bien vite décommandée. La fête se déroule dans la maison de campagne d’Arnoux, mais un incident se produit et madame Arnoux lors du retour semble très triste et parle à mots couverts à Frédéric qui voit là « une espèce de complicité ». Il se remet alors à travailler et est reçu à ses examens. Mais pressé par sa mère de rentrer à Nogent, il y apprend que leur fortune est dilapidée et qu’il ferait mieux de rester en province.

Chapitre 6[modifier | modifier le code]

Frédéric demeure auprès de sa mère et se fait engager chez un avoué. Il fait la connaissance de mademoiselle Louise, fille du père Roque son voisin. Il s’habitue difficilement à la vie provinciale, surtout lorsqu’il apprend que Deslauriers a recueilli Sénécal. Après la visite de son oncle, il apprend de sa mère qu’il n’héritera pas de sa fortune qui s’élève à vingt-sept mille livres de rentes et qui lui aurait permis de mener la belle vie. Mais le 12 décembre 1845, après trois ans passés à Nogent, il reçoit une lettre lui léguant l’héritage de cet oncle mort sans avoir fait de testament. Il repart pour Paris sur-le-champ, en oubliant presque de dire adieu à la fille du père Roque, visiblement très émue de son départ.

Deuxième partie[modifier | modifier le code]

Chapitre 1[modifier | modifier le code]

Frédéric arrive le lendemain matin à Paris. Il court à la maison d’Arnoux, mais celui-ci n’y est plus. Déboussolé par cette disparition, il cherche à retrouver Pellerin, Hussonnet, en vain. Après avoir fait la tournée des cafés de Paris, il retrouve enfin Regimbart qui lui révèle qu’Arnoux a déménagé et s’est reconverti dans la faïence. Lorsqu’il arrive chez Arnoux, il est surpris par le peu d’effets que lui cause la vue de madame Arnoux après trois années d’absence. Elle a à présent un petit garçon. Quant à Deslauriers, il a été recalé à sa thèse de droit et a décidé de ne pas la repasser. Il se consacre à une thèse plutôt socialiste et semble sous l’influence de Sénécal. C’est alors qu’Arnoux l’emmène à un bal costumé chez une de ses maîtresses, Rosanette. Frédéric retrouve Hussonnet et Pellerin et est mal à l'aise dans cette réception mal organisée.

Chapitre 2[modifier | modifier le code]

Après s’être logé à grands frais, Frédéric rend successivement visite à Madame Dambreuse, à Rosanette et à madame Arnoux. Puis il organise sa pendaison de crémaillère avec ses amis. Il apprend qu’Arnoux a des ennuis financiers et décide d’en parler à sa femme qui le charge de veiller sur son mari. Celui-ci n’hésite pas à la tromper avec Rosanette qui se fait entretenir sans limite. Cette femme plaît à Frédéric qui prend de moins en moins de précautions pour le lui faire comprendre. Mais elle se soustrait toujours à ses avances. Aussi décide-t-il de lui faire faire un portrait par Pellerin afin de la voir plus souvent. Mais Deslauriers voit cela d’un mauvais œil et exhorte Frédéric à lui prêter l’argent nécessaire à la fondation d’un journal. De plus, il l’engage, de même que madame Arnoux à aller voir Dambreuse pour trouver une place au Conseil d’État. Ce dernier le verrait plutôt dans les affaires. À la sortie de son dîner chez les Dambreuse, Frédéric apprend que Rosanette est libre et il décide de devenir son amant, mais à peine est-il devant chez elle que mademoiselle Vatnaz lui révèle que Delmar, acteur, l’a devancé et elle veut que Frédéric mette Arnoux au courant de sa perfidie. Mais lorsque Frédéric arrive chez Arnoux, madame Arnoux est furieuse envers son mari car elle a appris qu’il la trompait. Arnoux part et Frédéric essaie de la consoler.

Chapitre 3[modifier | modifier le code]

Frédéric devient « le parasite de la maison » d’Arnoux. Ce dernier connaît d’ailleurs des revers de fortune. Quant à Deslauriers, il ne cesse de lui réclamer l’argent pour le journal. Mais à peine Frédéric les a-t-il reçus qu’Arnoux le supplie de lui prêter cette somme pour ne pas être exproprié. Confiant en la parole du bourgeois qui lui promet le remboursement sous huitaine, Frédéric accepte de lui céder les quinze mille francs qu’il vient de recevoir du notaire. Mais le temps passe et Arnoux ne rembourse pas. Lorsque Deslauriers vient réclamer cet argent, Frédéric dit les avoir perdus au jeu ; leur amitié se brise. Arnoux pourtant semble toujours endetté jusqu’au cou, puisqu’il demande au jeune homme d’intercéder en sa faveur auprès de Dambreuse, son créancier. Frédéric discute avec le banquier qui lui propose alors un poste important dans la nouvelle compagnie de houilles qu’il est en train de fonder. Enthousiaste, il accepte, mais au lieu de se rendre au rendez-vous prévu trois semaines plus tard, il préfère aller voir madame Arnoux à la fabrique de faïence, à Creil. Il tente de lui avouer son amour, mais celle-ci fait tout pour détourner la conversation, entre visites de la fabrique et feinte d’incompréhension. À son retour, il reçoit une lettre de Rosanette qui désire le voir. Déçu par l’entrevue de la journée, il se promet d’y aller.

Chapitre 4[modifier | modifier le code]

Frédéric invite Rosanette aux courses où ils font la rencontre de Cisy qui semble également s’intéresser à la demi-mondaine. Et en effet, après un dîner au compte de Frédéric et auquel s’est invité l’aristocrate, ce dernier s’en va avec Rosanette, laissant Frédéric seul avec Hussonnet. Peu de temps après, Pellerin lui réclame une somme exorbitante pour le portrait de Rosanette, ce que Frédéric refuse, de même qu’il refuse d’avancer l’argent à Hussonnet pour relancer son journal. Puis, invité par Cisy en guise de réconciliation, il sème le trouble dans le dîner et finit par attaquer physiquement Cisy : le duel est inévitable. Après avoir pris Regimbart et Dussardier comme témoins, il se retrouve face à l’aristocrate dans le bois de Boulogne où ce dernier s’évanouit de peur. C’est à ce moment qu’Arnoux vient interrompre le duel, persuadé que Frédéric s’était battu pour sauver son honneur. Peu de temps après, il voit dans le journal d’Hussonnet un article le dénigrant, et dans un autre journal, le portrait de la maréchale exhibé à son nom. Pellerin et Hussonnet se vengeaient. Dépité, Frédéric décide de se rendre chez les Dambreuse où il est froidement accueilli. Après s’être mis à dos les invités par un plaidoyer contre l’ordre établi, il quitte les lieux. Rentrant chez lui, il rencontre Dussardier qui l’invite à reprendre contact avec Deslauriers, qui se réjouit à cette idée. Il lui apprend que sa mère aimerait le revoir et que la fille du père Roque serait un bon parti. De retour à Nogent, Frédéric passe « pour le « futur » de Mlle Louise ».

Chapitre 5[modifier | modifier le code]

À Paris, Deslauriers décide d’aller voir madame Arnoux. Il lui apprend que Frédéric va se marier avec Mlle Louise. Celle-ci en est visiblement affectée. Quant à Frédéric, il retrouve la jeune fille plus amoureuse que jamais. Elle lui demande de l’épouser, il accepte. Mais après que le père Roque lui a fait visiter son domaine, il invoque des histoires à régler sur Paris pour s’en aller.

Chapitre 6[modifier | modifier le code]

De retour à Paris, il se rend chez la maréchale (Rosanette) qui le reçoit fort bien. Le lendemain, il se rend chez Deslauriers qui l’emmène chez Dussardier pour fêter la sortie de prison de Sénécal. Les retrouvailles se passent bien mais alors qu’il s’était juré de ne pas retourner chez Arnoux, il est obligé de se rendre au magasin où il revoit madame Arnoux. Alors, leur amour se découvre et dès le lendemain, ils se retrouvent dans la maison d’Auteuil d’Arnoux. Leur amour est plus platonique que physique et un jour de février 1848, Frédéric demande à madame Arnoux une entrevue intime. Elle accepte mais ne se rend pas au rendez-vous : son fils est malade du croup et est à l’article de la mort. Lorsqu’il guérit après avoir craché la fausse membrane, madame Arnoux voyant cela comme un signe du Ciel, décide de ne plus se livrer à l’adultère. Pendant ce temps, alors que les événements des 23 et 24 février 1848 ont commencé, Frédéric, désespéré se rend chez Rosanette avec qui il s’unit.

Troisième partie[modifier | modifier le code]

Chapitre 1[modifier | modifier le code]

La révolution a commencé. Frédéric se rend aux Tuileries où il rencontre parmi les émeutiers Hussonnet et Dussardier. À la fin de la journée, alors qu’est nommé le gouvernement Provisoire, Frédéric rédige un article qui lui vaudra la reconnaissance de ses amis et le respect de Dambreuse qui lui propose de se présenter aux élections législatives pour la circonscription de Nogent. Il l’engage à rédiger un discours électoral, ce que s’empresse de faire Frédéric. Dambreuse, effrayé par ces idées anti-bourgeoises, sans le dire à Frédéric, décide de se présenter lui-même aux élections. Le jeune homme décide de déclamer son discours devant une assemblée présidée par Sénécal : il est mis à la porte après avoir assisté à une séance plutôt ridicule. En rentrant chez Rosanette, chez qui il vit à présent, Frédéric est dénigré par elle qui ne semble pas pour la révolution, s’attirant les foudres de la Vatnaz. Mais en se retirant de chez Rosanette, il rencontre Arnoux venu la voir. Il comprend que ce dernier est toujours dans le cœur de la maréchale. Rongé par le doute et la jalousie, il demande à Rosanette de l’accompagner dans un voyage à Fontainebleau. Ils partent début juin, peu de temps avant les journées sanglantes de juin 1848. Dans un cadre idyllique, elle lui raconte son enfance malheureuse, et Frédéric s’aperçoit de ses défauts. Il profite de la nouvelle de la blessure de Dussardier aux journées de juin pour rentrer à Paris. Après un voyage difficile et son arrestation, il retrouve le commis, soigné par la Vatnaz. Entre-temps, le père Roque est monté à Paris avec sa fille, impatiente de revoir Frédéric.

Chapitre 2[modifier | modifier le code]

Les Dambreuse organisent un dîner où sont présents notamment Frédéric, les Arnoux, le père Roque et sa fille Louise. Frédéric ne sait comment agir auprès de madame Arnoux alors que Louise, qui l’aime éperdument est présente. Durant ce dîner, Louise apprend les diverses histoires dans lesquelles Frédéric s’est mêlé, et notamment son amour pour Rosanette. Alors que Frédéric rentre chez Rosanette, Louise qui veut à tout prix le retrouver court chez lui où on lui refuse l’accès.

Chapitre 3[modifier | modifier le code]

Frédéric passe de beaux jours aux côtés de Rosanette, mais un jour, il ressent le besoin d’aller voir madame Arnoux. Après un moment d’embarras, elle lui conte pourquoi elle n’est jamais venue au rendez-vous de février 1848. Se comprenant alors, ils s’étreignent langoureusement, au moment où la Maréchale entre chez eux. Frédéric rentre, prêt à lever la main sur elle, mais elle lui apprend qu’elle est enceinte. Frédéric accueille cette nouvelle avec une joie modérée et décide de devenir l’amant de Madame Dambreuse, afin de s’en servir comme appui pour son ascension sociale. Elle cède rapidement à ses avances. C’est alors que Deslauriers rentre de Troyes où il avait été nommé commissaire de la République. Il l’exhorte à se présenter aux élections de l’Aube et à lui trouver une place chez Dambreuse. Mais Frédéric semble bien plus préoccupé par sa nouvelle maîtresse.

Chapitre 4[modifier | modifier le code]

Deslauriers se présente lui-même chez Dambreuse, qui lui confie un poste. Mais le banquier tombe malade très gravement et ne tarde pas à mourir sous les yeux de sa femme et de Frédéric. Ce dernier est tout heureux d’apprendre par sa nouvelle maîtresse qu’elle hérite d’une fortune colossale. Il ne lésine donc pas sur les funérailles. Mais juste après, Madame Dambreuse lui apprend que son mari a tout légué à sa fille illégitime, Cécile, mariée récemment à Martinon. Frédéric tente de la consoler par des preuves de son amour. Mais il doit mener une double vie, car Rosanette vient d’accoucher, jurant aux deux le même amour éternel, alors que dans son cœur, madame Arnoux est toujours présente. Mais les malheurs se succèdent pour Rosanette. Poursuivie par la Vatnaz pour impayé, elle apprend que son nouveau-né est très malade. Il meurt un soir, ce qui semble être un soulagement pour Frédéric. Pellerin, venu peindre un portrait de l’enfant, apprend à Frédéric qu’Arnoux, risquant la prison pour dettes, est prêt à s’embarquer avec sa famille pour l’Amérique.

Chapitre 5[modifier | modifier le code]

Frédéric court chez Madame Dambreuse réclamer la somme nécessaire à sauver Arnoux, mais il lui ment sur le motif. Il est toutefois trop tard. Lorsqu’il veut lui rendre l’argent, elle a appris la véritable raison de cet emprunt et décide de se venger en recourant à Deslauriers qui se charge de vendre les dettes à Sénécal. Celui-ci ne tarde pas à faire mettre en vente les biens d’Arnoux. Croyant que Rosanette est à l’origine de cela, il la quitte. Mais le 1er décembre 1851 a lieu la vente aux enchères. Madame Dambreuse l’y amène, ce qui met Frédéric hors de lui : il la quitte également alors qu’il était prêt à l’épouser. Il part pour Nogent le lendemain espérant revoir Louise, mais lorsqu’il arrive, il la voit, aux bras de son nouvel époux, Deslauriers. Rentrant à Paris désespéré, il croise un attroupement avec Dussardier au milieu qui crie « vive la République ! ». Il est tué par un dragon« et Frédéric, béant, reconnut Sénécal ».

Chapitre 6[modifier | modifier le code]

Un soir de mars 1867, soit seize ans plus tard, madame Arnoux revient chez Frédéric. Elle lui raconte sa vie, ils font une promenade et il lui jure son amour éternel. Avant de partir, elle lui laisse une mèche de ses cheveux blancs. « Et ce fut tout. »

Chapitre 7[modifier | modifier le code]

Deux ans plus tard, Frédéric retrouve Deslauriers. Louise l’a quitté et lui a accumulé les métiers. Tous deux font le bilan de leur vie. On apprend qu’Arnoux est décédé l’année précédente, que Martinon est devenu Sénateur, Pellerin photographe, la Maréchale veuve de monsieur Oudry. Le récit s’achève sur l’image d’une histoire adolescente qui avait été évoquée lors de la première rencontre des deux amis au début du roman : leurs déboires à l’entrée d’une maison close.

Télévision[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. André Maurois, Prométhée ou la vie de Balzac, Hachette, 1965.
  2. a et b L'Éducation sentimentale, dans l'édition de la Bibliothèque de la Pléiade, Tome II (1936), p.461-463 (ISBN 978-2-07-010202-0)
  3. Marthe Robert, Roman des origines et origines du roman, Gallimard, 1971.
  4. P. Bourdieu, Prologue aux Règles de l'art
  5. Olivier Séguret, « Flaubert tout en finesse », Libération,‎ 28 mars 2001 (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]