Kuru (maladie)

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Kuru
Classification et ressources externes
CIM-10 A81.8
CIM-9 046.0
OMIM 245300
DiseasesDB 31861
MedlinePlus 001379
MeSH D007729
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Le kuru est une maladie à prions (comme la maladie de la vache folle), découverte en Nouvelle-Guinée au début du XXe siècle.

La maladie du kuru a été décrite dans la peuplade des Fore (en) de Nouvelle-Guinée par D.Carleton Gajdusek (prix Nobel de médecine 1976). Quoique distinct de la maladie de Creutzfeldt-Jakob, le kuru est également une encéphalopathie spongiforme transmissible. Son mode de transmission a pu être relié à un rite funéraire anthropophage. Le mot kuru signifie « trembler de peur », en foré[1].

Chez les aborigènes[modifier | modifier le code]

Le premier cas semble avoir été décrit dans les années 1920 mais la médecine ne s’y intéresse réellement que depuis les années 1950. La maladie concerne une population aborigène de tribus Foré des hauteurs de l’est de la Nouvelle-Guinée actuellement en Papouasie-Nouvelle-Guinée, qui consommait le corps des défunts lors de rites anthropophagiques mortuaires. Ce rituel consistait, pour le clan, à consommer des parents décédés afin de s’imprégner de leur force physique et spirituelle. Ce cannibalisme semble s’être arrêté au milieu des années 1950 sous la pression de l’administration australienne.

Elle touchait surtout les femmes et les enfants qui mangeaient le système nerveux central. Les hommes, consommant les muscles, étaient épargnés[2],[3]. Il semble exister une susceptibilité génétique expliquant également l’atteinte spécifique de cette population. Cette maladie a été responsable de plus de la moitié des décès enregistrés dans les villages les plus atteints. Le kuru a culminé dans les années 1950, le dernier cas datant de 2003, plus de 45 ans après la contamination[4].

Le nombre total de cas avoisine les 2 700. La maladie a disparu du fait de l’arrêt des pratiques d’anthropophagie[5].

Symptômes[modifier | modifier le code]

La période d’incubation (temps entre la contamination par le prion et les premiers signes de la maladie) peut être inférieure à 5 ans, mais l’existence d’une dizaine de cas apparue plus de 50 ans après l’arrêt supposé de tout cannibalisme soulève la question d’une période d'incubation beaucoup plus longue[6].

La maladie se manifeste essentiellement par un syndrome cérébelleux avec un trouble de l’équilibre et de la coordination des mouvements. Un tableau de démence peut compléter le tout, aboutissant au décès en quelques années.

Recherche[modifier | modifier le code]

En laboratoire tacrolimus et astemizole (en) ont été identifiés in vitro comme de potentiels agents antiprion utilisables chez l'Homme[7].

Références culturelles[modifier | modifier le code]

  • Dans le jeu multi support Dead Island, une quête annexe, nécessitant de récupérer des documents éparpillés sur l'île, fait mention d'une épidémie de kuru en Nouvelle-Guinée, parmi la population Fore, qui a servi de base pour créer le virus zombie.
  • La maladie est évoquée dans le film We Are What We Are, sur une famille de cannibales.
  • Dans le film Le Livre d'Eli, les protagonistes se réfugient chez un couple de survivants, et Eli, reconnaissant l'un des symptômes de la maladie (les tremblements), réalise que le couple pratique le cannibalisme pour survivre.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Revue Française des Laboratoires no 286 (septembre 1986), Biofutur no 156 mai 1996, La Recherche no 299 (juin 1997) no 322 (juin 2000).
  2. Robert Glasse, « Cannibalisme et kuru chez les Fore de Nouvelle Guinée », L'Homme, vol. 8, no 3,‎ 1968, p. 22-36 (lire en ligne)
  3. Magazine La Recherche - Numéro spécial Nobel d’octobre 2008 - p. 80.
  4. Franck Mouthon et Jean-Philippe Deslys, « Les maladies à prions : les risques pour l’homme », Pour la Science, no 325,‎ novembre 2004, p. 44-49
  5. (en) Palpers MP, « The epidemiology of kuru in the period 1987 to 1995 », Commun Dis Intell, vol. 29,‎ 2005, p. 391-399 (PMID 16465931).
  6. (en) Collinge J, Whitfield J, McKintosh E, Beck J, Mead S, Thomas D, Alpers M, « Kuru in the 21st century—an acquired human prion disease with very long incubation periods », Lancet, vol. 367,‎ 2006, p. 2068-2073 (PMID 16798390, DOI 10.1016/S0140-6736(06)68930-7).
  7. (en) Karapetyan YE, Sferrazza GF, Zhou M, Ottenberg G, Spicer T, Chase P, Fallahi M, Hodder P, Weissmann C, Lasmézas CI., « Unique drug screening approach for prion diseases identifies tacrolimus and astemizole as antiprion agents », Proc Natl Acad Sci U S A., vol. 110, no 17,‎ 2013, p. 7044-9. (PMID 23576755, DOI 10.1073/pnas.1303510110)