Léofric de Mercie

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
En haut : le roi Édouard le Confesseur (au centre) et le comte Léofric (à gauche) sont témoins de l'apparition miraculeuse du visage du Christ lors de l'eucharistie (enluminure du XIIIe siècle).

Léofric est un noble anglo-saxon mort en 1057 à Kings Bromley. Devenu comte de Mercie sous le règne de Knut le Grand, il conserve ce titre, qui fait de lui l'un des plus puissants barons du royaume d'Angleterre, jusqu'à sa mort. Son épouse Godiva est devenue le sujet de nombreuses légendes populaires, dans lesquelles Léofric joue un rôle d'exploiteur du peuple.

Biographie[modifier | modifier le code]

Léofric est le fils de l'ealdorman des Hwicce Léofwine. Il a au moins trois frères : Northman (exécuté en 1017), Edwin (tué au combat contre Gruffydd ap Llywelyn en 1039) et Godwine (mort avant 1057). Son père trouve la mort à une date inconnue après 1023.

Lorsque Knut le Grand devient roi d'Angleterre, en 1017, il divise le royaume en quatre grandes provinces : le Wessex, l'Est-Anglie, la Mercie et la Northumbrie, plaçant un comte (earl) à la tête de chacune d'entre elles, remplaçant l'ancien titre d'ealdorman. La Mercie est d'abord attribuée à Eadric Streona, mais ce dernier est exécuté la même année. Il est possible que Léofric lui ait immédiatement succédé, mais il semble n'être effectivement devenu comte que vers la fin des années 1020. Il devient ainsi l'un des hommes les plus puissants du pays : à la fin du règne de Knut, seul Godwin de Wessex le dépasse en prestige[1].

À la mort de Knut, en 1035, Léofric apporte son soutien à Harold Pied-de-Lièvre, fils du roi défunt par sa concubine Ælfgifu de Northampton, au détriment de Hardeknut, fils de Knut et de sa femme Emma de Normandie. Il est possible que la famille de Léofric ait été apparenté par les femmes à celle d'Ælfgifu, une raison possible de son soutien à Harold[2]. Ce dernier trouve la mort en 1040, laissant l'Angleterre à Hardeknut. L'année suivante, deux collecteurs d'impôts sont tués à Worcester, et le roi ordonne à Léofric de ravager la ville (qui relève de son comté) en représailles. Il est également possible qu'il lui ait retiré une partie de la Mercie[3].

Après l'avènement d'Édouard le Confesseur, Léofric lui apporte son soutien en participant à l'expédition qui confisque le trésor royal à la reine-mère Emma de Normandie en novembre 1043. Lorsque Godwin de Wessex se révolte contre le roi en 1051, Léofric lui reste fidèle, tout en s'efforçant de trouver un compromis entre les deux parties. Godwin et les siens sont contraints à l'exil, ce qui se traduit par un renforcement de la puissance de Léofric : son fils Ælfgar reçoit notamment le comté d'Est-Anglie auparavant tenu par Harold Godwinson. Cependant, Godwin et ses fils sont rétablis dans leurs fonctions dès la fin de l'année 1052. On ignore comment Léofric réagit à la rébellion de son fils Ælfgar en 1055[4].

Léofric trouve la mort en 1057 à Kings Bromley, dans le Staffordshire. Les sources ne s'accordent pas sur un jour précis : Jean de Worcester donne le 31 août, mais le manuscrit D de la Chronique anglo-saxonne parle du 30 septembre. En revanche, les deux s'accordent à dire qu'il est inhumé à Coventry[5].

Tout au long de sa carrière, Léofric effectue de nombreuses donations aux monastères de son comté, parmi lesquels ceux d'Evesham, de Leominster, de Much Wenlock et de Stow. Il fonde l'abbaye de Coventry en 1043.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Baxter 2007, p. 33-34.
  2. Williams 2014, p. 287.
  3. Baxter 2007, p. 37-38.
  4. Baxter 2007, p. 40-42.
  5. Baxter 2007, p. 43.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Stephen Baxter, The Earls of Mercia, Oxford University Press,‎ (ISBN 978-0-19-923098-3).
  • (en) Ann Williams, Alfred P. Smyth et D. P. Kirby, A Bibliographical Dictionary of Dark Age Britain (England, Scotland and Wales c.500-c.1050), Seaby,‎ (ISBN 1 852640472).
  • (en) Ann Williams, « Leofric », dans Michael Lapidge, John Blair, Simon Keynes et Donald Scragg (éd.), The Wiley Blackwell Encyclopedia of Anglo-Saxon England, Wiley Blackwell,‎ , 2e éd. (ISBN 978-0-470-65632-7)..