L'Âme du mal

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L'Âme du mal
Auteur Maxime Chattam
Genre Roman
Pays d'origine Drapeau de la France France
Lieu de parution Paris
Éditeur Albin Michel
Date de parution 2002
Nombre de pages 514
ISBN 978-2266127035
Chronologie
Précédent Le Cinquième Règne In Tenebris Suivant

L'Âme du mal est un roman (thriller) écrit par Maxime Chattam et publié en 2002 aux éditions Albin Michel.

L'histoire se déroule dans la ville de Portland, où un inspecteur de police tente de résoudre une série de meurtres. Alors que le tueur en série est abattu, de nouveaux crimes sont commis l'année suivante.

L'Âme du mal est lauréat du Prix Sang d'encre et fait partie de la Trilogie du mal, dont il est le premier opus (les deux suivants étant In Tenebris et Maléfices). Cette trilogie a rencontré un énorme succès puisqu'elle s'est écoulée à 400 000 exemplaires[1].

Résumé[modifier | modifier le code]

L'histoire se situe au début des années 2000 dans la ville de Portland qui plonge peu à peu dans l'automne. Joshua Brolin, inspecteur de police trentenaire, se lance à la poursuite d'un tueur en série, en ayant recours au profilage criminel.

Juliette Lafayette, jeune étudiante en psychologie, est enlevée par Leland Beaumont, un tueur en série présumé. Il est abattu d'une balle dans la tête par Joshua Brolin, sauvant de justesse la jeune femme. Une année plus tard, une femme dont le corps est atrocement mutilé est découverte dans un squat situé dans un jardin public de Portland. L'autopsie de la malheureuse révèle que le meurtre a été effectué selon le même rituel qu'opérait Leland Beaumont, faisant resurgir son ombre. Joshua Brolin prend alors l'enquête en main, pendant que la ville se fait l'écho du retour du fantôme de Leland. Puis une étrange lettre est adressée à la police... avant qu'un second meurtre tout aussi cruel ne soit commis.

Protégeant Juliette terrorisée par cette nouvelle vague de meurtres, Joshua Brolin s'engage dans une véritable course contre la montre.

Les personnages du roman[modifier | modifier le code]

  • Joshua Brolin : personnage principal, inspecteur de police trentenaire formé au FBI qu'il quittera pour travailler sur le terrain. Intelligent et pragmatique, celui-ci s'entoure d'amis mais néanmoins collègues efficaces pour dénouer toutes ses affaires. Il sauve Juliette Lafayette en abattant Leland Beaumont, et devient aussitôt un héros éphémère. Très apprécié et respecté de ses proches collègues, dès l'apparition d'un nouveau meurtre, l'enquête lui est confiée.
  • Juliette Lafayette : jeune étudiante en psychologie, enlevée par Leland Beaumont et sauvée par Joshua. Le considérant comme un héros, elle se libère peu à peu du traumatisme de sa captivité grâce à la présence de Joshua. Intelligente et cultivée, elle offrira une aide précieuse à Joshua, si bien qu'ils deviendront de plus en plus proches pour tomber amoureux l'un de l'autre.
  • Larry Salhindro : policier de plus de vinqt-cinq ans de carrière qui apprécie travailler avec Brolin.
  • Carl DiMestro : membre de la police scientifique, dont l'aide sera déterminante pour Brolin.
  • Capitaine Chamberlain : le chef de la police de Portland, homme nerveux et sous pression constante du maire et de l'attorney. Il recevra l'ordre de placer Bentley Cotland parmi les enquêteurs et obéira contre son gré. Néanmoins, son soutien envers ses hommes est sans faille.
  • Sydney Folstom : médecin légiste, femme aux abords cyniques qui pratique les autopsies des victimes. Plutôt hautaine, elle accueille froidement Brolin mais reste professionnelle. Au fur et à mesure que l'enquête progresse, une forme de respect s'installe entre eux.
  • Bentley Cotland : neveu de l'attorney Gleith, il rejoint l'équipe chargée de l'enquête. Mal considéré au départ puisque parachuté et protégé par son oncle, celui-ci s'adapte tant bien que mal à l'enquête, il finit par apprécier Brolin qu'il décide d'aider du mieux qu'il pourra.
  • Attorney Gleith : procureur élu de la ville, il impose la présence de son neveu dans la police afin de compléter son éducation avant que celui-ci ne devienne lui-même procureur.
  • Camélia McCoy : la seule amie et confidente de Juliette Lafayette dans la ville. Divorcée, elle se démène pour redonner la joie de vivre à sa cadette de 10 ans. Elle l'amène à se poser des questions sur sa vie, en particulier sur l'idylle naissante entre Brolin et elle. Elle sera atrocement assassinée par Wayne Beaumont.
  • Anthony Deseaux : cinquantenaire millionnaire d'origine française et ami de Camélia McCoy. Possédant une immense bibliothèque contenant des ouvrages ésotériques, il propose à Juliette et Joshua d'y mener des recherches qui s'avèrent payantes pour leur enquête.
  • Anita Piaseki : la première victime de Wayne Beaumont, dont il découpera les avant-bras après l'avoir horriblement tuée à coups de couteaux.
  • Elizabeth Stinger : deuxième victime de Wayne Beaumont qui lui soustrait les jambes.
  • Leland Beaumont : tueur en série chargé par Milton Beaumont de tuer des femmes qu'il lui désigne selon un rituel précis. Il tuera trois femmes, tout en prélevant les mains de l'une d'elles. Il enlève un soir Juliette mais est tué deux jours plus tard par Joshua Brolin.
  • Wayne Beaumont : frère jumeau de Leland, il est l'auteur de la seconde vague de crimes rituels. Il tuera deux femmes dont il coupe pour l'une les avant-bras, pour l'autre les jambes. Il capturera Juliette à la fin.
  • Milton Beaumont : éducateur des frères Leland et Wayne, dont il n'est pas le père naturel. Complètement dément, il donne de lui l'image d'un homme aux capacités limitées afin de masquer ses macabres pratiques.

L'histoire[modifier | modifier le code]

Première partie (chapitres 1 à 3)[modifier | modifier le code]

L'histoire commence par la disparition d'un enfant en bas âge au début des années 1980 dans un centre commercial, alors que sa mère l'avait autorisé à rester au rayon des jouets. Cet enfant a été enlevé par un des personnages du roman qui apparaîtra plus tard dans l'histoire.

Alors que Juliette Lafayette revient de chez son amie Camélia McCoy, un homme mystérieux la chloroforme et l'enlève. Entre-temps, Joshua Brolin enquête sur le corps d'une femme retrouvée noyée, dont le front a été brûlé par un puissant acide. Deux autres victimes ont subi cette même torture, toutes ont eu les mains sectionnées. L'autopsie détermine la présence d'une algue présente dans un seul étang à proximité de Portland. La chance sourit à Brolin qui apprend du shérif du comté qu'il connaît un homme vivant seul dont la passion est la fabrication de sculptures de mains. Brolin, aidé du shérif, part immédiatement à la maison de cet homme, Leland Beaumont. Il le surprend sur le point de tuer Juliette, il l'abat sans hésiter, sauvant Juliette.

Deuxième partie (chapitres 4 à 53)[modifier | modifier le code]

Une année s'écoule, Brolin et Lafayette ont été depuis oubliés par la presse. Brolin est alors averti de la découverte du cadavre d'une femme nue dans un squat situé dans un parc de Portland. En plus des atrocités commises sur son corps (nombreux et violents coups de couteau finalement planté dans son pubis) non seulement ses avant-bras ont été prélevés avec une certaine adresse, mais surtout, son front a été brûlé à l'acide, comme pour les victimes de Beaumont. Dépêché sur les lieux, Brolin ne tarde pas à comprendre les similitudes troublantes aux horribles meurtres perpétrés par Beaumont.

Une fois l'autopsie réalisée par le docteur Folstom, Brolin commence à mieux cerner l'assassin qui dépersonnalise ses victimes, les considérant comme des objets sans valeur. Une lettre est envoyée à la police, écrite avec le sang de la victime. Juliette, recevant une copie de cette lettre, apeurée, se rapproche de Brolin. Celui-ci l'impliquant dans l'enquête, elle découvre alors que les vers de la lettre proviennent de La Divine Comédie, œuvre de Dante Alighieri, Brolin en déduit que le fantôme de Leland n'est que l'exécutant qui obéit aux ordres d'une tierce personne qu'il appellera dorénavant le Corbeau.

Deux jours plus tard, une seconde lettre est envoyée à la police dissimulant l'indication d'une cache dans Portland. Il s'agit d'une station d'égout où est retrouvée la seconde victime tout aussi sauvagement mutilée : ses jambes ont été sectionnées. Une fois encore, le front de la jeune femme a été brûlé à l'acide. La police scientifique découvre un indice : des traces de pneu. D'abord convaincu d'avoir trouvé la voiture de l'assassin, Brolin réalise qu'elle appartient à la victime, donnant une nouvelle piste qui lui permet de l'identifier : Elizabeth Stinger. Cette piste l'amène au véhicule de la malheureuse, une Mercury Capri 1977, garé dans le parking d'un hôpital tout proche du lieu du crime. Une idée vient alors à l'esprit de Brolin : tendre un piège à l'assassin.

Par le biais d'une conférence de presse donnée par le capitaine Chamberlain, celui-ci provoque publiquement le tueur en série en affirmant qu'il serait bientôt arrêté. Alors qu'un dispositif de plusieurs commandos des SWAT (Special Weapons And Tactics) est mis en place, l'assassin mord à l'hameçon. Celui-ci parvient néanmoins à échapper par miracle aux forces de l'ordre grâce à une plaque d'égout située à côté de lui. Les enquêteurs découvrent qu'il a abandonné un mégot de cigarette, ne perdant donc pas tout espoir de l'appréhender.

Entre-temps, pour se détendre, Juliette et Camélia rendent visite à Anthony Desaux, un riche bourgeois qui possède une étonnante bibliothèque, dans laquelle Juliette trouve des recueils anciens traitant de magie noire, démonologie et arts occultes. Elle y voit une aide inespérée pour l'enquête de Brolin.

Se sentant honteux d'avoir échoué de peu la capture du tueur, Brolin sent le poids de cet échec sur ses épaules. Il reprend cependant espoir car il découvre pourquoi le meurtrier brûle le front de ses victimes à l'acide : celui-ci y grave à l'aide d'un couteau un symbole étrange, mais appuyant trop fort, il ne s'est jamais aperçu qu'il entaillait profondément le crâne des malheureuses, signant son acte malgré lui. Juliette emmène alors Brolin à la bibliothèque de son nouvel ami Desaux, dans laquelle ils finiront par se déclarer leur flamme. Ils identifient alors le symbole en question, une protection contre l'âme des défunts. Pour Brolin, le puzzle s'assemble peu à peu, il retrouve aussitôt le moral et l'enquête est immédiatement relancée. Le laboratoire identifie rapidement l'ADN du tueur sur son mégot : celui de Leland Beaumont. Aidé par Meats et Cotland, Brolin décide d'exhumer le corps de Beaumont, une surprise de taille les attend : sa tombe est totalement vide. Enfin, presque : un nouvel indice n'échappe pas à la vigilance de Brolin.

Troisième partie (chapitres 54 à 75)[modifier | modifier le code]

Une nouvelle lettre est envoyée par le tueur, celui-ci change de ton et annonce des représailles. Il va s'en prendre à Juliette en tuant cruellement sa meilleure amie, Carmélia, toujours selon le même rituel. Mais dans cette soif de vengeance, il commet une erreur.

Pendant ce temps, Brolin rend visite à Milton Beaumont, un homme en apparence arriéré qui vit isolé. Peu accueillant, celui répond aux questions de Brolin de façon évasive. Brolin obtient de lui un peu de sa salive, pour identifier son ADN.

Le lendemain, l'identité de la toute première victime dont les bras avaient été prélevés est enfin établie : Anita Piaseka, jeune et belle femme qui a un lien avec Elizabeth Stinger, elles ont été engagées toutes les deux pour des séances photos à destination d'un catalogue de vêtements féminins. Cotland fait une surprenante découverte à ce sujet : leurs photos montrent leurs membres nus, les bras d'Anita portant un maillot sans manche et les jambes d'Elizabeth portant une jupe courte. Brolin comprend alors que le duo de tueurs sont fétichistes, bien qu'ils ignorent toujours leurs motivations.

La découverte du corps de Camélia est un nouveau choc pour toute l'équipe. Brolin culpabilise encore plus, malgré le réconfort que lui procure Juliette. Celle-ci se remet en question et se décide d'exorciser ses peurs. Réalisant la dernière volonté de son amie, disperser ses cendres dans la Columbia River (Columbia River Gorge) elle demande aux agents qui veillent sur elle de la laisser seule : elle trompe leur vigilance et se décide de se rendre à la maison où elle fut retenue prisonnière un an auparavant par Leland. Cette soudaine poussée de courage lui est cependant fatale, elle fait soudainement face à Wayne qui la capture.

Brolin, enquêtant, fait de nouvelles découvertes. En outre, il découvre que Milton Beaumont n'est pas le père de Leland. Cotland, gagnant la confiance de Brolin, met en lumière un indice déterminant, qui est la clé de l'énigme de l'ADN de Leland : il a une frère jumeau monozygote. Se sentant incapable d'assumer les deux enfants, leur mère confia l'un d'eux à un orphelinat peu scrupuleux. Ainsi, Leland fut adopté par Milton Beaumont et son épouse Abigail. Apprenant que Leland a un jumeau, ils se résolvent à le kidnapper. Wayne et Leland sont à nouveau réunis. Si Leland est plutôt intelligent, ce n'est apparemment pas le cas de son frère Wayne.

Un autre indice est découvert : les sous-vêtements de Camélia comportent des poils d'un canidé ainsi que des substances chimiques. Brolin apprend que ces dernières sont les outils de taxidermistes. Fort de ce nouvel élément, il établit avec précision le profil du tueur : manipulé par quelqu'un de plus fort, ne pouvant assumer sa sexualité, il ne viole pas ses victimes mais se masturbe en se frottant sur leurs sous-vêtements.

Le dernier élément complétant le puzzle arrive presque aussitôt : l'ADN de Milton Beaumont est retrouvé dans les cheveux que Brolin avaient prélevés dans la tombe de Leland. Immédiatement, il se précipite chez lui dès qu'il est informé de la disparition de Juliette.

Rapidement arrivé sur les lieux, il s'introduit dans la maison des Beaumont et tombe sur un exemplaire de La Divine Comédie. Wayne Beaumont surgit, blesse Brolin, mais il est abattu par Meats. Le cri d'une femme se fait alors entendre dans la maison : Juliette. Mais il est trop tard : Milton la blesse mortellement, elle meurt quelques instants plus tard dans les bras de celui qu'elle aime, lui faisant un dernier geste tendre. Ivre de chagrin, désireux de venger Juliette, Brolin est stoppé au dernier moment par Salhindro alors qu'il allait faire usage de son arme.

Brolin se retrouve à nouveau seul, noyé dans son chagrin bien que soutenu par ses amis compatissants.

Épilogue[modifier | modifier le code]

Milton est donc arrêté et détenu, en attendant son jugement. Bien qu'enfermé dans une cellule, il émane de lui une aura mystifiante inspirant la peur chez les gardiens de son centre pénitentiaire. Celui-ci, alors, se vante d'avoir formé d'autres tueurs comme Wayne et Leland... L'âme du Mal.

Le mobile des meurtres[modifier | modifier le code]

Ancré dans une profonde démence, Milton Beaumont se décide d'aller chercher l'âme de son épouse Abigail au décès de celle-ci. Ayant lu La Divine Comédie, œuvre de Dante Alighieri, il se convainc qu'il peut faire comme Dante accompagné du poète Virgil : traverser l'enfer, retrouver Béatrice qu'il identifie à la défunte afin d'aller au paradis.

Il n'inhume pas le corps d'Abigail et utilise ses connaissances de taxidermiste pour maintenir son corps. Mais celui-ci ayant vieilli, il souhaite lui donner une nouvelle jeunesse. Il charge alors Leland de kidnapper des femmes, de les tuer selon un rituel et de prélever les parties du corps qui l'intéressent. Ainsi, il prélèvera les mains. Il n'en fera pas plus : après le rapt de Juliette, il est tué par Brolin. Wayne doit alors prendre le relais, son "père" Milton le forme : ils exhument le corps de Leland pour l'empailler. D'ailleurs, alors que Juliette est prisonnière chez eux, ils lui montrent non sans fierté son corps, ainsi que celui d'Abigail.

Une fois prêt, Wayne organise l'enlèvement et le meurtre d'Anita Piaseki et lui prend ses avant-bras. Il en fera de même sur Elizabeth Stinger, mais en prélevant ses jambes. Chaque meurtre coïncide avec un des neuf cercles des enfers, selon leur ordre d'apparence dans la Divine Comédie.

Le rituel[modifier | modifier le code]

Le rituel découle de la démence de Milton : les âmes de leurs malheureuses victimes pouvant le gêner dans sa quête, il ordonne à ses fils de tracer un symbole de protection contre elles, le temps de mutiler leurs corps. Ensuite, pour effacer les traces, ils déversent de l'acide sur leur front.

Pour éviter de laisser des traces, Milton interdit à ses fils d'assouvir leurs pulsions sexuelles sur leurs victimes, ceux-ci se livrent alors à des atrocités : ils prennent plaisir à les faire terriblement souffrir. Anita sera poignardée d'une vingtaine de coups par un couteau retrouvé enfoncé dans son vagin. Quant à Elizabeth, elle est étranglée. La cruauté sera encore pire avec Leland qui après avoir découpé les mains de sa victime, la jette vivante dans l'eau.

Les meurtres successifs sont donc motivés par la reconstitution du corps d'Abigail. Bien qu'amoureux de son épouse défunte, Milton n'a aucune humanité. Il méprise ses victimes, s'employant à leur ôter toute dignité. Elles sont systématiquement nues et leurs corps mutilés. Wayne coupe également les mamelons d'Elizabeth, dont on ne sait quel usage il en fera.

Les victimes sont également choisies parce qu'elles sont belles, le plus souvent assez jeunes. Elles ont également peu ou pas de famille, augmentant la possibilité que leur disparition passe inaperçue.

Le personnage principal : Joshua Brolin[modifier | modifier le code]

Joshua Brolin laisse l'image d'un homme très attachant. Outre ses qualités professionnelles, il n'en reste pas moins un homme avec des faiblesses. En outre, célibataire, il se détend sur des jeux vidéo, laissant penser qu'il réagit comme un adolescent, n'ayant pas de vie de famille. Le lecteur comprend assez vite qu'il s'agit là de son seul et unique moyen de décompresser. Il s'est également fixé l'objectif de ne plus fumer et ne plus boire de café, malgré la très forte pression qu'il subit en permanence, montrant qu'il a une volonté particulièrement élevée.

Sur son aspect professionnel, il se distingue par sa facilité de s'incarner dans les tueurs en série, sans pour autant les haïr, gardant ainsi toute sa lucidité. Pour mieux les appréhender, il cherche en permanence à penser comme eux et à simuler les faits et gestes pour anticiper leurs meurtres. Malheureusement, il ne pourra rien faire pour toutes les victimes des Beaumont, bien qu'il résolve toute l'affaire avec l'aide de ses collègues et amis.

Alors qu'il abat Leland Beaumont, Brolin n'en éprouve aucune fierté, soulagé d'avoir sauvé une innocente. Dans son humilité, il reste très embarrassé dès que quelqu'un ressasse cet épisode qui lui reste très dur à assumer. Tuer une personne, aussi cruelle soit-elle, n'est jamais pour lui une décision facile.

Brolin essuie un terrible échec lorsque Beaumont échappe de peu au piège qui lui est tendu, plutôt que de se lamenter, il se concentre de nouveau sur son enquête et sa ténacité n'en est que plus admirable. Cette même ténacité force l'admiration, mais surtout l'amitié de ses collègues, gagnant même celle de Cotland.

La mort tragique de Juliette laissera sans doute les lecteurs frustrés avec un sentiment d'une profonde injustice : Brolin, humble et modeste, n'est nullement récompensé de ses investigations. Il conquiert le cœur de Juliette, le motivant pour traquer et affronter les Beaumont. Juliette l'aime déjà au fond d'elle-même, voyant en lui son sauveur. Le lecteur se doute qu'ils finiront par se l'avouer. C'est le cas dans un moment assez inattendu, alors qu'ils font des recherches dans la bibliothèque d'Anthony Deseaux, donnant un petit soupçon d'érotisme et de volupté dans ce roman noir. Ainsi Brolin est capable d'être amoureux, lui conférant un équilibre par rapport à sa traque continuelle de dangereux et sanguinaires criminels.

Conclusion[modifier | modifier le code]

L'auteur met en avant le profilage criminel tout en utilisant l'arsenal scientifique dont disposent les autorités dans le cadre d'une enquête. Le détail de chaque épisode de l'histoire donne ainsi à son roman une véritable légitimité, le lecteur sentira naturellement que l'auteur a pris un soin particulier à la rédaction de son œuvre, distinguée par le Prix Sang d'encre.

Le roman alterne le chaud et le froid : les évènements se succèdent suivant un rythme irrégulier avec des rebondissements, une atmosphère lourde entretenant une intrigue haletante.

L'épilogue donne au roman la perspective d'une suite, le lecteur se demande si Beaumont a bien livré tous ses noirs et terribles secrets.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Page de "In Tenebris" sur evene.fr

Voir aussi[modifier | modifier le code]