Léon Potier de Gesvres (cardinal)

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Léon Potier de Gesvres
Image illustrative de l'article Léon Potier de Gesvres (cardinal)
Léon Potier de Gesvres (1656-1744), représenté enfant.
Biographie
Naissance 15 août 1656
Paris
Décès 12 novembre 1744 (à 88 ans)
Versailles
Cardinal de l’Église catholique
Créé
cardinal
29 novembre 1719
Par le pape Clément XI
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale 23 janvier 1695
Par le card. César d'Estrées
Archevêque émérite de Bourges
5 mars 172912 novembre 1744
Archevêque de Bourges
Primat des Aquitaines
30 août 16945 mars 1729
Autres fonctions
Fonction religieuse
Camérier du pape Innocent XI

Ornements extérieurs Cardinaux.svg
Blason Léon Potier de Gesvres (1620-1704).svg
Ecce manus domini super nos
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Léon Potier de Gesvres (15 août 1656 à Paris, 12 novembre 1744 à Paris) est un homme d'Église. Il a été le camérier du pape Innocent XI. En 1694, il fut nommé archevêque de Bourges, mais il ne résida jamais dans cette ville. Il devint cardinal en 1719.

Témoignages de contemporains[modifier | modifier le code]

  • Dangeau : « Le roi a donné l'archevêché de Bourges à M. l'abbé de Gesvres; cet archevêché vaut entre 25 et 30,000 livres de rente. Le roi n'a pas accoutumé de donner les archevêchés à des abbés; il choisit d'ordinaire un évêque. »
  • Saint-Simon, au retour de Rome du jeune abbé (il est rappelé à la suite de la querelle des franchises[1], tous les Français sont rappelés de Rome par ordre de Louis XIV) : « [Il] revint de bonne grâce. Le Roi, qui en fut touché, lui donna en arrivant, de plein saut, l'archevêché de Bourges qui venait de vaquer[2]. » « Pour le cardinal de Gesvres, c'était avec de l'esprit, du savoir et une rage d'être cardinal, qui avait occupé toute sa vie un hypocondriaque de sa santé, qui, dès qu'il fut parvenu à la pourpre, se renferma presque aussitôt et ne se trouva plus à rien[3]. »
  • La marquise de Créquy, qui n’aimait pas Saint-Simon, donne un éclairage un peu différent : « Celui que nous appelions le Patriarche, pour le distinguer de son neveu l'Évêque de Beauvais, s'était démis de son archevêché de Bourges par excès d'humilité chrétienne ; il a fini par se retirer au monastère de Saint-Rémy de Reims, dont il était abbé commendataire, et où il se crut obligé de faire maigre le restant de ses jours pour se conformer à la règle de la communauté, qui est de l'ordre de St. Benoît. C'est ainsi qu'il se punit de ses petites sensualités, qui n'avaient scandalisé personne[4]. » Elle parle de lui lorsqu'elle raconte qu'il fut dévalisé, le plus poliment du monde, par Cartouche en s'en retournant à Bourges. Cette mésaventure n'était évidemment pas de nature à le rendre plus assidu dans son archidiocèse.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La querelle des franchises survint en 1687, le pape voulait recouvrer ses pouvoirs de police dans le quartier des ambassades à Rome, ce à quoi s'opposaient lesdites ambassades. Peu à peu, toutes les puissances cédèrent sauf la France. Louis XIV envoya le marquis de Lavardin avec instruction de faire ferme.
  2. Saint-Simon, Mémoires, Tome I, Edition Yves Coirault, Pléiade,1983, p.677
  3. Saint-Simon, Mémoires, Tome VII, Edition Yves Coirault, Pléiade, 1987, p.341
  4. Créquy (Marquise de), Souvenirs, Tome I, Garnier Frères, 1873, p. 134