Kurt Held

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Kurt Kläber est un écrivain juif allemand, né le 4 novembre 1897 et mort le 9 décembre 1959. Il écrivait sous le pseudonyme de Kurt Held.

Biographie[modifier | modifier le code]

Lors de la Première Guerre mondiale, il combat sur le front avec les troupes allemandes. Après la guerre, frustré de la défaite, il vit dans l'espoir d'une régénération sociale et politique et se rapproche des mouvements communistes. Il travaille comme mineur dans la Ruhr, vendeur ambulant de livres et fondateur d'une Arbeitsschule à Bochum, partageant avec d'autres artistes, l'idée d'une littérature d'agitation et de lutte contre l'ordre bourgeois au service de la classe ouvrière. Il participa activement à la Révolution allemande et fut membre du Parti communiste d'Allemagne (KPD).

En 1924, il épouse Lisa Tetzner (1894-1963), une écrivaine pour livres d'enfants.

En 1925, son livre Die Barrikaden an der Ruhr fut prohibé par la censure ce qui provoqua la mobilisation des intellectuels les plus engagés du moment en faveur de la liberté d'opinions (Hermann Hesse, Brod, Feuchtwnger, Toller, Lisa Wenger, etc.). Il participa à la fondation de différents périodiques de critiques et de propagande, parmi lequel le mensuel Die Linkskurve.

En 1933, il est arrêté, le soir même de l'incendie du Reichstag, mais il réussit à s'évader et à s'enfuir vers la Tchécoslovaquie, puis à rejoindre son épouse à Zurich en Suisse, où ils venaient régulièrement séjourner à Carona dans le Tessin depuis 1924. Il y resta jusque après la Seconde Guerre mondiale. Pendant cette période, il publiait ses livres sous le nom de son épouse car il était interdit de publication. Il fréquenta aussi Paris où il collabora au centre d’émigration allemande et au Parti communiste.

En 1936, avec ses premiers gains, il achète un terrain qu'il exploite à des fins agricoles pour la propre subsistance de sa famille. C'est sur ce terrain qu'il fera construire sa maison en 1955, la Casa Pantrovà qu'il léguera par testament aux écrivains et aux artistes.

Après la guerre, Kurt, déçu par le communisme, s'éloigna de la politique. Désormais dans son travail « sont exaltées les valeurs de solidarité qui unissent les enfants déshérités, protagonistes confrontés à l’exclusion sociale sous la pression de lois injustes, privés de perspectives de s’en sortir sinon dans l’amitié entre semblables par l’humanité des souffrants. Sous une forme traduite, on peut apercevoir une continuité avec la pratique littéraire militante des années 1920 non plus comme un message révolutionnaire mais plutôt dans l’utilité didactique d’un mode de concevoir l’art au service de la société.» [1]

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • 1925 : Die Barrikaden an der Ruhr (Les Barricades dans la Ruhr). Un premier recueil de récits dans lequel il développe des thèses pacifistes et solidaristes.
  • 1939 : Les Frères noirs, une terrible histoire inspirée des petits ramoneurs de la vallée de Verzasca vendus comme esclaves en 800 à Milan, exploités et forcés à subir des sévices et qui purent s’échapper de leur misère grâce à l’amitié et à la solidarité de l’association constituée par les frères noirs.
  • 1941 : Zora la rousse (Die Rote Zora). Son succès majeur.
  • 1947-1949 : Le Clairon de Faid
  • 1950 : Mattias et ses amis
  • 1955 : Giuseppe et Maria (Giuseppe und Maria)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. L'aventure spirituelle de Lisa Tetzner et de Kurt Kläber