Léon Raffenel

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Léon Raffenel
Naissance 14 août 1856
Saint-Servan (Ille-et-Vilaine)
Décès 22 août 1914 (à 58 ans)
Rossignol
Mort au combat
Grade général de brigade
Années de service 18751914
Conflits Première Guerre mondiale
Commandement 27e Régiment d'Infanterie
3e Division d'Infanterie Coloniale
Faits d'armes Combats de Rossignol
Distinctions Légion d'honneur


Léon Raffenel (1856-1914) est un général français tué au début de la Première Guerre mondiale.

Avant 1914[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Léon Amédée François Raffenel est né à Saint-Servan (Ille-et-Vilaine) le 14 août 1856. Le 8 juillet 1875, il souscrit un engagement au 82e de ligne, au titre de l’École spéciale militaire de Saint-Cyr. Après un an et quatre mois de vie en régiment, il entre à l’école le 28 octobre 1876. Il en sort deux ans plus tard, nanti du grade de sous-lieutenant et reçoit une affectation au 1er Régiment d'Infanterie de Marine.

Alors qu’en métropole le pays se redresse de la défaite de 1870-71, il se lance outre-mer dans de nouvelles campagnes, destinées à lui assurer la domination d’un vaste empire colonial. Le jeune Marsouin participe à cette épopée dès 1881. Du 16 mars de cette année-là au 9 juillet 1883, il effectue son premier séjour militaire hors de l’hexagone, en Martinique. Peu avant son retour en France, il est muté au 4e d’Infanterie de Marine. Il est alors lieutenant, grade qu’il ne conserve qu’un peu plus de deux ans. Le 8 décembre 1883, il devient capitaine. Il connaît alors pendant quelques années la monotone vie de garnison de métropole.

Le Tonkin et l'Indochine[modifier | modifier le code]

Les choses changent en septembre 1886, avec son affectation au 1er Régiment de Tirailleurs Tonkinois. Il sert à présent dans le nord de l’Indochine, au Tonkin, où il participe à plusieurs expéditions. Le 10 avril 1887, la colonne qu’il dirige livre un violent combat à Muong-di. Le capitaine Raffenel s’y distingue par son énergie et la qualité de son commandement.

Après avoir retrouvé pendant un peu plus d’un an le 1er d’Infanterie de Marine, il revient au Tonkin en 1890, avec le 2e Régiment de Tirailleurs Tonkinois. Cette nouvelle campagne coïncide avec son accession au grade de chef de bataillon (3 octobre 1890). Pendant dix-huit mois, il ne cesse de combattre. Ainsi, le 29 octobre 1890, il participe avec la colonne Pardes au combat de Ben-Chan. Du 29 novembre au 23 décembre suivants, il est lui-même à la tête d’une colonne, avec laquelle il se bat à Baïbang (le 5 décembre), à Yen-Dong (le 13 décembre), puis à Kher-Khong (le 16 décembre). Le 16 juin 1891 encore, il livre bataille à Caï-Tram avec la colonne Dominé. Au cours de ce second séjour en Indochine, il s’affirme comme un officier de qualité, rompu aux opérations les plus délicates. Après avoir servi au Régiment de Tirailleurs Annamites, il rentre en France en 1893.

Le commandant Raffenel semble alors promis à un brillant avenir. Ses états de service et son expérience acquise sur le terrain lui confèrent un grand prestige. Sa poitrine s’orne bien sûr de la médaille du Tonkin, mais aussi de l’insigne de chevalier de l’ordre du Dragon d'Annam (dont il est décoré en février 1890; il est fait officier en janvier 1895) et, surtout, de la Croix de chevalier de la Légion d’honneur (29 décembre 1892).

L'infanterie métropolitaine[modifier | modifier le code]

C’est dans ces circonstances qu’intervient un changement radical dans sa carrière. En 1894, alors qu’il sert au 5e d’Infanterie de Marine, il sollicite son affectation dans l’infanterie métropolitaine. Ce n’est pas une procédure anodine puisqu’à l’époque l’armée de terre et l’armée coloniale dépendent de deux ministères différents (la Guerre pour la première et la Marine pour la seconde). Les raisons de ce choix sont obscures: contraintes familiales, problèmes de santé ? Les archives sont muettes à ce sujet. Toujours est-il que, le 5 novembre 1894, une décision présidentielle autorise la mutation entre les chefs de bataillon Raffenel et Lourdel-Hénault. Ce dernier appartenant au 136e de Ligne, c’est à ce corps de troupe qu’est donc affecté Raffenel.

Pendant les cinq années suivantes, il mène une vie des plus monotones, commandant le bataillon du 136e détaché au fort de Querqueville. L’ancien colonial se fait administrateur. L’ancien homme de guerre devient un parfait officier de garnison. Isolé du reste du régiment, il semble se complaire dans cette vie retirée: en 1898, il refuse d’être relevé et conserve son poste en permutant avec le chef de bataillon chargé de le remplacer... Les notations de ses supérieurs ne cessent pourtant d’être élogieuses.

Octobre 1899 marque une nouvelle étape importante dans la carrière de Léon Raffenel. Ce mois-là, il quitte son détachement de Querqueville, est nommé lieutenant-colonel, est muté pour le 48e de Ligne et commence un stage au 35e régiment d'artillerie, à Vannes. Ce stage dure un an. Pendant cette période, il partage le quotidien des artilleurs, participe à leurs exercices et manœuvres, apprend l’emploi du nouveau canon de 75 et se fait grandement apprécier du colonel commandant le régiment. C’est que l’artillerie semble intéresser Raffenel au plus haut point. Déjà, au 136e de Ligne, il avait prononcé plusieurs conférences sur le sujet.

Revenu chez les fantassins en octobre 1900, il seconde le colonel du 48e R.I. (Guingamp) jusqu’en 1904. Il y recueille toujours les mêmes lauriers pour "ses qualités militaires : tact, fermeté, esprit de discipline, excellente manière de servir et dévouement à ses devoirs". Le 8 juillet 1904, il est nommé colonel et prend la tête du 27e R.I., à Dijon. Il reste à ce poste jusqu’en 1910. On lui confie le commandement de la 82e Brigade (à Saint-Dié) en septembre 1910. En décembre suivant, il est nommé officier de la Légion d’Honneur puis, le 25 mars 1911, il accède aux étoiles.

Désormais à la tête de l’une des troupes d’élite de l’armée française (la 82e Brigade est une brigade de chasseurs à pied), il poursuit sa carrière sans faute. Les rapports du général commandant la 41e D.I., dont il dépend, mettent l’accent sur ses qualités manœuvrières, sur son "jugement sûr", son "grand bon sens", son expérience, son sens de la discipline, etc. En toute logique, un tel soldat doit être appelé aux commandements les plus prestigieux. C’est ce qui arrive en juin 1914. Quittant ses chasseurs, il devient le chef de l’une des plus remarquables divisions de l’armée française: la 3e D.I.C., à Brest. Après une parenthèse de vingt années, le général Raffenel fait son retour dans la Coloniale... Il est alors toujours général de brigade, mais son accession au grade de divisionnaire ne saurait tarder.

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

La déclaration de guerre en décidera autrement. Parti de Brest à la mobilisation, il conduit sa division de Bar-le-Duc à la frontière belge. Le {'date|22|août|1914}}, il est en tête du Corps Colonial et se retrouve assailli par des forces plus importantes autour du village de Rossignol. Encerclée, la 3e D.I.C. est quasiment anéantie dans les bois de Neufchâteau. Raffenel disparaît avec elle, et serait devenu fou[1]. Son corps est découvert au soir de la bataille par le capitaine Hartmann (du 3e R.I.C.), quelques mètres au sud de la Semois, abandonné à Jamoigne, puis inhumé au cimetière militaire provisoire de Tintigny par les Allemands.

Références[modifier | modifier le code]


Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Michel Steg, Le Jour le plus meurtrier de l'histoire de France: 22 août 1914, Fayard, 2013, 250 p.