László Csatáry

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Dans le nom hongrois Csizsik-Csatáry László, le nom de famille précède le prénom, mais cet article utilise l’ordre habituel en français László Csizsik-Csatáry, où le prénom précède le nom.
László Csizsik-Csatáry
Complice de crimes contre l'humanité
Naissance 4 mars 1915
Mány, Drapeau de l'Autriche-Hongrie Autriche-Hongrie
Décès 10 août 2013 (à 98 ans)
Budapest, Drapeau de la Hongrie Hongrie
Condamnation 8 juin 1948
Organisation de l'arrestation de juifs
Affaires Déportation des Juifs de Košice
Période 1944 - 1945
Pays Drapeau du Royaume de Hongrie Royaume de Hongrie
Régions Haute-Hongrie, actuelle Slovaquie
Ville Košice
Arrestation 18 juillet 2012

László Csizsik-Csatáry, caché sous le nom de Smith L. Csatary, né le 4 mars 1915 à Mány[1] et mort le 10 août 2013 à Budapest[2], est un criminel de guerre nazi hongrois[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Après l'accession au pouvoir du Parti des Croix fléchées pro-Hitler, le 16 octobre 1944, László Csizsik-Csatáry occupe la fonction de chef de la police du ghetto juif de Kassa (actuelle Košice). Il y supervise l'élaboration des listes d'habitants et y recherche les Juifs afin de leur confisquer des objets de valeur[4]. Responsable de la déportation de 15 700 Juifs vers le camp d'Auschwitz, il quitte Kassa le 19 janvier 1945[1]. Le 8 juin 1948, il est condamné par contumace à la mort par pendaison par la Cour populaire du district de Košice[1].

Fuite et fin de cavale[modifier | modifier le code]

Après la Seconde Guerre mondiale, il s'enfuit au Canada, à Montréal et Toronto, sous l'identité de Smith L. Csatary, puis est naturalisé canadien avant de devenir marchand d'art.

Il est déchu de sa nationalité en 1997, puis s'enfuit du pays lorsque le gouvernement canadien diligente une enquête à son sujet[4].

En septembre 2011, le bureau du procureur de Budapest lance également ses propres investigations[5], sur la base d'informations transmises par le Centre Simon-Wiesenthal, lui-même renseigné par un informateur[6],[7].

Les poursuites sont réactivées en 2012[8],[9]. En juillet 2012, il est retrouvé et photographié dans la capitale hongroise par des journalistes du Sun[4],[10], toujours sur la base des informations du Centre Simon-Wiesenthal. Il est finalement arrêté par la police hongroise le mercredi 18 juillet 2012 à Budapest[11] et assigné à résidence[12]. Le 7 août 2012, le parquet de Budapest déclare impossible son implication dans la déportation de 300 personnes vers Kamianets-Podilskyï en Ukraine[13].

En août 2012, des documents prouvant que Csatáry a été capturé à Veszprém puis condamné à 20 ans de prison à Pécs sont découverts[14].

En septembre 2012, la Slovaquie annonce avoir lancé une enquête sur les agissements de Csatáry durant la guerre[15]. Le 8 novembre 2012, il est entendu par le juge d'instruction, et son avocat, Horváth B. Gábor, demande qu'il soit mis fin à son assignation à résidence à la fin du mois de novembre[16].

En décembre 2012, la police slovaque annonce la découverte d'un témoin clef pouvant témoigner contre Csatáry et qui permettrait de déterminer son rôle exact[17],[18].

En juin 2013, il est mis en accusation par le parquet de Budapest pour avoir en mai et juin 1944, en tant que chef du camp d'internement de la briquèterie de Kassa (aujourd'hui Košice), battu régulièrement les prisonniers sans raison et sans considération pour leur sexe, leur âge ou leur santé, et participé activement à leur déportation vers les camps d'extermination dans des conditions inhumaines, interdisant notamment de découper des fenêtres dans les wagons à marchandises surchargés[19],[20].

Le criminel de guerre nazi, alors considéré comme le plus recherché au monde[21], est mort à l'âge de 98 ans à Budapest, le 10 août 2013, des suites d'une pneumonie.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c (hu) « Nyírő eszmetársa, Csatáry », sur dotoho.blog.hu,‎ 16 juillet 2012 (consulté le 16 juillet 2012).
  2. « Le nazi hongrois Laszlo Csatari est mort », Libération,‎ 12 août 2013 (lire en ligne).
  3. Hungary László Csatáry most wanted war crimes suspect, sur Freehungary.hu
  4. a, b et c (en) « The Sun finds Nazi who sent 15,700 to die : Most wanted war criminal tracked down », sur thesun.co.uk,‎ 15 juillet 2012 (consulté le 15 juillet 2012).
  5. « Laszlo Csatary, l'un des plus recherchés », sur linternaute.com,‎ 26 avril 2012 (consulté le 15 juillet 2012)
  6. Le criminel nazi Laszlo Csatary a été arrêté à Budapest, sur Lemonde.fr
  7. Le criminel nazi Laszlo Csatary photographié à Budapest, sur Lemonde.fr
  8. « Shoah - trois anciens nazis entrent sur la liste des suspects recherchés », sur israel-infos.net,‎ 20 avril 2012 (consulté le 15 juillet 2012)
  9. « Le Centre Wiesenthal poursuit son action », sur guysen.com,‎ 19 avril 2012 (consulté le 15 juillet 2012)
  10. Un nazi impliqué dans des massacres de juifs retrouvé à Budapest, Libération, 16 juillet 2012
  11. Le criminel de guerre nazi le plus recherché au monde arrêté à Budapest, Le Figaro, 18 juillet 2012
  12. Csatáry assigné à résidence, sur Lefigaro.fr
  13. Communiqué du parquet de Budapest, sur l'AFP.fr
  14. Des preuves contre le nazi Csatary, Le Figaro, 19 août 2012.
  15. slovakia begins war crimes probe, News.com
  16. (hu) « Csatáry-ügy: összekeverhették egy névrokonával? [Affaire Csatáry : a-t-on pu le confondre avec un autre Csatáry ?] », Népszava,‎ 8 novembre 2012 (lire en ligne)
  17. http://www.politics.hu/20121219/slovak-authorities-produce-star-witness-against-hungarian-war-crime-suspect-csatary/
  18. http://www.dw.de/pain-remains-for-slovak-holocaust-survivor/a-16541205
  19. (hu) « Csatáry László ellen vádat emeltek », Népszabadság,‎ 18 juin 2013 (lire en ligne) [« László Csatáry mis en accusation »]
  20. Géza Molnár / AFP, « Hongrie: le criminel de guerre nazi présumé Csatari inculpé »,‎ 18 juin 2003
  21. Le centre Simon-Wiesenthal, qui traque les criminels de guerre nazis, avait fait de Csatary sa cible numéro un l'an dernier. 

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (hu) Randolph L. Braham, A népirtás politikája - a Holocaust Magyarországon [« La politique du génocide. L'Holocauste en Hongrie »], vol. 1-2, Budapest, Belvárosi Könyvkiadó,‎ 1997, p. 572.
  • (hu) László Karsai et Judit Molnár, Az Endre-Baky-Jaross per [« Le procès Endre-Baky-Jaross »], Budapest, Cserépfalvi,‎ 1994, p. 287.

Articles connexes[modifier | modifier le code]