Léonce Vieljeux

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Léonce Vieljeux
Tableau de Léonce Vieljeux, à la fin de la Première Guerre mondiale, cabinet Jean Guiton à l'Hôtel de ville de La Rochelle.
Tableau de Léonce Vieljeux, à la fin de la Première Guerre mondiale, cabinet Jean Guiton à l'Hôtel de ville de La Rochelle.
Fonctions
Maire de La Rochelle
12 novembre 193022 septembre 1940
Prédécesseur Édgard Jodet Angibaud
Successeur René Godard
Biographie
Date de naissance 12 avril 1865
Lieu de naissance Drapeau de la France France Les Vans (Ardèche)
Date de décès 2 septembre 1944 (à 79 ans)
Lieu de décès au camp de Struthof (Alsace)
Nationalité Français

Léonce Vieljeux, né le 12 avril 1865 aux Vans (Ardèche, France) et mort le 1er septembre 1944, est colonel de réserve, armateur et maire de La Rochelle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Son père était ingénieur des Ponts et Chaussées. Il fait ses études secondaires au lycée de Tournon et entre en 1886 à Saint-Cyr[GAC 1].

Diplômé de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr en 1888, il est affecté au 123e régiment d’infanterie à La Rochelle, où il épouse, en 1891, Hélène Delmas, fille du célèbre armateur rochelais, Frank Delmas. Il quitte l'armée pour entrer dans la maison d’armement « Delmas Frères » dont il devient le président, la compagnie prend le nom de Compagnie Delmas-Vieljeux, une des plus importantes compagnies françaises de navigation.

Il siège au conseil municipal de La Rochelle, de 1912 à 1925, avant d'en devenir maire en 1930.

Il est mobilisé en 1914, où il est blessé en Argonne et cité à l'ordre de la brigade, de la division, de l'armée. Il est fait chevalier de la Légion d'honneur[GAC 1]. Il finit la guerre avec le grade de lieutenant-colonel[RB 1].

Stèle à la mémoire de Léonce Vieljeux sur le mur d'enceinte de l'Hôtel de ville de La Rochelle.

Avec la Seconde Guerre mondiale, Léonce Vieljeux s’emploie à résister aux exigences des Allemands présents dans sa ville. Ainsi, le dimanche 23 juin 1940, un lieutenant allemand se présente à lui afin de hisser un drapeau hitlérien sur l’hôtel de ville. Le maire de La Rochelle lui répond alors : « Colonel (de réserve) dans l'armée française, maire d'une grande ville, mon honneur d'officier et ma dignité m'interdisent de discuter avec un officier subalterne, même s'il appartient à une armée victorieuse. Je n'exécuterai des ordres que s'ils émanent d'un officier allemand ayant un grade au moins égal au mien »[RB 1].

Ce premier acte de résistance fut suivi par une opposition systématique à l’affichage de la propagande nazie. Parallèlement, il aida les ingénieurs et ouvriers de son usine appartenant au réseau de résistance Alliance à trouver des filières d’évasion. Il organise avec ses cousins et amis ce réseau de résistance « Alliance » qui fournit à Londres des informations sur le trafic portuaire rochelais, et des faux-emplois aux requis du STO.

Le 22 septembre 1940, il est destitué de ses fonctions de maire, puis expulsé de sa ville du 17 juin au 2 novembre 1941. Revenu à La Rochelle, il est arrêté par la Gestapo le 14 mars 1944, pour avoir protégé la fuite de deux de ses ouvriers. Le pasteur Yann Roullet, son petit-fils, MM. Delmas et Jacques Chapron, ses neveux, et M. Camaret, ingénieur sont également arrêtés et le suivront jusqu'à la mort. Ils appartiennent au réseau, ou ont protégé des membres du réseau Alliance. Ils restèrent à la Rochelle du 1er mai 1944 au 1er septembre 1944. Interné à Lafond, ils sont transférés à Poitiers, puis à Fresnes et envoyés au camp de Natzweiler-Struthof près de Strasbourg.

Dans la nuit du 1er au 2 septembre 1944, ils sont emmenés au camp de Struthof, où ils sont abattus d'une balle dans la nuque, en même temps que 300 hommes et 92 femmes, Léonce Vieljeux avait 79 ans.

Le service funèbre a été célébré le 27 janvier 1945 au temple protestant en présence de 3 000 Rochelais de toutes obédiences et catégories sociales et à la cathédrale, cela alors que La Rochelle est occupée et que tout rassemblement est prohibé, mais sans que les Allemands interviennent[GAC 2].

Vers la fin de la guerre, les résistants réalisèrent 4 véhicules blindés. On nomma l'un deux "Léonce VIELJEUX". Ce camion, transformé en blindé, était équipé de deux mitrailleuses, deux fusils mitrailleurs et d'un lance-flamme[1],[PC 1],[N 1]. Les blindés ont été réalisés avec l'aide des chantiers navals Delmas-Vieljeux[GAC 3].

La stèle à sa mémoire[modifier | modifier le code]

Une stèle est inaugurée le 23 juillet 1948 par le général de Gaulle qui rappelle le sacrifice de Léonce Vieljeux[RB 1],[MFD 1]. Sa mémoire est conservée à La Rochelle par l'Association Léonce Vieljeux et par une cérémonie se tenant chaque année à la date anniversaire de son exécution devant ce mémorial érigé sur le rempart de l'hôtel de ville.

Maison familiale des Vieljeux[modifier | modifier le code]

Maison de famille des Vieljeux.

La famille de l'armateur logeait dans une maison construite à l'emplacement d'une ancienne porte de ville. Situé au 2 rue de la monnaie à la Rochelle, une plaque à l'entrée de la demeure rappelle le souvenir de Léonce Vieljeux. Le bâtiment est acquis à la libération par le conseil général de Charente-Maritime qui y installe ses bureaux. À la construction de l'actuel Maison du département, le bâtiment sera racheté par la Préfecture, dont le siège se situe juste derrière pour y transférer une partie de ses services[PC 2].

Postérité[modifier | modifier le code]

Le lycée Léonce-Vieljeux de La Rochelle.
  • Le lycée Léonce-Vieljeux de La Rochelle

Il est implanté sur un espace ouvert de 7 ha, situé à la périphérie urbaine de La Rochelle. Il compte environ 1300 élèves, 160 professeurs et 70 personnels d’administration, techniciens, ouvriers de services et de santé.

  • La rue menant de la Grosse Horloge à l'avenue Jean Guiton a été rebaptisé en son honneur. Avant, elle se nommait rue Verdière.

Un timbre-poste[modifier | modifier le code]

  • Émission, le 28 mars 1960, d'un timbre de 0,30 FRF honorant les héros de la Résistance à l'effigie de Léonce Vieljeux maire de La Rochelle[2].

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Liste des auteurs par ordre alphabétique :

  • Anthologie des écrivains morts à la guerre : 1939-1945, Association des écrivains combattants, Michel, 1960, p. 756
  • Rémi Béraud, Petite Encyclopédie Monumentale et Historique de La Rochelle, La Rochelle, Édition RUPELLA,‎ 1987, 193 p., p. 190Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Pierre Blanchon et Philippe David, Léonce Vieljeux, La Rochelle, Librairie F. Pijollet,‎ 1948, 101 p.
  • Jean Combes et Gilles Bernard, Histoire du Poitou et des pays charentais : Deux-Sèvres, Vienne, Charente, Charente-Maritime, Clermont-Ferrand, Éditions de Borée,‎ 2001, 447 p. (ISBN 978-2-84494-084-1)
  • Marie-Françoise Deveau, L'Hôtel de ville de La Rochelle, La Rochelle, Être & connaître et Quartier latin,‎ 1995, 40 p. (ISBN 2-911198-00-X), p. 14Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Le Patrimoine des Communes de la Charente-Maritime, t. II, Flohic éditions,‎ août 2002, 575 p. (ISBN 2-84234-129-5), p. 678-748Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Christiane GACHIGNARD, La Rochelle : "poche" de l'Atlantique août 1944 - mai 1945, La Rochelle, Gotac Presse,‎ 1994, 127 p. (ISBN 2-903974-09-8)Document utilisé pour la rédaction de l’article

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le "Léonce VIELJEUX" est exposé au Musée des blindés de Saumur, le "Joseph CARMARET II" est exposé dans la cour du Musée d'Orbigny Bernon.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Photo du blindé "Léonce VIELJEUX" au musée des blindés de Saumur.
  2. Timbre à effigie de Léonce Vieljeux
  • Références issues de l'ouvrage Rémi Béraud, Petite Encyclopédie Monumentale et Historique de La Rochelle,‎ 1987 (voir dans la bibliographie) :
  1. a, b et c p. 190
  • Références issues de l'ouvrage Marie-Françoise Deveau, L'Hôtel de Ville de La Rochelle,‎ 1995 (voir dans la bibliographie) :
  1. p. 14
  1. p. 746
  2. p. 738
  • Références issues de l'ouvrage Christiane Gachignard, La Rochelle "poche" de l'Atlantique,‎ 1994 (voir dans la bibliographie) :
  1. a et b p. 118
  2. p. 82-83
  3. p. 85

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]