Léon Kengo

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Kengo wa Dondo
Image illustrative de l'article Léon Kengo
Fonctions
6e président du Sénat congolais
En fonction depuis le 14 mai 2007
(7 ans, 4 mois et 2 jours)
Élection 11 mai 2007
Prédécesseur Pierre Marini Bodho
17e Premier ministre zaïrois
6 juillet 19942 avril 1997
(2 ans, 8 mois et 27 jours)
Président Mobutu Sese Seko
Prédécesseur Faustin Birindwa
Successeur Étienne Tshisekedi
8e Premier commissaire d'État zaïrois
22 janvier 19877 mars 1988
(1 an, 1 mois et 13 jours)
Président Mobutu Sese Seko
Prédécesseur Jules-Fontaine Sambwa Pida Nbangui
Successeur Vincent de Paul Lunda Bululu
5e Premier commissaire d'État zaïrois
5 novembre 198231 octobre 1986
(3 ans, 11 mois et 26 jours)
Président Mobutu Sese Seko
Prédécesseur Joseph Untube N'singa Udjuu
Successeur Mabi Mulumba
Biographie
Nom de naissance Léon Lubicz
Date de naissance 22 mai 1935 (79 ans)
Lieu de naissance Libenge
Nationalité congolaise
Parti politique Indépendant

Léon Kengo Léon Kengo
Premiers ministres zaïrois
Président du Sénat congolais

Léon Kengo wa Dondo, né Léon Lubicz le 22 mai 1935 à Libenge (Congo belge), est un homme politique congolais (RDC).

Juriste de formation, Premier commissaire d'État[1] puis Premier ministre du président Mobutu Sese Seko, qui dirigeait alors le Zaïre, il est le président du Sénat depuis 2007.

Biographie[modifier | modifier le code]

Descendant d'une famille juive[modifier | modifier le code]

Le père de Léon Kengo wa Dondo était un Juif polonais réfugié en Belgique[2] L'origine ethnonationale de sa mère a fait l'objet de controverses politiques dans le contexte des conflits congolo-rwandais, certains affirmant qu'elle était un "Rwandaise tutsi"[3], d'autres qu'elle était la fille "d'un père militaire ngbandi et d'une mère tutsi rwandaise"[4].

Édouard Kengo, grand-père de Léon, était militaire des Forces publiques, originaire du Nord-Ubangi, de l'éthnie Ngbandi du village de Dondo. Lors d'une expédition militaire des troupes du Congo belge au Rwanda, le soldat Édouard Kengo y rencontra Hilda, grande-mère de Léon, d'origine rwandaise, qu'il ramena à Libenge. De leur union naîtra alors Marie-Claire ya Gbongo, mère de Léon Kengo wa Dondo.

Son père, un médecin polonais du nom de Lubicz affecté à la ville de Libenge, a juste eu le temps de voir son nouveau né, et de le prénommer Léon, avant de voir son avenir compromis. À la suite du décès d'une patiente venue d'un village voisin, il fut forcé de quitter Libengé où il n'était plus en sécurité d'exercer à cause des menaces des proches de la défunte. Il ne retourna pas en Europe, mais changea de ville et s'installa à Kilo-moto dans la province orientale, poursuivant sa carrière.

Né Léon Lubicz, il changea son nom en Kengo wa Dondo en 1971, à la suite de la campagne d’africanisation du président Mobutu.

Une éducation religieuse[modifier | modifier le code]

Léon Kengo fait ses études primaires à Cocquilathville (Mbandaka) le chef-lieu de la province. Par la suite, il fait ses études secondaires dans la section administrative et commerciale, auprès des Frères des Écoles chrétiennes.

Âgé de 23 ans, il commence sa carrière judiciaire comme agent au Parquet de district (commis-greffier) au Parquet de district de Cocquilathville en 1958 jusqu’en 1960. À l'indépendance, avec la pénurie de cadres due au départ des Belges, il est muté au Parquet général de Kinshasa. Il est nommé successivement Substitut du Procureur de la République au Parquet de district de Kinshasa (14 octobre 1960), Substitut du Procureur général près la Cour d'appel à Kinshasa (6 juin 1961). Il fréquente l'École nationale de droit et d'administration à Kinshasa en cycle court, 1961 et décroche un diplôme d'études judiciaires. En 1961, il est désigné membre de la Commission mixte d'enquête sur les incidents de Kindu et de Kongolo.

En 1962, il sollicite une mise en disponibilité et s'envole pour la Belgique où il prend une inscription à l'Université libre de Bruxelles. Il obtient, en 1968 un doctorat en droit, et une licence spéciale en droit maritime et droit aérien. Il suit un cycle de formation en criminologie au Palais de justice à Bruxelles. Durant ses études, il est président du Comité directeur de l'Union des étudiants catholiques africains.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Chef du gouvernement[modifier | modifier le code]

De retour au Congo le 12 janvier 1968, il est nommé peu après conseiller juridique et politique au Bureau du président de la République. Pur produit du président Mobutu, il a été hissé au sommet des organes de l'ex parti-État par la seule volonté de ce dernier. Le 11 avril 1968, il quitte le cabinet du président de la République pour accéder aux hautes fonctions de procureur général près la Cour d'appel à Kinshasa. Il est promu procureur général de la République le 14 août de la même année. Il est ultérieurement ambassadeur de son pays à Bruxelles.

Kengo a été Premier ministre une première fois de 1982 à 1986, plaçant différents technocrates comme Munga Mibindo à la présidence de la SNEL. Il a ensuite été ministre des Affaires étrangères de 1986 à 1987 et de nouveau Premier ministre de 1988 à 1990.

Vers le multpartisme[modifier | modifier le code]

C’est par opportunisme politique que Léon Kengo wa Dondo est passé de la mouvance présidentielle à l'opposition congolaise modérée, après avoir longtemps servi de pilier à la dictature mobutienne. Il s'est retourné contre son maître au point de devenir avec l'aide du capitalisme international son plus grand concurrent, pour ne pas dire son adversaire le plus irréductible. C'est ainsi que durant la période de démocratisation, lorsque le multipartisme fut autorisé, Kengo fut choisi comme Premier ministre en 1994 comme consensus entre Mobutu et le Parlement. Il chassa des membres de la communauté libanaise du Zaïre sur des accusations de trafic illégal de diamants pour le financement de troupes armées.

Controverses[modifier | modifier le code]

Peu après le début de la première guerre civile du Congo en décembre 1996, Kengo dirigea le cabinet de crise contre la rébellion. Il fut critiqué pour n'avoir pas pu arrêter l'avancée des rebelles. Il annonça sa résignation en mars 1997 et abandonna son poste en avril de la même année. Un mois plus tard, le gouvernement tomba et Kabila prit le pouvoir.

En juin 2003, Kengo est accusé de blanchiment d'argent en Belgique[5],[6]. En novembre 2003, il rentre à Kinshasa afin « d'apporter son soutien au processus de transition », mais il est par la suite empêché de quitter le pays, à la suite de l'ouverture d'un dossier judiciaire contre lui pour des faits liés à Mobutu[7]. Plusieurs parlementaires protestent contre cette procédure[8].

Président du Sénat[modifier | modifier le code]

En 2005, il dit renoncer à se porter candidat à l'élection présidentielle de l'an suivant.

Le 11 mai 2007, Kengo a été élu président du Sénat de la RDC, s'imposant face au cadidat du parti majoritaire, Léonard She Okitundu, membre de l'AMP. Il devient de ce fait depuis le 14 mai 2007, date de son investiture, la deuxième personnalité politique de la RDC.

Publications[modifier | modifier le code]

  • La confiscation (mercuriale prononcée par Kengo-wa-Dondo), Cour suprême de justice de République du Zaïre, Kinshasa, 1973, 84 p.
  • Réflexions sur la filiation hors mariage (mercuriale prononcée par Kengo-wa-Dondo), Kinshasa, 1974
  • « Le pouvoir judiciaire sous la deuxième République Zaïroise », in Studia diplomatica, 1975, vol. 28, no 5, p. 501-526
  • Vers une société sans prison (mercuriale prononcée par Kengo-wa-Dondo), Kinshasa, 1975
  • Considérations sur le projet du nouveau code de la famille (mercuriale prononcée par Kengo-wa-Dondo), Kinshasa, 1976
  • L'exécution des jugements (mercuriale prononcée par Kengo-wa-Dondo), Kinshasa, 1978
  • L'évolution jurisprudentielle de la Cour Suprême de justice au Zaïre : 1968-1979) (mercuriale prononcée par Kengo-wa-Dondo), Kinshasa, 1979
  • De l'acquisition et de la transmission des droits immobiliers en droit zaïrois (mercuriale prononcée par Kengo-wa-Dondo), Kinshasa, 1980

Références[modifier | modifier le code]

  1. Chef du gouvernement
  2. Dan Colwell, "The Jews of the Congo", The Bulletin (Brussels), February 26, 2004
  3. Gérard Prunier, The Rwanda crisis: history of a genocide, C. Hurst & Co. Publishers, London, 1995, p. 319 n16 ISBN 978-1-85065-372-1
  4. Rachel-Albert Kisongo Mazakala, Africains, nous devons changer !: Recommandation appliquée au Congo ex Zaïre, L'Harmattan, 2009, ISBN 9782296194762 p.174
  5. Blanchiment d’argent : l’ancien Premier ministre Kengo inculpé à Bruxelles, Le Soft online, 25 juin 2003.
  6. Vers de nouvelles inculpations à Bruxelles ?, La Libre Belgique, 27 juin 2003.
  7. Comme un enfant, Kengo a été poussé dans une souricière, Le Soft online, 15 décembre 2003.
  8. , La Libre Belgique, 13 décembre 2003

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Isidore Ndaywel è Nziem, Histoire générale du Congo : de l'héritage ancien à la République Démocratique (préf. de Théophile Obenga), CGRI, De Boeck & Larcier-Duculot, Bruxelles ; Agence de la Francophonie, Paris, 1998, 955 p. (ISBN 2-8011-1174-0)
  • « Les 50 personnalités qui font la RD Congo : Léon Kengo wa Dondo. Président du Sénat, 74 ans », in Jeune Afrique, nos 2572-2573, du 25 avril au 8 mai 2010, p. 30