Léon Geoffray
| Léon Geoffray | |
| Ambassadeur de France | |
|---|---|
| Madrid, Espagne | |
| 1910 - 1917 | |
| Biographie | |
| Date de naissance | 1er octobre 1852 |
| Lieu de naissance | Paris |
| Date de décès | 25 décembre 1927 |
| Lieu de décès | Paris |
| Nationalité | française |
| modifier |
|
Léon Geoffray, né en 1852, mort en 1927, est un diplomate français à l'origine de l'Entente cordiale, puis ambassadeur de France à Madrid.
Sommaire |
Biographie [modifier]
Léon Marcel Isidore Geoffray, né à Paris le 1er octobre 1852, est un des deux fils de Pierre-Joseph Geoffray (1804-1886), propriétaire, ancien fabricant de soieries et financier à Lyon, et de Juliette Joséphine Sauvage de La Martinière[1].
Le jeune Léon Geoffray fait des études de droit, devient docteur en droit[2] et avocat à la cour d'appel de Paris, puis choisit d'entrer dans la carrière diplomatique et réussit le concours des Affaires étrangères.
Il est d'abord attaché au service du contentieux au ministère des affaires étrangères en 1877, puis à l'ambassade de Constantinople de 1877 à 1879 ; il est de nouveau au service du contentieux au ministère des affaires étrangères, à partir de 1879. Il y gravit les échelons de commis principal en 1883, rédacteur en 1886, secrétaire d'ambassade en 1891, avec effet rétroactif. En 1892-1894, il participe aux travaux de diverses commissions[1].
Léon Geoffray est ensuite nommé premier conseiller à l'ambassade de Londres, à partir de 1895, avec le grade de secrétaire première classe, puis de ministre plénipotentiaire en 1896[1]. Il y constate un état d'esprit très anti-français ; il en rend compte dans ses rapports, et écrit le 9 août 1898, au moment de l'occupation française de Fachoda :
« On se dit que le Français est l'adversaire-né de l'Angleterre (...) Si bien que, sans désirer un conflit armé avec notre pays, une certaine partie de la nation anglaise s'habitue à l'idée que ce conflit peut éclater un jour, et même qu'il ne saura manquer d'éclater[3]. »
Mais il s'attache passionnément à l'apaisement, et à la réalisation d'une alliance entre l'Angleterre et la France. Pour y parvenir, malgré la crise de Fachoda, il n'hésite pas à faire à plusieurs reprises la navette entre les deux pays pour convaincre à la fois son supérieur hiérarchique Paul Cambon, vite convaincu, son ministre Théophile Delcassé, le gouvernement britannique et le gouvernement français. Il prépare et accompagne les visites respectives d'Édouard VII à Paris, et du président Loubet à Londres. Il participe ainsi activement à la réalisation et au maintien de l'Entente cordiale, signée en 1904.
Lors de son départ de Londres en 1908, Édouard VII lui remet à titre exceptionnel les insignes de Grand Croix de l'Ordre de Victoria, qui n'avait jamais été remis à un ministre plénipotentiaire. Léon Geoffray part alors pour Le Caire, où il est consul général de 1908 à 1910[1].
Il est nommé en juillet 1910 ambassadeur de France à Madrid, auprès du roi Alphonse XIII. Il contribue alors à assurer à la France la neutralité de l'Espagne qui repousse les offres de l'Allemagne. Mais en octobre 1917 il est démis de ses fonctions, à la suite de la crise des relations franco-espagnoles[4].
Léon Geoffray est mort à Paris le 25 décembre 1927[1].
Il était propriétaire du château des Vaulx (XVIIe s.) à Saint-Julien-de-Civry en Saône-et-Loire, et chargea le paysagiste Achille Duchêne d'en aménager le parc vers 1900.
Il avait épousé Louise Marcotte de Quivières, dont il a deux fils : Pierre Geoffray (1884-1975) et Edme Geoffray (1886-1926).
Principales décorations [modifier]
- Commandeur de la Légion d'honneur, 26 janvier 1912[1].
- Chevalier grand-croix de l'Ordre royal de Victoria (GCVO - Knight Grand Cross of the Royal Victorian Order)[5].
- Grand-croix de l'Ordre de Charles III d'Espagne.
- Officier du mérite agricole, 1908[1].
Notes et références [modifier]
- Voir Ministère de la culture, base Léonore, « Geoffray, Léon Marcel Isidore ».
- Sa thèse pour le doctorat est De l'Emphytéose, Paris, impr. de Lahure, 1875 [lire en ligne].
- Cité par Adrien Thierry, L'Angleterre au temps de Paul Cambon, Paris, La Palatine, 1961, p. 25.
- Jean-Marc Delaunay, Des palais en Espagne : l'École des hautes études hispaniques et la Casa de Velázquez au coeur des relations franco-espagnoles du XXe siècle, 1898-1979, Madrid, 1994, p. 139 [lire en ligne].
- Voir la List of honorary British Knights.
Sources bibliographiques [modifier]
- E. de Las Cases, Léon Geoffray, ambassadeur de France, Paris, 1928, 78 p..
- « Léon Geoffray », dans Larousse du XXe siècle, 1927-1933.
- Noël Dorville et G. Gounouilhou, Les promoteurs de l'Entente Cordiale : galerie de portraits, 1909.
- In Memoriam : Léon Geoffray, Paris, 1928, 106 p.
- Jean-Marc Delaunay, Méfiance cordiale : Les relations métropolitaines franco-espagnoles de la fin du XIXe siècle à la Première Guerre mondiale, L'Harmattan, 1910 (ISBN 2296130828 et 9782296130821), p. 125-128 et autres [extraits en ligne].
- Le Journal des débats, 1928.