Macrolepiota procera

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Lépiote élevée, Coulemelle

Macrolepiota procera

Description de cette image, également commentée ci-après

Lépiotes élevées à différents stades de développement

Classification
Règne Fungi
Division Basidiomycota
Classe Agaricomycetes
Sous-classe Agaricomycetidae
Ordre Agaricales
Famille Agaricaceae
Genre Macrolepiota

Nom binominal

Macrolepiota procera
(Scop.) Singer 1948

La lépiote élevée (Macrolepiota procera), appelée aussi communément coulemelle, est une espèce de la famille des Agaricacées et du genre Macrolepiota. C'est un champignon basidiomycète comestible ressemblant à une ombrelle, assez commun sur les sols bien drainés. C'est une espèce que l'on trouve solitaire, grégaire ou encore en rond de sorcière dans les pâturages et, parfois, dans les bois. Globalement, elle est très répandue dans les régions tempérées. Elle peut être confondue avec quelques espèces plus petites et toxiques.

Groupe de coulemelles de 30 cm de hauteur dans une clairière solognote, au mois de novembre.
Spécimen de 37 cm trouvé en Vallée des Merveilles, Provence-Alpes-Côte d'Azur, en octobre.

Taxonomie[modifier | modifier le code]

Nom scientifique accepté[modifier | modifier le code]

Formes[modifier | modifier le code]

Source : Index Fungorum[2]

  • Macrolepiota procera f. crassipes Pázmány 1989 (Roumanie)
  • Macrolepiota procera f. fuliginosa (Barla) Vizzini & Contu 2011
  • Macrolepiota procera f. macrolepis Pázmány 1989 (Roumanie)
  • Macrolepiota procera f. macrospora Singer
  • Macrolepiota procera f. multisquamulosa Pázmány 1989 (Roumanie)
  • Macrolepiota procera f. permixta (Barla) Vizzini & Contu 2011
  • Macrolepiota procera f. procera (Scop.) Singer, 1948

Variétés[modifier | modifier le code]

Source : Index Fungorum[2]

  • Macrolepiota procera var. exigua Pázmány 1989
  • Macrolepiota procera var. fuliginosa (Barla) Bellu et Lanzoni 1987
  • Macrolepiota procera var. konradii (Huijsman ex Orton) Gminder 2003
  • Macrolepiota procera var. mediterranea Bon 1993 (France)
  • Macrolepiota procera var. pallida Pázmány 1989 (Roumanie)
  • Macrolepiota procera var. patentosquamosa Pázmány 1989
  • Macrolepiota procera var. permixta (Barla) Quadr. & Lunghini 1990
  • Macrolepiota procera var. procera (Scop.) Singer 1948
  • Macrolepiota procera var. pseudo-olivascens Bellu et Lanzoni 1987 (Italie)
  • Macrolepiota procera var. vezo Walleyn et Rammeloo 1994

Basionyme, synonymes, et binômes obsolètes[modifier | modifier le code]

  • Agaricus procerus Scop[3],(Basionyme)[4]
  • Agaricus colubrinus Bull[5].
  • Lepiota procera (Scop.)[6]
  • Mastocephalus procerus (Scop.) [7]
  • Lepiotophyllum procerum (Scop.)[8]

Noms vernaculaires[modifier | modifier le code]

L'agaric Couleuvré ou Grisette de Bulliard en 1780

La Lépiote élevée tient son nom d'un ancien binôme latin lepiota elata[9]. Du latin scientifique lepiota[10], du grec λε ́πιον, « petite écaille, petite croûte ». On parle aussi, de chevalier bagué, de Saint-Michel, de nez de chat, de baguette de tambour (jeune), de Cocherelle[11], ou encore de parasol comme chez les anglo-saxons.

Canada[modifier | modifier le code]

Au Canada, la lépiote élevée est appelée Baguier[12] mais aussi Coulemelle, comme en France. Une partie de la population l'appelle Parasol, sous l'influence de l'appellation anglo-saxonne[13].

France[modifier | modifier le code]

En France, la lépiote élevée est le plus souvent appelée Coulemelle, autrefois Couamelle, qui vient de columelle, « petite colonne »[14] ou encore coulemotte[15]. Mais dans certaine régions, comme en Vendée, Coulemelle ne signifie qu'un champignon blanc des pâtures. Elle était autrefois – comme dans l'Herbier de France au XVIIIe siècle – appelée Grisette[16]. On peut trouver à peu près autant de noms aux lépiotes élevées que de dialectes régionaux. Toutefois, elles sont souvent confondues par les récolteurs avec l'agaric des prés et les autres lépiotes : lépiote élevée, grande et petite lépiote, ce qui rend les appellations imprécises[17].

Limousin et Nord du Périgord[modifier | modifier le code]

Dans le Limousin et le Nord du Périgord, la lépiote élevée est appelée Filleul ou Nouno[18].

Poitou-Charentes[modifier | modifier le code]

En Poitou, la lépiote élevée s'appelle encore Bonhomme, quand son chapeau n'est pas encore ouvert. Ce surnom serait apparu à cause d'une légère différence de goût entre une lépiote ouverte et une fermée : la lépiote fermée étant préférée pour son goût, cela lui permit d'acquérir son propre surnom. Elle se dit aussi Poturelle dans le Poitou-Charentes[19]. Les variantes sont paturelles, baderelles, et anciennement clouzeaux[20].

Berry[modifier | modifier le code]

Dans le Berry, la lépiote élevée est appelée quioslet, cocherelle, couamelle, fusée, bouteriau ou cluniau[21],[22].

Indre[modifier | modifier le code]

Dans l'Indre, la lépiote élevée est appelée boutarot, coucoumelle, coquemelle, golmelle, coulemotte, coulemelle, columelle, tsampignu o lo bago[23].

Languedoc, Velay et Vivarais[modifier | modifier le code]

Dans le Languedoc, la lépiote élevée est appelée badrelle et en occitan cocomèla [24].

Gascogne[modifier | modifier le code]

En Gascogne, la lépiote élevée est appelée pepiòla, pepiòta et omprèla[25].

Maine-et-Loire[modifier | modifier le code]

Dans le Maine-et-Loire, la lépiote élevée est appelée moutardier, griset, grisotte, éclusette, mort-de-froid, toute-blanche[18].

Description du sporophore[modifier | modifier le code]

Macrolepiota procera, vue du chapeau
Croissance en sept jours d'une lépiote élevée

Le chapeau est ovoïde puis convexe et enfin largement étalé en parasol, de 10 à 30 cm de diamètre, surmonté d'un mamelon, avec une cuticule sèche, gris-roux, couvert d'écailles brunes, plus denses vers le centre. Les lames sont blanches, serrées, molles. La sporée est blanche.

Le stipe, haut de de 15 à 40 cm, est élancé, creux, bulbeux à la base, brun tigré et de plus en plus écaillé en allant vers la base ; il est pourvu d'un anneau double, blanchâtre et coulissant. Le pied est fibreux, ce qui le rend immangeable.

La chair est blanche, molle, avec une odeur et une saveur fruitées agréables.

Habitat[modifier | modifier le code]

Assez commune, la lépiote élevée vient, parfois en grandes troupes, dans les sous-bois dégagés ou les clairières, plutôt sur terrains siliceux. Généralement précoce (juillet à octobre), on la trouve jusqu'à Noël dans les régions méditerranéennes. La lépiote est un organisme Saprophyte.

Répartition[modifier | modifier le code]

On a signalé la lépiote élevée en Australie, en Inde, en Sibérie, en Extrême-Orient, au Japon, en Amérique, en Afrique et en Europe (partout à l'exception des régions arctiques).

Comestibilité et cuisine[modifier | modifier le code]

La lépiote élevée est un comestible recherché, il est alors le plus souvent en France présenté en cuisine sous le nom populaire de Coulemelle. Le pied, coriace – surtout chez les exemplaires adultes –, sera émincé pour une sauce ou une soupe, ou bien éliminé. Le chapeau, découpé ou gardé entier, se prête à de multiples recettes : frit quelques minutes, les chapeaux entiers dans un peu d'huile d'olive ou, mieux, au barbecue, simplement salés et poivrés avant de servir. Il est possible de la consommer crue, mélangée à une salade verte[26]. On peut aussi cuisiner les coulemelles à la crème[27].

Espèces proches et confusions possibles[modifier | modifier le code]

La lépiote faux parasol ou lépiote à spores verts (Chlorophyllum molybdites).

Hautement toxique, elle génère des symptômes gastro-intestinaux sévères, vomissements et diarrhées[28]

En Europe, avec sa haute taille (c'est le plus grand champignon des régions tempérées) et son port élancé, Macrolepiota procera ne prête guère à confusion en présence d'un grand spécimen, c'est surtout pour les plus petits que la prudence s'impose, notamment face à la mortelle lépiote brune. En Amérique du Nord, c'est le grand Chlorophyllum molybdites qui est à l'origine de la majorité des accidents. Plus précisément, Macrolepiota procera est le taxon principal de plusieurs formes ou variétés et il existe aussi des espèces proches, telles que Macrolepiota gracilenta, Macrolepiota excoriata, Macrolepiota konradii, toutes comestibles. On peut aussi le confondre avec Chlorophyllum rhacodes généralement plus petit. Cette lépiote ressemble aussi à la lépiote brune, mortelle, mais cette dernière est plus petite, de même que d'autres champignons également délétères de la même famille. C'est pourquoi il est conseillé de se méfier des champignons ressemblants de petite taille. Par temps sec, la coulemelle peut voir son développement atrophié et ne pas atteindre ses dimensions habituelles. On peut alors plus facilement la confondre avec les petites lépiotes (genre Lepiota et non Macrolepiota) parfois vénéneuses, voire mortelles. Sa confusion avec Chlorophyllum molybdites caractérisée par une sporée verte, est courante en Amérique du Nord[29] mais rare en Europe où il semble qu'elle devient plus fréquente[30].

Indicateur environnemental – bioaccumulation[modifier | modifier le code]

De nombreuses études analysent la teneur en minéraux dans la lépiote élevée comme indicateur de contamination de l'environnement [31].

Culture et intérêt médical[modifier | modifier le code]

La culture des lépiotes élevées est envisagée pour leur goût intéressant et leur valeur médicinale. Les caractéristiques des conditions de culture pour la croissance du mycélium de Macrolepiota procera sont déjà développées et démontrent que la croissance du mycélium est favorable à une forte teneur du milieu en azote et une température de 30 °C.

Activité anti-tumorale et antibiotique[modifier | modifier le code]

Macrolepiota procera est reconnue pour contenir de la glycérine, du mannitol, du glucose, du tréhalose, du lepiotan et environ vingt acides aminés. De plus, Macrolepiota procera démontre une activité anti-tumorale dans le corps humain et présentent une activité antibiotique contre les bactéries à Gram négatif[32]. Les sporophores sont largement utilisés pour la fabrication des aliments et des médicaments traditionnels. Lorsque Macrolepiota procera est utilisée à des fins alimentaires, ses sporophores contiennent des protéines, du fer, du zinc, de la chitine, du chitosane, des fibres, des vitamines et des minéraux qui sont connus comme compléments alimentaires et reconnus pour maintenir l'homéostasie physiologique du corps humain[33]. L'acide linolénique se retrouve en quantité importante dans Macrolepiota procera[34].

Antioxydant[modifier | modifier le code]

Macrolepiota procera présente également plusieurs antioxydants : de nombreux composés antioxydants extraits de ces champignons ont été identifiés, tels que les composés phénoliques, les tocophérols, l'acide ascorbique, et des caroténoïdes[35].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Ce champignon est décrit dans toutes les flores, notamment :

  • André Marchand, Champignons du Nord et du Midi, t. I/IX, Hachette,‎ 1971 (ISBN 84-499-0649-0)
  • Roger Phillips : Les Champignons ;
  • Marcel Bon : Champignons de France et d'Europe occidentale, Flammarion ;
  • Régis Courtecuisse : Guide des Champignons de France et d'Europe.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Singer, « New and Interesting Species of Basidiomycetes », Papers of the Michigan Academy of Science, vol. 32, no 1,‎ 1946, p. 103-150
  2. a et b http://www.indexfungorum.org/
  3. Fl. carniol., vol. 2, t. 418, Vienna, Edn 2,‎ 1772
  4. http://www.indexfungorum.org/names/HomoSpecies.asp?RecordID=150116
  5. Pierre Bulliard, Herbier de la France : Collection complète des plantes indigènes de ce royaume; avec leurs propriétés, et leurs usages en médecine, t. 2, Paris,‎ 1780-93, planche 78
  6. Gray, A Natural Arrangement of British Plants, vol. 1, t. 601, London,‎ 1821
  7. Pat., Essai. Hyménomyc., Lons-le-Saunier,‎ 1900, p. 171,
  8. Locquin, Etude du dévéloppement des spores du genre Leucocoprinus, vol. 11, Bulletin Mensuel de la Société Linnéenne de Lyon,‎ 1942, p. 40
  9. Copel., Ann. Myc., vol. 29, t. 3,‎ 1905
  10. Persoon, Synopsis methodica fungorum,‎ 1801, p. 257
  11. http://www.cnrtl.fr/definition/cocherelle
  12. René Pomerleau, Flore des champignons au Québec: et régions limitrophes, vol. xv, Montréal, Les Editions La Presse,‎ 1904 - 1980, 652 p., Glossaire: p. 587-598.; Bibliographie: p. 599-606.
  13. (en) Gary H. Lincoff, The Audubon Society field guide to North American mushrooms, New York, Lincoff, Gary H. Knopf,‎ 1981, 926 p. (ISBN 0394519922)
  14. http://www.cnrtl.fr/etymologie/coulemelle
  15. pour le CIRAD
  16. Pierre Bulliard, Herbier de la France : Collection complète des plantes indigènes de ce royaume; avec leurs propriétés, et leurs usages en médecine, Paris,‎ 1780-93, planche 78
  17. Marcel Lachiver, Dictionnaire du monde rural, Paris, Fayard,‎ 1997
  18. a et b Lachiver 1997
  19. Monographie du Canton de Saint-Sulpice, t. 54, Bulletin de la Société archéologique et historique du Limousin
  20. M. L. Boughet, Note sur un empoisonnement par les Champignons : Pharmacien à Poitiers, t. 13, Paris, Bulletin de la société mycologique de France, p. 60
  21. Pierre Valentin Berthier, Glossaire de la Champagne berrichonne, Paris, Royer patoisthèque,‎ 1996, 200 p.
  22. Pierrette Dubuisson, Dictionnaire du français régional du Berry-Bourbonnais,, Paris, Éditions Boneton,‎ 1993, 142 p.
  23. Jean Chassagneux, Le patois de Saint-Jean-Soleymieux : Cahier de Village de Forez, Nouvelle édition du Supplément au n° 83-84, vol. 83-84,‎ n° 8 février 2004
  24. Lexique descriptif occitan - français du Velay et du Vivarais,‎ 2008, 159 p.
  25. Nicolau Rei Bèthvéder, Dictionnaire Français / Occitan Gascon Toulousain, IEO edicions,‎ 2004 (ISBN 2-85910-338-4)
  26. http://www.supertoinette.com/fiche-cuisine/587/coulemelle.html
  27. http://marie-mitonne.over-blog.com/article-coulemelles-a-la-creme-ou-lepiote-elevee-58964889.html
  28. (en) Denis R. Benjamin, Mushrooms: poisons and panaceas — a handbook for naturalists, mycologists and physicians, New York, WH Freeman and Company (ISBN 0-7167-2600-9), « Gastrointestinal syndrome », p. 351–377
  29. How to not pass up a parasol – and how not to
  30. Macrolepiota rhacodes and Chlorophyllum molybdites poisoning
  31. (en) J. Falandysz, Some mineral constituents of Parasol Mushroom (Macrolepiota procera) : Journal of Environmental Science and Health, Part B: Pesticides, Food Contaminants, and Agricultural Wastes, vol. 43, t. 2, Science and Health Taylor & Francis,‎ 2008 (présentation en ligne), p. 187-192
  32. (en) M. A. B. Coletto et B. Striano, Antibiotic activity in Basidiomycetes. XIII. Antibiotic activity of mycelia and cultural filtrates : Journal Allionia, vol. 37, Science and Health Taylor & Francis,‎ mars 2005 (ISSN 0065-6429, présentation en ligne), p. 253-255
  33. (en) Sung Mi Shim, The Characteristics of Cultural Conditions for the Mycelial Growth of Macrolepiota procera : Mycobiology, vol. 33, t. (1), Science and Health Taylor & Francis,‎ mars 2005 (présentation en ligne), p. 187-192
  34. (en) S. Kavishreea, Fat and fatty acids of Indian edible mushrooms : Food Chemistry, vol. 106, t. (2), Elsevier,‎ 15 janvier 2008 (présentation en ligne), p. 597–602
  35. (en) Isabel Ferreira, Antioxidants in Wild Mushrooms, vol. 16, t. 12, Current Medicinal Chemistry, Bentham Science Publishers,‎ 2009, 18 p. (présentation en ligne), p. 1543-1560