Kuriakose Elias Chavara

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Kuriakose Elie de la Sainte Famille
Image illustrative de l'article Kuriakose Elias Chavara
Bienheureux Kuriakose Elias Chavara
Saint
Naissance 10 février 1805
Kainakary au Kerala (Inde)
Décès 3 janvier 1871 (à 65 ans) 
Koonammavu (Inde)
Nom de naissance Kuriakose Elias Chavara
Autres noms Kuriakose Elie de la Sainte Famille
Nationalité Drapeau de l'Inde Indien
Béatification 8 février 1986 Mannanam, (Kottayam) en Inde
par Jean-Paul II
Canonisation 23 novembre 2014
par François
Vénéré par Église catholique syro-malabare, Ordre du Carmel
Fête 3 janvier

Kuriakose Elias Chavara (en religion Kuriakose Elie de la Sainte Famille) est né le 10 février 1805 au Kerala (Inde). Il est décédé le 3 janvier 1871 à Koonammavu (Inde). Prêtre et carme indien de rite syro-malabar. Il est le fondateur de deux congrégations religieuses : les Carmes de Marie-Immaculée et la Congrégation de la Mère du Carmel (Carmélites).

Il est béatifié par Jean-Paul II le 8 février 1986 durant sa visite en Inde, et canonisé par le Pape François le 23 novembre 2014. Sa mémoire est liturgiquement commémorée le 3 janvier.

Biographie[modifier | modifier le code]

Séminaire de Pallipuram dirigé par Thomas Palackal où Kuriakose Elias Chavara a fait ses études.

Kuriakose Chavara est né le 10 février 1805 à Kainakary, près de Alappuzha, au Kerala (Inde), fils de Iko (Kuriakose) Chavara et Mariam Thoppil, tous deux catholiques de l'Église syro-malabare (unie à Rome). Selon la coutume locale il a été baptisé 8 jours plus tard, dans l'église paroissiale de Chennankari, à Alappuzha[1]. À son baptême, on lui donna le nom de Kuriakose (ce qui signifie Cyriac).

De 5 ans à 10 ans, il fréquente l'école du village (Kalari) pour étudier les langues, dialectes différents, et les sciences élémentaires, sous la direction d'un maître hindou (Asan). Puis, souhaitant devenir prêtre, il poursuit des études sous la direction du curé de l'église de Saint-Joseph [1]. À l'âge de 13 ans en 1818, il entre au séminaire à Pallipuram, sous la direction de Malpan Thomas Porukara, et de Malpan Thomas Palackal, qui était alors le recteur de l'école[2].

Il est ordonné prêtre le 29 novembre 1829 dans l'Église syro-malabare à Arthunkal. Il célèbre sa première messe dans l'église de Chennankari. Après l'ordination, il est engagé un certain temps dans le ministère pastoral, mais revint bientôt au séminaire pour enseigner et remplacer Palackal Malpan Thomas durant ses absences[1].

Il fait sa profession chez les Carmes déchaux le 8 décembre 1855 avec 10 autres compagnons. Il prend alors le nom Kuriakose Elie de la Sainte Famille.

Le fondateur[modifier | modifier le code]

En coopérant avec les Pères Malpan Thomas Porukara et Malpan Thomas Palackal, il fonde la congrégation religieuse autochtone pour les hommes, congrégation affiliée aux Carmes déchaux. En 1830, il se rend à Mannanam pour diriger la construction de la première maison de la congrégation. La première pierre est posée le 11 mai 1831. Cette congrégation est maintenant connue sous le nom Carmes de Marie-Immaculée (ou CMI). Après la mort de ses compagnons, supérieurs de la fondation, le frère Kuriakose prend le leadership.

En 1866, au Mannanam, avec la coopération du frère missionnaire italien Léopold Beccaro (de l'OCD), il fonde la branche féminine : la Congrégation de la Mère du Carmel (CMC)[3]. Cette branche s'étant ensuite répandue dans différentes parties du Malabar comptant sept maisons religieuses[4]. De 1856 jusqu'à sa mort en 1871, Kuriakose Chavara sera le Prieur général de tous les monastères de la congrégation[1].

Rénovation spirituelle et évangélisation[modifier | modifier le code]

Photo de Kuriakose

Sous la direction et l'inspiration de Kuriakose Chavara ces congrégations sont à l'origine de nombreuses œuvres apostoliques, publications catholiques, maisons pour indigents et mourants, écoles et cours pour catéchumènes, etc. Ces deux congrégations, fondées en Inde, ont fait depuis les années 1970 de nombreuses fondations en Afrique et en Europe.

La congrégation des Carmes de Marie-Immaculée amène de grands progrès dans la rénovation spirituelle de l'Église de Malabar. Ils organisent des séminaires pour l'éducation et la formation du clergé, l'introduction de sessions annuelles pour les prêtres et le peuple, une maison d'édition pour la propagation de la doctrine catholique, une maison pour les mourants et les démunis, une attention particulière aux catéchumènes, des écoles d'enseignement général, tout cela ne représente qu'une partie des diverses activités réalisées sous la direction du père Kuriakose Elias.

De nombreuses améliorations dans la liturgie syro-malabare sont également à apporter (en grande partie) à son crédit (comme la codification des prières liturgiques syro-malabars, le calendrier et les prières canoniques).

Un innovateur[modifier | modifier le code]

Kuriakose Chavara est également un innovateur dans l'histoire de l'Église au Kerala : il fonde en 1831[3] la première congrégation religieuse autochtone (CMI), la première école en sanskrit en 1846[3], la première imprimerie catholique, la première congrégation pour les femmes indiennes (CMC) en 1866[3]. Il est le premier à éditer et publier le East Syrian Breviary (bréviaire syriaque oriental). Il a préparé le premier calendrier liturgique dans l'Église de Malabar en 1862, qui a continué d'être en usage jusqu'à ces dernières années. C'est grâce à ses efforts que des livres en syriaque ont été imprimés pour la première fois dans le Kerala, et des livres de prières dans le Malayalam[2] (première maison d'édition en 1846[3]). Il lance également deux périodiques dans la langue du pays, dont La Fleur du Carmel[5].

Il a été le pionnier de l'éducation populaire au Kerala et il a pris l'initiative révolutionnaire et audacieuse de demander aux catholiques d'ouvrir des écoles dans chaque paroisse en 1864. C'est pourquoi les écoles du Kerala sont populairement appelé "Pallikkoodam" - un lieu d'éducation attaché à l'église. En 1869, il commence la première institution de bienfaisance du Kerala[3].

Le défenseur de l'union à Rome[modifier | modifier le code]

Le Patriarche Joseph VI Audo de Babylone, qui fut opposé à Kuriakose Chavara

En 1861, un schisme menaçait de couper l'église syro-malabare de Rome. Kuriakose Elias Chavara, est alors nommé vicaire général de l'Église syro-malabare par l'archevêque de Verapolly. C'est à ce titre, qu'il a défendu l'unité ecclésiale menacé par le schisme quand Tomas Rochos, envoyé de Mésopotamie par le patriarche orientale Joseph VI Audo pour consacrer des évêques nestoriens[6], a semé un début de division parmi les chrétiens syro-malabars d'Inde.

Tout au long de sa vie, Kuriakose Elias Chavara a travaillé pour la rénovation de l'Église du Malabar. Déjà à l'époque, et aujourd'hui encore, Kuriakose Elias Chavara est reconnu par les dirigeants de l'Église et de la communauté catholique en général, pour sa lutte intense, la position forte et un leadership efficace afin de maintenir l'Église syro-malabar dans l'unité ecclésiale[4].

L'écrivain, le poète[modifier | modifier le code]

Au milieu de ses diverses activités, il a trouvé le temps et le loisir d'écrire quelques livres, à la fois en prose et en vers à l'intention de ses fidèles. Ses conseils aux familles chrétiennes, donnés sous la forme d'un Testament d'un Père aimant sont universellement applicables, et toujours pertinents à ce jour[2].

En 1862 il rédige Ghandakavyam, le premier poème narratif, en langue malayalam[3].

Décès[modifier | modifier le code]

Décès de Kuriakose Elias Chavara en 1871
Tombe de Saint Kuriakose Chavara dans le monastère Saint-Joseph de Mannanam, Kerala

Le 3 janvier 1871, après une courte, mais douloureuse, maladie Kuriakose Elias Chavara décède au monastère de Koonammavu à Kochi, en odeur de sainteté, en laissant derrière lui la réputation d'un moine très saint. Il est enterré le 4 janvier à Koonammavu. En 1889, sa dépouille mortelle a été transférée de Koonammavu à Mannanam (Kerala), dans l'église du monastère de Saint-Joseph, où elle est pieusement conservée[7].

Béatification, canonisation et fête litturgique[modifier | modifier le code]

Le procès diocésain pour la béatification a été inauguré par l'archevêque de Changanacherry le 3 janvier 1958, à la demande de frère Maurus, prière général de la congrégation des Carmes de Marie-Immaculée. La Congrégation a présenté officiellement sa cause à Rome le 15 mars 1980. Le 7 avril 1984, le Pape Jean-Paul II a solennellement déclaré l'héroïcité des vertus du serviteur de Dieu en l'élevant au statut de vénérable.

Le 8 février 1986, lors de sa visite historique à Kottayam au Kerala, le Pape Jean-Paul II[8] a déclaré Kuriakose Chavara Elias "Bienheureux"[4].

Il est canonisé à Rome par le Pape François le dimanche 23 novembre 2014[9].

Sa fête liturgique est célébrée le 3 janvier[7]. Dans l'Ordre du Carmel, sa fête est célébrée avec rang de mémoire facultative[10].

Mémoire[modifier | modifier le code]

Sanctuaire de Mannanam où aujourd'hui repose Saint Kuriakose Chavara Elias

Un timbre postal a été publié en son honneur par le Président de l'Inde le 20 décembre 1987[11].

En raison de la sainteté de sa vie, et de la "pluie de bénédictions sur ceux qui demandent son intercession", Mannanam est devenu un centre de pèlerinage. Des centaines de personnes viennent sur le tombeau du bienheureux Kuriakose Chavara Elias chaque samedi. La fête du Bienheureux Chavara est célébrée, chaque année le 3 janvier, avec une grande solennité et dévotion[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d (en) « The life of Blessed Chavara », sur blessedchavara.org, Blessed Chavara (consulté le 27 mai 2014)
  2. a, b, c et d (en) BLESSED KURIAKOSE ELIAS CHAVARA sur blessedchavara.net
  3. a, b, c, d, e, f et g (en) « His Unique and Pioneering Services », sur blessedchavara.net, Blessed Chavara (consulté le 27 mai 2014)
  4. a, b et c (en) « BLESSED KURIAKOSE ELIAS CHAVARA », sur cmiusa.org, CARMELITES OF MARY IMMACULATE (consulté le 27 mai 2014)
  5. Magnificat : Janvier 2014 N°254, Magnificat,‎ 2014, p67
  6. À plusieurs reprises, sous le patriarcat de Joseph Audo, Patriarche de l'église chaldéenne des dissensions ont eu lieu avec Rome entrainant même un schisme entre les 2 Églises. Avec le temps, les divergences ont pu s’aplanir, et un retour à l'unité ecclésiale a vu le jour. Cependant, ces crises ont eu des impacts sur l'Église syro-malabare qui fut divisée entre la fidélité à Rome et au patriarche chaldéen. C'est là que Kuriakose Elias Chavara est intervenu pour défendre la communion avec Rome (voir la vie de Joseph VI Audo sur en.wikipedia)
  7. a et b (en) « Bl. Kuriakos Elias Chavara, Priest (mf) », sur ocarm.org, Ordien dei Carmelitani (Italie) (consulté le 27 mai 2014)
  8. (en) « BEATIFICATION OF FATHER KURIAKOSE ELIAS CHAVARA », sur vatican.va, Libreria Editrice Vaticana,‎ 8 février 1986 (consulté le 27 mai 2014) : homélie de la béatificiation du père Kuriakose Elias Chavara et de sœur Alfonsa Muttathupandathu par Jean-Paul II
  9. « Le Pape salue le témoignage de foi de l'Eglise syro-malabar », sur Radio Vaticana, radiovaticana.va,‎ 24 novembre 2014 (consulté le 24 novembre 2014).
  10. Les heures du Carmel, Lavaur, Éditions du Carmel,‎ 2005, 347 p. (ISBN 2-84713-042-X), p35
  11. (en) « IndianPost », sur indianpost.com, IndianPost (consulté le 27 mai 2014)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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