Uchida Kuichi

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Uchida Kuichi
内田 九一

alt=Description de cette image, également commentée ci-après

L'empereur Meiji en tenue militaire. Photographie de Kuichi Uchida de 1873.

Naissance 1844
Flag of Japan.svg Nagasaki, Japon
Décès 17 février 1875 (à 30-31 ans)
Flag of Japan.svg Tokyo, Japon
Nationalité Flag of Japan.svg Japonaise
Profession
Photographe
Portrait de l'empereur Meiji. Cette fois-ci en habits traditionnels.
Portrait de l'impératrice consort Haruko (connue après sa mort sous le nom d'impératrice Shōken) (1872).

Uchida Kuichi (内田 九一?) était un photographe japonais né en 1844 à Nagasaki et décédé de la tuberculose le 17 février 1875 à Tokyo. Reconnu de son vivant comme un grand photographe, il fut le seul à avoir l'autorisation de photographier l'empereur Meiji (honneur suprême, celui-ci étant considéré comme un dieu et ne se montrant presque jamais en public)[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Après la mort de son père, Uchida fut adopté à l'âge de 13 ans par le médecin Jun Matsumoto (ou Ryōjun Matsumoto de son ancien nom) (1832 - 1907), qui apprenait la photographie à l'époque auprès de J. L. C. Pompe van Meerdervoort (1829 - 1908)[2].

Uchida étudia la photographie auprès de Ueno Hikoma à Nagasaki, sa ville natale. À 16 ans, il s'acheta son premier équipement photographique et, en 1863 (à l'âge de 19 ans), il importait et revendait du matériel photographique. Il ouvrit son premier studio photographique à Osaka en 1865 en association avec Morita Raizō (ce fut d’ailleurs le premier studio de la ville)[3].

En 1868, Uchida déplaça son studio à Bashamichi dans la ville de Yokohama avant de s'établir l'année suivante dans le quartier d'Asakusa[4] à Edo (ancien nom de Tôkyô) dans un splendide bâtiment de style occidental, le Kuichi Dômanjû (九一堂万寿)[5]. À son inauguration, des hikifuda (引札)), des tracts en xylographie coloriée, furent distribués en grand nombre dans toute la ville[6]. Il fut bientôt reconnu comme le meilleur photographe de portrait de la ville[3].

Grâce à l'excellente réputation qu'il s'était forgée, il reçut l'incroyable privilège de photographier l'empereur Meiji. Une première séance eut lieu en 1872 sur demande de la chancellerie (宮内省 Kunaishô)[7] durant laquelle Uchida photographia l'empereur deux fois, ainsi que l'impératrice Haruko. Sur ces clichés, l'empereur arbore deux costumes "traditionnels", une robe longue dite sokutai (束帯) dans un cas (deuxième photographie de la notice), une robe courte dite konôshi (小直衣) dans l'autre[8]. Bien que ces portraits n'avaient pas été révélés au public à l'époque, des peintres comme Goseda Hôryû ont pu en faire des reproductions de type Shashin-e (写真絵), style de peinture ayant une photographie pour modèle[8].

En 1873, il photographia de nouveau l'empereur, cette fois-ci en tenue militaire (photo en-haut), dont le cliché est devenu le portrait officiel du souverain[9]. Des copies furent données aux chef d'États étrangers et affichées dans les préfectures et les écoles japonaises mais il était strictement interdit d'en faire commerce. Néanmoins, beaucoup de copies du cliché se retrouvèrent sur le marché[10]. Nombre de ces copies furent coloriées a posteriori par des photographes tels que Kusakabe Kimbei.

Portrait de l'empereur Meiji colorié par Kusakabe Kimbei.

L'empereur ne fut plus photographié avant 1888 ou 1889[11].

En 1872, Uchida fut commissionné pour accompagner l'empereur dans une grande tournée à travers le pays, et il prit de nombreuses photographies des habitants et des villes et villages sur le trajet. Il ne fut cependant pas autorisé à photographier l'empereur[12].

Uchida s'enrichit considérablement de par son métier, et sa vie fut même le sujet d'une pièce de kabuki en 1870[12]. Il existe même des estampes de type Ukiyo-e (浮世絵) où son nom est mentionné. Notamment sur une de Toyohara Kunichika, où l'on peut distinguer le nom de Kuichi au dos d'une des cartes de visite que la geisha contemple[13].

Estampe de Toyohara Kunichika sur laquelle on distingue le nom de Kuichi 九一 au dos d'une des cartes que la geisha contemple.

Il meurt très jeune (30 ou 31 ans) de la tuberculose le 17 février 1875 à Tokyo[12].

Quelques photographies[modifier | modifier le code]

Les plus célèbres photographies de paysage attribuées à Uchida sont sans doute ces quatre clichés de Nagasaki, ici coloriés par Kusakabe Kimbei[14] formant un formant un panorama, réalisé au cours du voyage impérial de 1872[15]. Sur la photographie de gauche se trouvent deux tori-i et temple Shintô, le Ebisu-jinja. Sur les deux photographies centrales, nous voyons la flotte impériale au loin, mouillant dans la baie, ainsi que deux personnages japonais assistant à la scène. Sur la dernière vue, la plus à droite, se trouve l'aciérie de Nagasaki. En passant de monuments évoquant l'héritage culturel du pays aux usines, nous pouvons y lire une sorte d'allégorie de la transformation du Japon au début de l'ère Meiji. Précisons que des peintres ont pu prendre ce panorama pour modèle. Utagawa Hiroshige III, notamment, pour cette estampe datant de 1876.

Parmi les autres clichés réalisés au cours du voyage impérial, nous retrouvons ces deux photographies du château de Kumamoto[16], vu sous un angle différent. Sur la deuxième, nous pouvons apercevoir quelques personnages dans un coin de la composition. Uchida aimait faire poser des figurants afin de mettre en valeur les paysages et les monuments qu'il immortalisait.

Kumamoto Castle oldphoto 1871-1874.jpg
Kumamoto Castle oldphoto.jpg

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Worswick (1979), 136.
  2. Bennett, 54.
  3. a et b Orto & Matsuda, 365.
  4. Orto & Matsuda, 365. Bennett déclare qu'Uchida a ouvert son studio à Tokyo en 1866 et a ouvert un second studio à Yokohama en 1868. Bennett, 54.
  5. KANEKO Ryûichi, Koshashin Kenkyû Daisangô, Nagasaki, Nagasaki Daigaku, 2009, p. 55
  6. Uchida Gallery, Bakumatsu-Meiji no Shashinkan vol. 2, Ôsaka, Uchida Shashin Kabushiki Kaisha, 2006, non paginé
  7. ESTEBE Claude, Le Premier Âge d'Or de la Photographie au Japon, Paris, INALCO, 2006, p. 222
  8. a et b LUCKEN Michael, L'art du Japon au Vingtième Siècle, Paris, Hermann, 2001, p.15
  9. Ishii & Iizawa; Orto & Matsuda, 365.
  10. Kinoshita, 27-28.
  11. Kinoshita donne 1888, p. 28. Bennett donne 1889, p. 144, fig. 128.
  12. a, b et c Orto & Matsuda, 366.
  13. ESTEBE Claude, Le Premier Âge d'Or de la Photographie au Japon, Paris, INALCO, 2006, p. 220
  14. NAKAMURA Hirotoshi, Kusakabe Kimbei, Tôkyô, Kokusho Kankôkai, 2006, p. 150
  15. Shadan hôjin Kasumi kaikan, Rokumeikan hizô shashin-chô, Tôkyô, Heibonsha, 1997, p. 224-225
  16. Shadan hôjin Kasumi kaikan, Rokumeikan hizô shashin-chô, Tôkyô, Heibonsha, 1997, p. 227-229

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Anglo-American Name Authority File, s.v. "Matsumoto, Jun", LC Control Number n 80039010. Consulté le 11 septembre 2006.
  • Bennett, Terry, Early Japanese Images (Rutland, Vermont: Charles E. Tuttle Company, 1996), 54-56; p. 144, fig. 128.
  • Ishii, Ayako, et Kōtarō Iizawa, « Chronology » in The History of Japanese Photography (New Haven, Connecticut: Yale University Press, 2003), 314.
  • Naoyuki Kinoshita, « The Early Years of Japanese Photography », in The History of Japanese Photography (New Haven, Connecticut: Yale University Press, 2003), p. 27-28.
  • Orto, Luisa, and Takako Matsuda, compilers, « Artist Profiles », in The History of Japanese Photography (New Haven, Connecticut: Yale University Press, 2003), p. 365-366.
  • Tucker, Anne Wilkes, et al. The History of Japanese Photography (New Haven, Connecticut: Yale University Press, 2003), p. 54, pl. 29.
  • Worswick, Clark, « The Disappearance of Uchida, Kyuichi and the Discovery of Nineteenth-Century Asian Photography », Image, vol. 36, nos. 1-2 (Spring-Summer 1993), p. 16, fig. 1 ; p. 30, fig. 10.
  • Worswick, Clark, Japan: Photographs 1854-1905 (New York: Pennwick/Alfred A. Knopf, 1979), p. 41, repr; pp. 136, 148.
  • Uchida gallery, Bakumatsu-Meiji no Shashinkan vol. 2, Ôsaka, Uchida Shashin Kabushiki Kaisha, 2006, non paginé
  • Estebe Claude, Le Premier Âge d'Or de la photographie au Japon, Paris, INALCO, 2006
  • Kaneko Ryûichi, Shashinshi no naka no Uchida Kuichi, Koshashin Kenkyû, n°3, mai 2009, p. 55-56, Nagasaki Daigaku Fuzoku Toshokan
  • Lucken Michael, L'Art du Japon au vingtième siècle, Paris, Hermann, 2001, p. 15
  • Shadan hôjin Kasumi kaikan, Rokumeikan hizô shashin-chô, Tôkyô, Heibonsha, 1997, p. 224-225
  • NAKAMURA Hirotoshi, Kusakabe Kimbei, Tôkyô, Kokusho Kankôkai, 2006, p. 150

Source de la traduction[modifier | modifier le code]

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