Kunowice

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52° 21′ 00″ N 14° 38′ 00″ E / 52.35, 14.6333

Kunowice (2006)

Kunowice (en allemand Kunersdorf) est un village de Pologne appartenant à la commune de Słubice dans la voïvodie de Lubusz. Le village a acquis sa notoriété par la bataille de Kunersdorf.

Histoire[modifier | modifier le code]

La première mention écrite du village remonte à 1337. Kunersdorf a sans doute été fondé par des Allemands selon le droit allemand. L'église a été construite en blocs erratiques de granit probablement dès le XIIIe siècle. Dès 1372 existait déjà un tribunal de première instance. 1399 Francfort-sur-l'Oder acheta le village du margrave Jobst de Moravie, avec 40 Huben[1] de superficie et un ou deux moulins à eau [1]. Dans le village vivaient à cette date un prévôt, 14 gros paysans, dont l'un était aubergiste et six petits paysans. Quatre Huben du territoire appartenaient à l'église paroissiale, six au prévôt et 34 aux agriculteurs. En 1622 on mentionne un écart d'une superficie globale de sept huben.

En octobre 1477 une armée en route vers Francfort (Oder), sous les ordres de Hans von Sagan et Crossen, traversa le pays et pilla le village à cette occasion. Entre 1631 et 1644 les troupes suédoises et impériales occupèrent à tour de rôle la région. Pour le village cela signifiait des sommes énormes à payer des deux côtés, des pillages et des incendies. Le dernier prévôt mourut en 1694, et Francfort obtint le droit d'annexer le village et d'y nommer un maire auquel on concéda six Huben de l'écart.

Le 1er août 1759, le village fut occupé par les Russes au cours de la guerre de Sept Ans et brûlé par eux le 11 août. Seule subsista l'église. Le 12 août eut lieu la bataille de Kunersdorf, d'où sortit victorieuse la coalition russo-autrichienne. En 1768, le bail de l'écart fut confié aux soins du maire ; un an plus tard le bail devint héréditaire et Johann George Jahn en fut le premier tenancier. En 1785, on trouvait à Kunersdorf un écart avec une bergerie, un moulin à eau, une maison forestière, un café, une forge artisanale ainsi qu'une cure et un logement pour le sacristain. La surface du village couvrait à cette époque 5 023 morgen[2] et 19 quadratuten[3]. En 1799, l'église subit des transformations.

En 1806 l'armée française envahit la région, amenant une charge supplémentaire pour le village. Le maire et le locataire de la ferme avaient déjà fui du village, si bien que le pasteur Kriele dut temporairement exercer les responsabilités. Comme l'endroit était situé sur la route principale qui menait à l'est, il fallait régulièrement loger des soldats et les approvisionner. En 1861 Francfort vendit à l'administration militaire une partie de la forêt du village où l'on construisit un champ de manœuvre. En 1873, le village fut intégré au cercle de Weststernberg. Au début du XXe siècle, Kunersdorf était encore une localité agricole avec seulement quelques artisans et aucune industrie. Le 1er septembre 1907 fut ouverte une ligne de chemin de fer de Kunersdorf à Ziebingen, avec des arrêts à Pulverkrug, près de Reipzig, Kunitz, Aurith et Sandow. La ligne était conçue principalement pour le transport de marchandises, mais également pour celui des passagers. Au cours des années suivantes s'établirent une briqueterie, trois scieries, la production de machines Theodor Languda, la fabrique de cycles Otto Strehl, l'atelier de charronnerie Weich et Roddelkopf ainsi que les entreprises de construction Schulz et Prötsch. Lors des élections municipales du 30 novembre 1925, 193 électeurs choisirent la SPD, 75 la KPD, 28 le Zentrum, 229 la liste locale du Brandebourg, et 15 la NSDAP. Les élections au Reichstag du 31 juillet 1932 donnèrent 135 voix à la SPD, 26 à la KPD, 7 au Zentrum, les 24 à la DNVP et 328 à la NSDAP.

Le début de février 1945 vit de violents combats entre l'Armée rouge et la Wehrmacht. Le 3 février à 20 heures le village fut bombardé par l'artillerie soviétique, puis attaqué avec des chars et de l'infanterie. Les attaques de chars purent être repoussées par les chasseurs de chars légers (les Jagdpanzer 38(t)) du régiment de Panzergrenadier Kurmark, mais l'infanterie soviétique put s'établir solidement dans quelques maisons et le 6 février Kunersdorf tomba[4]. C'est pendant ces événements que l'église fut détruite. Après le déplacement vers l'ouest de la frontière, le village fit partie de la République populaire de Pologne. En 1975, il fut attribué à la voïvodie de Gorzów nouvellement créée. Depuis sa dissolution en 1999 il fait partie de la voïvodie de Lubusz.

En 1785 vivaient au village onze gros paysans, douze petits paysans, six domestiques, deux locataires, deux bergers, trois vachers, un forgeron, un garde forestier, un pasteur et un sacristain.

Culture et curiosités[modifier | modifier le code]

Un monument rappelant que Frédéric le Grand avait échappé à la mort se dressait sur le Mühlenberg. Le 12 août 1759, pendant la guerre de Sept Ans, au cours de la « Bataille de Kunersdorf », le roi se trouvait là et le capitaine de Prittwitz réussit à ce moment-là à le mettre à l'abri et en sécurité. Cette scène était représentée en relief sur le monument que couronnait un aigle. C'est la famille de Prittwitz et la Société historique de Francfort (Historischer Verein zu Frankfurt) qui avaient été les initiateurs du monument, inauguré le 22 août 1909. On lisait l'inscription : « Ici se trouvait Frédéric le Grand au cours de la bataille du 12/08/1759. » Dès 1918, l'aigle et l'un des panneaux du monument furent détruits. Actuellement il n'en reste plus rien[5].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La Hube était une unité de surface extrêmement variable selon les lieux et pouvant aller de 6 à plus de 27 hectares.
  2. Nom allemand d'une mesure de terre, valant vingt ares un quart (voir Wiktionnaire)
  3. Nom allemand d'une mesure de terre valant 14,1846 m² en Prusse selon le Meyers Großes Konversations-Lexikon
  4. Joachim Schneider: « Der Aufmarsch der Roten Arme vor der Frankfurter Dammvorstadt im Februar 1945 ». In: Mitteilungen des historischen Vereins zu Frankfurt (Oder) e.V. 2002, fascicule 2, p. 13.
  5. Bernhard Klemm: « Frankfurter Denkmalgeschichte - erzählt anhand von Schicksalen einzelner Denkmäler ». In: Mitteilungen des historischen Vereins zu Frankfurt (Oder) e.V., 1997, Cahier 1, p. 13.

Références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Manfred Kalweit: « Die Frankfurter Ratsdörfer östlich der Oder ». In: Mitteilungen des historischen Vereins zu Frankfurt (Oder) e.V. 1997, Fascicule 2, p. 2-26

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Sources[modifier | modifier le code]