Kumari (déesse)

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クマリnepalネパールImg683.jpg

Une Kumari est une jeune fille vénérée comme une déesse vivante au Népal.

La tradition des Kumaris (vierges en français) date du XVIIe siècle. Elle consiste à isoler de très jeunes filles pour les adorer. Ces déesses vivantes sont l'incarnation de la déesse hindoue Durga représentée par des petites filles prépubères.

La sélection[modifier | modifier le code]

Des petites filles issues de familles bouddhistes sont choisies, dès l'âge de trois ans, parmi des milliers de candidates par un comité de prêtres bouddhistes. Elles doivent répondre à trente-deux critères :

  • ne posséder aucune cicatrice,
  • avoir de grands yeux ronds entourés de cils,
  • les bras longs, une excellente santé,
  • des dents blanches et régulières,
  • une peau douce et sans défaut,
  • une langue humide et petite,
  • les cheveux raides mais légèrement bouclées sur la droite,
  • ...

Chacune d'entre elles est sélectionnée au moment où elle perd sa première dent de lait et doit démissionner le jour où elle perd sa première goutte de sang, la plupart du temps le jour de ses premières règles, pour revenir à la vie normale.

Les traditions autour des Kumaris[modifier | modifier le code]

Ces jeunes filles doivent respecter différentes traditions en rapport avec leur statut. Elles ne doivent pas marcher sur le sol, considéré comme impur, ne doivent s'habiller que de rouge, symbole des déesses, et porter toujours une parure constituée du collier du cobra (symbole) et d'un trait au khôl noir, qui selon la tradition, éloignerait les démons. Le moindre de leurs gestes est observé et analysé, de sorte qu'elles ne montrent que très rarement leurs émotions. Un sourire, ou des pleurs sont considérés comme de mauvais présages.

Chaque année en septembre, lors du festival Indra Jatra, les jeunes déesses participent à un rituel au cours duquel elles donnent au monarque régnant le pouvoir de gouverner pour l'année entière.

La vie habituelle des Kumaris[modifier | modifier le code]

Le matin lorsque la Kumari se réveille, des kumarimis (des serviteurs) accourent à son chevet pour lui demander ce qu'elle veut manger. A part les nourritures interdites par la religion elle choisit ce qu'elle veut.

Après son déjeuner elle se prélasse dans une eau parfumée avec des pétales de rose pendant que les kumarimis lui frottent le corps. Une fois séchée elle est longuement massée avec des onguents et des huiles sacrés, puis habillée et maquillée. Elle va ensuite se coiffer. Lors du maquillage une kumarimi lui trace une fine ligne jaune au dessus des sourcils puis peint de rouge la partie supérieure pour ensuite y dessiner le troisième œil (signe de l'omniscience, attribut permettant la perception d'une autre réalité). Tout ceci fait on la conduit dans une salle d'audience où un prêtre lui fait une offrande.

Le reste de la journée se passe dans une tranquillité absolue.

Le retour à la vie ordinaire[modifier | modifier le code]

Il est important d'évoquer aussi l'avenir de ces jeunes filles : en effet, dès qu'elles atteignent l'âge de la puberté, c'est-à-dire leurs premières règles, elles ne sont plus considérées comme des déesses vivantes et doivent revenir à une vie normale.

Ce retour est généralement extrêmement difficile, puisqu'elles ont été adorées et servies pendant des années. La plupart n'ont jamais mis de chaussures, leurs pieds ne devant pas fouler le sol impur.

Certaines sont devenues folles de ne plus être adorées et la plupart finissent dans la rue, voulant échapper à leur famille et à la pitié ou à l'adoration qu'elles inspirent.

Jusqu'à il y a quelques années, elles n'allaient pas à l'école. Depuis peu, grâce à l'action de différentes associations œuvrant pour la défense des droits de l'homme, elles bénéficient d'une éducation pendant leur "règne".

L'État leur verse une allocation de l'ordre de 14 000 euros (soit 140 années de salaire moyen népalais) pour "service rendu à l'état".

Néanmoins, elles trouvent rarement un compagnon. En effet, une légende raconte que se marier avec une kumari entraînerait la mort dans l'année qui suit.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Annelise Heurtier:Le carnet rouge, éditions Casterman,2011

Marie-Sophie Boulanger: Le regard de la Kumari, Presses de la Renaissance, Paris, 2001