Kyōka Izumi

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Kyōka Izumi

Kyōka Izumi (dans l’ordre japonais Izumi Kyōka 泉 鏡花, né le 4 novembre 1873, mort le 7 septembre 1939) est un romancier, dramaturge et poète japonais. Il est l’un des principaux écrivains japonais du début du vingtième siècle.

Vie et œuvre[modifier | modifier le code]

Kyōka (né Izumi Kyōtarō) est originaire de la ville de Kanazawa, dans le département d’Ishikawa. Son père est un artisan spécialisé dans le cloisonné et l’orfèvrerie. Il grandit dans un environnement culturellement privilégié, mais perd sa mère à l’âge de neuf ans, un drame qui marquera toute son œuvre. À partir de 1885, il fréquente une école tenue par des pères et apprend l’anglais, mais il finit par abandonner les études autour de 1887.

Passionné de littérature, il tente pendant un an d’approcher Ozaki Kōyō, l’une des grandes figures du monde littéraire de l'ère Meiji. Devant son insistance, Kōyō finit par le recevoir en octobre 1891, avant de le prendre chez lui comme secrétaire. Kyōka doit à son mentor la publication de ses premiers récits, comme Kamuri Yazaemon qui paraît en feuilleton en mai 1893. La publication en 1895 de La ronde nocturne de l’agent de police (Yakō junsa) attire l’attention sur son travail et lui permet de publier à un rythme soutenu malgré une constitution fragile. Ses récits de jeunesse se caractérisent par une forme de moralisme qui disparaîtra par la suite.

L'ermite du mont Kōya (Kōya hijiri, 1900) marque l’apparition dans l’œuvre de Kyōka du genre fantastique[1]. On y trouve notamment le personnage de la femme-démone qu’on observe sous des formes diverses dans plusieurs de ses romans et nouvelles. Revitalisant la littérature de l'époque d’Edo, il explore aussi le thème des quartiers de plaisirs et des amours contrariés, comme dans Généalogie de femmes (Onna keizu, 1907) ou Nihonbashi (1914). Le symbolisme flamboyant de Kyōka se retrouve aussi dans des pièces de théâtre qu’il écrit au cours des années 1910, notamment L’histoire du donjon (Tenshu monogatari, 1917) qui est la plus connue. Pour Cécile Sakai, « Kyōka est sans doute l’écrivain qui a su, mieux qu’aucun autre, exploiter toutes les ressources expressives du japonais »[2].

De son vivant, Kyōka est un écrivain très célèbre. Dès 1910, ses œuvres sont compilées en plusieurs volumes. Toutefois sa santé fragile et l’atmosphère martiale des années 1930 l’éloignent progressivement du centre de la vie littéraire. Son décès à Tōkyō en 1939 d’un cancer du poumon passe relativement inaperçu.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

En japonais[modifier | modifier le code]

  • 鏡花全集 (Œuvres complètes de Kyōka), 30 vol., Tōkyō, Iwanami shoten, 1986-1989.

En français[modifier | modifier le code]

  • « Une scène pittoresque : l’agent du pouvoir exécutif – Nihonbashi 1er acte », trad. J.V., France-Japon, septembre-octobre 1937.
  • « Les noix glacées », trad. Y. Brunet et I. Py-Balibar, in Les Noix ; La Mouche ; Le Citron et dix autres récits de l’époque Taishō, Paris, Le Calligraphe, 1986.
  • « La ronde nocturne de l’agent de police », trad. C. Sakai, in Anthologie de nouvelles japonaises contemporaines, Paris, Gallimard, 1989.
  • Une femme fidèle, trad. E. Suetsugu, Arles, Picquier, 1998.
  • « L’histoire du donjon », in Nouvelles de littérature japonaise, Paris, Édition Tomkam, 1999.
  • La femme ailée, trad. D. Danesin-Komiyama, Arles, Picquier, 2003.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cf. François Lachaud, "L'Ermite du mont Kōya, une lecture d'Izumi Kyōka", Ebisu, n°2, 1993, p. 67-81.
  2. Cécile Sakai, in Jean-Jacques Origas (éd.), Dictionnaire de littérature japonaise, PUF, 2000, p. 95.

Lien externe[modifier | modifier le code]