Léon (film)

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Léon

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Jean Reno (ici en 2002) interprète le rôle-titre de Léon.

Titre québécois Le Professionnel
Réalisation Luc Besson
Scénario Luc Besson
Acteurs principaux
Sociétés de production Les Films du Dauphin
Gaumont
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre Policier dramatique, action
Sortie 1994
Durée 136 min

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Léon, également intitulé Le Professionnel au Québec, est un film français réalisé par Luc Besson, sorti en 1994, avec Jean Reno et Gary Oldman. C'est le sixième long métrage réalisé par Besson, après Le Dernier Combat (1983) ou encore Le Grand Bleu (1988). Il s'agit, en quelque sorte, d'une suite à Nikita (1990), le précédent film de Besson : Reno y interprétait un personnage similaire à celui de Léon, nommé Victor. Besson considère que Léon est un « cousin américain de Victor », en « plus humain ». Ce film marque également la première apparition à l'écran de Natalie Portman, alors âgée de treize ans.

Léon retrace la vie d'un tueur à gages du même nom vivant en solitaire à New York. Ce dernier héberge une voisine de palier, fillette de douze ans dont la famille a été assassinée car le père avait volé de la cocaïne. Pour venger son petit frère, Mathilda demande à Léon de lui apprendre son « métier ». Le film reçoit un très bon accueil du public, aussi bien aux États-Unis qu'en France. Du côté des critiques professionnelles, l'accueil est plus mitigé mais toujours globalement positif. Léon est un succès populaire puisqu'il attire en France un total de près de 3 500 000 spectateurs lors de son exploitation en salle et aux États-Unis, le film rapporte finalement 19 250 000 $. Par ailleurs, il a été nommé à sept reprises aux Césars (dont celui du meilleur réalisateur et du meilleur film).

Synopsis[modifier | modifier le code]

Léon (Jean Reno) est un tueur à gages vivant seul au quartier de la Little Italy à New York. La plupart de ses contrats viennent d'un mafieux nommé Tony (Danny Aiello) qui opère depuis son restaurant le « Supreme Macaroni ». Léon passe son temps libre à faire des exercices physiques, prendre soin de sa plante d'intérieur (une Aglaonema) qu'il décrit comme sa « meilleure amie » et regarder des comédies musicales de Gene Kelly.

Un jour, alors qu'il rentre à son appartement, il voit Mathilda Lando (Natalie Portman), une jeune fille de douze ans habitant avec sa famille au même étage que lui. Mathilda a une trace de coup à l'œil et fume une cigarette. Son père (Michael Badalucco) s'attire la colère d'agents corrompus de la DEA qui l'ont payé pour qu'il stocke de la cocaïne chez lui, après avoir découvert qu'il en a volé une partie pour lui-même. Alors que Mathilda est à l'extérieur en train de faire des achats, les agents montent dans l'immeuble, menés par leur chef Norman Stansfield (Gary Oldman) et assassinent tous les membres de la famille. Mathilda arrive alors que le massacre est en cours. Elle feint l'indifférence en passant devant l'appartement et poursuit jusqu'à la porte de Léon, où elle frappe à plusieurs reprises, attendant, en pleurs, qu'il lui accorde l'asile. Léon, qui surveillait l'opération en cours par son judas, finit par ouvrir la porte au moment où l'agent qui surveillait le couloir commençait à avoir des soupçons au sujet de Mathilda.

Mathilda, qui découvre rapidement que Léon est un tueur à gages, le supplie de l'accepter avec lui et de lui apprendre ses compétences de « nettoyeur » : elle veut venger la mort de son petit frère de quatre ans, le seul membre de sa famille qu'elle aimait vraiment. Elle se propose en retour comme femme de ménage et professeur pour remédier à l'illettrisme de Léon. Celui-ci accepte après avoir hésité et ils commencent à travailler ensemble. Alors qu'ils deviennent de plus en plus proches, Mathilda affirme plusieurs fois à Léon qu'elle est amoureuse de lui, mais il refuse de répondre.

La petite fille gagne de l'expérience et augmente sa confiance en elle. Elle réussit un jour à localiser Stansfield et le suit à son bureau dans l'immeuble de la DEA pour essayer de le tuer ; mais elle se fait attraper par celui-ci. Léon, découvrant ses intentions après avoir lu un mot que Mathilda lui a laissé, se précipite au bâtiment et la sauve, tuant deux des hommes de Stansfield.

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Le bâtiment où habitent Léon et Mathilda, au coin de la 97e rue et de Park Avenue.

Stansfield est furieux que ce qu'il appelle un « tueur italien » ait tué ses hommes. Il va affronter Tony, et le menace, le forçant à lui dire où se trouve Léon (apparemment, Tony a également subi des violences physiques, car durant la dernière scène où celui-ci est visible, son visage laisse percevoir des bleus et des éraflures).

Plus tard, alors que Mathilda revient de l'épicerie, une unité d'intervention de la police envoyée par Stansfield la prend en otage pour essayer de pénétrer dans l'appartement de Léon. Ce dernier, ne reconnaissant pas le code convenu avec Mathilda, tend une embuscade à l'équipe d'intervention et prend un de ses membres en otage pour l'échanger contre Mathilda. Alors qu'ils se replient dans l'appartement, Léon permet à Mathilda de s'échapper et la rassure, lui disant qu'il l'aime, quelques instants avant qu'ils viennent le chercher.

Dans le chaos de l'intervention, Léon parvient à se faufiler hors de l'immeuble, déguisé en policier blessé, mais Stansfield le reconnait et le suit silencieusement pour lui tirer dans le dos. Il s'agenouille au-dessus de lui et le raille d'un ton méprisant. Juste avant de mourir, Léon place un objet dans les mains de Stansfield qu'il explique être « de la part de Mathilda ». Écartant ses mains, Stansfield reconnait la goupille d'une grenade et ouvre la veste de Léon pour découvrir plusieurs grenades attachées dessus. Stansfield laisse échapper un bref « Chiotte ! » juste avant qu'une énorme explosion les tue tous les deux.

Mathilda se rend au magasin de Tony comme Léon lui avait dit de faire s'il lui arrivait quelque chose. Tony lui donne une petite somme d'argent, lui expliquant qu'elle n'est pas assez âgée pour recevoir tout ce que Léon avait économisé et que l'école devrait être une priorité pour elle. Quand Mathilda lui demande de lui donner un travail, assurant qu'elle peut « nettoyer » comme Léon, Tony lui dit sévèrement qu'il n'a pas de travail pour une enfant de douze ans. N'ayant nulle part où aller, elle retourne à son école, expliquant à la directrice tout ce qu'il s'est passé. Finalement, Mathilda se rend dans le parc, devant l'école, avec la plante de Léon. Elle y creuse un trou pour placer la plante, de la même manière qu'elle l'avait enseigné à Léon : « pour qu'elle ait de vraies racines ».

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Luc Besson (ici en 2000), réalisateur, scénariste et producteur du film.
Drapeau de la France France : 14 septembre 1994
Drapeau des États-Unis États-Unis : 18 novembre 1994
Drapeau de la France France : 26 juin 1996 (version intégrale)

Distribution[modifier | modifier le code]

Natalie Portman (ici en 2009), actrice révélée par Léon dans le rôle de Mathilda.

Présentation des personnages[modifier | modifier le code]

Personnages principaux[modifier | modifier le code]

  • Léon
Léon est un tueur à gages habitant New York. Il vit seul et n'a pas d'amis, exceptée sa plante verte dont il prend grand soin. Il fait régulièrement des exercices physiques, boit beaucoup de lait et aime les cochons. Il n'aime pas parler de son passé, mais il finit par se confier à Mathilda : lorsqu'il habitait l'Italie, jusqu'à ses dix-neuf ans, il était amoureux d'une fille de famille « respectable » alors que la sienne ne l'était pas autant. Le père de sa petite amie était contre cette relation, mais elle rejoignait Léon en cachette. Le père tua sa fille mais ne passa que deux jours en prison, la police ayant considéré qu'il s'agissait d'un accident. Léon se vengea en abattant le père avec un fusil à lunette et partit le soir même pour les États-Unis afin de rejoindre son père, qui travaillait alors pour Tony. Depuis lors, Léon n'a pas quitté New York ni eu de nouvelle petite amie.
  • Mathilda
C'est une enfant de douze ans en échec scolaire, vivant dans une famille recomposée. Ses parents l'ont placée dans une école pour enfants en difficulté. Son père est violent avec elle et elle déteste sa demi-sœur. Elle est cependant très proche de son petit frère de quatre ans.
  • Norman Stansfield
C'est un agent de la DEA, corrompu, drogué et impulsif. Il détourne et stocke de la drogue pour la revendre. Il est également fan de musique classique et en particulier de Beethoven et n'aime pas être dérangé quand il écoute de la musique.
  • Tony
Tony est un mafieux travaillant depuis son restaurant le « Supreme Macaroni » ; c'est lui qui a recueilli Léon quand il est arrivé aux États-Unis et lui a donné du travail. Depuis, Léon prend toujours ses contrats de lui. Tony lui sert aussi de banque en stockant l'argent qu'il gagne grâce à ses contrats. Tony souligne le fait que les vraies banques demandent des formulaires à remplir, et qu'elles se font toujours braquer, alors que « personne ne braque le vieux Tony ». Tony propose également ses services à des agents corrompus, notamment à Norman Stansfield.

Relation entre Mathilda et Léon[modifier | modifier le code]

Léon, classé film d'action, ne contient finalement que peu de scènes d'action (seulement trois) pour se concentrer sur la relation qui unit Mathilda à Léon, relation qui évolue au cours du film : d'abord amis, puis père et fille, puis maître et élève et enfin partenaires. Cela permet à Besson de soigner ces moments de violence : l'ouverture du film, l'assassinat de la famille de Mathilda et le final. Ces scènes demeurent très sobres, avec le jeu sur les contrastes ombre et lumière de Thierry Arbogast[4]. Léon est surtout un film intimiste contenant une histoire d'amour. Ce tueur professionnel et cette jeune fille dont la famille a été éliminée avaient tous les deux besoin de quelqu'un. Plus le film avance, plus la relation des deux personnages se complexifie. En ce sens le final refuse tout happy end et bénéficie d’une véritable portée émotionnelle[4].

Genèse du film[modifier | modifier le code]

Hotel Chelsea où a lieu le tournage de certaines des scènes.

L'idée de Léon provient en partie d'un précédent film de Luc Besson, Nikita (1990), dans lequel Jean Reno joue un personnage similaire nommé Victor. Pour Besson, le personnage de Léon est un « cousin américain de Victor », en « plus humain »[5]. D'ailleurs, les deux personnages portent les mêmes lunettes[6], et il existe des similitudes entre les deux films (le soin apporté à un pot de fleur ou encore une jeune femme qui voit son passé s'effondrer pour se transformer en tueuse à gages). Gary Oldman, de son côté, donne son accord pour interpréter son rôle dans le film sans même avoir lu le scénario, tout comme il le fera à nouveau pour Le Cinquième Élément[7].

« Il vit mais il est mort. Elle devrait mourir mais elle survit. Elle lui amène la vie. En acceptant, il accepte sa mort. Mourir pour donner la vie. Géométrique et cellulaire. »

— Héloïse Feau[Qui ?][8]

Film après film, Luc Besson donne à Léon son unité par rapport aux précédentes œuvres qu'il a réalisées. Le réalisateur acquiert son expérience de ses précédentes réalisations, il construit tout, du scénario à la fin du générique[8]. Il compose avec les images, les cadrages, la mise en scène, le montage, la musique ou encore les dialogues. L'univers créé impose à Besson des exigences auxquelles il doit répondre. Pour ce faire, il faut passer par le choix des acteurs — Luc Besson, en plus de les chercher, exploite ce qu'il y a de plus fascinant et d'envoûtant en eux pour leur rôle[9]. Il fait de plus appel une nouvelle fois à Eric Serra pour la musique, une « valeur sûre » pour son film[10].

Par ailleurs, les tournages extérieurs de Léon se font entièrement aux États-Unis, en anglais, où Luc Besson élargit sa notoriété. Le tournage se fit d'abord à New York (du 1er juin au 23 juillet 1993) pour les extérieurs, puis aux studios Éclair d'Épinay-sur-Seine (France) (du 28 juillet au 7 octobre 1993) pour les intérieurs[11]. Certaines des scènes ont lieu à l'Hotel Chelsea qui abrite l'appartement de Léon. Le Roosevelt Island Tramway fait également partie des lieux de tournage du film[12]. Le réalisateur avait déjà tourné Nikita en Amérique, mais sa sortie y avait été limitée. Après Léon, Besson tournera Le Cinquième Élément et Jeanne d'Arc en anglais, mais la distribution de ces deux films sera composée de nombreux acteurs français, à la différence de Léon[13].

Autour du film[modifier | modifier le code]

Distribution d'une version longue[modifier | modifier le code]

Une version longue, comportant vingt-six minutes supplémentaires, est distribuée en France le 26 juin 1996 avec l'accroche « Vous ne savez pas tout ». Cette version comporte des scènes supprimées après les projections tests réalisées à Los Angeles avant la sortie de la version standard[14]. Ces scènes ont aussi été coupées car jugées trop équivoques par les parents de Natalie Portman qui auraient fait pression pour que la relation Léon-Mathilda paraisse moins ambiguë à l'écran[15].

Les scènes ajoutées sont les suivantes[16] :

  • Mathilda prétend devant Léon qu'elle a 18 ans ;
  • Mathilda menace de se tuer à la roulette russe si Léon ne lui enseigne pas le métier de « nettoyeur » ;
  • Léon présente Mathilda à Tony ;
  • Mathilda commence son entraînement de tueuse ;
  • Léon et Mathilda mettent à feu et à sang l'appartement et la marchandise d'un dealer, tuant ce dernier ;
  • Léon et Mathilda célèbrent dans un restaurant l'exécution de leur premier contrat. Le champagne aidant, Mathilda est prise d'un fou rire lorsqu'elle demande à Léon de l'embrasser ;
  • Mathilda demande à Léon de faire l'amour avec elle, il refuse ;
  • Léon lui explique pourquoi il a dû quitter l'Italie pour New York à l'âge de 19 ans ;
  • Mathilda et Léon dorment ensemble dans le même lit.

Ces scènes n'ont cependant jamais été doublées en version française.

Découverte de nouveaux acteurs[modifier | modifier le code]

Samy Naceri a débuté sa carrière cinématographique dans Léon.

Léon est le premier film dans lequel apparaissent pour la première fois deux acteurs qui connaîtront la notoriété par la suite : Natalie Portman et Samy Naceri.

Portman, à l'âge de dix ans, se voit proposer un travail dans le mannequinat, par Revlon, travail qu'elle refuse, préférant devenir actrice[17]. L'enfant passe ses vacances d'été dans un camp où elle apprend le théâtre. Elle y fait la rencontre de Bryce Dallas Howard, entre autres[18]. Elle auditionne par la suite pour Ruthless! où elle obtient un rôle. En 1993, elle auditionne à nouveau pour le rôle d'un enfant qui se lie d'amitié avec un tueur à gage dans le film de Luc Besson, Léon. Si Liv Tyler est d'abord considérée pour le rôle, c'est finalement Portman qui obtient le rôle pour sa fraîcheur et sa sensibilité[19],[20],[N 1]. Elle prend alors le nom de sa mère pour protéger sa vie privée et sa famille[N 2],[19]. Pourtant, le directeur de casting l'a d'abord refusée pour le rôle à cause de son jeune âge. Mais Portman persévère et retourne au casting en interprétant la scène durant laquelle son personnage se lamente sur la perte de son frère. Besson est si impressionné par la profondeur dégagée qu'il lui donne le rôle[20].

Autre première, Samy Naceri trouve dans ce film son premier rôle au cinéma. Contrairement à Natalie Portman, sa participation est plus limitée et ne lui suffit pas encore à atteindre la notoriété qu'il connaîtra ensuite avec la saga Taxi, produite par Luc Besson. Dans Léon, il interprète en effet un rôle mineur, celui d'un membre du SWAT cagoulé dans la scène dans l'escalier.

Bande originale[modifier | modifier le code]

Manu Katché a co-écrit les paroles de la chanson Hey Little Angel.

La bande originale du film a été composée par Éric Serra et conduite par John Altman[21], déjà habitué des films de Besson[10]. Elle a été enregistrée à l'« X-Plorer » à Paris et aux Angel Studios à Londres[22]. L'album, d'une durée de 59 minutes environ, a été distribué le 25 novembre 1994 par le label TriStar Music, sous le titre anglais The Professional[23]. La même année, Columbia Records édite la bande originale sous le titre français avec un titre supplémentaire non présent dans le film, intitulé Hey Little Angel[24], composée et interprétée par Eric Serra, sur des paroles de Luc Besson et Manu Katché[24].

Le film contient par ailleurs plusieurs morceaux additionnels non composés pour le film : Venus as a Boy, interprété par Björk, Shape of My Heart, chanté par Sting et utilisé au début du générique de fin[25] et I Like Myself, interprété par Gene Kelly dans l'extrait du film Beau fixe sur New York que Léon va voir au cinéma. Natalie Portman interprète en outre quelques chansons dans une scène du film : Like a Virgin de Madonna, Singing in the Rain et Happy Birthday[26].

Voici la liste des pistes présentes sur la bande originale :

  1. Noon
  2. Cute Name
  3. Ballad For Mathilda
  4. What's Happening Out There?
  5. A Bird In New York
  6. She Is Dead
  7. Fatman
  8. Leon The Cleaner
  9. Can I Have A Word With You?
  10. The Game Is Over
  11. Feel The Breath
  12. Room 4602
  13. Very Special Delivery
  14. When Leon Does His Best
  15. Back On The Crime Scene
  16. Birds Of Storm
  17. Tony The IBM
  18. How Do You Know It's Love?
  19. The Fight Part 1 The Swat Squad
  20. The Fight Part 2 Bring Me Everyone
  21. The Fight Part 3 The Big Weapon
  22. The Fight Part 4 One Is Alive
  23. Two Ways Out
  24. Hey Little Angel (version Columbia seulement)

Erreurs[modifier | modifier le code]

Léon contient plusieurs erreurs de continuité. Par exemple, l'antenne du téléphone sans-fil de Léon a des longueurs différentes suivant les plans, ou, encore, la cigarette que fume Mathilda à la onzième minute du film rétrécit de plusieurs centimètres entre deux plans, quand Léon arrive[27]. De plus, lorsque Léon fait dormir Mathilda chez lui, après le massacre de ses parents, il dépose une couverture pliée sur elle. Sur le plan suivant, la couverture est entièrement dépliée[27]. À la trente-cinquième minute, quand Léon s'étouffe avec son lait, il y a une goutte sur son nez, goutte qui disparait sur le plan suivant[27]. D'ailleurs, quand il remplit son verre, le niveau varie entre deux plans. On remarque également, après une heure de film, lorsque Mathilda est étendue sur le lit et qu'elle parle de son mal de ventre, ses cheveux changent de position entre deux plans. Autre erreur du film, le missile explose avant de toucher le mur à la quatre-vingt-dixième minute[27]. Enfin, pour le son, certains passages sonores sont réutilisés dans différentes scènes, comme à la phrase prononcée par le père de Mathilda à la quatorzième minute du film (« ...et arrête de fumer dans les couloirs putain ! ») qui peut être ré-entendue à la dix-neuvième minute lorsque Léon écoute en passant devant la porte de l'appartement de la famille de Mathilda et qu'il entend encore le père se fâcher.

Il y a plusieurs incohérences dans le film. Par exemple, lorsque la famille de Mathilda est assassinée dans son appartement. Quand la police arrive pour voir les lieux du meurtre, elle n'interroge pas le voisinage pour savoir s'ils ont vu ou entendu quelque chose pouvant aider la résolution de l'enquête[27]. Plus tard, lorsque Mathilda revient sur les lieux du crime de sa famille, un policier est encore posté dans le couloir pour surveiller l'entrée de l'appartement, encore barrée par des banderoles et dont rien n'a changé depuis les meurtres. Pourtant, plusieurs semaines se sont écoulées depuis, durant lesquelles Mathilda s'est d'ailleurs entraînée au métier de "nettoyeur" avec Léon. Enfin, Léon contient également des plans « ratés » où l'on peut voir une trace du tournage. À la quarante-septième minute, quand la voiture s'arrête, les lumières des projecteurs utilisées pour le tournage se reflètent sur la voiture. Une même erreur a lieu après une heure et quart : on aperçoit le perchman dans le reflet d'un miroir du restaurant de Tony[27].

Clins d'œil[modifier | modifier le code]

Maïwenn (ici en 2009) fait un caméo dans Léon. Elle réalise également le making-of du film[28].

Deux clins d'œil sont présents dans le film. Le premier concerne le nom sous lequel Mathilda s'inscrit à l'hôtel. Dans le film, elle dit à Léon qu'elle a rempli le formulaire de l'hôtel sous le nom de MacGuffin : « le nom d'une pétasse de ma classe que je peux pas saquer ». Plus tard, le maître d'hôtel frappe à la porte de sa chambre en appelant « Monsieur MacGuffin ?! ». Ce nom fait référence à Alfred Hitchcock[29] : le réalisateur utilise le terme de MacGuffin pour désigner un élément de l'intrigue accessoire pour le spectateur mais essentiel pour les protagonistes de l'histoire.

Le second et dernier clin d'œil concerne le fait que Léon soit agacé que Mathilda dise sans cesse « OK ». Au cours du film, elle répète le mot à dix reprises (quinze dans la version longue). Ceci peut faire référence au film Les Visiteurs, sorti un an avant Léon, dont le rôle principal est également interprété par Jean Reno. De son côté, le personnage de Stansfield est obsédé par Ludwig van Beethoven. Or, Gary Oldman interprète la même année le compositeur allemand dans le film Ludwig van B. (Immortal Beloved)[30].

On peut également noter le caméo de l'actrice Maïwenn, alors épouse de Besson, qui joue le rôle de la prostituée blonde au début du film et qui incarnera par la suite le rôle de la diva dans Le Cinquième Élément (1997), également de Luc Besson. Au générique, elle est créditée sous le nom de Ouin-Ouin[31]. Par ailleurs, Jean-Hugues Anglade fait un caméo, non crédité au générique, dans la version longue : on le voit simplement ouvrir une porte[32]. Lors du tournage de Léon, il tournait aussi aux Studios d'Épinay, pour La Reine Margot[32]. Enfin, Luc Besson lui-même apparaît dans le film.

Enfin, on peut remarquer les similitudes avec Porco Rosso de Hayao Miyazaki, sorti en 1992 et présenté en France en 1993 : le personnage de Porco Rosso est doublé par Jean Reno, il porte les mêmes lunettes que Léon et est également l'objet de l'affection de la jeune fille qu'il recueille.

Postérité[modifier | modifier le code]

La chanson Matilda issue de l'album An Awesome Wave du groupe Alt-J (∆) fait référence au film. Le groupe y chante « This is from Matilda », une réplique de Léon dans la version originale.

La chanson Mathilda de la chanteuse Wallen fait aussi référence au film.

Réception[modifier | modifier le code]

Le succès de Léon permet à Luc Besson de relancer son projet de film de science-fiction, même si le réalisateur avoue lui-même que ce succès n'a pas suffi à lui seul à rendre possible le tournage du Cinquième Élément[33].

Critique[modifier | modifier le code]

Graphique des notes de la presse anglo-saxonne recensées par Metacritic.com.

Le film reçoit un très bon accueil du public, aussi bien aux États-Unis[34] qu'en France : il a la note moyenne de 8,6/10 avec 188 000 avis sur l'IMDb, ce qui le classe 34e meilleur film toutes catégories confondues[35] ; les 17 000 notes des utilisateurs d'AlloCiné lui donnent une moyenne de 3,5/4 le plaçant à la 79e place des meilleurs films selon les spectateurs[36] ; enfin, 96 % des notes attribuées sur RottenTomatoes.com sont positives, pour une moyenne de 8,3/10[37].

Du côté des critiques professionnelles, l'accueil est plus mitigé mais toujours globalement positif. Ainsi, Metacritic.com, qui recense les critiques de magazines anglophones, attribue à Léon une moyenne de 64/100 pour un total de 12 critiques[38] et RottenTomatoes écrit que 74 % des critiques de professionnels sont positives, avec une moyenne de 6,7/10[39]. En 2008, le magazine Empire l'a classé à la 227e place dans sa liste des 500 meilleurs films de tous les temps[40].

En France, Télérama évoque un film « à la mécanique parfaitement huilée », mais au message un peu « bêta » où perce un « soupçon de démodé ». L'hebdomadaire salue toutefois la réussite des scènes d'action[41]. Les Inrockuptibles ironise sur la « naïveté forcenée » dont fait preuve Besson dans le traitement de l'histoire d'amour entre Léon et Mathilda. Le magazine y voit un film « simpliste », au « style certes efficace, mais d'une pensée si pauvre qu'elle confond par exemple analphabétisme et pureté »[42]. Le critique italien Fabio Ferzetti, dans Il Messaggero, note que l'on regarde le film avec un « mélange d'intérêt et d'agacement, comme avec tous les films de Luc Besson ». Le cinéaste prouve, selon lui, son « somptueux talent dans les scènes d'action » mais il déplore la naïveté du trait, notamment dans les scènes évoquant la rédemption de Léon. « Jouer sur les clichés et sur la barbarie, ajoute-il, ne suffit pas à donner de la profondeur à une bande-dessinée »[43].

Aux États-Unis, Roger Ebert a émis un avis globalement positif mais a fait remarquer qu'il y avait selon lui « quelque chose d'anormal dans le fait de mettre un personnage de 12 ans au milieu de toute cette action[N 3] » et que le film semblait « exploiter la jeunesse de la fille sans vraiment la traiter en elle-même[N 4] ».

Le personnage corrompu de Norman Stansfield a divisé l'opinion des critiques. Richard Schickel a défini la performance de Gary Oldman de « divinement psychotique[N 5] » dans le Time[44] alors que Chris Hicks, qui donne une note de 1,5/4 au film, qualifie la performance d'Oldman de « complètement ridicule[N 6] » dans Deseret News[45]. Luc Besson était très satisfait de Gary Oldman, au point de lui proposer un des rôles principaux pour son film suivant[46], Le Cinquième Élément (1997). En 2002, Norman Stansfield a été cité en 43e place du « Top 100 des méchants de tous les temps » par la Online Film Critics Society[47].

Box-office[modifier | modifier le code]

Léon est un succès populaire puisqu'il attire en France un total de près de 3 500 000 spectateurs lors de son exploitation en salle. Aux États-Unis, le film rapporte plus de 5 300 000 $ lors de son weekend d'ouverture (le 20 novembre 1994) et finalement 19 250 000 $. Léon est également diffusé au Royaume-Uni où il fait une recette de 3 400 000 £, au Japon environ un an plus tard où il rapporte 112 500 000 ¥ ainsi qu'en Suède (près de 21 000 000 SEK de recette)[48].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Léon est nommé à sept reprises durant la 20e cérémonie des César (notamment pour le César du meilleur film, du meilleur réalisateur pour Luc Besson et du meilleur acteur pour Jean Réno) mais il n'y remporte cependant aucune récompense. Le film gagne finalement deux prix : le Golden Reel Award du meilleur montage sonore pour un film étranger, délivré en 1995 par l'association Motion Picture Sound Editors, et le Lion tchèque du meilleur film en langue étrangère en 1996.

Récompenses[modifier | modifier le code]

Année Cérémonie ou récompense Prix Lauréat(es)
1995 Golden Reel Award de la Motion Picture Sound Editors Meilleur montage sonore (Section film étranger) Louis Lajoie
1996 Lion tchèque Meilleur film en langue étrangère Luc Besson

Nominations[modifier | modifier le code]

Année Cérémonie ou récompense Prix Nommé(es)
1995 César du cinéma Meilleur acteur Jean Réno
1995 Meilleur réalisateur Luc Besson
1995 Meilleur film Luc Besson
1995 Meilleure photographie Thierry Arbogast
1995 Meilleur montage Sylvie Landra
1995 Meilleure musique écrite pour un film Éric Serra
1995 Meilleur son François Groult, Pierre Excoffier, Gérard Lamps, Bruno Tarrière
1996 Japanese Academy Awards Meilleur film étranger Luc Besson

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Luc Besson, L'Histoire de Léon, Intervista, coll. « Aventure et découverte d'un film »,‎ 1995, 222 p. (ISBN 978-2910753023)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par ailleurs, Liv Tyler était considérée déjà trop âgée pour le rôle : elle avait quinze ans.
  2. Toutefois, le director's cut de Léon la crédite en tant que Natalie Hershlag.
  3. Citation originale : « Always at the back of my mind was the troubled thought that there was something wrong about placing a 12-year-old character in the middle of this action »
  4. Citation originale : « It seems to exploit the youth of the girl without really dealing with it »
  5. Citation originale : « divinely psychotic »
  6. Citation originale : « utterly ridiculous »

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Titres et dates de sortie - Internet Movie Database
  2. « Fiche technique du film (Léon) - AlloCiné »
  3. « Léon (1994) - Remerciements de la société »
  4. a et b (fr) « Critique: Léon », filmosphere. Consulte le 30 avril 2010.
  5. (en) Livret de Léon: The Professional, Uncut International Version DVD.
  6. [image] « Affiche de Léon » (AlloCiné) et « Photo from Nikita » (Internet Movie Database. Consulté le 30 avril 2010.
  7. Luc Besson, L'histoire du Cinquième Élément, Intervista, 1997, p. 15
  8. a et b (fr) « Vérité vraie dans le cinéma de Luc Besson », objectif-cinema. Consulté le 25 avril 2010.
  9. (fr) « Vérité vraie dans le cinéma de Luc Besson (2) », objectif-cinema. Consulté le 25 avril 2010.
  10. a et b Eric Serra avec qui Besson avait déjà collaboré pour le tournage de Le Dernier Combat (1983), Subway (1985), Le Grand Bleu (1988), Nikita (1990) et Atlantis (1991).
  11. « Leon – The Professional filming locations », The Worldwide Guide To Movie Locations,‎ 18 juin 2008
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